Depuis la publication de nos pre
122 DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
mières recherches surla fécule [1], la cus»ion a cessé , el les idées ont été fisées par la méthode nouvelle de démouslra* lion.
607. 1® Les parois d’une cellule différent si peu , par leur pouvoir réfrin(Tcnt, de Peau qu'elles contiennent , (}ue Pou ne saurait en distinguer la présence , tant les rayons lumineux (|ui ta traversent trouvent peu d’obstacle pour arriver direcle- Dient à Pœil de l’observateur; elles diffèrent encore moins des substances sucrées ou gommeuses, surtout lorsque la gomme est desséchée. Ainsi , quoi de plus homogène el de plus limpide (pi’tin fragment dégomme arabi<|ue? L’<ril distingue-t-il dans son sein une seule petite tache? Kt cependant ce fragment renferme un assez grand nombre de débris de membranes végétale, qu’on obtient Isolément sur le filtre, après ;)voir fait dissoudre la gomme* dans Peau. Donc, si les parois qui séparent chacune des mailles du tissu herbacé Ipl. 5, fig. 2) de ses voisines, étaient communes aux deux vésicules contiguës, il arriverait que le réseau disparaîtrait aux regards de l’observateur , lorsque les mailles jouissent de tonte leur intégrité, et que le scalpel ne les a pas crevées.
Cependant le contraire s’observe sur les tiges transparentes , sur les feuilles des mousses, les expansions des Marchanda qu’on soumet entières à l’observation microscopique ; clle^offrent toutes un réseau régulier de mailles hexagonales.
Or, en admettant au contraire que chacune de ces utricnies ait sa paroi propre , Panomalie apparente sc range dans les phénomènes ordinaires de l’optique, et on arrive h se rendre raison de la formation de l’image de ce réseau ; car, eu admettant des lacunes dans les points de contact de deux parois voisines , et en a Jmetlant dans ces lacunes une substance différente, par son pouvoir réfringent, de celte qui remplit la capacité de chaque ulriculc , il est évident que les lacunes se
[i] Annalet det tcttnrtt natur.^ t. 6;ct $ 85ilu fur Us iusus organiques, i. lit de» Mémoires
dessineront en noir sur ce fond blanc, en déviant les rayons lumineux que transmettent les parois accolées de deux vésicules voisines; i! suffira, par exemple, que les lacunes soient remplies d’air, pour qu’elles apparaissent noires comme des lignes tracées à l’encre. En effet, une bulle d'air dans l’eau paraît noire au microscope.
Ainsi, en aduicUaot un système de lacunes remplies d’air cuire cha<pie ccllulo coiitigué,on explique l’image de ce réseau ; or l'observation démontre la justesse de celle hypothèse.
Si, en effet, on prend une tranche longitudinale de la lige du Momordica ela^ tcriitnif et qii’oii la soumette, couverte d’uiic nappe d’eau , à un fort grossissement du microscope, on verra les cellules (ce) se superposer comme des prismes de basalte, séparées entre elles par des cyliudres noirs , que nous nomtm*roiis des interstices (m/, pl. d, fig. 3). Que, si ou incline d'un côté le porte-objet , on ne larde pas à voir chacune de ces colonnes opaques se fractionner, en conservant leurs extrémités convexes, se diriger vers le coté le plus élevé du porte-objet, s’«irrondir en sortant de l’orifice de l’interslice , s’échapper dans l’eau sous forme d'une houle noire percée en apparence d'un point tuniinoux, et ensuite sortir de l'eau sous forme de gaz. L ne fois que tout est sorti, l’interstice disparaît au regard j il s’elTace, et les prismes hexagonaux, que nous avons comparés à des prismes de ùasaîie, à des tujraitx d'orgue minéralogiques, ne se distinguent plus que par leurs diaphragmes transversaux. Les interstices étaient remplies d'air, qui, plongé dans une lame d’eau , paraît noir [i]. far la capillarité , l’eau sc glisse dans le tube et chasse par portions ta colonne d’air, comme dans iiu tube capillaire, el avec tous les phénomènes de la capillarité.
