‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 78 sur 310 · Nous avons prouvé, dans le iVou · texte numérisé non relu

Nous avons prouvé, dans le iVou

veau système de Chimie organique f et cette doctrine est passée dans le domaine des deux sciences : physiologie et chimie; nous avons prouvé que chaque grain de fécule (pl. 6, fîg. 8, du présent ouvrage) est une vésicule aussi richement organisée qu'une des vésicules du parenchyme des cotylédons de l'érable, dont nous nous sommes déjà occupé dans le paragraphe précédent (513). Chaque grain de fécule se compose, ainsi que ces vésicules vertes, 1® d'une vésicule externe, incolore , à laquelle nous avons donné le nom de tégument; 2® d'un certain nombre de vésicules internes, qui forment un tissu cellulaire emprisonné dans le tégument, et qui sont remplies d'une substance gommeuse àj'état concret. Or, de même que ces vésicules internes sont emprisonnées dans le tégument j de même les tégumentSj en plus ou moins grand nombre , sont emprisonnés par une cellule végétale {ce) analogue à celles de la (ig. 3, pi. 5 (507), cellule Wgneuie {tubercules de la pomme de terre) ou glutineuse {périsperme des céréales) ; et, lorsqu'on observe, parla transmission de la lumière, une tranche de tubercule de pomme de terre plongée dans une goutte d'eau , chacune des cellules (ce) remplies de grains de fécule parait contenir dans son sein un tissu cellulaire de moindre dimension , à cause de la juxta- position de ces corps arrondis. Que si l'on agite dans l'eau cette tranche de tissu cellulaire fécurent, on en détache la majeure partie des granules de fécule , comme tout autant d'ovules qui tomberaient de la loge qui les a engendrés; mais il en reste cependant toujours un petit nombre qui ne s'en détachent pas , et qui se dessinent sur la paroi transparente, avec l'aspect des globules que l'on voit sur certaines cellules {ce, «) de 1a fîg. 3, pl. 5. Sur la tranche du tubercule de la pomme de terre, on s'assure que ces granules restants sont réellement des granules de fécule, enlescolorautcn

bleu par la teinture d'iode. Or, on a beau faire mouvoir en tous les sens le porteobjet, on a beau laver à grande eau la membrane du tissu cellulaire, il arrive souvent qu'on ne parvient pas à en détacher un seul de la position qu'il conserve avec tant de ténacité; et les plus opiniâtres sont toujours les plus petits, c'est-àdire, d'après tout ce que nous avons déjà établi sur l'accroissement des oi^anes (489), ce sont toujours les plus jeunes.

Donc les plus gros étaient attachés de la même manière à la paroi de la membrane, par un point quelconque de leur surface; donc ces plus gros ne se sont détachés que par suite de leur maturité , en cassant leur point d'attache, c'est-àdire leur hile, comme le fait l'ovule mûr.

L'observation directe nous a conduit plus loin encore : nous avons eu l'occasion d'examiner une fécule singulière (celle des chaumes traçants du Typha), dont les cellules féculentes ( ce ) s'isolaient tout aussi bien que les granules de fécule s'isolent entre eux chez la pomme de terre; et lorsqu'à la faveur de l'iode j'examinai la substance, alors les cellules, qui jouaient le rôle de téguments ligneux, se colorant en jaune, tandis que les granules de fécule, adhérant à leurs parois, se coloraient en bleu , on avait sous les yeux exactement l'analogue des vésicules isolées du cotylédon de l'érable ( pl. 39 , fîg. 7), avec leur tégument incolore et les granulations vertes qu'on distingue à travers leurs parois. Or, en imprimant, aux uns et aux autres de ces téguments gros dégranulés, un mouvement accéléré de rotation sur eux-mèmes , à la faveur d'une goutte d'alcool mêlée à l'eau , on avait par là le moyen de s'assurer que chacun des granules internes tient organiquement à la paroi incolore , comme un ovule tient au placenta; que chacun d'eux a son hile (123).

514. Or ce hile, ce point d'adhérence , en général aussi peu visible que celui de toutes les graines microscopiques, que celui î\e% spores (138) , des graines d'orchis , etc., ce hile devient visible dans certaines circonstances ; par exemple,

•DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

lorsqu'au lieu d'examiner la fécule obtenue par la malaxation d'un tissu parveuu à sa maturité , on l'examine après l'avoir obtenue par la malaxation d'organes qui s'épuisent au profit d'une xégétation gemmaire (39); quand on étudie, par exemple , le périsperme féculent des céréales , à l'époque où la plumule en germination a acquis quelques lignes d'élévation audessus du sol , on découvre que les granules d'habitude durs et cassants de la fécule se sont amollis; que ces granules si homogènes, et que les rayons lumineux traversaient sans obstacle , offrent dans leur sein des compartiments cellulaires ; qu'enfin, au lieu de rompre leur adhérence avec la paroi qui les enveloppe , ils oscillent sans se détacher , ou que , s'ils se détachent , ils emportent avec eux une petite queue, funicule microscopique, qui les mettait en communication avec la paroi génératrice.

515. Une fois averti de ce fait , on arrive à le retrouver sur la surface du granule intègre, du granule qui n'a pas encore commencé à sacrifier sa substance gommeuse à la nutrition de la gemme (39); car , avec le simple concours d'une lentille, on observe, sur une des surfaces, des ondulations , des cercles parallèles d'abord , emboîtant des cercles de plus en plus réguliers , dont le dernier , ou le plus interne, est un point noir analogue au hile de certaines graines.

516. En conséquence, les granules féculents et les granules de substance verte tiennent, par un hile, à la paroi delà 'vésicule qui les enveloppe, à la paroi du tégument ; mais si nous appliquons à ces petits corps le raisonnement par décroissement idéal , qui nous a amené à réduire la feuille et le tronc à une simple glande (485), nous arriverons ainsi à réduire les plus gros granules à n'ètre plus qu'pne minime fraction de la paroi , qu'un élément constituant de la paroi. Donc la paroi d'une vésicule, en dernière analyse , ne se compose que de, globules pressés les uns contre les autres, quoique invisibles, a cause de leur ténuité extrême, k nos moyens d'observation.

Ainsi , soit une vésicule vide à parois transparentes; pour qu'elle s'enrichisse d'un tissu cellulaire interne , il suffira que, par suite d'une impulsion fécondante , un plus ou moins grand nombre de globules, qui forment la paroi de ta vésicule interne, prennent leur développement en dedans ; bientôt, en se pressant les uns contre les autres , ils rempliront la capacité du tégument par un vrai tissu cellulaire.

517. Mais le tégument lui-méme n'est que l'analogue des globules qu'il enfante, par rapport à la paroi d'une plus grande vésicule, dans laquelle l'observation nous le montre emprisonné; donc il s'est développé primitivement de la manière précédente ; donc il a commencé par n'ètre qu'un élément invisible d'une paroi plus ancienne que lui ; et ainsi de suite jusqu'à l'épiderme de tout organe végétal, que nous avons réduit à n'ètre , dans le principe de son apparition , qu'une simple glande.

518. Ce que nous venons de démontrer, relativement aux granules de fécule et aux granules de substance verte, nous l'avons déjà démontré, dans des mémoires qui datent de loin, et, en dernier lieu, dans le Nouveau Système de Chimie orga^ nique, relativement aux granules polliniques (143). Nous avons fait voir que nonseulement chacun de ces corps (pl. 37, fig. 3 ) était un organe d'une structure tout aussi compliquée que la cellule la plus riche en tissus internes ; non-seulement, par la dissection el à l'aide des réactifs , nous avons mis à découvert ; 1° un test composé de cellules glandulaires, enchâssées dans un tissu cellulaire ordinaire;

une vésicule plus interne ; 3<* un tissu cellulaire glutineux qui sort, dans l'explosion, assez souvent sous forme d'un boyau ; mais encore nous avons appris à reconnaître le hile, par lequel chaque grain tenait primitivement à la paroi génératrice du tissu cellulaire glutineux , dont nous avons démontré la présence dans le sein des theca (142) ou loges de

I l'anthère.

' 619. De même que nous l'avons observé

]26 DÉUQNSTRATIPN GÉNÉRALE.

sur le* granules de fécule placés dans cerlaîncs circonslanccs favorables, certains granules de pollen offrent, chez certaines plantes, des compartiments dans le sein do leur capacité , et décrient ainsi rcxislence d'un tissu cellulaire plus interne. Tels sont les granules de beaucoup d'AscIépiadées , du Penploca aifgnsti- Jbliaj par exemple (pl. hg. 12), dont les granules ne s’isolent pas tellement les uns des autres que, parla malaxation, on puisse toujours réussir à les désagréger et à les débarrasser du tissu glutineux dans lequel ils ont pris naissance j aussi sortent-ils hors des loges de ranllière (//j) (pl. 42, fig. 11), amassés en tête {jm) au bout do leur fil {J")\ et , pour obtenir les grumeaux de la fîg. 12, il est nécessaire de déchirer le tissu avec la pointe de l’aiguillc. Chacun de cos globules était donc, dans le sein du ihccay une cellule d'un tissu cellulaire , et renfermail par devers lui un tissu cellulaire de nouvelle création.

520. La même observation nous est fournie par le pollen des Orchidées (pl. 24). Chez certaines plantes de celte famille, telles que VOphrjrs ovala (fig. 1, 2, 4, 5),

1c pollen forme quatre masses réunies à leur base, mais de telle sorte ( fig. 5) qu’elles imitent deux embryons dicotylédones soudés en^re eux par la radicule, et nichés , chacun de son coté , dans l’cn- Tcloppe testacéeqiii est \athcca (//«) (fig. l)j mais, par le déchirement , ces masses granulées se subdivisent en groupes de trois ou quatre granules sphériques (fig. 2, 1) qui emportent avec eux le funicule commun. Dans VOrchis biJoUuy au contraire, chaque theca {th) (lig. 12) renferme «ne masse pollinique h»lobée {pn) (fig. 7, 8, 1 4)porté par un fil {J^) qui se termine en un pas de vis (en), (^uc si on étale, sur le porte-objet, l’une de ces niasses, on voit que les granules polliniques tiennent à ! une membrane élastique, comme le gluten le mieux caractérisé dos céréales (fig. 14)j et , si l'on continue la traction , au moyen ' de deux aiguilles agissant en sens divers, i on obtiendra des lanières glulineuscs (fig. 6), sur lesquelles ou découvre que ;

les granules polliniques {pn) s'insèrent par des hiles (/r), qui survivent avec évidence à leur séparation. Que Ton compafe une lanière (fig. 10) prise sur l’un de* placentas (/>c) du Serapiasgrandijlora (fig. 13, 15), avec l’une de ces lanières des masse* polliniques (fig. 6)} Ton sera exposé à prendre le pollen {pn } pour le* ovule* {ov) (fjg. 9 et 10), et réciproquement; enfin la lanière glutincuse qui supporte le pollen, pour la lanière {pc) qui sert i|ç placenta aiix.ovules.

Or ici il est incontestable que chaque granule pollinique est organisé en un tissu cellulaire interne; il est des ovules de plantes qui, à un âge bien antérieur à |a fécondation, n’offrent pas une organisation plus compliquée (pl. 23 , fig. 10; pl. 22, fig. 8; pl. 31, fig. 12).

521. On pourrait, à la rjgueur , contester l’analogie du développement de tous ces organes de nutrition ou de fécondation, avec celui des ce|Iu|es du tissu cellulaire , en se fondant sur |a dilTéreoce des destinations des uns et de* autre*; les résultats de l'observation suivante répondent, je le pense, d’une manière péremptoire à l'objection.

