l'eMBRTON u'eSTQU'C!? KAMfcSO tES
MtNAL, QUI ASSTC tMrStSOnifd DANS DNK GEMMATION INDEHISCENTS (3l9).
386. Nous avons démontré que l’èillbryon, chez les graminées, était exactement organisé comme Une artlculatlott caulinaire ; nous avons retrouvé, dans une articulation caulinaire , toutes les pièces qui rentrent dans Porgahisâtlon de Pembryon ( 362 ). Nous venons de démontrer , dans le dernier théorème , que Pembryon tient à son enveloppe Immédiate par sa base, comme le bourgeon caulinaire lient à Particulatlon de la feuille, qui , dans le principe, l’enveloppait à soii tour.
Le tbéprème qui nous occupe lie semble donc qu'un principal corollaire cln théorème précédent , tant il en découlé avec évidence ; cependant , afin de porter
DÉMOKSTIIATION GÉNÉRALE.
ta dernière main A la certitiulc, il noua reste à démontrer que l'embrj'un se trouve, dans le périsperme.justeà la place qu'occuperait le rameau terminal, si ses enveloppes avaient revêtu la destination (les feuilles canlinaires : c’est ce qui résultera delà série des théorèmes suivants.
19* TBÉORÉUE.
387. CIU LU CIAMIKÏU, lVpPàBSIL VALS (pl. 15, figs 8), Qtri St COMPOSE EH CÉNKAAL DI TKOIS ÛAMINES BT 01 DEUX ECAILLES (366), EST LABTALOGUE OU LA oi« VIATIOW nOEMALE o'uHS PEUILLE QUI AL- TEKKEBAIT ATEC LA PAILLETTE PAEIEEEVIEE
(pl. 15 , fig. 3 pe P).
388. svpoTaÉsB. L'énoncé de ce théorème indique la marche que nous avons à suivre dans la démonstration ; nous avons à prouver, pour arriver à la conclusion qu'il énonce : 1° que les deux écailles de l'appareil appartiennent à la même articulation que les étamines ; 9“ que chaque étamine est une déviation ( 189 ) d'un organe foliacé ; 3» que l'appareil en entier est une déviation d’un follicule imparinervié (975), qui alternerait avec le follicule pariuervié.
389. DsaoasTaATioK. 1* tas nscx âcaa- Lxs, stjuama (sq f\. 15, lig. 8), appartiennent à la même articulation que les trois étamines {sm) ) dont la figure ne représente à l’état complet que la médiane.
390. Soit un épillet (ibid., fig. 3) j si I*on coupe l'articulation (no) qui supporte le follicule imparinervié (pe «), le follicule tombe , et l'on met ainsi à découvert la hase du follicule parinervié (pe/3);elle est engainante, même un peu au-dessus de l’articulation qui lui est propre. Si l'on coupe ensuite transversalement l’articulation de ce follicule parinervié , il tombe, et met à découvert la base de l'appareil des écailles et des étamines, qui, à l’étal frais et jeune (fig. 8) , ne sauraient induire en erreur l’observateur sur l’identité de leur origine et ta communauté de leur
ÔS
articulation; leur base commune est engainante par rapport au pistil (pl), qui, dans le principe , en est entouré comme par un tube , et qui , plus tard , ne se rejette en arrière que par le sommet , ainsi que le fait toute paillette par rapport à la paillette qui lui est immédiatement inférieure.
(,>ue si, enfin, à l’aide d’une certaine précaution , on vient à bout de couper l’appareil , juste au point où s’insère la base du pistil. On l’obtient tout entier, comme d’une Seule pièce , et tel que le représente la figure 8; on voit alors que la base des étamines fait corps avec les deux écailles charnues , et qu'il serait impossible de désigner, dans la région de cette insertion commune , soit par une coupe longitudinale , soit par une coupe transversale , rien qui ait la moindre apparence de l’une de ces articulations , de l’un des nœuds vitaux que nous venons d’isoler, par autant de sections transversales, sur chacun des autres organes. On reconnaît ainsi que c’est le même organe qui donne naissance aux écailles d’un cùté et aux étamines de l’autre; qu’enfin ces cinq organes , si distincts au sommet , par leur forme et leur isolement, sout aussi intimement confondus entre eux, à leur base, que les dents et l’arête de la même paillette (pl. 19, fig. 4, 6).
391 . La nature , qui révèle ses lois autant par ses caprices que par sa constance , ne manque jamais de venir, par un fait positif, au secours d’une analogie fondée. Aussi n’est-il pas rare de trouver des Heurs de graminées dans lesquelles les diverses pièces de l’appareil mâle passent les unes dans les formes des autres, de la manière la mieux nuancée.
Je citerai les faits suivants comme les plus saillants, parmi ceux donlmes recherches m’ont rendu témoin :
Le N ardus , qui, à l’état sauvage, ne possède pas d’écailles , mais seulement trois étamines â filaments très-dilatés ; je l’ai trouvé cultivé , ayant une seule étamine et deux écailles.
Dans un Tripsacum dact^louUs , les étamines de la fleur femelle étaient dispa-
rues ; maïs cbacnne de scs écailles était traversée par un filament surmonté d'un rudiment d'anthère; les écailles étaient devenues à la fois écailles et étamines.
Le riz, Oriza, a deux écailles et six étamines; or, dans une locuste; j'ai trouvé une écaille libre, cinq étamines fertiles, et une sixième avortée, insérée au sommet de la deuxième écaille, et faisant tellement corps avec elle , qu'il eût été impossible d'assigner les portions qui appartenaient à l'un et à l'autre de ces deux organes ainsi confondus (pl. 15,fig. 5). Dans tous ce5cas,j'observais sur le frais, et je n'avais pas à faire la part des adhérences produites par la dessiccation. Ko conséquence, les écailles et les étamines appartiennent à la même articulation , et sont une déviation les unes des autres; leur ensemble forme un seul et même appareil.
592. L'observation chimique vient encore à l'appui de l’observation physiologique [1]; car, si l'on dépose quelques instants l'appareil complet des écailles et des étamines du froment à l'état frais dans une solution d'iode, la sommité «des écailles ( pl. 15, fig. 8 ) se colore en bleu tout aussi bien que l’anthère, tandis que les filaments des étamines et le reste de la substance des écailles se colore en jaune. Or, la coloration bleue que l'iode communique aux granules polliniques , comme aux granules de fécule , indique ici, dans nos deux sortes d'organes , une destination identique.
393. L'ktaminx , stamen (sm), dans toutes les familles, est une déviation du pétale, et réciproquement.
391. La transformation des étamines en pétales et des pétales en étamines, est un phénomène si ordinaire dans le sein de toutes les fleiirs , qu’aiijourd'hui c’est une de ces lois physiologiques que le vulgaire lui-mème a appris à constater par ses propres observations.
C’est par ce mécanisme que le type corollaire de 1a Rose des champs passe à celui
(■1 Jes icieneft naturel/éf, t. 5, pi. i6.
de la Rose h cent feuilles ; cVst en trans« formant chacune des nombreuses étamines qui entourent le pistil en tout autant de pétales. Mais cette transformation n’est pas tellement complète, que le nouvel organe ne conserve des traces de sa première destination. Tantôt, en effet, on voit sur le bord du pétale purpurin , un iAeca (ldi), plus ou moins régulier.
Jaune comme les anthères , et recélant dans son sein les mêmes granules polliniques que l’anthère véritable. D’autres pétales sont divisés longitudinalement en deux portions distinctes , dont l’une est un (Aeca complet, et l’autre une moitié de pétale , le tout supporté par un filament commun (142); d'autres sont étamines complètes dans presque toute leur longueur , mais pétales au sommet ; et les passages de l'une à l'autre forme ont Heu d'une manière si bien nuancée, que le simple coup d'oeil suffit à l'évidence.
