Ayons recours à l’observation di
recte , pour démontrer l’existence de ces trois caractères , dans le sein de chaquQ vésicule du tissu cellulaire végétal:
609. 1" Le mouvement du liquide devient visible par la formation ou plutôt la coagulation des globules albumineux dans le sein de chacune des cellules vertes <lu ZannîcheUia palustris; cellules qui s’agglutinent et se groupent entre elles exactement de la même manière que les cellules de tout antre tissu végétal. 11 est plus que probable qu’.à l’aide de certains procé'tlés, on parviendra à découvrir ce mouvement, d’une manière distincte, dans le sein d’une foule d’autres plantes, où l’analogie révèle son existence.
610. 2® Toute cellule qui végète se compose, ainsi que la cellule factice du Chara, d’une vésicule externe, incolore, diaphane , imperforée , laquelle est tapissée d’une couche colorée, en général verte; couche mince et peu consistante, sur laquelle on distingue, par une atten* tion plus ou moins soutenue, des tours de spire réguliers, marqués d’un plus ou moins grand nombre de globules.
611. On constate l’existence simultanée de deux vésicules, l’externe incolore, et l’interne verte qui tapisse celle-ci , dans les cellules isolées des cotylédons de l’érable (pl. aï), fig. 7) et des plantes grasses ; il suffit de broyer dans l’eau celte fécule verte, pour éventrer la vésicule externe, pour la vider de la membrane verte qui la tapisse et la colore, ainsique du liquida qui la distend. La vésicule externe , ainsi dépouillée de tout ce qui n’était pas elle, ne se distingue plus de U coubc du liquide qui la recouvre qilc par ses bords.
61 2. Quant à rexislencc des spires dans letissudcla membrane verte, il suffit d’en avoir été averti une fois pour la retrouver presque dans toutes les cellules, qui n’ont point encore sacrifié leur organisation itilérieureaii profitdes développements des organes voisins. Ces spires sont frappantes sur les grains de pollen d’un nombre considérable de plantes ; elles n’échappent à la vue, chez les autres, (pi'à cause do l’opacité du test. La fig. 20, pl. 41, représente ces spires sur le pollen de la balsa-
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
mine, observé à difTérents états; les qIo- . billes pn y sont les plus jeunes ; ils ont l/35demillim. dans tous les sens; ils sont tirés du sein de l'anihire longtemps avant l'époque de l’explosion ; ils entraînent après enx des aiguilles de phosphate de chaux (i^) [1] et des fragments du tissu glutineux du Theca (i); quelques-uns d’entre eux offrent deux tours de spire croisés. Le pollen fi, plus avancé en ège , a pris une forme allongée; il a 1/35 de millim. sur 1/3ô; les spires ne sauraient se dessiner, à travers la paroi, d’une manière plus nette. Le pollens, moins grossi, est observé à un état voisin de la dessiccation ; il offre dans son sein l’analogue du novau des globules du sang; noyau imaginaire produit par le jeu de la réfraction lumineuse.
613. Dans les cellules de la paroi de l’.mthère, les mêmes spires se montrent aussi régulières, pourvu qu’on les observeâ l’élalfrais; nous allons, plus bas, revenir sur ce point.
614. Un les rencontre, avec les mêmes caractères, dans les cellules de tout tissu doué du pouvoir d’élaborer l’airatmosphériqnc ; l’endocarpe du fruit de VUrtica dioica se compose d’un couche ligneuse de cellules (pl. 51 , 6g. 9, ce), dans lesquelles on distingue avec netteté les spirales dont nous parlons. On retrouve les mêmes spirales, aussi régulièrement disposées, dans le sein des cellules qui forment la couche externe de l’embryon de la même plante (fig. 7); mais il faut se servir, pour obtenir ce résultat, d’une goutte d’acide sufurique, qu'on a soifi de renouveler deux on trois fois, a6n de dissoudre les substauces qui rendent le tissu opaque; de cette manière on met à jour la structure de ce tissu ; on le trouve formé de séries longi. ludinales de cellules, dont les dimensions varient autour de 1/50 de millimètre , et chacune d’elles possède ses tours de spire.
615. Enfin il n’est pas de cellule organisée, à l’exception des cellules épuisées, qui, à la faveur de« réactifs ou de certains
procédés d'observation , ne soit dans le cas de laisser distinguer, i travers tes parois , les tours de spire qui les tapissent.
616. Mais admettez que la cellule, an lieu de se développer sur la paroi interne de la vésicule-mère, se développe au contraire tnr la paroi externe de la vésicule; émanant du même globule intégrant, elle aura la même organisation d’une manière ou d’une autre ; seulement, comme dans le second cas, elle aura, pour se développer, l’interstice des cellules, le canal de la nervure ou du vaisseau (538), elle s’allongera progressivement de toute la longueur de la nervure ou do vaisseau ; et le pouvoir réfringent de chaque pièce de son organisation intérieure augmentant avec le grossissement de l’organe, la spire se dessinera, dans ce long cylindre, aussi vigoureusement que dans les tubes cylindriques des conferves (pl. 58, 6g. 10).