Nous allons isoler la cellule d’un tissu cellulaire ordinaire aussi facilement que la cellule féculciile et pollinique. Soit une tranche Iransver.salc de l'orange; la portion comestible se présente comme un tissu cellulaire , à mailles allongées du dedans au dehors , au milieu desquelles les ovules ou pépins sont plongés, comme dans les tissus d'une baie. Or chacune de ces mailles se sépare de ses voisines aussi facilement qu’nii grain de pollen; on l’obtient sons forme d'une vésicule allongée par les doux bouts, et chacune d'elles renferme dans son sein un nouveau tissu cellulaire plus interne. Si l’on observe le phénomène dans l'orange fort jeune, à l'époque où elle a à peine deux centimètres de diamètre, on reconnaît que toutes ces vésicules tiennent par un long cou à la suture (106) externe de la vésicule qui 1rs renferme; tandis que les ovules tiennent à la paroi columcllaire (101) qui forme le placenta. Les vésicules s'allon-

DEMONSTRATION GÉNÉRALE

(la dehors an dedans; les ovules, moins nombreux, du dedans an dehors; eila capncilétle la lo^c esl bientôt envahie par la rencontre des uns et des autres de ces or(*anes , qui se pressent sur tontes leurs face.s , les plus mous ou les moins avancés cédant aux plus a{p's ou aux plus durs; et finissent, en s'infillrant de sucs actdulo-sucrés , par composer les cuhscs comestibles de ce fruit si curieux dans son organisation générale. Dans le jeune âge , tes ovules proprement dits de la columelle et les vésicules de la suture ont entre eux un si grand air de ressemblance, qu’on prendrait la loge pour une loge à deux placentas opposés, l’un columellaire et l’autre vatvaire.

533. Plus lard , et à l’époque de la maturité, 00 voit les loges, qui, dans le principe, étaient placées à une grande distance les unes des autres, séparées qu'elles étaient parla portion charnue du péricarpe; on voit les loges, dis-je, sc presser paroi contre paroi, s’agglutiner comme des cellules contiguës mais des cellules qu’il est facile pourtant de désagglutîner par un faible effort; et chacune alors offre aux yeux une paroi propre qui, sur la tranche transversale, avait l’air d’étre commune à deux.

535. t^ousvôiU donc arrivés à trouver le tissu cellulaire le mieux caractérisé , composé de celhiies tenant par un ///7c (530) à la paroi de la grande vésicule de la loge dont elles eRvanisscnl la capacité.

^a démonstration directe ne saurait se* cpndcr plus victorieusement l'analogie.

5^(. A la suite de co théorème préli- Qiitâirc, arrive naturellement la démonstration du second paragraphe du IG*’ théorème qae, seuleoient pour préparer les esprits, noos avons énoncé d’avance, savoir :

OU 3* PAKAORAPHE DU 17* THBORÈME.

535. LA PLUS SIMPLE DES GLANDES A PAR divers elle TOUS LES ELEMENTS NECESSAIRES, POUR s'élever a la structure la plus COM-

PLlQUÉB d’un organe (31), Sf EtlB ttNAlT A RECEVOttI l’iMPILSION DE CB DEVELOPPEMENT.

536. HYPOTHESE. $oît U simple glande dos jeunes organes foliacés de l’érable (pl, 39, fig. 4); il faut , 1» qu’en étendant sa vésicule externe , et en développant successivement , par la pensée , les globules qu’elle recèle, nous parvenions à former le canevas d’une feuille (pl. 7 et 8 ; pl. 9, Gg. 16) , d'une étamine ( pl. 14, fîg. 9, 10, 11 ) , (lu tronc (pl, 11, fig, 3; pl. 0, fig. 17), de l’ovaire (pl. 34, fig, 7), du style et des stigmates (pl. 50, Hg. 3, 10), enGn de tous les organes qui, par la forme ou les fonctions , peuvent se rapprocher de CCS organes principaux (nous aurons ainsi la théorie). Il faut 3* que, par Pobservation directe, nous arrivions à retrouver, pas h pas, au moins les jalons principaux de ce développement de tous les instants , pour que nous ayons donné à la théorie le caractère de l’évidence, le caractère d’un fait observé.

537. 1* DEMONSTRATION THEORIQUE du (/éveloppement delà glande en feuille [1].

PreiUHis une glande quelconque , composée de son épiderme et de son tissu cellulaire interne, et donnons à l’épiderme, ou à deux ou plusieurs vésicules emboîtées qui peuvent simuler un épiderme simple, l’impulsion du développement, sous rinfluence lente et durable du calorique de la végétation ; si mainlcnanl deux vésicules internes (aa) viennent à suivre parallèlement le développement de la ce/lule mère , de l’épidorme, et à s’avancer do front en longueur, ces deux cellules (nn) formeront les deux lobes latéraux de la feuille, dont l’interstice sera destinée à former le canal de la nervure médiane. Si les globules {b) nés sur la paroi interne de chacune des cellules (u) se développent à leur tour et deviennent de grandes cellules, leurs interstices formeront le canal des nervures qui partiront de la nervure médiane. Par le même mécanisme,

[i] Sur let thiut organiguit, S loi et tuivaati. Mém, dt la KKtili tThittoire natur., t. III, 18*7»

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

lâR

des globulesr, appartenant à rorganisation des parois des cellules by pourront se développer dans le sein de chacune de ces dcruiéres cellules ; des globules d pourront se développer dans le sein des cellules Cf et des globules e dans le sein des globules di et si nous nous arrêtons à co degré de développement , nous aurons alors exactement sous les yeux la charpente d'une feuille simple de dicotylédone, avec ses deux lobes, le réseau principal de ses nervures et son pédoncule; nous aurons l'image de la Og. 16 de la pi. 9.

538. Nous venons de pourvoir, par la pensée, au développement du parenchyme, du tissu cellulaire (ce) (500); il nous reste à pourvoir au développement des vaisseaux {ya) qui s'insinuent dans les interstices de chaque cellule, et qui en se multipliant finissent par former un réseau plus durable que les mailles, réseau qui survit à la décomposition des parois.

Pour composer le tissu cellulaire , il nous a suffi de prendre les globules invisibles dont se composent les parois d'une cellule , et de les faire croître dans le sein de la cellule elle-mèmc, c'est-à-dire du dehors au dedans. Mais si la direction du développement de ce globule avàit eu lieu du dedans au dehors, c'est-à-dire que ce globule SC fut développé , non pas par la face qui est en rapport avec la capacité de la cellule, mais par celle qui est en rapport avec l'extérieur ; nécessairement, et par suite de l'organisation résultant du contact des cellules entre elles, ce globule se trouvaut dans l'impossibilité de se développer en largeur, aurait pris son développement en longueur ; et de ses parois , s'il avait engendré d'autres cellules, soit externes, soit internes, chacune d'elles se serait moulée sur le type générateur; le faisceau de ce développement aurait formé la nervure.

539. A la faveur de ce mécanisme, de la feuille simple à la feuille composée ou décomposée (68,69), il n'y aque la longueur d'un points car si les deux globules aa qui SC sont développés à une certaine distance du point d'insertion de l'épiderme

du globule primitif, commencent, au contraire, à se développer à la base même de l'insertion de la glande, il s'ensuivra que la feuille n'aura point de pétiole, et qu'elle sera sessilc ou embrassante (pl< 8 , fig. 115).

530. Que les première , troisième, cinquième, septième, etc., cellules b, c'est-àdire que les cellules b impaires se développent seules dans le sein de chaque lobe a, et en poussant la superBcie de ce lobe devant elles ; qu'au contraire , les deuxième, quatrième, sixième, huitième cellules b, ou cellules paires , restent de chaque côté stationnaires dans leur développement en largeur, et ne prennent leur développement qu'en longueur, la feuille sera ou pennalifide (63, 36<’) ou imparipennée (68, 9") (pl. 8, fig. 7C, 77).

531 . Si les deux cellules aa ne prennent aucun développement en largeur , mais seulemenlenlongueur, onauraune feuille linéaire (pl. 7, fig. 19, 30, 21); les deux lobes latéraux se distingueront à peine de 1a nervure médiane.

533. £n prenant, sur chacun de ces lobes linéaires^, des globules qui sedéveloppenl linéairemcut à leur tour, et sur ces développements linéaires b de seconde fo^mation,qu'on fasse développer les globulesc avec le type de la feuille dont noua nous sommes occupé en premier lieu (537) ; les glohulescatiront donné lieuà la naissance de filioles (/b), les globules b à la naissance de rameaux pétiolaires {pi) ^ et l'on aura une feuille de composée (pl. 8, fig. 81, 86).

533. Qu'au lieu de deux globules aa, dans le sein de la vésicule épiderme , il s'en développe parallèlement un plus grand nombre, qui prennent tous leur direction plutôt en longueur qu'en laideur , on aura la structure d'une feuille ordinaire des monocotylédones, d'une feuille synnerviéc (65, 39®).

534. Enfin, en continuant cette série de développements, en la dirigeant ou en l'arrêtant à son gré et selon son caprice , on fera de la feuille une foliole , de la foliole un follicule (44), et du follicule une écaille, ou une glande, etc., de toutes les formes et de toutes les dimensions.

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. 120

535. OBSElVATION MRBCTE du dcvcloppc^ mentpi'tcédemnient démontré relativement à la feuille. Je prend» une tige herbacée àe\ Impatiens noli tangere, et je cherche à suivre^ pour ainsi dire, de rœii,stir cette plante, les âges divers de la feuille, depuis sa première apparition , jusqu'à son développement complet. Je commence d'abord par soumettre à l'observation microscopique, au foyer d'un grossissement de 100 diamètres seulement, un des bourgeons axillaires , un bourgeon placé dans l'ajsselle d'une grande feuille, à l'époque où ce petit corps invisible à l'œil nu n'a encore, dans son ensemble , que ~ de millimètre (pl. 6, flg. 5); ce bourgeon se compose, à cet âge, d'un gros support caulinaire , qui so termine en f(»rme de mitre , par deux petites feuilles épaisses commedes feuillesgrasses, sans nervures apparentes, les deux bords commençant a se distinguer sur la face interne, et ayant à peine en longueur ^ de millimètre Rentre ces deux feuilles presque opposées par leur mode d'insertion , se trouve le petit bourgeon rudimentaire, l'organe appelé à fournir plus tard tous les éléments de la foliation raméale (59, 5^) j ce n'est pas même alors l'analogue d'une glande d'uncertain calibre ; il en est réduit a une simple bosselure (g), close de toutes parts, qui se distingue a peine du tissu cellulaire qui la supporte, et dont elle ne semble qu'une saillie^ cette bosselure a à peine 7— de millimètre. J'examine ensuite de la même manière un autre bourgeon pris également dans l'aisselle d'une feuille caulinaire, mais arrivé à des dimensions deux fois plus fortes, | demillimèlre (fig.O); les bourgeons (g) sont devenus plus nombreux; ils ont déjà prit des formes glandulaires, et ils ont de millimètre ; niais iis sont encore clos de toutes parts et vésiculaires comme de simples glandes. Plus lard, chacun d'eux, arrivé aux mêmes dimensions que l'organe qui le supporte , offrira, comme ce dernier, un pédicule terminé par deux folioles opposées (f), qui, dans le principe, surgiront sous forme de deux glande», en soulevant l'épiderme de la glande commune ; ce sont ces

PITSIOLOGIB vr.C&T\i.C.

deux glandes qui se développent chacune en une feuille (f, fîg. 5 et G).