395. Ce qui est une dévution (182) chez la Rose, se traduit en un caractère spécifique dans la fleur réceptaculiforme (73,14*’) du CaljrcaniAusJIoridus, et la démonstration y devient normale. Soit, en effet, la coupe longitudinale d'une fleur de cette espèce (pl. 25, fig. 3 et 11); rien n’est plus propre à mettre en évidence le passage des sépales en pétales, des pétales en étamines, des étamines en staminules(150), et enfin , pour anticiper sur les problèmes ultérieurs , le passage des staminnles en pistils. Les sépales ou follicules (^ fig. 1 1 ; ^fig. 3) occupent les tours de spire les plus externes. Les pétales (fig. 1 et 5); occupent le tour le plus voisin de la spire des étamines ( fig. 2 et 4 ) , et on les voit déjà devenir étamines au sommet par deux bourrelets latéraux («), jaunes, surmontés d'une cicalricnle ; la figure 5 en représente la face interne, et la fig. 1 la face externe. Les deux bourrelets latéraux ont déjà l'aspect et la contexture des tAèca; ils ressortent en jaune , sur ces organes épais et d'un rouge noirâtre , mouchetés de I glandes blanches. Les étamines (fig. 2 et 4 ) à anthères postérieures (146, ,
placées à côté de ces pétales , ne paraissent que les mêmes organes arrivés à un
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. «r
état plus complet. Car ces étamines rappellent évidemment, parleur filament (y*), la surface générale du pétale, par leursommet lingujforme et jaunâtre, le sommet du pétale, et parleurs àe\A\theca vus de face, le bourrelet terminal du pétale. Entre ces deux formes déjà si voisines , il en existe dans la fleur une foule d^nlermédiaircs , qui conduisent doucement de Tune â rautre, et servent de fil à la démonstration. La nature n'erréle pas sa progression au rang des étamines; dans les tours suivants, les étamines se réduisent peu à peu jusqu'à 1a forme cylindrique de slaininules {si fig. 9); puis ces staminules s'arrondissent dans leur moitié inférieure {ibid» «) pour préparer le passage le mieux gradué à la structure du pistil {pi fig. 10). Sur la fleur ellc-méme , on suit , pour ainsi dire , de l'œil la fjliation de ces organes; on voit la bouppe terminale du staminule (fig. 9) revêtir peu à peu la forme du style, et, par sa panse , celle de l'ovaire, en se dépouillant, par des dégradations de couleur non interrompues , de la couleur rouge-brun que le staminule tient du filament de l'étamine. La position respective de tous ces passages est désigné, sur la fig. â, par la lettre qui caractérise chaque organe.
Ainsi, de même que, dans la Rose, nous avons vu réUniine rétrograder vers la forme du pétale, de même, dans le Caly^ canthus, nous voyons le pétale avancer peu à peu vers la forme de l'étamine, et la dépasser ensuite pour arriver jusqu'au pi$tiL
396. Nous n'ajouterons plus qu'un seul exemple aux deux précédents, c'est celui des fleurs doubles de VUibiscus rosa sinensis (pl. 52, fig. 9). Le genre Hibiscus, dont les fig. â, 6, 7, 8, pl. 43, représentent l'anatomie d'après se distingue par un double calice {cA,c 3), par une corolle large monopétaie, et à cinq divisions pétaluïdes très-profondes, qui font corps avec uo tube fendu en cinq dents au sommet {«, «) et hérissé sur toute sa surface d'étamines disposées sur cinq paires de rangs (fig. 6); le tube slaminifèresertde gaine au style {sjr), surmonté de ses cinq stigmates (s/). Or, dans cerlai-
fHYSIOLOOlE VÉUfcTALB.
nés variétés cuItîVées de Vffibiscus rosa sinensis, toutes les étamines disparaissent, et sont remplacées par tout autant de pétales purpurins ( pl. 62, fig. 0 ), qui s'insèrent sur le tube (/n) longitudinalement, et non, comme le font les vrais pétales (pl. 46, fig. 8 ), circulairement ; mais ces organes pétalosdes n'ont pas tellement dévié de leur destination primitive, qu'ils n’en conservent çà et là des traces évidentes. Ainsi, sur le bord du pétale (pl. 63), on observe une étamine complète avec son filameul(y) aussi court que d'habitude, son anthère {an) réniforme, jaune, affectant enfin la couleur et la forme uniloculaire de l'étamine normale (pl. 45), et renfermant le même genre de granules pulliniques {pn, pl. 53; nous avons figuré ces granules sur la traînée glutiueuse (m) qu’ils entraînent avec eux, au sortir du t/icca qui les engendre.
597. Enfin rien n'est plus commun que de rencontrer, sur la surface de la plupart des pétales normaux, des bosselures jaunes qui renferment le pollen, avec les caractères spécifiques du pollen de la plante, tant la substance de ces organes conserve sa tendance à la sexualité. Sur l'une des divisions de la fleur monopétale du Pontederia cordata, on remarque constamment et à la même place, deux de ces organes mâles de surcroît, soit isolés {a pl.32,fig.5), soit réunis en un 8eul(pl. 33, fi. 2 «). L'un des doubles pétales internes de la Balsamine (pl. 41 , fig. pn) présente constamment quelque chose d'analogue; et ces sortes de cas ne manqueront pas de se reproduire aux yeux d'un observateur averti.
59S. En conséquence , les pétales et les étamines ne sont que des transformations réciproques d'un même type.
399. Mais le rsTALKlui-même n'est qu'une transformation du follicule calicina), qui lui-mème n'est qu'une réduction de la feuille inférieure; car si l'on compare le pétale à une feuille, on reconnaîtra que ces deux organes ne différent essentiellement que par la matière colorante, et qu'ils possèdent tous deux la même structure et la même organisation.
08 DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
DVin atilro côtp, on voit dans une foule do cas le péKalo dovoiilr furiacéen tout ou en pnrlie, et le follicule calicinal dovcMiir péulüiJo; c’est un ordre de transformations qui se représente aussi fréquemment que la transformation réciproque du pétale et de i’élamine.
•100. Il suffit de siiUre de l'œil les moditlealions que subit la feuille, depuis U racine jusqu'à certaines inflorescences, telles que le réceptacle (73, 11®) (pl, 3, 1 el 2), pour reconnaître que les follicules (y?) les plus simples dérivent des reuilles radicales les pins compliquées, en passant par toutes les nuances possibles; que ces feuilles, continuant la série de leurs transformations dans d’autres espèces, prennent tons les caractères du pétale ; structure, couleur, contour, consistance, rien ne manipie à l'illtisiou.
401. Et, ce qui achève l’analojjic, sur certaines fleurs, on voit des pétales ou sépales pétaloïdcs porter des neiges ou des bourjjeons foliacés dans leur aisselle, caractère qui distingue les vraies feuilles caiilinatres ( o9, 4®). J’ai rencontré cette déviation sur une fleur de Caltha palustris (pl. 14, fig. 5 ). De l'aisselle d’un pétale semblable à ses congénères de la même fleur, s’élevait nn beau bouton de fleur.
402. En conséquence, le pétale, qui est tin premier passage à l’étamine, n'est qu'une transformation du sépale, qui, à son tour, n’esl qu'une transformation du follicule, qui, h son tour, n'esl qu'une transformation de la feuille cauiinairc et radicale.
403. 4® LES ECAILLES, squafTuVf des graminées (pl. 15, fig. 8), sont l’équivalent des pétales, ils forment lacorollc des ficurs de celte famille.
Ces écailles, qui, en général, sont au nombre de deux, se trouvent ainsi au nombre de trois, el lormeiil alors une corolle tripétalc, aulourdes organes sexuels {Aastus) [1].
Chez d'autres fleurs de celte famille^
fl] AnnaUi du Sçicncu naturelUt, t. 5, pl. 8 , fis- 1.
elles forment un anneau h peine fendu l d'un côté, cl entourant, à la base, le» organes sexuels, comme un nectaire (A/clica).
A l'étal frais, la substance des écailles rappelle tout à fait l’aspect des pétales à l’état frais. Elles renferment du sucre comme les pétales; enfin, il suffit de les voir, pour en reconnaître l’analogie. Ia | dessiccation , en les dépouillant de leurs sucs, met à nu la structure de leur réseau, qui ne trahit certes pas non plus cette similitude.
401. De même que l'on voit ces écailles , passer à l’état d'étamines, de même on les voit passer à l’ctat de folioles complets.
Les écailles du maïs sont de la classe de celles que nous avons appelées impressionnées [2], c'est-à-dire, qui, au lieu d’être membraneuses et pétaloïdes, sont marquées à leur sommet d’impressions, dans lesquelles étaient nichées, par leur base, les étamines encore jeunes , alors que les filaments n'étaient pas encore développés.
Kh bien, pourtant, chez certains individus cultivés de celte espèce, on les voit j passer, l’une ou l’autre ou toutes les deux à la fuis, à l’état de follicule, et, afin quo le moindre doute ne reste a cet égard, ^ tout en conservant leur forme el leurs proportions respectives, on les voit produire nn follicule (y?, pl, 17, fig. 10)à leur ligne de jonction , et un follicule si bien organisé, que, sans le point d’insertion de aa base, qui sc plonge dans la substance dea écailles, on le compterait pour une bractée nouvelle, alternant par sa forte nervure médiane avec la bractée inférieure.
