‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 81 sur 310 · nous reste à démontrer que · texte numérisé non relu

nous reste à démontrer que

TOCTE6 LES ACTBES FORMES d'oRGANES ÉLB- MINTAlRr.S, QUE l'oN A DÉCRITES DAMS LES LI- VRES, MB SONT DUES Qu'a DES ILLtISlOMS d'01>- TIQUB, ET A l'iONORANCB DANS l'aRT DE

l'observation.

G3‘1. OBSERVATION PRÉLIMINAIRE. Si IcS observations longtemps en vogue devaient être adoptées sans examen, il s'ensuivrait (|ue le tissu végétal compterait un bien plusgraiidnombred'organcséiémcutaires; que ce nombre même pourrait être regardé comme indéGni, tant le cadre d'une pareille classiGcation est peu méthodique.

Nous aurions, d'après nos observateurs, à trouver dans le tissu végétal : des

dont! es f OU cellules en fuseau j 2° des ra~ phides y ou tubes en aiguilles } 3° des lubillcs ou du parcnchymCy ou cellules allongées; 4** des méats vasculnircsy 5^* des cellules composées f dont les parois sont des cellules hexagonales ; 6*^ des vaisseaux poreux, ou criblés de pores sur leur surface externe, cl de porcs tels, que la poussière y passerait avec les liquides, et que les liquides eu sortiraient aussi mécaniquement et aussi peu physiologiquement qu'ils y seraient entrés; 7“ dos fausses trachées, o\x vaisseaux annulaires, fendus ou

rayés, cylindres percés, non plus de pores, mais de belles et larges fentes ; 8** des trachées, eu tout point identiqoes avec les trachées des insectes , formées par l'agglutination des tours de spire entre eux; d'autres les ont nommés vaisseaux spiraux ou aériens, d'autres pneumuto-

phoresj renfermant dans leur sein des vaisseaux chiljeres roulés en spirale ; 9® des vaisseaux mixtes, bien plus curieux que les autres, vu qu*ds sont alternati%>ement fendus , poreux ou roulés en spirale, dans differents points de leur étendue ; lO® des vaiiscaux propres, ou réservoirs des sucs propres, qui ont le grand avantage de u'ètre pas poreux ; 11® des vaisseaux simples cl des vaisseaux composés de vaisseaux simples f 12“ des tubes simples qui ne laissent pas que d'étre ramiliés et anastomosés entre eux ; 1 5® des cellules fibreuses, c'est- .v dire possédant, dans leur intérieur, des fibres, disposées d'une manière si variée selon les familles, que nous étions menacés de voir éclore un volume în-quarto sur ce seul point; car une pareille veine de découvertes ne saurait être épuisée par ces premières fouilles.

G35. Mais heureusement pour fa science positive que ces découvertes ne sont qne des créations nominales, qui s'en vout sous un trait de plume, comme elles étaient venues par un simple coup d'œil.

G2G. Les auteurs qui ont vu des tubes criblés de fentes ou de pores n'ont jamais pris la peine de se demander à quel signe ils reconnaissaient que ces points , Jifféremmenl éclairés que le reste de la surface, étaient des fentes ou des trous. On se mettait bien en peine de tant de précision, il y a dix ans! « Voilà une fente; la voyez-vous bien? — Mais comment savez-vous «jue c'est une fente? — Cela en a l'air, et je ne sais pas pourquoi on n'aduictlrait pas que c'est une fente. » Ce colloque résume toute la science d'alors ; voir et juger, et inviter les autres à juger de même. Dans l'esprit d'aucun de ces observateurs par un seul sens, il u'élait venu de se demander si la logique ordinaire n'exigoaii pas de sonmoltre le témoignage de la vue au contrôle des autres

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

ISl

sens, au cootrulo de l'aoalogie et de Pex> périencc comparative. Oii n'y regarde pas de si pr^s, quand on est sûr de n'ûtre pas coutreditj et on est peu porté à la contra* diction, quand on se trouve sans juge.

027. DSMO^sTHATioN. Nüus dvons d(\jà établi, dans le A'oiivcau système t/e chimie orf'aniquCj 5b*, les principes généraux de l'art d'observer les iiiûniiueiit petits. Ces principes sc Réduisent à une proposition bien simple, d'une évidence qui parait ba> nalu, et qui est pourtant, dans la science, une nouveauté : ju^er des corps microsco~ piques d'après les memes règles d'obsetva^ lion et de raisonnement que ion juge des corps visibles à iwil nu ; contrôler les observations les unes par les autres f et navancer un Jait comme dèmonlréy qu'après' avoir épuise toutes les hypothèses et avoir réj'uté toutes les objections. Appliquons cetleméthode d'observation à la questiou qui nous occupe.