Or, déjà, dans la Gg. 6, on aperçoit dislinclement la formation des deux lobes latéraux de la feuille, par des compartiments parallèles, qui reviennent aux cornparlimcnts£> idéalement tracés sur la fig. 16 de la pl. 9 (527).

556. Si, sur un bourgeon plus avancé en âge, nous examinons la même feuille arrivée à la longueur de deux millimètres (Gg. 4,pl. 6), nous retrouverons, sur sa surfacctlcs compartiments^ quela théorie a tracés sur la feuille idéale de la Gg. 16, pl. 9 ; et dans le sein de chacun de ces compartiments primaires, nous remarquerons un tissu cellulaire uniquement composé de globules pressés les uns contre les aulres. J.es bords de celte feuille si jeune sont entiers et à peine marqués de quelques ondulations.

537. Lorsque la feuille a 6 millimètres, les globules des grands compartiments b sont devenus les analogues des compartimentsc de la Gg.lG, pl. 9; et chacun d'eux oITre, dans son intérieur, de nouveaux globules que la Gg. 3 , pL 6, ne marque pas , aGn d'éviter la confusion. Cette Ggure représente, à un faible grossissement , environ ta moitié inférieure de la page inférieure du lobe gauche de la feuille. On y voit que les bords ont produit, au sommet de chaque compartiment des glandes {sg) aussi compliquées que l'étaient les bourgeons (g) dans les Gg. 5 et 6. Nous noua expliquerons plus tard sur la nature de ces organes ; mais maintenant , comme tout va se compliquer de plus en plus , et que le raisonnement , ainsi que l'observation , seraient incapables d'embrasser tout l'ensemble, choisissons pour objet de U démonstration un groupe quelconque des compartiments c de la Gg. 5, qu'il nous soit facile de reconnaître , sur toute autre feuille, soit à sa conGguration , soit à sa position topographique.

Soit, par exemple, le groupe de compartiments tertiaires marqués des lettres S 7i Il 3 hase du cinquième compartiment secondaire de la Gg. 5, pl. 6 ; si nous examinons ce même groupe sur la

130 DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

base (lu compartiment analofrtie, <lu cin« quième compartiment du lobe (jaiiclic d\ine feuille parvenue à de plus grandes dimensions, d^inc reiiifle de 13 millimètres de long, par exemple, fig. 1, pt. Cj nous aurons lieu d'observer que, chacune des cellules «, /3, y, (, sVst subdivisée , en s'agrandissant, en plusieurs autres cellules plus internes, qui seront alors les auaio> gués des cellules d de la bg- 16, pl.

et enfin, si on répète la même observation sur une feuille de 17 millimètres de long, on obtiendra le groupe des cellules «, y, (, (, avec la complication de la fig. 3 , où, à leur tour, les cellules analogues des cellules d de la fig. 16 , pl. U, auront en* gendre, dans leur circonscription, les analogues des cellulese de la même figure, et les cellules e auront produit des globules incommensurables, destinés, à leur tour, à devenir des compartiments comme les plus anciens.

558. Ainsi, en appliquant à chacun des antres compartiments de la feuille les rc> Aullats que nous vciiuiis d'obtenir sur un groupe pris au hasard sur sa surface, il nous sera prouvé que l'aecroissemeiil eu longueur cl en largeur de la feuille, n'a pas lieu par des additions bout à bout de nouveaux organes, par des acquisitions qui lui arriveraient sans ordre théorique, par des sortes de jiixta>positiuns inorganiques; mais, au contraire, que cet accroissèment a eu lieu par l'extension des parois de cet organe et de chacun des organes qu’il recèle, et par la génération indéfinie de nouveaux organes dans le sein de chacun d'eux, cl ainsi de suite, jusqu'au globule élémentaire qui compose la trame du compartiment le moins âgé.

559. Nous atirons obtenu ainsi, par l'observation directe, la contre épreuve de la démuiislratiüii <{ue l'analogie nous avait fournie du développement de la feuille; et il nous sera permis de désigner la loi de ce développement sous le nom de loi de d£lve-

LOPPBMBRT PAR EMBOÎTBMERTS VESICULAIRES.

540. 2^ DÉMONSTRATION TnÉORIQlE du développement de la glande en organe tigcllaire (29).

On voit si souvent, avons-nous dit de* puis longtemps, la feuille revêtir la forme cylindri(}ue du tronc chez les plantes grasses (07), et le tronc revêtir la forme aplatie des feuilles (53, 7°), que la nature semble avoir tout fait pour nous indiquer l'analogie du développement de ces deux organes; et la démonstration suivante va réduire leur différeuce à un caractère de plus ou moins.

Supposez, en effet, qu'au lieu de déiix globules {aa) avec Ie^qllels nous avons formé la première charpente de la feuille (fig. 16, pl. 0), il s'en développe à la fois toute une rangée circulaire dans le seio du globule maternel , dans le sein de la vésicule épiderme; il est évident que l'épiderme pressé sur tons les points de sa circonfénmcc par des organes semblables et poussés vers la même direction, prendra la forme cylindrique, au lieu de la forme aplatie que lui avaient imprimée les deux globules on, en se développant en sens contraire dans la feuille; car ici, chacun des globules circulaires Jouera le rôle d'un rayon. Mais ces globules aa, ainsi rangés dans la capacité d'une vésicule arrondie, se presseront beaucoup plus au centre qii'/i la circonférence; cliacnn d'eux, par stiiledc cette compression décroissante, prendra, sur sa coupe transversale , la forme d'un coin ; et nous aurons alors le plan général de la fig. 17, pl.9.

541. Si chacun des globules aa se développe on longueur encore plus qu’en largeur, mais sans engendrer, par ses parois internes, un tissu cellulaire, pour remplir sa capacité; comme le vide est inadmissible dans le sein des organes végétaux , l'air remplacera le tissu cellulaire qui manque, et distendra les cellules, i mesure <|ue leurs parois se sobdifiero ut; par une coupe transversale , on obtiendra alors, sur toute la longueur delà tige, le plan dont la fig. 1, pl. 4, donne la configuration; ur, les pétioles et hampes des plantes aquatiques, telles que le A^mphœaalba, ne jouissent pas d'une organisation plus riche en tissu cellulaire.

542. A t'aide de ce petit nombre d'éléments , il est aisé de se rendre compte de

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

tontes les modiCcotions que peut subir Tor(;anisation intérieure il*une ti^e plus ou moins âgée, et plus ou moins déviée (182).

5f3. Si, dans le sein de chaque glo^ hule na, il s'élabore un grand nombre de cellules assez grandes, mais peu infiltrées ddf on aura ainsi sous les yeux la portion centrale de certains troncs de monocoty* lédones, où les interstices des grandes cellules fl, trop minces pour être aperçues, ne simuleront certainement pas ces rayons que , dans l'ancienne physiologie régétale, on était convenu d'appeler des rayons médullaires.

544. Si , au lieu de cellules dJ, il s'élabore des cellulesâ parois dorsales parallèles et coDcentriqiiesr, on aura là un commencement dérangées de cellules concen.

triques, qui se dessineront par une coupe transversale, en cercles de points espacés, tontes les fois que , dans leurs interstices, se seront formés des vaisseaux h isolés les ans des autres; et si les cellules c élaborent, dans leur sein, du tissu cellulaire de, on aura ainsi le plan des coupes transversales des tiges monocotylédones.

5 (5. Si les cellules € , au lieu dos cellules hexagonales et larges, élaborent les cellules quadrilatères et serrées^, et que les vaisseaux h se pressent à leur tour; si enfin ces nouveaux organes se forment, non pas immédiatement dans les cellules a, mais dans uu grand nombre d'autres ce/Iuiese, et que la plus interne seule renferme le tissu cellulaire dont nous parlons; alors, par une coupe transversale , on aura sous les yeux le plan de l'organisation la plus compliquée d'une tige dicotylédone, avec ses cercles concentriques de points vasculaires h, et ses différents rayons médullaires, qui ne sont autre chose que les interstices dea cellules ae, ou plulùt la réunion de leurs nombreuses parois.

546. Dans le sein des globules a ponrrontsc former simultanémentdeuxou plusieurs globules bbf et, dans ce cas, on regardera les interstices des cellules qui pruviennrnt de ces globules 6, comme des rayons médullaires, plus courts que les prétendus rayons médullaires qui sont

formés par les interstices des globules a,

5Î7. De même (jii'un globule a fourni, par l'en'et seul de son organisation , à tant d'élaborations compliquées, dont l'ensemble constitue le tronc, de même chaque globule ou cellule d sera capable, dans le sein du tronc, de cesser d'étre stérile, et d'élaborer , soit par sa paroi interne , suit par sa paroi externe, les mêmes organes que ceux dont elle émane; alors on aura IVmbryon d'un tronc secondaire f, d'un rameau qui fera tôt ou tard saillie sur la surface du tronc principal , et en prendra de jour en jour les caractères ; ce sera ce que Schabol a surnommé bourgeon od^ veniif, bourgeon qui u’est pas né de l'aisselle d'une feuille.

5Î8. Kons venons de tracer géométriquement le plan général de la charpente d'une tige, d'un tronc, sur une grande échelle, quoiqu'il no dépassepas quelque.^ centimètres de diamètre; mais l'esprit du lecteur, malgré la simplicité delà formule, aura encore quelque peine à concevoir comment un si petit canevas deviendra capable de contenir le travail si riche de la végétation ultérieure; comment, avec si peu de compartiments dans le sein d'une glande , nous arriverons à fournir au développement du rameau gigantesque qui Va sortir de ce simple bourgeon. La théorie suivante complétera la démonstration.

549. Nous avons déjà démontré, dans le Nouveau Système de Chimie organique , que la molécule organique , dont les éléments constituants sont un atome d'eau et un atome de carbone, prenait la forme vésiculaire, comme la aïolécule inorganique affecte la forme angulaire; mais, de même qn'cn cristallographie on conçoit que tout cristal, si petit qu'il soit, est susceptible de se subdiviser à rinfini en cristaux de meme forme, de même nous pouvons concevoir que la vésicule organiijiie, cristallisation véhiculaire, est susceptible de se subdiviser à l'infini en molécules vésiculaires , ce qui ne peut avoir lieu ici qu'en admettant, que la paroi d'une vésicule $c compose de globules qui se louchent par six points de leur surface situés sur le même plan diamétral, elque I4

DÉMONSTnATION GÉNÉRALE.

paroi de cliacnn de ces (globules secondaires se compo&c à son lour de globules 1ertiaires, les globules tertiaires de globules quaternaires, et ainsi de suite, a rinfiiii.

Nous avons vu Pobservation directe venir à Pappiti de cette donnée théorique { et à Pâide, soit du temps , soit des réactifs, nous avons pu granuler la membrane la plus mince et la plus serrée en apparence, le tégument d\in grain de fécule* Or, une fois cette organisation admise, il n'y a plus rien desi exlraordinaireà reconnaître que le simple tégument d'un granule léculent puisse devenir progressivement l'épiderme d'une végétation de cent pieds de haut et de quarante pieds de large , et que le tissu cellulaire microscopique qu'il offrait à peine à l'ceil armé du plus fort grossissement, pendant son existence glandulaire, soit parvenu, sans altérer en rien la formule de son développement, à remplir la capacité du gigantesque épiderme.

Il suKira , pour remplir successivement les conditions du programme, que les globules constituants de ta membrane subissent l'impulsion du développement.