Si les dent écailles épaisses avaient revêtu la même forme que cet organe de surcroît, les organes sexuels auraient été enveloppés par une corolle tripélale; et, sous ce rapport, ce genre de graminées eût pria les caractères floraux des antres plantes monocotylédones, qui sont toutes à système ternaire.
[»] Ibid., tome 4* Clou, det graminiêt. pl. so, fig. n-u.
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
405« Mais ce qui surprendra petit>^lre lei obscrvalenrs habitués à nVtiuIier le lystéme floral des espèces qira Tépoqiie (le leurdéveloppeoieiit complet., cVsl qu'à un âge peu avancé, U est des (leurs dont les larges pétales ont , par rapport aua étamines, de bien moindres proportions, et dont le s]f6tème slaniinifére était orgaolsé de la même manière que celui des graminées.
400. Soit en effet la fleur de VOEno^ thera biennis ( pi. 35). A l'instant de son épanouissement (fig. G), les sépales (,ÿ), encore sondés an sommet, et les pétales (pu), enveloppent les étamines, ba (ig. 3 représente un de ces pétales et trois étamines de grandeur naturelle, et encore les dimensions de la planche nous ont forcé à les réduire. Or les proportions relatives de ces pétales et des étamines n'étaieot pas les mêmes, tant s'en faut, à une époque (rés«reculée de la préfloraison, alors que le calice ( fig* 4) était clos de toutes parts, comme un ovaire ; alors ^es pétales sont tellement réduits, qu'il faut user de précaution, pour ne pas les faire disparaitre> lorsqu'on veut étaler l'appareil sur le porte-objet. La fîg. 5 représente à la loupe celte jolie et curieuse organisation : les quatre grands pétales de le fleur développée sont réduits ici, par rapport aux étamines, à la dimension des écailles des graminées à l'état frais (prt); et Si l’on venait à séparer du groupe les trois étamines de gauche avec leurs deux écaiJIea , bien des observateurs seraient pris au stratagème. 3lais,peu à peu , ces écussons squammiformes se développent, se rapprochent par leur point d'insertion, et tendent à se recouvrir par les bords ; ils marciicDt vers la forme de pétale; cependant à l'époque intermédiaire de ce développement, l'analogie n'est paseiicore effacée ; et rien ne ressemble mieui à la fleur de V Anthoxanlhum odoratum (pl . 1 9, fig. 12, pCy an) que la fleur entre deux iges de YOlCnoi/iera biermis (pl. 33, lig. 2, pOf an). Les deux paillettes ipe) de VAn^ Moxnn/Au/n sont évidemment les analogues des quatre pétales de la Gg. 2 de VOEitotherui et si ces deux paillettes étaient
restées sous la forme d'écnillcs, le genre Anlhoxanthum no serait pins qu'une eipèce d'nn genre de graminées à deux glumes et à doux paillettes.
407. Ce que nous avons établi k l'égard de l'arête des graminées (30G) s'applique également à l'étamine ; savoir, QCRl'kTAVINKKNIANK Diar.CTKVRXT d'uwr ^ER-
VDRE Pt que par conséipient chaque nervure de la fepille qui se transforme en appareil mâle, est capable de donner naissance à un filament d'étamine.
408. C'est ce qui résulte de la plus simple inspection d'une corolle sur la* quelles'insèrcnt les étamines (pl. 22, fig. 3; pl. 28. fig. 3; pl. 43 , fig. 6) ; la corolle , au-dessus du point (x) où se détachent les filaments des étamines, offre autant de nervures que d'étamines, qui n'en sont évidemment que la continnation. Au-dessus de ce point d'insertion , la nervure n'existe plus, elle est passée tout entière dans le filament; que si l'étamioc et son filament viennent à avorter, alors la nervure continue sa route jusqu'au sommet, et devient souvent la nervure médtano d'une nouvelle division pétaloïde de U corolle.
409. En conséquence, une feuille quelconque alterne, à trois ou cinq nervures longitudinales (63,29°), a, par-devers elle, tous les éléments nécessaires pour devenir une corolle nionopétale à (rois ou cinq étamines, et, par la division consécutive de sa substance, à trois ou cinq divisions pétaloides.
410. Mais, d'un autre côté, nous avons établi que l'appareil mâle était une transformation de l'organe foliacé; qu'il en conservait par conséquent la place et la direction ; qu'H était alterne , quand la foliation était alterne.
411. G° Donc L'ArrAiRii. KAte ossexA- MiNKES , avec ses trois étamines et ses deux écailles, ce qui est le type le pins ordinaire , est la déviation d'un fbllicoie imparinervié, qui alternerait avec la nervure médiane du follicule immédiatement inférieur; car les écailles sont engainantes a leur base comme le follicule; elles fie se divisent en pétales rudimentaires qu'à
100 DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
leur sommet; les trois filaments des étamines qui tiennent lieu et tirent leur orgine des trois organes vasculaires, des trois nervures de l'appareil , sont disposés de telle sorte , que le médian alterne exactement avec la nervure médiane du follicule de l'articulation immédiatement inférieure , ou avec l'aréte ou le pédoncule qui tient lieu de cette nervure. Dans certaines Heurs anomales de la famille des graminées , l’appareil complet de l’organe mâle est remplacé par un follicule complet, alternant avec le follicule inférieur, et engainant par sa base le péricarpe.
413. Donc l'appareil staminifére des graminées est une déviation d’un follicule del’épillet, qui alternerait avec la paillette parinerviée {pe >S , pi. 15, fig. 3), quand ce dernier organe est immédiatement inférieur.
413. LE PASSAGE DU PISTIL AUX FONC- TIONS DE l'Étamine, et réciproquement,
EST AUSSI FRÉQUENT, DANS TOUTES LES FA- MILLES DE PLANTES , QUE LE PASSAGE DE
l'ÉTAMINE a la forme ou PÉTALE (393).
414. DÉMONSTRATION. La fleuF du Caljrcanthus Jloridus (395) nous a déjà mis à même d'apprécier la série si bien nuancée de ces déviations. Nous avons suivi les diverses phases par lesquelles l'organisation florale passe, pour arriver du follicule au pétale ,du pétale à l'étaminc. de l'étamine au staminiile, du staminule enfin au pistil. Cette fleur n'est pas la seule qui indique avec autant d'évidence la marche du phénomène; la plupart des fleurs dont l'inflorescence est en spirale sont également propres à ce genre de démonstration.
Ceux qui voudront poursuivre cette élude sur les pivoines cultivées dans nos jardins, ne manqueront pas d'occasions de vérifier, par des observations aussi piquantes qu'imprévues , la justesse du fait général que le théorème vient d'énoncer. Les figures 1, 5, 7, de la planche 36, représeoteot les curieux débris d'une fleur de
Prœonia moutanf qui était entièremeDt péloriée (183).
415. La fleur ressemblait à une rose A cent feuilles, et l'un des sépales était panaché de la couleur des pétales. Au centre de la fleur se trouvaient les ovaires , entourés d'une couronne de nombreuses étamines à l'état normal. Les étamines étaient entourées, à leur tour, de plusieurs rangs de pétales plissés, qui portaient plus ou moins évidemment l'empreinte de leur ancienne origine. Dans l'aisselle de chacun de ces pétales , on remarquait assez fréquemment des étamines tantôt complètes, tantôt incomplètes, enfln des ovaires plus ou moins ébauchés. Car tantôt l'ovaire était surmonté de deux ligules purpurines (fig. 3f/); tantôt ces ligules se prolongeaient bien avant dans la substance de l'ovaire ; et chez d'autres elles finissaient par l'envahir tout entier; de manière que l'organe nouveau qui résultait de celte déviation (pi. 36, fig. 7) devenait par sa forme, sa consistance et sa couleur, l'analogue des sépales de certaines fleurs de Culjrcanthus (pl. 35, fig. 3), quoique conservant encore , sur sa surface ou à son sommet, des traces évidentes des poils ou de la structure externe, que l'on re> marquait sur les ovaires normaux. Enfin, d'autres fois les ovaires, quoique normaux, se montraient le ventre ouvert (pl. 36, fig. 3) ; et , ce qui est uu des faits les plus curieux que j'aie rencontrés , les ovules mis à nu (ov) par cette éventration spontanée, n'avaient rien souffert dans leur organisation. Mais chez d'autres, oaverts et du reste exactement conformés comme ceux-ci, les ovules étaient remplacés par de vraies anthères (pl. 36, fig.1 , an)y des anthères bilohées , remplies par de vrai pollen ; l'ovaire avait, de cette sorte, comme des ovules pulliniques. A l'instant où J'écris , je possède encore les échautillons de celte belle déviation.