508. Ce que l'observation directe vient de démoulrcr, par Rapport aux interstices
de la société d'/tisioire naturelle de Paris, i8sy. [sJ Nouv. système de chimie ornait., p. 69 el 4*
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
îjros calibre % l’analo{»îe doil le <16monlrer par rapport aux intei-ütlces d'im plus petit calibre? (of) qui circulent transversalement autour (le chaque prisme ceb lulaire; et s'ils ne reprennent pas leur transparence dans l'cau , comme les {jros tubes, c'est â cause de leur ténuité, qui est telle, que raffaisspirient des gros calibres sufTit pour les ob.struer et |)our couper toute communication entre leiir capacité et Teau ahibiantc ; mais si Ton vient à déchirer les cellules, à les vider d'un coup de scalpel pour les aplatir, alors Veau péfiélrc plus radlcment dans la capacité de chaque interstice, qui s'aplatit en se vidant d'air, qui s'efTace en s'aplatissant^ et, dés ce moment et peu à peu , le tissu flnit par ne plus paraître qu'une membrane continue. La fig. 2, pl. 'H, offre ect effet sur leé bords déchirés de la tranche grossie.
509. Or, ces interstices ne se montrent que sur les angles des hexagones, c'eslâ-diré au point de réunion de trois cellules contiguës; aussi leur coupe transversale les dessilie-t-elle sous la forme Iriatigulaire (pl. 5, Hg. 9); ce ne sont donc qùé les lacunes que laissent entré elles trois Cellules arrondies , qui se rapprochent et s'aplatissent en se pressant par leurs pointa de contact ; et le réseau de toutes ces lacunes, qui, nécessairenient, communiquent et s'abouchent entre elles, forme un vaste système circulatoire de tuyaux sans parois propres, et dont leé parois apparentes ne se forment (}ue par le dédoublement des pàrbis cellulaires.
Fïous reviendrons sur les inductions qUe l'oo peut tirer de ces principes théoriques.
510. Nous venons d'isoler les cellules par le raisonnement ; nos recherches premières nous ont appris à les isoler mécaniquement sur certains organes , aussi puissamment organisés que Lè tissu cellulaire du Cucumis sattvus.
511. En efl^t, que l'oo place, sur le porte-objet du microscope, une tranche mince d'une feuille de plante grasse (67), CO teoaul compte de la couleur verte qui
domine dans le tissu, oh aura sous les yeux presque le nu^me réseau de mailles Lcxagonal(*s que nous venons de décrire sur les tranches du Cucumis. (lue si, au lieu de <?oiiper ces feuilles par tranches, on déchire leur tissu daiisl'eaii, on désagrége , de cette sorte , toutes les mailles qui tombent au fond de l'cau , comme de grosses vésicules remplies de granules verts j et ces grosses vésicules arrondies n'olfrent sur leur surface aucune trace do ladhérencc des vésicules qui leur étaient accolées dans l'organe; on voit seulement, çâ et là flotter dans l'eau , de larges membranes diaphanes, qui, vu leurs immenses proportions , ne proviennent certainement pas du déchirement ou de l'éventraiion de l'une de ces cellules isolées.
Les beaux cotylédons herbacées et charnus de l'érable (pl. 99, fig. 9) sont également propres à ce genre d’observation, lorsque la ligcllc s'est élevée à quelques pouces au-dessus du sol , et que la plumtile ipm) n'est pas encore trés-déveioppée. Nos pelouses en sont couvertes au printemps.
Or, si l'on déchire sous l'eau le tissu de ces deux larges expansions foliacées, l'eau devient trouble, et après qiwlques Instants de repos, il se dépose àü fond une poudre cristalline en apparence, une fécule verte qui ne se compose que des vésicules dont la figure 7 représente , en assez grand nombk‘e,les formes principales. Les unes sont remplies de granules verts, les autres n'cii offrent qu'un petit nombre ; d'autre^, évenlrées par le déchirement, sont vides , blanches, et ne se dessinent presque que sur le bord ; enfin, leurs dimensions varient à l'infini; mais la vésicule cellulaire ne saurait s'isoler avec plus de pureté, et la démonstration ne saurait avoir une cohtte-épreuve plus positive.
Donc les mailles d'un tissu cellulaire quelconque sont formées par l'agglutination ou la simple compression de vésicules imperforées , infiltrées de substances incolores ou colorées. Passons à la 9* partie du théorème.
124 DÉUONSTRÂTION GÉNÉRALE.
512. 1^* Les cellules tiennent par un hile à la paroi tf une vésicule plus grande et plus ancienne quelles,