Ainsi, la vésicule épidermique recevra Pimpulsion du développement , les globules secondaires qui forment tes éléments intégrants de sa paroi la recevront atissi; les globules tertiaires qui forment les éléments intégrants de chaque globule secondaire la recevront à leur tour, et ainsi de suite ; bientôt, à la suite de cet ébranlement vital de toute la petite charpente, les globules invisibles à nos moyens d'observation, à cause do leur extrême petitesse, deviendront visibles en s'étendant; l'épiderme offrira son réseau ; la paroi de chaque cellule interne offrira successivement le même phénomène ; le tissu cellulaire général deviendra si riche, les rapports s'effaceront tellement par les distances, que l'esprit de l'observateur aura de la peine à comprendre que la grande charpente du végétal ne soit que le développement théorique de la petite charpente de la glande du bourgeon. Qu'on me passe la comparaison un peu triviale : la grande charpente ne sera à l'égard de la petite que l'édiGce achevé à l'égard de son mo-

dèle en carton ; ce sera le même plan snr une plus large échelle; et dire que la nature s'y prend comme le maçon pour développer le plan dont elle est en même temps l'architecle, ce ne serait pas peutêtre ennoblir la comparaison mais, ce serait ajouter â sa justesse ; mais nous entrerions, pour le démontrer, dans le domaine de la chimie ; nous y renvoyons , en nous contentant d'ajouter que la vésicule élémentaire agrandît scs parois, en élaborant en nouvelles molécules l'eau et le carbone de l'acide carbonique qu'elle aspire dans son sein; chaque nouvelle molécule est une pierre qu'elle ajoute, pour ainsi dire, à la paroi de l'édifice, mais avec des leviers qui échappent à l'observation; et la démonstration s'arrête , comme toujours, aux limites de notre vue ; mais, une démonstration est complète, lorqu'elle arrive jusqu'à ce point.

Quoique nous soyons entrés dans des détails assez étendus sur ce sujet, nous y reviendrons dans un théorème suivant, spécialement consacré à l'organisation élémentaire des tissus; nous n'avons pris à cette question fondamentale , dans ce théorème, que ce qui nous a été nécessaire, pour faire comprendre que l’accroissement du tissu végétal a lieu par le développement des vésicules qui consliluent la paroi de la cellule; que chacune de ces vésicules , d'abord globule invisible, devient visible en devenant saillant, devient vésiculeen élaborant, dans sa capacité, les gaz et les sucs dont se compose la molécule organique, s'enlleen élaborant, et de telle sorte que la place qu'elle occupait primitivement n'a plus, par rapport à sa nouvelle périphérie, que les dimensions d'un funicule à l'égard de l'ovule ; qu'eo conséquence, toute cellule tient, comme un ovule, à la paroi d'où elle émane ; que toute cellule joue l'olTice d'une loge de fruit (102) à l'égard des cellules qu'elle enfante, comme ellejoue le rôle d’un ovule, à l'égard de la cellule qui lui sert de loge à son tour; enfin que le végétal le plus gigantesque, et de l'organisation la plus compliquée se réduit à la formule d'uo I emboîtement de vésicules, qui se déve*

DEMONSTRATION GÉNÉRALE

loppent, mais j n'existent pas à rinnoi.

550* DÉMONSTRATION , PAR t'OBSBR VATION DIRICTB, DU DBTRLOPPSMBNT THÉORIQUE DO

TRONC. Les botanistes ont fi(;uré assez souvent , et dans d'assez grandes di* mensions, la coupe transversale du tronc; les couches concentriques du bois ont été comptées par eux avec assez de soin , et ont donné lieu à d'assez bizarres conjectures ; mais la plus bizarre sans doute de ces conceptions est celle qui les a portés à voir des rajf’ons qu'ils ont appelés médullaires J dans ces lignes droites, qui parlent du centre vers la circonférence, comme autant de rayons d'un grand cercle. Mais ces rayons ne sont que le profil des parois des grandes cellules ; et , pour s'as« surer qu'au lieu de vaisseaux transversaui, rayonnants et isolés, on a sous chacun d'eux une paroi, il suffil de pratiquer successif vement plusieurs coupes différentes, d’enlever plusieurs tranches de ce cylindre; on s'assure que les rayons de la couche supérieure sont superposés à ceux de la couche inférieure, quelque mince que soit la tranche qui les sépare, et ainsi de suite, sans qu'on puisse trouver la moindre interruption entre les rayons superposés.

Chaque rayon est tellement contigu à rinférieur, que le tranchant seul de la lame a pu les désagréger; leur somme du même rang forme donc un tissu continu, une paroi verticale.

55Ï, Une tranche d'orange offre aussi les mêmes rayonnements de vaisseaux apparents , du centre à la circonférence ; on ne saurait rencontrer deux organisations plus analogues. Or, chacun de ces prétendus rayons de la tranche d'orange est formé par l'agglutination des profils des parois contiguës d'une loge de fruit; et ce rayonnement apparent aurait pu se multiplier É l'infini dans cet organe , si chacune des petites cellules juteuses (531), qui encombrent la loge, s’était développée enune loge cellulaire àsontour; onaurait eu alors des moitiés, des tiers de rayons, dans fespace compris entre deux rayons entiers. Or, pour réduire à néant les prétendus rayons de l'orange, il suffit de la

diviser verticalement et parla traction, au lieu de la diviser transversalement et par le tranchant du couteau , les loges sc séparent l'une de l'autre en désagrégeant leurs parois, et, dans fespace intermédiaire , ne SC montre pas la moindre trace de vascularité. Si le^ grandes cellules du tronc n'étaient pas devenues ligneuses, et qu'elles eussent conservé leur propriété de se désagréger , en cédant à la traction, elles nous fourniraient les mêmes moyens de démonstration.

Cependant, par suite de la dessiccation du tissu ligneux, on obtient un résultat analogue à celui que fournirait la désagrégation , par l'elTel de la traction ; car lorsque le tronc se desséche, soit lentement, sous l'innucnce de son exposition à la température atmosphérique, soit rapidement, sous celle de son eiposition à une haute température , on voit que la désagrégation du tissu stf fait longitudinalement et pariélalement, et jamais transversalement ; que le tronc se fend et ne se déchire pas; que les fentes sont toutes verticaleset nettes sur leurs parois; ce qui ne saurait arriver que par suite de l'organisation que la théorie nous a amené à admettre dans le tronc, c'est-à-dire que par l'organisation qui se résume dans celle de l'orange. Si, en effet, le tronc était organisé de la manière que le concevaient les physiologistes , s'il était entrelardé do rayons transversaux, on le verrait se déliter, pour ainsi dire, se pulvériser, et non SC fendre; on le verrait se couper transversalement tout aussi bien que longitudinalement, et sans suivre aucun mode constant et régulier. Or le contraire arrive; donc la fissilité du tronc ne s'explique qu'en admettant la théorie de son organisation vésiculaire.

553. En conséquence , alors que les tissus trop endurcis par l'âge refusent de prêter leur structure aux procédés anatomiques, les procédés grossièrement artificiels nous mettent sur la trace de leur organisation élémentaire ; mais l'anatomie et fobservation directe ne les trouvent pas à tous les âges aussi rebelles à la dc'* monstration positive.

154 DÉMONSTfiATION GÉNÉRALE.

En effet, si Ton examine , à r.igote plus tendre , la base du pistil de la fleur d'oranger, on trouvera le» loges réduites à des points distants entre eux et disposés ca cercle vers le centre de l’organe. A celte époque, la tranclic du fruit ne porte la trace de rien qui 'îl-ssemble à un rayon, médullaire; mais, peu à peu, chacun de ces points, en s’élargissant, est refoulé ▼ers la circonférence , et «levient cunéiforme; ses parois se rapprochent des parois des loges voisines , et, à la maturité, la tranche du fruit offre les rayonnements dont nous avons déjà parlé.

Or , prenons le support d’un jeune bourgeon de pécher, ligcHe réduite à la consistance d’une simple articulation; et nous observerons, sur sa tranche transversale, le même cercle de points disposés autour de l’axe central; nous aurons la figure que nous avons obtenue par la tranche « de la tigelle de maïs ( pl. 18, fîg. 1 ); mais, peu à peu , on voit ces points s’étendre , dans le cylindre cellulaire qui les enveloppe, comme les petites luges du fruit de l’oranger; et, lorsque le rameau a acquis la maturité d’une aimée, on obtient, par une section transversale , la fig. 5 de la pl. 11 ; elle est prise au-dessous et à une assez grande distance du bourgeon : ft est le prolongement inférieur de la feuille; ep est la couche épidermique; et est le tissu cellulaire qui plus tard formera l’écorce; ab est la couche externe et moins compacte du bois, c’est l’aubier; /g en deviendra la portion la plus dure, ce sera le bois proprement dil;mrf, c’est le tissu cellulaire central, c’est le cylindre médullaire. On observe ici qu’il est pentagone , sur une espèce dont les enveloppes florales sont pentaphylles*

Mais ce qu’il nous importe de remarquer, pour la démonstration actuelle, c’est la configuration des rayonnements qui parlent du cylindre médullaire, et qui sont formés par deux lignes p.irallèles. Or, on voit cliacune de ces deux parallèles SC détacher, et sur la limite de l’cmboîtemenl cellulaire et cortical, et sur celle de l’emboilement médullaire, pour former

le cul-de-sac, qui Punit à la plus proche des deux lignes du rayon voisin , c’est-àdire que chaque rayon est l'interstice de deux loges contiguès, aussi bien dessinées, quelque étroites qu’elles soient, que les loges elles-mêmes du fruit de l’oranger. Or, si l’on enlève successivement un certain nombre de tranches, et qu’on s’oriente dans cette investigation, soit en ayant soin de traverser perpendiculairement un point quelconque du tissu, au moyen d’une pointe acérée , soit en comptant le nombre de rayons qui correspond à l’empreinte externe du prolongement inférieur de la feuille (^î), ou reconnaît que les rayons de toutes les tranches se superposent , comme tout autant de plans du même édifice, comme tout autant de sections transversales du même fruit.

553. Donc l’organisation du tronc ne diffère decelle de la feuille qu’en ce qae, au lieu de deux cellules principales a (pl.9, fig. 16), il s’en est développé, dans le sein de la vésicule épidermique, une rangée circulaire.

554. Mais remarquez que la tranche représentée par la fig. 5 , pl« 11 , offre déjà trois couches concentriques entre les deux emboîtements cellulaires , te cortical et ie médullaire^ et pourtant ces trois couches ne forment pas trois cylindres emboîtés ay.'inl chacun sa membrane propre; ce sont seulement trois ordres de substances formées, à égales dimensions, dans chacune des loges rayonnantes, et qui n’oot aucun rapportdc communication chacune à chacune, d’une loge à une autre. La section transversale d’un fruit à loges rayonnantes, niais iiniovulées (108),‘ tel que le fruit des mauves (pl. 44, fig. 13), offrirait la même configuration concentrique; car chaque loge ayant la même organisation que la voisine , et tous les ovules se trouvant parvenus au même degré de développement, il s’ensuivrait que toutes les valves formeraient un même cercle plus externe, tous les tests un cercle plus interne , tons les albuniens un cercle plus interne, tous les embryons un autre plus interne ; et , si l’œil venait à négliger les cloisons rayonnantes, qui coupent, du

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. 15

centre à la circonférence, les cercles concentriques, on prendrait volontiers chacun de ces cercles pour rempreînle et le ■plan d’un cylindre emboîtant une jeune couche li[»neU8e, ou emboîté par elle.