11 est inutile de faire observer que, snr certains autres organes , qui formaient tout autant de transitions entre ces formes mieux arrêtés, on trouvait réunis par fractions le sépale, le pétale, l'étamine, et l'ovaire; car, dans le sein de cette inflo-
DÉMONSTHATION GÉNÉRALE. lOl
refcence» U nature semblait avoir pris plaisir à se jouer de toutes les lois arbU traires de la classification , pour ramener le classificateur aux lois ratioooelles delà physiologie.
416. La comparaison des fleurs uni* sexuelles fournit la démonstration nor> male, la contre*épreuve du fait que vient de nous signaler ce que la langue vulgaire appelle une anomalie.
417. Soit, par exemple, entre autres euphorbiacécs, Torganisalion florale du Xjrlophyllaj plante singulière, dont les tiges sont des feuilles (pl. 38, fig 9), sur chaquedenlelure desquelles naît un follicule, et dans Taisselle de celui-ci un bourgeon â fleur; chacune de ces fleurs est untsexiielle (91), et la plante est monoïque, cVst-à-direque les fleurs mâles et femelles viennent sur le même individu.
Mais nul sexe n'a, sur le rameau floral, une place tellemeo| organique, si je puis m'exprimer ainsi, que l'on puisse d'avance le désigner du doigt sur tel rameau; au contraire la fleur mâle (fig. 10) occupe la place qu'occupe sur l'autre rameau la fleur femelle (fig. 93); en sorte que, sous l'influence d'une circonstance inconnue de l'organisation primitive , la fleur mâle aurait pu devenir la fleur femelle, et vice versd»
Or, si l'on compare entre elles deux de ces fleurs de sexe difTérent, on se convaincra que leur différence ne réside ni dans leur système calicinal (r). ni dans leur système corollaire (pn), ni dans leur système staminulaire (r/), et qu'elle ne commeuce qu'au système sexuel , mais ici on ne tarde pas à reconnaître que cette différence n'est qu'une déviation du type, et non l'expression de deux types dîTlërenls. Chacune des trois étamines (fig.17) s'insère sur le sommet d'une colonne commune , comme les trois stigmates quadrifides,etd80sd'autresbifides(fig. 1?), s'insèrent sur le sommet du pistil ; les stigmates alternent avec les petites divisions
fl] Le* iUmioule* da ClutUi puleheifa «ont bilobées cotnme de* solhirei testilc*, et elle occupent
du calice trisépale; et si les anthères des étamines étaient restées à l'état rudimentaire, et que la colonne commune qui les supporte se fût arrondie et turbinée, le système staminifère de la fleur mâle eût été facilement pris , par le botaniste, pour une fleur femelle avortée.
Or, comme rien n'indique la place de chaque sexe sur le même rameau, et que, d'un autre côté, tout est ici conformé de même , quoique n'arrivant pas à la même destination, il s'ensuit qu'au lieu d'un avortement, nous avons ici une simple déviation. On conçoit en effet que ces deux sortes de fleurs auraient pu être du même sqxe par une simple modification : si les slaminules (si) avaient poussé leur développement jusqu'à la forme d'étamines, la fleur femelle (fig. 19) eût été hermaphrodite; et si les mémesstaminnies (j/)étaient devenus étamines complètes, l'appareil staminifère de la fleur mâle (fig. 10) aurait pris la destination de l'organe femelle; sa colonne centrale fût devenue la panse de l'ovaire et les trois étamines qui en couronnent le sommet auraient pris la direction des stigmates; la fleur mâle eût été ainsi une fleur hermaphrodite. Nous ne croyons pas nous faire illusion : la démonstration est pittoresque par la simple comparaison des deux fig. de la pl. 38 [1].
Il nous serait facile de poursuivre avec un égal succès l'application de ce genre d'analogie, sur un assex grand nombre de familles des types les plus divers, si les bornes d^ cet ouvrage ne nous impo* saient le besoin de nous restreindre. Nous nous arrêterons à l'analyse de la famille des cucurbitacées dont la p). 48 renferme les détails.
418. Soient la fleur mâle et U fleur fe- ^ melle d'une espèce de cette famille; il s'agit de découvrir le même nombre d'appareils dans l'un et dans l'autre, et de démontrer que l'unisexualilé de l'une et de l'autre ne provient que de la déviation de l'un des appareils , dont le développement
Is place que l'ordre «Tabemation s»i(*ncrait aux vrai* cUmiDC* dan* celte fleur.
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
normal eûl complété le système sexuel de chacune de ces ilours.
La corolle pentapétale (fig. &) dos fleurs du Cucuoiis sativus fait tellemeDt corps, à sa hase, avec les cinq sépales linéaires du calice (6g. 1), que Tappareil rentre dans la catégorie des fleurs que nous avons désignées sous le nom de sympérianthées (173,3<>). La fleur femelle est épigyne( 158). Eu détachant circiilairement le périasthe (cQf 6g. 13), on met à découvert un nectaire (/t) ou coussinet (MO), du centre duquel s'élève un style (^^) très-court, mais épais, qgi est surmonté d'un gros stigmate (ri) papillaire, trilobé au sommet et trilobé à la base , mais de manière que Us luhes de la base alternent avec les lobes du sommet. Sur le Cucumis coiocynthis (lig. 3), ce corps (si), se dessinant d'une manière plus distincte, apparaît sous forme de trois gros stigmates sessiles, et nous indique que, chez \q Cucumis sattifus^ ce sont les lobes de la base qui marquent la place de chaque stigmate partiel, et que partant , chaque stigmate est bilobc au sommet*
Si. d'un autre cèle, on ouvre la fleur male (Gg. 1) du Cucumis sativusj à 1a place du oorps stigmalique, on rencontrera un corps pollinique (Gg. 6), è anthères dorsales (M6, 0°), épaisses, plus ou moins régulièrement bilobées (6g. 6, 11), et qui font tellement corps, en se soudant par leur face antérieure, que, par une section transversale, on croirait avoir sous les yeux la coupe d'une lige i^pelleiise dans le centre, et vasculaire sur la circonférence. L'assemblage de ces cinq corps est ■uroionté d'une houppe médull.iire (sg), qui est le prolongement de la substance centrale, et jouit d'une organisation qui lui est propre et qui lui fait en apparence jouer le rôle de stigmatuie. Loféqti'on sépare les anthères les unes des autres, chaque fragment qui apparaît comme une division longitudinale d’un jeune melon à cotes (et l'aspect du corps staminUère entier, à l'état jeune, ne dément pas cette analogie), emporte, sur les bords inlernos | de la portion médullaire, des traces d'ad- . bérenccs,aous forme de jolies dentelures, j
Si l'on pousse plus bas l*investigatior% ^ après avoir détaché une ou deux de ce9 anthères sessiles, on s'assure que ce eorpe staminifère tient, par sa périphérie basl> laire , à la substance du périanthe ( I7i ) , et que, sous cette voûta creuse, existe un nectaire tri ou quadrilobé, dont la 6g. 10 n représente la coupe longitudinale. Or, qui ne serait frappé de l'analogie de ce corps avec le nectaire et la dépendance stfgmatiqiie de la fleur femelle (Gg. 1 3, n)? Mais, si ce nectaire avait poursuivi son développement stigmalique, le pédoncule ipd) se serait certainemeot renflé en fruit | car la cause n'agit point sans effet; et 1a fleur mâle eût été une fleur hermaphrodite complète.