Mais l’allongement de la cellule-cylindre peut être indéHni , comme l’allongement de la cellule-fouille ou tronc (S35), dans l'une des interstices de laquelle notre cylindre se développe. A nne certaine phase de cet accroissement, l’observation microscopique , relativement à la structure intime de cet organe, ne devient réalisable que sur des fragments ; il faut rompre le tube pour l’étudier; et si on ne lient pas compte des conséquences de cette solution de continuité , on sera exposé à admettre des accidents, pour la représentation des phénomènes normaux de l’organisation. Ainsi, comme le liquide qui remplit la capacité de chacun de ces tubes s’écoulera parles deux oriBces arti&ciels, on sera porté è croire que le tube était vide de liquide et rempli d’air; comme les tours de spire, devenus plus solides en s’allongeant, et cédant à leur élasticité naturelle, se dérouleront au-dchors du tube, phénomène qu’on n’a pas lieu d’observer sur les cellules du tissu cellulaire, è cause du peu de consistance deces spires, on sera porté k croire que ces spires sont le caractère distinctif de ces tubes, que l’on décorera d’un nom différent de la cellule, qui est susceptible d’être embrassée d’un seul coup d’oeil, à la faveur des verres grossis-
( 0 IVoiiti. lÿHime de efiimle organlçuêt, p. 5io.
tanU. Acbevona de démontrer l’identité de ces deux sortes d’organes, sous tous les rapports autres que celui du déreloppement en longueur.
617. L’analogie nous a servi snlRsamment à établir, que chacun de ces cjrlindres était imperforé à ses deux extrémités, que chacun d’eux était l'équivalent d’une cellule ordinaire, mais allongée.
Ayons recours à l’observation directe, et à l’aide de certains procédés , et en prenant pour sujet d’étude un certain ordre d’organes , nous obtiendrons le même résultat.
Nous avons déjà constaté depuis longtemps [1] qu’en laissant bonillir dans de l’eau aiguisée d’acide nitrique un fragment de la tige de Pondanus, on parvenait à isoler du tissu les sommités vasculaires, sons forme de cônes, dans le cul-de-sac desquels vient expirer la spire. £o complétant , par la pensée cet organe, c’est-à-dire en le supposant terminé , par l’autre extrémité, comme par celle que l’on a sous les yeux, il est évident que le vaisseau à spirales est une cellule allongée. Or, il est évient qu’en raccourcissant le tube, qu’en réduisant sa longueur à des dimensions convenables, pour que la lentille puisse en transmettre l’image entière à l'œil de l’observateur, on aura sous les yeux la réalité de la figure idéale à laquelle nous a conduits la raisonnement.
018. Que l’on débarrasse, en effet, de leur tissu cellulaire ambiant, les vaisseaux placentaires d’un jeune pistil dn Periploca angustijblia (pl. 41, fig. 4) , on obtiendra une masse de petites cellules spiraligères (pl. 6 va, «) disposées au sommet du tube vasculaire va fi, qui est là réellement imperforé ainsi qu’à ta base. Ce groupe de cellules spiraligères est un groupe de jeunes vaisseaux qui tendent à se distribuer dans la chair du stigmate {si fig. 4). Or, lorsque le pistil se développe pour marcher vert la maturité , on voit toutes ces petites vésicules allongées s’étirer en longs cylindres , et leurs spires te dessi-
(i] Sur Us tissus orgaïUjusr, $ i6. 1817.
ner, d’une manière plus tranchée, à travers leurs parois. La dissection comparative de tout autre organe vasculaire , aux deux époques extrêmes de ton développement, amène infailliblement au même résultat.
619. Mais on en obtient un autre, non moins important que le premier, qui est que le vaisseau au premier âge ne diffère en aucune manière d’une cellule ordinaire, quanta sa structure intime et superficielle; qu’il se compose, comme elle, d’une vésicule externe, incolore et diaphane, d’uno ■vésicule verte intérieure qui tapisse celleci, et sur laquelle se dessine la spirale; enfin , d’un liquide qui remplit sa capacité et qui sert à son élaboration spéciale.
610. La seule différence à laquelle la nature semble avoir attaché un caractère essentiel, c’est que la cellule-vaisseau est formée par le développement d’un globule appartenant à la couche extérieure de la paroi maternelle d’une autre cellule, tandis que la cellule ordinaire est formée par le développement d’un globule interne de cette paroi ; que la première n’a de limite que la longueur de l’interstice formée par le dédoublement des parois de deux cellules contiguës, tandis que la seconde a pour limite la vésicule qui l’engendre et qui l’emprisonne dans son sein; que la première, ne se trouvant pressée que circulairement, se moule en un cylindre ou en un tube prismatique , tandis que l’autre, étant pressée sphériquement, s’inscrit par des facettes dans nne sphère, ou ne se développe pas plus en longueur qu’en largeur.
611. 1*'' coROtLAiax. Une cellule donnée est toujours apte à se reproduire avec son type à l’intérieur comme à l’extérieur; elle est apte à recevoir à la fois l’influence de deux fécondations , l’une externe et gemmnire (454), l'autre interne et oeu/nire. Or, nous avons réduit , noo-seulement toutes les formes d’organes , mais toutes les formes de végétaux, au type et à la dimension d’une simple cellule(48S). Ici nous retrouvons, dans la cellule, le double mode de développement de tout végétal.
ÎKO DÉMONSTRATION GÉNÉRALE.
Donc, la déinonstralion du ibéor^^oie e«t
cum|>]ète, ET LK VÉGÉTAL KAISTE TOLT ENTIER, ET AVKC TOUS St:S PRÉNOMÈNES, DANS CBACUNK DE SES CELLOLKS A LA FOIS.
G23. S’^conoi.LAiBB. La cellule vasculaire se compose donc, ainsi que la cellule or> dinaire, !■* d'une vé.sicule CElenie iucu* lore , qui iiVsl (|uc le globule développé de la cellule général rice -y 2^^ d'iiiic vésicule colorée, verte eu général (surtout dans le jeune âge), dans le tissu de laquelle, ou contre les parois de laquelle serpentent, des tours de spire ; 3° d'un liquide élaboré et organisateur. Ce liquide n'est remplacé par l'air, cooiine dans toute autre cellule, que lorsque Torgaue a cessé sou développement.