55Ô. Que si maintenant on pratitpie une section transversale ife la petite Ü|je de pécher, h la hauteur de la naissance du bourgeon , le plan change de configuration; mais ici, au lieu d’une anomalie, nous retrouvons la confirmation de Tliypothèse omise par nous sur la formation du bourgeon; car les loges rayonnantes ont été refoulées sur ce point de celle surface ; et un nouveau rayonnement se mani> Teste à la place de l’une d’elles; mais la section transversale de la tige principale , en cet cmiroil, coïncide avec la section longitudinale de ce bourgeon naissant (^); et la section longitudinale de la moelle du bourgeon {md’) occupe la place de la section transversale d’une loge de la lige principale; car la direction de ce bourgeon n’csl rien moins que verticale, comme la tige d’oû elle émane ; elle est tout au plus oblique. Les deux taches latérales (ne) sont les empreintes des nervures qui doivent passer dans l’organisation du pétiole de la feuille lyî).

550. Le bourgeon a donc pris naissance dans nne grande cellule ligneuse , comme l’ovule prend naissance dans une loge d'un fruit pluriloculaire, et le cylindre médullaire a joué ici le rôle du placenta coJumellaire (HO).

5® 557. DKMOXSTRATION 00 OKVBLOPPR VBXT DBLAGLs?iDR ENOVAiRR. L’aoalogie du troiic et de cet organe est si étroite, qu’à tout prendre, il nous semble que nous avons autant démontré le développement de l’im, qne celui de fautre, dans le paragraphe précédent; et il ne nous reste presque ici qu’à appliquer la démonstration d’une manière plus détaillée.

558. En elt et , si la rangée circulaire de globules <s qui viennent de nous fournir la charpente de la tige, n’enfantent dans leur capacité respective qu’un globule b , et que cclui-ct, au iic;i de continuer à J’iafini les générations de ses cmboile-

I ments , s’arrête au 3® plus interne, et que r celui-ci reproduise le type du rameau, le I globule a sera une loge , le globule b sera j l’ovule avec son péricarpe , son périsperme I et son embryon , et chaque loge n'aura j qu’un ovule. Or, comme chaque loge est organisée sur le même plan, cl obéit à la même impulsion fécondante, il s’ensuit que chacune d'elles enfantera sur le même point de sa périphérie; que les placentas occuperont sur tous la même place ; qu’ils seront tous ou pariétaux , ou valvaires , ou cülumcilaires.

659. Quant au nombre des ovules, il peut être indéfini , si la tendance au développement se manifeste à l'infini , sur le» globules de la paroi génératrice ; il ne sera que de deux ou trois , si deux ou trois globules & sont aptes à recevoir l’impulsion du premier déveioppement ; enfin les globules b pourront bien ne pas arriver à l’étal de graine , si après avoir reçu l’impulsion du développement , ils ne se trouvent pas aptes à recevoir celle de la fécondation ; enfin une loge mulliovuiéc sera dans le cas de ne porter à bien qu’une graine, soit accidentellement, soit par suite de son organisation spécifique.

560. Que si la loge génératrice est plongée dans un épais tissu cellulaire , que Toviile la presse à l’intérieur, jusqu’à s’agglutiner presque avec elle, comme la loge s’agglutine avec le tissu ambiant, alors l’ovule restera incrusté comme une cellule du tissu; et s’il se trouve réduit à des dimensions microscopiques, l’ovaire et i’ovuie resteront sans nom et méconnus par l’observateur; tout au plus, après la déconiposilion du tissu générateur, si les ovules tombent libres et sous forme d’une poudre impalpable , composée de globules non susceptibles d’ètre mesurés, le botaniste consentira-t-il à les désigner sous le nom de spores f substance reproductrice anomale à ses yeux, parce que sa petitesse la soustrait à son scalpel ? Les lamelles du chapeau des champignons sont de ce» aortes d’ovaires.

561. Entrer, dès à présent, dan» de plus longs détails d’application, ce serait contribuer à obscurcir la question , plutôt

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

qu'à la pUcar cfans un nouveau jour.

562. 1*' coROLLAias. Une foia l'ana1o(;ie de Tovaire avec le tronc démontrée, celle des styles et stigmates devient frappante* CVst la foliation rudimentaire, c'est le cÔNB ASCENDANT de l'embryoR épatioui SOUS des formes réduites, c'est la pliimiilc arrêtée dans son premier développement , c'est la feuille ou l'assemblage des feuilles, qui en est défînilivement resté à la forme et aux dimensions de la glande.

Appliquons en effet la théorie dn développement vésiculaire aux fibrilles latérales du stigmate de Vu4nlhoxant/ium (pl. 19, ^fig. 11), et chacune d'elles sera susceptible de devenir foliole, et le stigmate sera une feuille ailée avec impaire (68,9°). Appliquons la même théorie aux stigmates épars do Panicum (pl. 18, fig. 3), et chacune des fibrilles qui sont elles-mêmes entourées de papilles visibles au microscope , deviendra un rameau à foliation en spirale (71 , 4°). 11 en sera de même des stigmates bifides du Datisca cannabina (pl. 53 , fig. 7,0), des cin([ stigmates du Statice armeria , dont les papilles sont encore moins développées que celles de la précédente. Si les papilles du stigmate du Statice speciosa se développaient de la même manière en fleurs ou en petites feuilles, on aurait un des bouquets de rameaux avortés qui entrent dans la struc- * luredescAoux^e//rj. Il fauten dire autant du stigmate trilobé du Cucumis sativus.

Or, si ce développement s'était réalisé, et que l'ovaire n'eût isolé aucune de ses cellules internes en ovules, l'ovaire eût été un entrenœud, et le groupe stigmatique fût devenu la foliation destinée à continuer la tige en reproduisant d'autres entrenceuds.

563. S* conoLLAiSB. Si , par des démonstrations que j'oserai presque appeler d'un plus gros calibre (413) , nous n'étions pas déjà parvenu à mettre en évidence la communauté d'origine de la feuille , du pétale et de l'éUmioe , nous y arriverions certainement à l'aide de la démonstration de ïXQe infiniment petiuÆàiy', dans le premier

cas, nous avons suffisamment établi le fait; ici, nous le rendrons intelligible, c'està-dire nous achèverons de le démontrer.

561. 1° Quant au pétale y je ne sache pas que ladémonstrationait besoin d'autre chose que d'être dessinée; or, que l'on compare , avec la figure idéale de la charpente de la feuille (pl. 9, fig. 16), les quatre pétales du Rophanus raphanistrum (pl. 52, fîg. 10) copiées aussi exactement que possible sur la nature; et qu'on nous dise si la nature n'a pas tracé sur chacun d'eux la hgure du théorème , et si les quatre compartiments latéraux de chaque lobe du pétale, sont autre chose que des cellules aplaties par le progrès du développement paginaire de l'organe, mais qui, dans le principe, ont dû affecter la forme et la simple juxta-posilion des cellules juteuses qui encombrent l'intérieur des loges d'une orange (621). Variez à l'infini le nombre et la disposition des cellules primaires cl secondaires, et vous trouverez dans la série de ces combinaisons idéales , les types d'organisation pétaloïde de tous les végétaux connus.

2° Quant à Vétamincy nous avons vu que les cellules végétales étaient susceptibles de s'isoler en ovules (594) , en cellules juteuses (521), en grains de fécule (51 3), en cellules vertes (51 1); et ce dernier cas se montre dans le sein des organes foliacés. D'un autre cûlé, nous avons démontré le passage du pétale qui est une déviation évidente de la feuille, à la forme et aux fonctions de l'élamine. De la combinaison de ces deux ordres d'idées, résulte la démonstration de la structure de l'étamine. Admettons , en effet , ce que nous avons vu se réaliser sur les cotylédons de l'érable, admettons que les cellules b de la feuille idéale, mais typique (pl. 9, fig. 16), n'crifantent, par leurs parois internes, que des cellules isolées, que des ovules polliniques, que des grains à enveloppe dure cl testacce, et qui soient susceptibles de s'isoler, vu qu'ils n'ont jamais été agglutinés, et de se détacher des parois génératrices , par la déhiscence de la loge a et la décomposition des parois glutincuses des cellules û; et la feuille

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DÉMONSTRATION GÉNÉRALE, 157

sera une étamine; son pétiole (/»i) sera le et en grains isolés; mais ensuite venait

filament (/) \ sa nervure médiane le con- une espèce de pollen qui tenait organique-

neclif (cm); et chacun de ses lobes un ment à d'autres grains de moins en moins

theca (th) y une fogc de pollen (pi. 54, normaux, lesquels tenaient à des grains

fig. 4; pl. 14, fig. 0, 10, 11). affaissés, quoique jaunes , qui , par une

565. Or, que l'intérieur du t/reca des adhérence mutuelle de plus en plus forte , étamines soient en général occupés , Outre formaient évidemment le passage aux cel-

le pollen • par du tissu cellulaire glutineux. Iules voisines , dont te diamètre ne différait c'est ce qui a été généralement adopté^ pas de celui des grains normaux de la subdepuis que nous l'avons signalé dans nos stance pulliniqtic.

premières recherches; ce tissu, on i'ex- 568. Ces sortes de monstruosités so trait, sous forme de gluten , des anthères représentent fréquemment sur un assez

de y Hibiscus f même de ses anthères pelo- grand nombre de pétales déviés; et , quan J

rîées (p). 53, fig. 5), des anthères des le fait se retrouve , sur les pétales émionagrées (pl. 35, fig. 3), etc. Or, chez les nomment glutineux des mosocotyléJones , autres plantes , on en constate la présence tels que ceux des Hyacinlhus h fleurs * comme tissu, par des sections transver- *hloiies, rien n'est plus joli à voir que la sales de ranlhèrc très jeune; car plus dégradation de ces sortes d'organes, se tard on le trouve décomposé, délité ou dessinant par la dégradation limpide et pulvérisé. ** transparente de leurs couleurs.

5(i6. Je ne sache rien , jusqu'à présent , 569. 11 nous semble inutile de multiplier

qui mette mieux en évidence l'organisa- l'application de ces résultats théoriques tien de l'anthère, que rétaniinc d'une à la structure des anthères; la loi géiiétrès-jeune fleur de Porluiaca oUracea raie étant obtenue, rien n'est plus facile (pl. 43, fig. 31) ; en dévoilant aux yeux de que d'expliquer par elle les cas particu- ]'observaleur,partran8missiondesrayons tiers. Par exemple, pnisque.ics cellules c lumineux, toute sa structure intime, elle sont susceptibles de s'isoler en grains de nous apprend , mieux que les plus longues pollen dans l'une quelconque des cellules 6 dissections, que les grains de pollen (y?/i) du lobe a d'un pétale, il est permis d'adfornient le tissu cellulaire interne des mettre qu'elles conserveront cette prodeux theca {ih) , comme les celliites trans- priéié dans les cellules du bord de l'organe parentes (re) forment leur tissu cellulaire foliacé; nous aurons alors une élamino extérieur; et si l'on cherche à isoler les bilubée de Momnrdica elaterium (pl. 3G, •

grains de pollen en déchirant l'organe, on fig. 4), dont les bords étant, par ce fait, i)'y parvient qu'eu entraînant, à la queue plus riches en développement que le reste de chacun de ces grains jaunes , des lam- de la substance , la<|uelte est restée stabeaux plus ou moins larges (m) du tissu tioiinaire, sc contournent en oreilles borcellulaire, aux paroisduquel chacun d'eux dées d'un cordon de grains dorés. On est attaché par un hile. prendrait presque ces granulations pour

567. J'ai déjà eu occasion de citer un de simples glandes épidermiques, tant fait analogue sur un tube staniinifèrc 1 celte étamine s'éloigne, par sa structure pelorié de iaux acacia (5/^m..fi/r/cj‘ T’/wüj générale, du type qu'alTccte cct organe organig. 93); ce tube (et ce phénomène dans l'immense majorité des fleurs, .liais était très-commun sur le même arbre, au qu'on ouvre ce bourrelet à grains d'or Luxembourg) , ce tube, outre ses dix éla- (pl.36, fig.6) ,et qu’on en étale les parois, mines diadelplies , portait deux ailes péta- l'on y découvrira la même structure que luides , sur la surface desquelles on ren- danstuuteloge, et, déplus, trois vaisseaux contrait çà et là uocou deux protubérances longitudinaux , trois placentaires (530) des jaunes qui étaient grosses de grains de grains de pollen, qu'on ne voit pas toupollen ; dans le sein de cette anthère anor- jours aussi distinctement dans les //leca male, ou trou vail du pollen bien conformé [ des autres plantes.