La fleur femelle, de son cèle, représente, mieux que la fleur mâle, une tendance à se compléter ; et l'analogie prend, chez celle-là, un caractère d'évidence enoore plus frappant qi^e chez celle-ci. En effet, St l'on pratique une coupe longitudinale, à travers la fleur femelle du Cucu» mis colocynlhis (Gg. i et 3), on est surpris de retrouver, au-dessus du triple stigmate (^t), des organes (an) qui se disliiigiient par leur portion saillante et par leur couleur jaune, à l'époque od la corolle est encore d'un vert foncé ; or, si I'qd isole clianin de ces corps (an), et qu'on l'observe de face (fig. 4), H serait impossible à rincrédiililé la plus systématique de osécontiailre la destination de cet organe, avec son connectif (rv), ses deux /ûcca (//t), et ses nervures secondaires, qui se desaineiit sur chaque ikecOf comme sur les deux moitiés d'une feuille. Chacune de ces curieusesaiithères tient à la corolle, non-seulement parle dos, mais encore par deux brides de même substance qu'on trouve à sa haku ; elles sont hérissées de poils, comme U surface externe de la corolle , mais ces poils sont Jaunes. A celte époque, on ferait de vains eiforts pour épanouir la corolle sans s'exposera la déchirer en lauibeauE^ la portion externe de la corolle, qui correspond à la portion dorsale de cet organe anllirriformc, offre une nervation qui ti'indii|uerieu moins que dossaillies et deisulures; ce sont de vraies nervures, dont les ac*
DÉHONSTnATlON GÉNÉRALE. 10S
ç€MOÎre« viennent faire corps avec la i priiicipale,ainsi que le montre la Hqiireâ.
Mais peu à peu, par le prO(|r<>s Je la vé> gêtalioii , chacun de ces organes s'ouvre par le dos , comme les anthères soiivrenl par leurs sutures; et les parois, se déployant comme un tissu, s'étendent en membranes , et iurmeut, à l'époque delà floraison , la portion renlraute ou la portion fendue de la corolle.
•410. Le besoin de ne pas laisser une analogie piquante , plnlùt que tVnoncé du théorème, nous amène à déduire de cc qui précède l’eiplication de l'organisation qui snit. Nous venons de démontrer que Ja portion de la corolle du Cui:umis cold- | cjnlhis, qui est interne, à l'épo(|uu de la préOoraison (177) (pl. -48, iig. ïi), était destmée à former une des anl hères de la fleur femelle. On remarque, sur celte portion de la corolle, soit pendant la floraison, soit après la floraison, une structure et un aspect tout différenU de la structure et de l'aspect des portions externes. Or, lorsque l'on compare, à ces deux même époques , la fleur des convolvulacées (pl. 39, iig. 13), avec celle des cticurbitacées, on ne tarde pas à recuiiiiaitre que la portion yâ, fig. t, qui constitue la plicature interne, reproduit ^dans la s préfloratson (Gg. 3) la fausse anthère (Gg. 4, pl. 48) du Cucumis J et .que sans I Ja déviation quVIle a subie, chacun de ces plis eût formé une antlière sur la eu- | rolle, dont les portions « (fig. 5, pl. 39) < restant soudées pendant la floraison, | comme elles le sont pendant la préflorai- ' son, auraient formé une corolle tubuleuse, ^ au lieu d'uno corolle infuiidibulifunne. i Lu effet, CCS portions n'ont aucun rap- | port de structure avec les porlious «, ainsi i qu'on le voit par la fig. Il de la pl. 4U. Les vaisseaux dc^ la portion ^ s'iiiHèrent sur ceux de la portion n, de manière à former, par les portions a, tout aulaut d'ogives, et par les portions tout autant i d'ayètes de voûtes arabes. La couleur de | ia portion /S est purpurine, quand celle ! de la portion « est blanc-rougeâtre; or, les anthères de celte famille afléctent une 1 couleur purpurine très-foncée. I
430. Ainsi, non-seulement nous tenons l'analogie des plis des corolles convolvulacées, o)ais nous ayons encore, par celte explication anatomique, la cause qui fait que celle corolle, après son épanouissement, conserve encore la curieuse propriété de reprendre sa préflorajson pendant son sommeil (38); car, dés qu'elle éprouve dans toutes ses parties une tendance à la contraction, la disposition respective de ses vaisseaux l'amène à se plisser, comme elle l'était avant son épanouissement. L'impulsion étant donnée, la inaiiièro dont la corolle se referme n'est plus qu'une conséquence mécanique de la disposition de ses vaisseaux.
431. EnGn, si les portions /3 de la corolle des convolvulacées avaient suivi la lui de leur première impulsion, la corolle aurait eu deux rangs superposés d'élamines alternant entre elles; et les genres Conwhi4lus et Jpomœa eu eussent acquis un caractère nuiiveau.
432. Mais en revenant à l’objet principal du théorème, des faits précédents suit la conséquence rigoureuse, que les organes sexuels sont susceptibles de se transformer les un# dans les autres; que l'appareil mâle, sous l'influence des causes qui déterminent les déviations, passe à la forme d'organe fêmellc, ci vice versa,
423. l*** coiioL(.AiaB. Mais, comme l'appareil mâle est une déviation du pétale (393) cl celui-ci de la feuille (399), nous devons coqclure que l'appareil femelle dérive à son tour de la feuille, et peut en subir, dans les circonstances favorables, la transformation ; et l'expérience directe vient (encore ici an secours de rinducliun. Ür, non-seulement dans les fleurs épigynes (158). cbez lesquelles l'appareil tnâlo et l'appareil femelle sont également placés au-dessus du péricarpe, celle transformation revient sur elle-même du centre à la circonférence, et de U circonféreuce au centre ; non-seulement, les stigmates sont de vrais pétales dans les iridées , et de vraies feuilles dans la fleur du Canna (pl. 20, Gg. 10 si), fleur dont tout le système corollaire serait pris pour une jeune
104 DÉMONSTRATÏON GÉNÉRALE. ^
foliation en spirale , si Tœil de robserva> leur ne rencontrait l’ovaire infère, supportant la fleur comme une articulation cau)inaire| et plus haut une anthère marginale (146, 4°) appendue comme une > glande à une feuille qui lui sert de fila- \ mont^ non-seulement, dis-je, ces organisations, toutes normales, viennent à Papput de Pindiiction ; mais les anomalies assex fréquentes de la déviation ia confir- ' ment dans l'observation Journalière; et rien n'est plus commun que de rencontrer ide jeunes fruits, dont les stigmates revêtent la forme des feuilles, eft dont les ovaires s'arrêtent dans leur développe- * ment sexuel ; alors, tout l'appareil répète le type de la lige spéciale à l'espèce, et devient une continuation du rameau.
4S4. Le fruit de la eliâtaigne d'e.nu * {Trapa notons), plante dont les rosaces * foliacées couvrent la surface de la plupart de nos étang#, conserve tellement Pem^* preinlede son origine pétiolaire , que je n'en sache pas de plus propre à peindre aux regards l'évidence do la transformation du système foliacé en péricarpe.
Les feuilles submergées de celte plante •ont toutes capillaires (25^4°); mais celles qui sont destinées à végéter à la surface des eaux, où elles so soutiennent à la faveur de leur pétiole renflé (pl. 8, fîg, 109 pi), celles-là sont disposées dans l'ordre que nous avons désigné, sons le nom d'opposé croisé (71, S**), et forment, en rapproch«vnt leurs points d'insetlion, un corymbe (73, 3°) de feuilles. Or, le fruit est évidemment formé par la réunion de deux étages de feuilles, par deux paires croisées, à pétioles scssiles, mais à limbe épais, divergent, aigu, rappelant encore assez dislinctemenl la forme quadrangnlaire du limbe de la feuille caulinaire de celte plante. La paire inférieure est la plus développée, munie de trois grosses nervures qui se détachent, en un gros piquant, vers le bord de leur sommet tronqué. Sur la paire supérieure, le piquant est pItM considérable, mais le corps de la feuille est très-court. La réunion des quatre organes constitue le péricarpe de ce fruit comestible.