DÉMONSTUATION GÉNÉRALE.

570. SiToD pratiquait une section transversale, vers la base de celte curieuse anilièrc (fij;. '^) , on aurait devant les yeux le plan d'une anthère à six loges ; or, pour que ce fait se réalisât complètement sur l'anthère tout entière , il eût suffi que les deux lobes iiicdians montassent moins haut et que le tissu cellulaire des intervalles des bourrelets dorés s'enDâl Jusqu'à les réunir tous les six d'une manière plus intime; l'aiitbère aurait eu ainsi six theca, Tour que fanlhère fut à quatre loges, ou theca f\\ eiilsulTi que Pext remit é inférieure du bourrelet , au lieu de former une espèce d'orèille baissT»e. remoiilnt parallèiement jusqu'à la hauteur de l’extrémité supérieure [IJ; mais alors nous n'avons pas besoin de recourir à une lliéorie pourad- Qictlre l'bypulbèsc ; plus d'une anthère est organisée à quatre loges, qui se réduisent à deux par l’efl’et delà «lébisceiice , et plus d'une conserve sa .slrncture quaternaire, même après l'explosion. 1/élainine à lilament si é'p^ï^^uCaljrcanihusJIoridus est évidemment quadriloculée, comme ou peut le voir par les sections transversales dont la fig. 8, pl. 35, offre deux états, l'un sec et l’autre frais ou biimecté d’eau.

571. Enfin on ne se refusera nullement à admettrê que les grains de pollen, <|ui restent agglutinés entre eux, dans les anthères des Orchidées, des Asetépiadées (530) , restent agglutinés avec le tissu cellulaire ; en sorleque l'explosion de chacun d'eux ne puisse avoir lieu que par la décomposition de celui-ci. Or c'est ce qui arrive visiblement à l'appareil staniinifèrc de V Impatiens boïsnmina; et c'est ce que l'analogie nous amène à admettre à l’égard des végétaux dont les sexes, ou tout au moins le sexe mâle, ont échappé jusqu'ici à la détermination systématique.

573. Et remarquez bien que la propriété fécondante n'est point attachée à l’une pIntAt qu'à toute autre forme de l'iitriculc pollinique; car nous voyons passer ccl

[i] Dan» U même fleur, on trouve de» éUmiioe» qui ne sont que la luuiliê , qu'ua cèté de celle de la

organe màlc de la forme la plus compliquée et la plus riche en substances gommeuses , résineuses, oléagineuses et glutineiises (pl.37,fig. 5;pl. 6,8; pl. 48,fig, 13),

à celle d’un simple amas de cellules transp.ireules , incolores (pl. 24, fig. 6) , et qui ne se distinguent en rien des cellules médullaires des tissus les moins infiilrés (pl. -18, fig. 8,9). La furnie, qui peut servir d’indication générale pour reconnaître la fonction, n'en est cependant pas le caractère indélébile; et il est peut-être encore plus de cas oii la fonction existe sans ce caractère , où Vaura seininalis ne s'emprisonne pas dans rélui d’un pollen, qu’il ii'en existe où la sexualité inàle affecte CP caractère ; seulement celte dernière catégorie a fixé plus spécialement notre attention; et voilà pourquoi elle pourrait paraître , de prime abord, pins nombreuse en cas particuliers. Les champignons , les lichens, les moisissures, enfin le.s innombrables espèces de végétaux cryptogames ont leur fécondation; et pourtant à quel signe reconnaître l'organe pollinique de ces végétaux du bas de l'échelle? que disje? à quel signe reconnaître en généra!

l'organe m.ile des plantes? Par l’anatomie des pollens ordinaire» , on n'oblient qu'une coquille et un tissu cellulaire glutincux; par la chimie on ii'obtieiit que des substances inertes; et tout cela n'est pas ce qui féconde, et d'ailleurs ce qui féconde peut se passer de tout cela.

575. Ex coNséQURXCB , il n'est pas d'organe si grand , si compliqué qu'il paraisse , qui ne puisse se réduire, en dernière analyse, à la dimension et à la slrncture d’une simple glande , et qui n'ait commencé par être une simple vésicule de la paroi génératrice, avant d’avoir reçu l'impulsion du développement.

574. l'bvoi iTioix (314) est l'analosui DR LA CENF.nATlOrf (213); l'cxe f.st l'cbcvhs DE LA ràcOXDATIOX, COMME l'aCTAR.

575. OBSRRVATIOX PAKLIMIXAIRR. L'.matomic, en se concentrant, avec toute sa

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

fiiîiMnce d'jnTestIf’alion , sur Tétude de hofiiine, a retardé de trois crnls ans peut-être )a découverte des {grandes (’énéralisations zooloQÎques. A force de voir la fonction sousTenveloppe du même organe, Tespril s'habituait, autant que la vue, à ne pas concevoir une autre enveloppe à la fonction. Le premier qui eut riicu* reuse idée dedisséquer, comparati%'einent, J'hoDime et un animal d'une autre classe de mammifères, fit plus que de l'anatomie; il ouvrit la route à la physiologie. En effet, les conséquences successives de cette étude éliminaient tant de choses de l'idée typique de l'organe , qu'en délinitive il ne restait plus que le signe, pour ainsi dire, algébrique de la fonction. Or, dans toutes les sciences, la démonstration avance en raison directe des éliminations, la route s'abrége en se déblayant, et le point de mire est à demi atteint, dès qu'on le distingue.

Maisc'est aux chapitres de la fécondation etde la génération, qui résumenttoutes les fonctions vitales , que s'appliquent, avec le plus de raison, les observations précédentes. A force de compter etde décrire, dans leurs plus menus détails, les organes générateurs, soit chez les animaux . soit chez les plantfts, on en était presque venu à croire qu'avec une déplus ou de moins de ces pièces grossières, la loi était incapable de fonctionner. Chez les plantes , qui nous occupent ici spécialement, la pierre philosophale, pour l'observateur, était de découvrir le fruit avec ses enveloppes , le pollen avec son test et son explosion ; et bien des gens conrent encore après ces sortes de découverte^. Or nous venons de voir (573) que le% formes de l'organe générateur s'effacent , par des dégradations à l'infini, jusqu'à celle d'une simple vésicule, et que, quant à la matière fécondante qui est la vie de ces organes , eRe échappe à tous nos moyens d'investigation; c'est sous l'impression de cette donnée que nous prions nos lecteurs de procéder à l'étude du Üiéorème suivant.

576, D&MoxsTBATib7f. La fécondation proprevent dite a pour but la formation

de l'embryon , dans le sein de la plus interne de deux enveloppes de la graine; mais nonsavuns démontré, non-seulement que l'embryon n'était qu'un rameau terminal deotiné à trausplantey , au gré des vents , le type de l'individu , sur lequel il a pris naissance (385); mais encore que, par la pensée, on peut le réduire, et que, dans les premiers instants de son apparition, H SC rédtiisait à deux simples vésicules organisées ; accolées bout à bout (182). L'analogie et l'observation directe nous ont amené au même résultat à l'égard de tout bourgeon caulinairc (375); nous avons démontré, dans celte dernière sorte d'organe reproducteur, toutes les pièces qui caractérisent essentiellement la graine, et nous avons établi qu'à une certaine épotjue , le bourgeon était aussi bien clos qu'une graine; que ses enveloppes étaient tout aussi épaisses que le péricarpe et le périsperme (l3fi); enfin que la gemmation n'a été, pour le bourgeon ainsi clos, que ce qu'est la germination pour la graine (453); ce qui revient à dire: que le bourgeon estiinegraine qui germe sur la plante^ tandis que la graine est un bourgeon qui va germer ailleurs ; que la fructification (end à déplacer le type spécifique que la gemmation tend à continuer ; queces deux ordres de phénomènes enliu perpétuent également IVspèce, Tun par la propagation, et l'autre par l'évolution.

577. Or, là où les effets sont identiques , la cause doit être identique à son tour; la fécondation a dd passer partout où l'éclosion se montre; en conséquence, et la conséquence nous paraît des plus rigoureuses, le bourgeon caiilinaire a été fécondé comme le bourgeon de l'ovaire, et la furmalion du rameau , qui reste attaché à la lige, est tout aussi bien le produit d'une fécondation, que le rameau destiné à sc détacher du fruit. Sans l'imprégnation , l'ovaire axillaire eût avorté tout aussi bien que l'ovaire terminal; ils se seraient flétris à l'état de glande ^ et l'œilde l'observateurles aurait dédaignés, comme des organes sans nom , dans le coin obscur de l'aissclIc d'une feuille ou de la loge d'un fruit.

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

578. Mais Tembryon n'est qu'une vésicule développée sur U paroi interne d'une vésicule plus ancienne du périsperme(443); et cedéveloppement est l'effet de l'impulsion donnée par l'acte de la fécondation à un des globules de la paroi, de préfé. rence à tout autre globule congénère. Or le périsperme, à son lour,estune vésicule développée sur la paroi d'une vésicule plus ancienne du test de la graine (436); le périsperme a dû être engendré par le même mécanisme qu'il engendre; telle est la loi de la multiplication des espèces; donc il ne s'est développé que par suite d'une impulsion analogue, que par suite d'une fécondation. Le /cj/, à son tour, n'est qu'une vésicule développée aux dépens d'un globule du placenta de la loge du fruit (494). En consé«|uence de la même loi, la vésicule test a dû être engendrée de la même manière que le périsperme et son embryon. En appliquant la même loi à la loge, qui est une vésicule du péricarpe, au péricarpe , qui est une vésicule des enveloppes tlorales, enfin, d'organe en organe, on arrivera à admettre que toute cellule, même celle du tissu cellulaire, n'a pu engendrer des cellules internes, que par suite d'une fécondation ; car , en dernière analyse, la fécondation se réduit à l'impulsion communiquée à un simpleglobuleempreint du type maternel, qui transmet la vie par le même mode qu'il l'a reçue, qui engendre de la même manière qu'il a été engendré.

579. Donc pas une molécule vésiculaire ne se met en mouvement sans y avoir été déterminée parla fécondation; donc, de la base au sommet, le végétal n'est qu'une série indéfinie de générations moléculaires, et il est entier, avec tout ce qui le constitue, dans chacune de ses parties:

fleur, fruit, rameau, tronc ou racine, tissu cellulaire ou vaisseau, tout est dans une vésicule organisée.