425. S* coROiLAiRi. Lorsque le péricarpe, par suite d'une déviation du type floral, revêt la nature de pétale, de sépale et de feuille, ce doit être avec les formes caractéristiques que chacun de ces organes affecte sur l'tspèce. Donc , chez les graminées, celle sorte de déviation se réaliserait sous la forme d'un follicule synnervié (65, 58«), d'une paillette on d'une glume, qui alternerait avec l'organe immédialemenl inférieur (301) , avec l'étamine médiane de l'appareil mble (411), oir plutôt avec la nervure médiane de la paillette qui, par suite de la même influence, aurait remplacé l'appareil mâle. *
Or, la structure du péricarpe des graminées s'accorde admirablement bien avec la théorie. Car soit un ovaire de froment ; la fig. 1, pl. 16, en représente la face intérieure convexe, qiiadrilobée, blanche, plus épaisse cl liérissée de poils au sommet, sur lequel s'insèrent deux stigmates distiques (114, 7*^), La face postérieure est marquée d'un sillon longitudinal, qui devient de plus en plus profond, à mesure que la maturation avance; et qui finit par être très-prononcé s^r nn grain de blé. D'après ce que noua avons établi au sujet des effets de la compression (280, 1**), il est évident que cet enfoncement ne provient pas, plus que l'absence de la nervure médianOf^de la paillette parinerviée, de la compression du pédoncule de la fleur sopéricure, pédoncule qu'on trouve niché dans cet enfoncement. Or, de la base au sommet du péricarpe, celte rainure porte une grosse nervure verte (6g. 2 et 3), qui se trouve, par conséquent, j uste à la place que lui assignerait l'ordre d'alternation (501), dans le cas où, à la place de l'appareil male et femelle, se trouveraient deux paillettes imparinerviées; car cette nervure médiane du péricarpe est opposée à l'étamine médiane, (^uant aux deux stigmates, on les voit, après avoir pénétré dans la substance du péricarpe, se diriger, l'un d'un côté, l'autre de l'autre , comme deux vaisseaux, disons le root, comme deux nervures latérales : vous voyez déjà l'analogie surgir! La nervure dorsale du péricarpe clanl le représeutant naturel de U
Dk-
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. m
nfrynre médiane, les Taisseaiix des deux stigmates deviennent nécessairement les représentants des deux nervures latérales; mais ces deux nervures latérales ont donné naissance à deux organes séparés, ^ui , chex certains genres, ou par sirite de cer* laines déviations si fréquentes, prennent ia forme foliacée. N'avons-nous pas là Tap* pareil de la paillette parinerviée divisée en deux appareils stipulaires (309) d'un côté; et dans la substance do>la nerture dorsale, celui du chiume, de l'arétc, du pédoncnle détaché (390) ? £h bien ! le stigmate de certains gramens, celui du maïs, par 'exemple (pl. 17, fig. 7 Ji), fournit, ^ parla synthèse, la contre-épreuve des données que nous avons puisées dans l'analyse. Ici le stigmate est unique; mais sa substance est traversée par deux nervures latérales vertes, distantes, qui arrivent au sommetsaiisse joindre, mais en le poussant devant elles sons forme de deux dents; si l'on ajoute à cette réunion de circonstan* ces, que les bords de celfe longue lanière sont hérissés de poils roides, qui ont plutôt l'air de dents que de fîbrilles stigmatiques , et enfin que U partie médiane de la lanière est aussi memtMrancuse qu'il est possible de le concevoir, il n'est pas d'esprit SI positif qui ne nous devance, en signalant, dans cet organe, l'analogue de la feuille parinerviée, surtout si l'on examine l'organe à un âge peu avancé (pl. 1 7, ftQ, 7 '). Il est des paillettes parinerviées, dans les jéniiropogon ei\on et\r et voisins, dont les caractères sont moins saillants que ceux de cette espèce de stigmates ; et je AiHloute pas un seul instant que la méprise ne fiït inévitable, si l'on plaçait sur le môme porte-objet, sous les yeux de l'observateur le plus exercé à ce genre d'études, un ovaire très-jeune de maïs, etcertaine paillette parinerviée d'^^nd/xyiogon.
Chez certains Gramens , tels que le Kastus [1], le nervure dorsale a produit ton stigmate , comme les deux nervures latérales, et chacun de ces stigmates est foliacé, large, membraneux, orné de fi-
(ij Arm. des Scitnca nat.» V, pl. 8. 6|;. I, i.
brilles simples sur ses deux bords, et traversé dans toute sa longueur, remorquez bien, non pas de deuil nervures, comme le stigmate du maïs , mais d'une seule qui est médiane, ce qui devait être, d'après U ' théorie. Or, le médian des trois stigmates, celui quia pris naissance sur la nervure dorsale de l'ovaire, alterne avec l'élaminô médiane : l'aspect, la strjacture, et la dis* position respective de ces trois organes est telle, que, sans la présence des étamines cl la maturation de Tovaire, on aurait tenté de prendre l'ovaire pour un ^ eiitrenceiid, et les stigmates pour une décomposition de la feuille qui la couronne; en d'autres termes, pour la feuille et ses doux stipules.
4:26. De toutes les observations précédentes, il suit qiié, si la nervurt; dorsala avait contimié son développement dans la substance du stigmate pari nervié, et qu'ci le n'eôt pas été appelée à des fomHions internes, LR PZAtCARPR SK SERAIT TRAKSFORMK EM PAILLRTTK IMPARINKRVIÉK, ALTERNAIT AVEC LA PCUILLR IMPARINRRVIKR, QUI SERAIT FOEMEK AUX DBPXRS DR l'aPPAREIL MALE.
437. 3<* coRotLAi|iB. Le péricarpe des céréales (pl. 16, fig. 1 , 9, 3, 4) n'est pas un organe d'une telle simplicité, que son analogie avec la feuille soit saillante au premier abord. A l'époque de la fécondation, il se divise en deux portions distinctes, l'uno («), externe, bkincbe, cotonneuse, et épaisse aii^sommet comme poe grosse articulation {no) \ k cette époque, cette portion externe est remplie de fécule, et se colore en bleu foacé par l'iode (Dg. 3); l'autre portion, beaucoup plus mince et verte (yâ), tapisse la surface interne de la première. Par une section longitudinale (fig. 9), oa voit que ses deux faces sont partout parallèles. La surface blanche est I'bctocarpk, et la verte I'bn- DOCARPB (167).
Plus tard elles se détachent spontanément l'iina de l'autre (6g. 4), comme l'ectocarpe de la pèche se détache du noyau, qui est l'endocarpe de ce fruit ; c'est-à-dire i'cctocarpe, en laissant sur la surface de l'cndocarpc des traces de son ancienne
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
adhérence ] et, à cette époque, la substance blanche s'amincit, et se dépouille de sa fé« cule.
Mais il est un point où Padhorence sub« siste : c'est sur la nervure dorsale (fig. 9, 3 /le), au sommet de laquelle on remarque une empreinte circulaire ( Ju, bg. 9), lorsqu'on est parvenu a en détacher le corps blanc, qui est destiné à former plus tard le périsperme (fig. 4 al)^ et qui renferme, dans son mamelon basilaire, Pembryon (e).
Celle empreinte circulaire est la trace ^ du vaisseau par lequel le périsperme communiquait avec la nervure dorsale.
La nervure dorsale est donc le placentaire (110), Pemprpinte le funicule, et le corps albumineux l'ovule , dont le test est tellement confondu avec la substance du péri* sperme, que je ne sache pas encore le moyen ije les isoler. Il faut avoir recours à Pariatomie de la graine mure, pour dis* tingtier ces deux enveloppes de Pembryon Pune de Pautre, sur te plan donné par une coupe longitudinale [Ij.
498. Quoi qu'il en soit, et comme la nature ne s'est pas engagée , envers les descripteurs, à donner à tous les organes le même nombre d'enveloppes , et surtout, comme rien n'est plus arbitraire que la manière de limiter le nombre des envelop« pes dans des organes aussi compliqués, nous admettrons que le test manque dans ces graines , ou plutôt que c'est le test qui devient comestible et farineux , l'analogue. du périsperme devant être cherché ailleurs.
499. Mais ce qui n'est certes pas sans intérêt , par rapport à la pliysiologio , c'est qu’à mesure que Peclocarpo se dépouille de sa fécule et s'amincit, le périsperme {ni, fig. 4) s'épaissit de plus on pins, et s'enricliU de fécule ;«de sorte que, à Pépoqiie de la maturité , Peiidocârpe et l'ectooarpe sont réduits à la consistance de test, et que le périsperme, si peu considérable dans le principe , forme alors la portion principale du grain. %
[i] Voycx , liant le Nouvriju lÿ/tèmê ti« chimie organique, raoslyto du t’Hordeine, pl. 4;
430. Or, un peu avant la maturité, si l'on examine isolément le péricarpe, oa lui retrouve à peine un caractère qm soit capable de le faire distinguer, par sa structure , d'une feuille close, d'un follicule dans la gemmation (54). L'ectocarpe s'est tellement dépouillé , et scs cellules se sont tellement aplaties les unes contre les autres, qii'H ne dilTère pas de Pépiderme des feuilles, dont l'endocarpe Joue alors le rùle du parenchyme vert. Or, non-seulement l'épaisseur de la substance n'est pas un caractère incompatible avec celui d'une feuille , ainsi que le démontre la structure des feuilles grasses (U7),tnais encore il faut admettre en principe que tout follicule geiumaire, c'e^-à-iFire toute feuille qui termine la tige (319), et qui commence par être close organiquement, comme un ovaire ; que celte feuille, à cet âge, dis-je, est épaisse et aussi fournie de matière féciilenlc , féculuïde , ou au moins miicilagiiieuse , que le jeune péricarpe du fromènt dont nous venons de donner l'analyse.
431. La structure du péricarpe, cher les graminées , subit d'un genre à un autre des modificaliona qui tiennent souvent à sa position et à ses rapports avec les enveloppes noralcs.
Ainsi , chez la graine du maïs (p\. 17, fig. 11), t>ii ne trouve point U nervure dorsale du péricarpe des céréales, sur U face opposée à celle qu'occupe l'embryon; mais aussi , si Pou ouvre l'ovaire jeune , ob découvre que ce n'est pas stir^a portion dorsale que s'insère l'ovule {al), mais à la b.ise de Povaire meme; et cela, par la raison que celte base {n, p). 17, Hg. 13) est la portion perpendiculaire de l'ovaire, lorsqu'il est enchâssé dans le rachis épais qui forme Pépi singulier de celte plante ; et celte hase (a) devient non-seulement le placentaire, mais encore la portion féculente du péricarpe , qui ne se détache plus haut ipp) que pour former Pentonnuir membraueux du stigmate. Mais ^oytes les
la roiiche e pourrait être condderée comme oppar- U'naul au to»i.
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DÉMONSTAATION GÉNÉRAI.R.
hiê que , par taile dSine déviation que je décrirai , eo m’occupant Je la futiacilé des caractère* pénériquea, le rachis île cette plante *e ramilic et ac rapproche de celui da Sorghum (pl. 17, fifj. 17); alora, aon ovaire redreaaé vers le ciel et appliqué latéralement contre le rachis ^ se rapproche à ion tour du t^pe de l’ovaire du froment, et ion ovule (<h>) s’attache h la portion dorsale du péricarpe (/y?), sans cependant que ce point d'atlaclie remonte aussi haut que dans le (rrain de froment. La fif'iirelS, qui représente nn jeune ovule desséché du Soryhtim , s’applique éfpiiement an jenne ovule de ces sortes de déviations du mais. Ici même l’ovule {ov) semble se dé> doubler en deux portions , dont l’une mince , formerait l’enveloppe externe et membraneuse, le test de l’autre, qui est destinée à devenir pcrisperme.
4ii. Dans ces deux cas, le péricarpe présente, mieux que dans les céréales, /es caractères ordinaires du follicule encore clos, et qui termine la tige, recelant dans son sein la gemmation destinée i la continuer. Lu section longitudinale de cet organe desséché ressemble, sons tous les rapports, h la section longitudinale de la pluroule (pm pl. 10, hg. 8), dont les follicules sont, dans la graine, tout aussi bien clos que les enveloppes qui recèlent l’embryon.
455. 4* eosoLiAinB do cosoi laisb rnii- CBOKST. Nous venons de découvrir qu’à i’époqne de la fécondation le péricarpe du froment est très-épais et féculent; qu’ensuite, et par le progrès de la maturation, cet organe s’amincit et se dépouille de sa fécule, tandis que l’organe qu’il recèle épaissit, grandit et s’enrichit de fécule. Nous avons prouvé, dans le Nouveau système de chimie organique ^ que la léciile sstune substance organisatrice, une stihslanco qui sert à U furmatioo des tissiis, une substance nutritive. En conséquence, l'organe externe de l.i graine, le péricarpe, immédiatement après la fécondation , se sacri/ie au proGt du développement du périspcrnie , comme celt|i-Gi doit se snert* 0er plus tard, c’est-à-dire immédialement
après la première impulsion de la germination , au développement de l’embryon qu’il recèle , et qui va alors croître et élaborer dans les airs.
4Ô4. I.i VRCOaDATlOK, LA CKRVlftATlOff BT LA
VEGETATION Signalent déjà ici leur analogie.
435. N’oublions pas (le faire remarquer, dés à présent, l’analogie frappante qui existe entre l’organe médullaire desséché (md) d’un entrenœiid Hstuienx de graminée (pl. 10, fîg. 6), et l’ovule desséché (4ôl) de l’ovaire des Sorghum (pl. 17, üg.16).
436. LBF^StSPXSMK DES OnAMiKE'ES (pl. 16, fig. 5 , et 4, a /) EST LA DKVIATIOIf RORMALB (18â) d’ov rOLLICDLfi OD FEDILLB SAN5LIMBB STC1.0S (319), DONT LA NEEVCRE MEDIANE ALTBHNEKAIT AVEC LA NEEVDRE Me'dIANE DO FOLLICOLB PEMCAE?E(4!i6) d’dN céTB , ETDB l’autSB avec LECOTTLBDON ou NERVURE Mé- DIANB DE LA PBDILLB PARTKCRVIE'b (565) DE l'eMORTON CARACTéRISTI()DE DE CETTE FA- MILLE.
437. néMONSTRATiON. Le péricarpe des graminées (pl. 16 , flg. 8, 5, 4,pp), ainsi qu'il résulte de la démonstration précédente , est une déviation d’un follicule, dont la nervure médiane, qui a conservé Ions ses caractères spéciaux , alterne avec l’étamine médiane de l’appareil, que, dans un autre théorème précédent, nous avons démontré être la déviation d’un follicule (587), dont la nervure médiane alternerait avec le pédoncule, qui part de la base du follicule parinervié de IVpillet (985).
438. Dsns un troisième théorème (301), nous avons établi que, chex les graminées, l’ordre d’alternation était invariable à l’égard de tous les organes.
430. Dans un quatrième théorème (368), nous avons établi que l’embryon des graminées possédait , sans exception aucune, tontes les pièces que supporte une articulation caulinaire ou folliculaire {Jiorate),
440. EnGn dans uii cinquième théorème (580), nous avons établi que 1** l’embryon ainsi organisé adhérait à lasiirface interne
108 DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
de Torgene qui PenTeloppe, auttsi inli»
mement qu'une articulalioncaulinairead* Hère à PenlreDœud qui la supporte j que, dans les enveloppes ovariennes des graminées et de toutes les familles, les rapports de la position de l'embryon étaient invariables.
441. Nous ajouterons que l'embryon, chez les graminées , est placé de telle sorte, que son cotylédon (364) c'est-àdire que la nervure médiane de sa feniile parinerviée se dirige invariablement vers l'intérieur de la graine , du cAlé de la nervure médiane du péricarpe (435), tandis que sa pliimule et sa radiculode viennent occuper la face antérieure de la base de la graine , où elles se dessinent sous la forme d'un écusson (pl. I7,fig. 11, e), à travers les membranes qui les recouvrent.
443. Or, si l'embryon organisé et disposé delà sorte, adhérait immédiatement au périsperme, toutes les lois, si invariables jusque-là, relativesà l'alternation des organes dans celle famille, et j'oserais dire de toutes les autres familles, se trouveraient en défaut par ce seul fait ; car, dans cette hypothèse, deux nervures médianes d'organes immédiatementsuperposés , nés l'un de l'autre, se dirigeraient du même côté ( 331 }.
443. Mais ce n'est pas sur un point quelconque de la paroi interne du péricarpe que s'insère l'embryon des graminées j c'est sur la paroi d'un organe plus interne, d'un organe intermédiaire entre lui et le péricarpe, sur la paroi du périsperme.
444. Dès ce moment, l'ordre d'alternation se rétablit. 11 ne s'agit plus que de <lémontrerquc l'organe intermédiaire peut être considéré comme l'analogue d'un follicule.
445. Or, il n'est aucune raison , mémo spécieuse, qui s'oppose à admettre cette analogie. Alléguerait-on en effet que cet organe est clos de toutes parts, tandis que le follicule s'épanouit? Mais le follicule, avant son épanouissement, était organiquement clos; il ne s'est ouvert que pour favoriser la gemmation. Mais le périsperme s'ouvre, pour favoriser la ger-
mination , qui est une gemmation à ion tour ( 54 ) ; il reste clos jusqu'à cette époque , comme le follicule gemmaire reste clos, tant que le développement du bourgeon sommeille. Cbercherait-on une différence dans l'épaisseur toujours croissante du périsperme? Maisà l'àge lemoinsavaiicé tout follicule est proportionnellement aussi épais , aussi riche en substance nutritive que le périsperme lui-méme. La plumule de l'embryon des graminées , avant la germination, n'est composée, si je puis m'exprimer ainsi, que de périspermes emboîtés les uns dans les autres, que de follicules entièrement clos, épais , charnus, anerviés (pl. 16, fig. 13), et qui, par le progrès de la germination , s'amincissent, surtout sur les bords, se sillonnent de nervures , s'ouvrent et s'organisent en feuilles, en se munissant successivement d'une gaine, d'une ligule et d'un limbe (303).