580. 1'”’ coBOLLAinr. La fécondation, dans les plantes chez lesquellescettcfonction est plus accessible à l'analyse, la fécondation est le produit du concours de deux appareils, de forme, d'élaboration et de

noms contraires: l'appareil passif, l'appareil fécondé ou l'appareil femelle, d'un côté ; et l'appareil actif, l'appareil fécondant, l'appareil male enfin, de l'autre.

Ces deux appareils s'attirent pour produire, et se repoussent après avoir produit, comme deux boules chargées d'une électricité différente.

Mais, d'après les démonstrations précédentes (493, 569), chacun de ces organes générateurs, ramené à sa plus simple expression , se réduit à une vésicule également organisée et différemment infiltrée; donc, pour que la fécondation s'accomplisse , il ne faut que deux vésicules, chargées d'une puissance différente, mais identiques sous tous les autres rapports d'organisation et d'aspect.

D'uii antre côté, nous venons de démontrer que tout organe développé provient d'un organe fécondé ; que, par conséquent , le pluspetit globule n'a pu faire saillie , au-dehors de la paroi dont il est un des éléments vésiculaires, sans en avoir reçu l'impulsion, par l'acte d'une fécondation. I/observation précédente dépouille ce résultat théorique de toute l'étrangeté qu'il offre au premier abord ; puisque , sans avoir recours à une aussi grande complication d'organes que celle qui existe dans une fleur ordinaire, ils nous est permis de concevoir qu'ici tout se passe entre deux vésicules voisines et peut-être contiguës.

581 . Or, dans cet énoncé succinct , une lecture superficielle ne verrait qu'un aperçu; une méditation approfondie y trouvera une vérité démontrée.

583. conoLLAiAR. Après être descendu jusqiTà la vésicule visible, l'analogie (489) nous a amené Jusqu'au globule qui entre dans les éléments de sa paroi ; nous avons démontré que l'organisation vésiculaire de la paroi d'une cellule n'échappait à notre œil qu'à cause de l'inpuissancc de nos moyens d'observation.

Or, de la combinaison de ce théorème avec le résultat du corollaire précédent , il résulte évidemment que la paroi de la même vésicule pourra posséder en plus

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. 141

OU moina çrand nombre, el h la fois , des globules mâles cl des globules femelles, des globules susceptibles de donner et des globules susceptibles de transmettre rimpulsion fécondante. Or comme ces glo* bules ne peuvent point se déplacer, ni, par conséquent , se rapprocher pour se communiquer leur puissance respective, ils resteraient stationnaires et vierges chacun de leur côté ; mais , à la faveur d\ine vésicule qui se développe côte à côte de la première , el dont la paroi s'organise comme celle-ci en globules générateurs de noms contraires, il arrivera que les globules mâles de la première féconderont les globules femelles de la seconde, et que les globules mâles de la seconde, par un échange simultané, féconderont les globules femelles de la première; et chacune desdeux grandes vésicules deviendra ainsi à la fois apgareil mâle et appareil femelle, ovaire et étamine ; elle sera, dans toute l'acception du terme, hermaphrodile.

585. Mais les globules fécondés de chacune de ces deux vésicules croîtront d'après le type maternel, s'organiseront de la même manière ; et , en glissant les unes contre les autres, se féconderont réciproquement de la même manière, et cela à l'inûot, en progression ascendante.

ÉVOLUTION (î15) SYNONYME DE FÉ- CONDATION;

Évolution , récoiulation luyatérieuse et intestine , qui marche silencieuse comme le temps, et progressive, mais invisible, comme la vitesse ; parce que la nature ne nous a doués, ni d'une vue, ni d'une ouïe assez subtile pour apprécier de pareils mouvements.

584. 3* COROLL4IRB. Si nous appliquons les résultats obtenus, dans toutes les précédentes démonstrations , â une tige articulée, à une tige de balsamine, de sarrasin, d'ombellifère , etc., nous aurons pour résultat final, que, dans le principe de leur formation , ces tiges auraient pu n'offrir au microscope que des chapelets de vésicules ir.msparentçs. En effet, nous

avons réduit déjà et l'enlrenœud et la feuille à n'ètre que de simples vésicules transparentes (491). Maintenant, nous pouvons concevoir que ces petits chapelets filiformes n'aient pas été destinés à un plus ample développement, et, d'après les corollaires précédents, que chaque vésicule du chapelet soit dans le cas dejouer k la fois le rôle d'organe femelle et d'organe mâle, de recevoir et de communiquer la fécondation ; le théorème suivant tirera cette conséquence théorique du rang des hypothèses.

585. IL BXISTR DES VÉgÉtAUX BBDOITS A DKB SIMPLE SÉriB DE VESICULES AJOUTÉES BOUT A BOUT , BT DOST CHACUNE EST DANS LB CAS d'ÉTRB ovaire ET ETAMINE.

586. DEMONSTRATION. Pour démoDtrer ce théorème, nous n'aurons besoin que de narrer. Les faits sont connus; leur analogie seule était restée inaperçue; mais l'analogie est une découverte ; car les faits isolés ne sont que des détails; on en recueillerait eh masse, que la science n'en aurait pas fait un pas de plus.

Or, que l'on trace sur le papier le résultat théorique fourni par le précédent corollaire; que l'on réduise par le simple trait, à la plus simple expression , la tige articulée d'une plante phanérogame, en suivant les lois de décroissement que nous venons d'exposer ; et l'on aura devant les yeux la figure de la conferve microscopique que nous avons copiée sur la nature (fig. 5 et 4, pl. 58). C'est celle de la Chantransia ^lomerata, touffe rameuse et verdâtre, qui, en se ramifiant à l'infini, acquiert dans nos ruisseaux un développement assez considérable. Ici , tige , gemme, l'euitlo, tout se réduit à une vésicule remplie de granulations vertes; et la vésicule joue tour à tour le rôle de gemme, de feuille et de tronc. Le type idéal que nous avons tracé de la végétation ne saurait se vérifier d'une manière plus complète.

La plante ne pousse jamais d'autres or-

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

ganeSf et elle se siifTit avec ce simple apparail , pour se reproduire au-dcliors et •e développer an-ded.ins.

587. 1/analo^ie nous a amenés à conce> voir Porpane mâle, ainsi que l'organe femelle, réduits, chacun de leur côté, à la simplicité d'une vésicule douée des deux sexes k la fois, se fécondant mutuellement, et amenant h maturité l'organe chargé de reproduire l'espèce. La ccmferve de nos ruisseaux [Conjerva jti^alis , ou porticalis, pl, 58, fig. 12 et 1'*) va réaliser sous nos yeux cette hypothèse. Celle plante typique, composée de filaments presque simples, tant ses rameaux principaux s'allongent à l'infini , se présente hors de l'eau comme un écheveau de belle soie verte; chacun de ses /ils, observé à un plus ou moins fort grossissement, apparaît comme une série de vésicules cylindriques , ajoutées bouta bout, comme un long cylindre divisé par des diaphragmes d'espace en espace ; et entre chacun de ces diaphragmes se déroulent un ou plusieurs tours de spires verdâtres qui se croisent entre eux. Or; aux premiers jour du printemps, lorsqu'on observe, au microscope, ces filaments agglomérés dans un verre de montre, on est surpris de voir subitement deux d'entre eux se rapprocher, s'aboucher, en propres termes, d'entrenœiid h entrenœud; car de la surface correspondante d'nn entrenœud pousse un tuyau («) assez court, qui s'unit, par8onorifîce,au tuyau quisedéveloppecti même temps sur la surface de l'enlrenœud du niament voisin. La matière de l'un se rend avec rapidité dans la capacité de l'autre, et le résultat de cet hymen réduit à des formes si simples, est le développement, dans le sein de l'imc ou l'autre vésicule, d'une grosse boule pl. 58, fig. 1}qui est la graine de la plante en miniature, et qui en crevant l'enveloppe qui lui a servi d'^ovaire , ira reproduire l'espèce, sur des cailloux ou des débris pins éloignés. Le tuyau (ec) de l'organe femelle est évidemincnt l'analogue du stigmate des autres plantes, et le tuyau («) de l'organe mâle est évidemment l'analogue de l’anthère, ou plutôt du pollen. Or rien ne ressemble plus à l'un que l'autre; et, avant Punion

des deux sexes, rien ne ressemblait pins au mâle que la femelle; ils affectaient tous les deux l'aspect et la structure de l'entrenœtid (y); et il a fallu attendre le résultat de la copulation , pour être en droit de designer le sexe; aussi arrive-t-il que, sur le même filament , on voit alterner les entrenœiids vides quionlservi d'anthères, et les enlrenœuds riches d'une graine qui ont servi d'ovaires.

588. C'est un beau spectacle, pour l'observateur philosophe , que ce petit spectacle! En voyant l'amour abdiquer de la sorte tous ses insignes, Phymen se célébrant à si peu de frais, et le mystère entier de la génération s'accomplissant sous un si mince voile, on se croit à la veille de surprendre le plus profond des sécréta de la nature; mais c'est déjà un assez grand résultat, que d'être arrivé ainsi jusqu'aux dernières limites qui Ic'séparent de nous,

589. 1*' conoLLAiRR. On admettra sans difficulté que les sommités du rameau de la conferve (fig. 4, pl. 58) sont dans le cas de s'accoupler entre eux, comme les articulations des deux filaments contigus de la Conjerva huUata (fig. 1); qu'une des deux sommités sera l'analogue de l'organe mâle, et l'autre l'analogue de l'organe femelle ; qu'à l'époque des amours des plantes, ces deux sommités des noms contraires s'attireront pours'unir, comme les pistils et lesélamines s'attirent; or, c'est ce qui arrive â l'égard de cette plante miscroscopique : nouvelle manière d'envisager un fait , qui traduit, en résultat observé, Pun de nos précédents aperçus théoriques.

590. 2^* conoLLAiRR. La graine des conferves(/3 pl. 58, fig. 1) ne se forme pas de toutes pièces pendant Pacte de la copulation; on en voit auparavant les premiers linéaments , dans le sein des articulations encore vierges; la graine y existe sous la forme d'ovule (y); chaque articulation en renferme deux, enveloppées par le réseaa de spirales.

591. S** COROLLAIRE. La germination de la graine de la conferve (pl. 58 , fig. I) ne

, ! . Googl

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE. 14 j

fait sortir au-dchors qu’un prolongement herbacé , qu’une sommité du rameau 4): plumule close, et, pour ainsi dire, mooocotylédone ( 470).