La nervure médiane du périsperme , qui, d'après la théorie, doit être alterne avec celle du péricarpe (444), cette nervure, dira-t-on, n'est pas apparente sur le périsperme; sans doute, mais elle y existe, car l'embryon tient à sa paroi comme l'ovule tient à celle de l'ovaire. Or ces sortes d'adhérences n'ont lieu que sur des organes vasculaires (349).
Tout indique donc que, si l'organe périspermatique avait reçu une impulsion de développement , s'il avait pris son essor dans les airs, en brisant l'obstacle que lui opposait le péricarpe, il n'aurait pas manqué de passer par toutes les phases de développement des organes herbacés et nerveux. Or j'ai déjà rencontré un cas d'observation qui vient tout à fait à l'appui de celle hypothèse. Il s'agissait d'un ovaire singulier de Lolium, qui, confondant dans sa substance les lois de la gemmation et celles de la fructification , s'était développé comme un bourgeon , comme un chaton ( 75, 1 1<* ) de péricarpes, ouverts au sommet, bordés de fibrilles stigmatiques , et alternant entre eux par leur nervure dorsale.
446. J'ai cité une autre déviatijon non moins curieuse , dans les Annales des
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
Sciénces d*observatîonj 1839, tome II, p. 338. Le premier péricarpe portail üe chaque côté une feuilth unioerviée , qui était évidemment le prolongement de chacune des nervures latérales , lesquelles nervures donnent naissance aux stigmates (485), et constituent par leur réunion la feuille parinerviée; la nervure médiane de cet ovaire s'était changée en pédon* cule portant à son sommet la répétition de celte déviation ; la face antérieure de cet ovaire était hérissée de fibrilles slig« maliques et de stigmates complets. Le sommet du péricarpe était perforé pour donner passage à un nouveau péricarpe ; mais s'il était resté clos , en conservant les déviations de ses trois nervures dont la médiane florigère , ce péricarpe eût été un entrenœod.
447. On eût dit que la nature ayant manqué le péricarpe. Pavait rejeté en follicule, pour élever le périjperme aux fonctions du pencn/pe; or, si elle avait été aussi peu heureuse cette fois que la première, elle aurait élevé le cotylédon de Pembryon aux fonctions de péricarpe ^ en rejetant une seconde fois le périsperme^ péricarpe au rang des follicules ; mais, en so jouant de la sorte de son propre ouvrage , elle semblait s'élre complu à dévoiler aux regards de Pobservateur les mystères les plus profonds de Panalogie des organes.
448. 11 nous reste à écarter une objection d'un antre genre, et qui se tirerait de la différence qui semble exister entre le mode dont les divers organes de la graine s'emboîtent, et celui dont s'emboîtent les follicules de la gemmation (317); ceux-ci, en effet, s'insèrent, les internes sur les externes, par leur base; ceux-là, au contraire , n'offrent leur point d'insertion que sur le côté (pl. 16, fîg. 3), et la base de chacun d'eux descend libre , comme un cône radiculaire, dans 1a base conoîde de l'autre ; cela est vrai , mais cette différence tient à un accident de la déviation plutôt qu'^ une circonstance essentielle de l'organisation; elle eût passé inaperçue, si l'ovaire, au lieu de revêtir cette forme , s'était développé
en rameau ; car si au lieu de grossir en diamètre , d'une manière aussi disproportionnée par rapport à la tige qui la supporte, il eût confondu son diamètre avec celui de son articulation, sesdiversesradiculodes(367), si je puis m'exprimer ainsi, s'emboîtant et s'agglutinant ensemble , n'auraient pas présenté des anomalies plus saillantes queict radiculodes [rd) désarticulations que représentent les fig. 4 et 5 deja pl. 10 (5G8). Celte réponse est péremptoire; car l'identité des deux cas est incontestable.
449. coROLLAiRK. J'ai fait Connaître , en 1837 [1], une analogie qui confirme ce que nous avons dit de l'analogie de la paillette parinerviée munie de son pédoncule (368), avec le péricarpe. La famille des Carex se distingue par Vuniscxualilé des épilletsct des épis de son inflorescence, les uns étant tout à fait mâles elles autres tout à fait femelles , quoique réunis sur le même individu; enfin certaines espèces ayant les fleurs mâles et les fleurs femelles réunies sur le même épi. La fleur mâle (pl. 10, fîg. 8), d'une grande simplicité, ne se compose que d'un follicule calicitial et engainan| {Jî)^ de l'aissellc duquel partent trois étamines (sm) et le rachis (m) de la fleur supérieure. Quant aux épis ou aux portions d'épis femelles, on remarque le même follicule engainant (pl. 10, fjg. 7, pe et), de l'aisselle duquel part le fruit {pe 4) ainsi que le pédoncule ou le rachis delà fleur supérieure (/?tf). Le fruit, à trois longs styles cylindriques, garnis de fibrilles stigmatiques simples et éparses (5i), est emprisonné par une enveloppe entièrement close, par une utricule, que le style perfore au sommet, pourvenir recevoir au-debors les bienfaits de la fécondation. Or, si l'on fend longitudinalement, et par la face antérieure , celte singulière enveloppe du fruit jeune, dans le Carex glauca, Sc., et qu'on Tétalc sur le porteobjet , 00 est frappé de l'incontestable
[i] BuUêtin univend du Sc\*nc9s etdê f/adu»tri$t I* »ect. i , mari i8a;, a.19.
1 10 DÉMONStttATlON GÉlfÉRALK.
analogie üe cet organe avec la feuille pa- ^ rincrviée de» graminée» : ce n'e»t absolu- ; ment <|iie la paillette parinerviée qui est restée close au sommet. J^a fig. 6 représente cet organe {pe fendu par sa face antérieure, pour mettre sou» les yeux du lecteur ses rapports avec le fruit qu'il enveloppe (o), avec la paillette inférieure {pc et) dont il est enveloppé à la base , et surtout la parité de ses itervures qui se dessinent dansle fond.
d50. Or le pédoncule de la fleur supérieure (/;^/, lig. 7) part de la base dorsale de celle paillette parinerviée (/>c^), de la même manière et par conséquent en vertu des mêmes lois que chez les graminées ( S78 ) ; et si ce pédoncule de la Heur supérieure (pt^) s'était arrêté sous forme d'arête, que la paillette inférieure eût soudé ses bords avec la paillette plus inférieure et restée stérile, dès ce niooieiit la (leur femelle du Carea: g/aaca n'eùt pas différé eilérieu rement delVpilletde Vjilopecurus, genre de graminées dont la paillette aristée est presque aussi bien close que Tulricule des Carex [1]*
d5l. Ainsi, voilà la feuille parinerviée qui épaissit ses parois , comme un périsperme (430), et qui , sans perdre son épaisseur , finit presque par devenir ligneux comme un péricarpe (420) , mais qui n'en reste pas moins avec tous les caractères d'une seconde enveloppe péricarpicnne; car le fruit proprement dit (o) a ses enveloppes au grand complet.
Mais, poussons plus loin les prévisions; elles nous serviront pour des démonstrations ultérieures, be sommet de cet litricule a été perforé évidemment par le développement des stigmates qui tendaient à se faire jour; et même après la perforation, radliércnce des deux organes, de l'organe perforé et de l’organe perforant, est encore assez intime pour avoir l'air d’une soudure complète. Or, si le sommet
[i] Pour que la parité de* nervure* de l’utricule «oit t)i«D évidente, il Faut; nou* le répi'ton», ob- •erver cet or|jsuc à l'état jeune ; car plui tard le nombre de* uervure* au^meale, aan* cependant.
de rutricnle s'était allongé et organisé en eelluies stigmatiqnes, les organes internes seraient restés stélionnaires ; car la fécondation leur serait arrivée sans avoir besoin d'un surcroît de développement; mais alors l'iilHcule eût été le vrai péricarpe et la première enveloppe de l'ovaire (o) serait le périsperme; maisalorsies stigmates auraient été an nombre de deov (425). Or l'utricule s'étant arrêté dans ses fonctions de péricarpe , comme nous l'avons VII plus haut sur la monstruosité d'un ovaire de froment (446), le périsperme a pris sa place et usurpé ses fonctions.