59$. 4* coBOLLAiRF. M<iis In gcmmatioQ de la m^me plante ne développe pas d’autres organes que la germination ; c’est toujours la même sommité qui sort de l’articulation caulinairo , ou se fait jour hors des enveloppes de la graine. Or, pour enfanter ruii ou l’autre bourgeon, il n’a fallu que le même baiser, que le même hymvnée , que le rapprochement des deux rameaux (îltT) entre eux ; or c’est ce résultat que le curieux développement de Vlfydrotiyction f ou fdet d’eau, analyse et décompose, pour ainsi dire, sous nos yeux, VfÎYdrodjrction ne saurait porter un nom qui rende mieux la chose; c’est un sac herbacé à mailles niicroscopir|iies (pl. 57, fig. 7) , et afleclant rigoureusement l’aspect elle tissu d’un fdet à poisson. Une maille se compose d’autant de bülons ou tubes confervoîdes qu’elle a de côtés; une maille hexagonale se forme par l’agglatiiiation bout à bout de six bâtons; une maille pentagonale par l’agglutination bouta bout de cinq bâtons, etc. Ortoutes ces mailles finissent par se désagréger; chaque bâton («) se sépare de scs deux voisins, sans s’altérer ou se rompre ; s’il se sépare, c’est par une simple désagglutination des parois primitivement soudées à d’autres parois. Isolé, c’est une vésicule cylindrique fermée et arrondie par les deux bouts; c’est le rameau naissant de toute conferve; mats, par sa fonction, c’est un frnit chargé de graines, c’est-àdire gros de petits bâtons qui vont, en s’associant, donner le jour â un feutre semblable k celui dont leur mère était un des éléments ; et voici par quel mécanisme: deux de ces bâtons isolés se rencontrentoii s’attirent par leurs bouts différemment électrisés; ce «impie baiser les féconde, et l’un des deux, ou peut-être tons les deux à la fois, donnent naissance h une gemme qui se développe à leur point de contact, avec la forme, la structure et la puissance matcroelle. Celte gemme déve-

loppée est un nonveau bâton qui n'attend [dus, pour féconder ou éln» fécondé, que la rencontre d’un bâton flottant de même origine que lui ; de cette rencontre, contact , copulation et génération nouvelle sur le type générique. Dès ce momeol on a le linéament d’une maille ouverteà trois côtés. (Jue si, faute d’une nouvellerencontre de ce genre, ou parsuite d’uiieattraction mutuelle, le tube nouvellement arrivé s’accouple avec l'un des deux premiers éléments de cette chaîne, la maille sera complète, mais elle n’aura que trois côtés; ce qui SP rencontre souvent sur les maillesde première formation; si , au contraire, un nouveau bâton se présente, par un bout, au baiser du dernier venu, et par l’autre bout, au baiser de l’un des deux premiers venus, la maille aura quatre côtés, et ainsi de suite jusqu’à la forme hexagonale, où paraît s'arrêter l’arrangement qui résulte de ces accouplements bout a bout.

59^. Mais il paraît que chez cette plante, nù la végétation tout entière se résume en si peu de termes, le temps »o réduit comme les formes ; il paraît que la vie se passe avec autant de rapidité que les formes affecteul de simplicité; car, ayant placé dans une assiette quelques conferves, parmi lesquelles rien ne m'indiquait la présence d’une seule spore de VJ/j'dmdjrclion f en deux jours je trouvai l’assiette prise dans un vaste Ciel de ce curieux végétal.

594. Nos conséquences théoriques passent donc inconte.ntablemenl à l’étal de faits observés. Le végétal sc réduit à une simple vésiciileallongée. Sous cette forme, tous les mystères de la végétation la plus élevée s’accomplissent: germination , circulation, vie, fécondation, reproduction; pour tout cela, il suffit d’une cellule imperforée, remplie de substance verte organisée.

L’esprit de l’observateur aura de la peine à descendre de ta sommité des palmiers , des chênes séculaires, des baobabs millénaires, pour venir chercher l'analogie dans le fragment tubuleux de la petite conferve de nos eaux ; mais la nature, St grande, si conséquente dans sa rustique

\Ai DÉMONSTRATION GÉNÉRALK^

fécondité, n'a pas attaché aui dimensions le monopole des théories.

S3« TnÉORÈME.

595. L£ TlSStT VÉGÉTAI. LK PLUS RICHE EN ORCAM8AT10N ME SB COMPOSE , BM DRR- MlÊRH ANALYSE , QUE DR DEUX ORDRES DE CELLULES , LES UNES NÉES SCR LA PAROI INTERNE DE LA CELLULE GÉNÉRATRICE, ET LES AUTRES SUR LA PAROI EXTERNE.

596. HYPOTiiÊSE. Lorsqu'on observe par réfraction une tranche transversale et très-mince d\in fragment de tronc d’arbre, on semble apercevoir autant d'organes différents qu’il y a de jours sur ce crible. Ce sont , pour ainsi dire , des étoiles, qui paraissent se multiplier à mesure que I on 6xe le ciel; là des trous ronds, ici des trous hexagonaux; là des séries convergentes de parallélogrammes lumineux , ici des points opaques ; là des orifices béants, d'où sortent en se iléroulanL des rubans tournés en hélice, en fils élastiques, en lire-bourre. Les physiologistes de l’ancienne école, à un tel spectacle , ne manquaient pas , il y a plus de dix ans , de se mettre à l'œuvre ; et ils faisaient scrupuleusement dessiner sous leurs yeux tous les comparlimentsdece firmament microscopique; ils prenaient notede la place des trous ovales et des trous anguleux, des taches opaques et des orifices béants ; et puis, selon leur méthode d'observation (qui consistait à voir sans toucher, et à raisonner sur un dessin, au lieu de raisonner d'après des expériences conlradictuires), ils s'amusaient à pronostiquer, à In faveur de celte double vue, qu'on me passe l'expression, la nature et le rùle de chacun des éléments lumineux que le crayon du dessinateur avait configurés sur le papier. Il est telle planche gravée de nos ouvrages physiologiques qui est couverte par une de ces silhouettes d’un fragment ligneux. Mais qu'un autre observateur s'avisât de confronter la nature avec cette image à points blancs , qu’il voulut s'appliquer à son tour à faire dessiner une nouvelle tranche , grand était

le désappointement : l'image semblait avoir changé d'hémisphère, et les constellations n'affecUient plus ni les mêmes formes ni les mêmes localités. De là combat sur la cause de la dissidence; de là l'appel en témoignage de la richesse des microscopes.

Enfin, on se décidait à tourner le revers de la médaille, à observer (toujours d'après la même méthode , trancher, voir , dessiner et raisonner); à observer, disje, le morceau en long, au lieu de l’observer en large, et puis à l’état sec, et puis à l'état frais Mais ici, nouvelles et bien plus importantes dissidences : les tubes poreux f fendus f en chapelets j les trachées f les fausses trachées , les c/o/tres J etc. , etc., devenaient autant de sujets d’interminables discussions , mais des plus doctes discussions. C'était là de l'analomie végétale transcendante, dont les adeptes eux-mêmes n'étaient pas sûrs d'avoir trouvé la clef; en sorte que, fatigué de combattre ainsi dans l'ombre et de n'avoir pas pour témoin le public avec ses bons yeux , un jour, l'un d'eux quitta tout à coup le sentier de la docte science , pour en arriver aux procédés du bon jardinier: il entreprit (c'est à la lettre) l'histoire d'un tout petit morceau de bois f qu'if eut soin de tirer de sa poche , et de déposer sur le bureau , où chacun de sa place pouvait ('apercevoir sans avoir besoin du microscope. Ce lecteur parlait sériensement, et il ne s'était pas aperçu que son morceau de bois vert était la plus sanglante mystification des procédés académiques ; et ses adversaires ne s'aperçurent pas non plus qu'il n'avait pas seulement fait rire à ses dépens ; mais il en résulta que la physiologie s'endormit pendant quelques années sur son immense appareil de trachées et de tubes poreux.

597. Depuis lors , et par une série non interrompue d'heureux scandales, on a habitué la physiologie classique à voir la nature plus simple et plus conséquente que les figures dessinées; on l'a amenée, à force de conviction , à faire elle-même justice de son propre ouvrage: elle commence à s'exercer au joug d'une observation plus rationnelle. Quant h nous, nous

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

«Hors reprendre notre lërieiix j nous n'au> rons plus à observer que la nature) et nous allons en revenir à TobjetUe l'bypo* thèse.

698. Tout cet ineitricable feutre de taches lumineuses, que Ton observe sur une tranche de bois, la nature l'organise avec deux éléments vésiculaires, deux formes accessoires de la cellule, mais deux formes seulement ; car, quant à l'organisation , elle est rigoureusement identique sous l'une comme sous l'autre forme.

599. Mais si l'on veut se livrer avec fruit à l'étude de ces organes élémentaires, il ne faut pas perdre de vue les résuU tataobtenuspjr les tbéorèmesprécédents; il n'est pas d'anomalie qu'on ne puisse ramener .à la forme normale, à la faveur de cette méthode. Ainsi, pour se rendre compte de la structure d'un tube plongé dans un tissu âgé, il faut revenir, parla pensée et par l'observation, à la forme du même tube plongé dans un tissu plus jeune.

600. nKMO!fSTRATton. Dans le Nouveau sjf'st, de Chimie organique y pl. 6, p. 518, nous avons fait l'étude de l'organisation d'une plante assez commune dans les étangs des environs de la capitale, du Chara hispida, dont la planche 60 , fig. 1 , représente un entrenœud (mo). Ce petit fragment renferme de grands prodiges, et révèle plus d'une analogie. Cette plante est articulée,* les enlrenoeuds sont creux et remplis d'un liquide dont nous avons donné l'analyse dans l'ouvrage ci-dessus. Ils se composent, d'une écorce formée de tuyaux accolés côte à côte et prenant la direction en spirale, et qui sont tous organisés comme Pentrenœud lui -même ; S** d'un cylindre interne, cartilagineux, fermé par les deux bouts , à parois transparentes, mais qui deviennent opaques en s'incrustant de carbonate calcaire cristallisé.

Pour procédera l'observation que nous avons à faire , il faut placer l'entrenœud dans une assiette pleine d'eau, couper aussi près que possible avec les ciseaux, les rameaux qui forment le verticiile de

PBYSIOLOCIX VieftTALE.

ch^ue articulation, de manière que l'articulation puisse être retournée sur ellemème^ Alors on fait glisser la pointe du scalpel entre deux tuyaux de l'écorce , en faisant prendre à la lame la tagente du cylindre, et on promène la lame, d'un bout de l'entrenœud à l'autre, pour détacher les tuyaux du tube calcaire qu'ils recouvrent. On divise de U sorte l'écorce en lanières plus ou moins fortes, que l'on coupe au ciseau très-près de chaque articulation. Lorsque le tube intérieur est mis entièrement à nu , ôn promène la lame , en la tenant perpendiculaire , dans le but de ratisser seulement la surface, et d'enlever les cristaux calcaires dont elle est incrustée, sans endommager le tissu organique^ la surface du tube apparaît aossi lisse qu'un tube de verre. Qu'on place ce tube, dans cet état, au foyer du microscope, en ayant soin d'entretenirl'eau qui le baigne, et qu'on l'observe par réfraction , on distinguera, dans son intérieur une circulation qui indique sa direction , à la faveur des petits globules que le liquide charrie. Qu'à la hauteur des deux points ne (fîg. 1) on pratique, sur le tube décortiqué, deux ligatures , par un Cl de soie qu'on serrera promptement; si l'on coupe ensuite les deux bouts de l'entrenœud entre la ligature (et) et l'articulation (no), on aura l'en- Irenœud factice que représente la Cgure 8. On croirait, au premier abord, que ce fragment, séparé de ce que les premiers physiologistes ont surnommé les nœuds vitaux d'une plante (no) , doit subitement être privé de la vie; il n'en est rien, et la vie circule, dans ce fragment de tube , tout aussi bien que dans le tube de l'entrenœud, pourvu que le fragment reste plongé dans une eau limpide. Bientôt les deux ligatures (m Cg. 3) tombent d'elles-mémes; les extrémités de notre tube factice se sont cicatrisées, elles sont aussi bien imperforées qu'elles l'étaient dans l'entrenœud avant son amputation ; et la circulation continue dans l'intérieur jusqu'à deux mois de suite, s'il ne survient pas de circonstances contraires dans le liquide ambiant.

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