Décider que l'on voit une perfo* ration, parce qu'on a sous les yeux, sur le porte-objet du microscope, un point lumineux entouré d'un cercle ou d'uu cadre noir, ce serait raisonner comme le ferait un homme qui, placé à cent pas de distance, déciderait qu'un châssis n'a pas de vitres , par cela seul qu'ou voit le jour au travers.

Pour qu'une membrane , la plus continue et la plus unie, paraisse, au micro* scope, perforée ou fendue, il suffit qu'elle bosséle surface \ car chaque bosselure déviera les rayons lumineux, à la manière des lentilles de verre, et par conséquent elle offrira un champ éclairé, plus ou moins étendu, selon que la lentille sera plus oQ moins aplatie, et un cadre noir, ^luiconque débute aux études du microscope se laisse prendre 4 celte apparence j et nous avons vu les pins habiles physiciens se méprendre sur ce point d'optique microscopique, aussi facilement que les physiologistes, qui ne se piquent pas d'étre physiciens. Il est vrai que chex les physiciens c'était une simple inadvertance, et que cliez les physiologistes nilusion a acquis la ténacité d'une erreur. Pour se

rendre raison de ce phénomène trompeur, on n'a qu'à étendre une membrane transparente sur une couche de petits grains de sable; la membrane soulevée par ces petits supports paraîtra criblée de trous au microscope. Or, si les bosselures avaient lieu en travers ou en long , au lieu de se disposer sphériquemeot, la uiembrane paraîtrait criblée, uou de pores, mais de véritables fentes. *

Gâ9. Outre les bosselures, une membrane peut encore paraître criblée do pures, par l'effet des globules qui recouvrent ou tapissent sa paroi; rien ne paraît plus perforé de part en part qu'une cellule glutincuse grosse de grauules verts ou de grains de fécule.

G30. II me parait que ce qui a le plus* contribué à faire considérerlcs mA^mbranes de certains organes comme criblés de pores et de fentes, c'est la facilité avec laquelle l'observateur pouvait expliquer de celle manière rintroduclion des gaz dans la capacité de l'organe : l'intrQduction éprpiive si peu d'obstacles, les portes ouvertes! mais il ne s'avisait pas de se demander comment i'air pouvait s'introduire à travers l'épiderme, dont les cellules, grâce à leur aplatissement et à leur vacuité, ii'uffrent certes pas la moindre image d'un pore.

Gôl. Mais l'air n'a pas besoin, pour s'introduire dans un organe, que sa surface soit criblée de porcs visibles à nos moyens d'observation. (Quelle membrane moins poreuse en apparence que la paroi des cellules d'un tissu mé4ultaire?et cependant on les trouve souvent remplies d'air atmosphérique, ainsi qu'on le voit aux gros globules (a) delà fig. 5, pl. 3. Ce sont des vésicules enflées d'air que cesglûbcs noirs; on s'eu assure en déchirant le tjssu sur le porle-übjct; on voit eu effet chacune de ces images se dégager en bulle {yi) et le tissu reprendre toute sa transparence. Les membranes organiques sont, il es^ vrai, perméables aux gaz et aux liquides; il faut donc qu'elles aient des pores; mais CCS pores sont invisibles à cause de leur ténuité, et des limiles de nus moyens de grossir les images. Quoi de plus lisse,

de moins poreux en apparence que le tube cartilagineux du Chara (600) dont nous avons parlé plus haut? et pourtaot nous avons fait voir-, dans le Nouveau sjrs~ thme de Chimie organique y avec quelle rapidité les liquides pénètrent et s'exha- I%nt à travers ce tissu [1]. Donc la pré* seoce des ^ores visibles ii'est nullement nécessaire aux (onctions de Télaboralion.

653. Les expériences suivantes démon* treront que les partisans des pores ont été diipci d^une illusion assez grossière.

635. 1* Soit la lig. 4, pl. 5, représentait uft fragment d'un gros vaisseau de la tige du Cucumis pris, près d'un boiirgcnnj nous n^aurions pu trouver un échantillon qui, aux yeux de nos physiologistes , réunisse à un plus haut degré les caractères *d'an tube poreux ; il en est certes criblé dans un ordre assez régulier. Kh bien, qu'on étende èe fragment sur le porteobjet du microscope à sec , et qu'on le recouvre ensuite d'une nappe d'eau , il est évident que celte nappe emprisonnera touKi la couche d'air que recouvrait le fragment: donc, si celte lame membraneuse est réellement criblée de pores, on n'aura qu'.i promener le dos d'une aiguille sur la membrane, pour voir sortir, par les perforations, les bulles d'air ainsi comprimé; or, quelque précaution que l'on prenne , on ne parvient j amais à faire sortir l'air que de dessous la membrane.

634. 2^ En prenant l'inverse de l'expérience précédente , si l'on a soin de plonger dans l'eau un de ces prétendus tubes poreux, jusqu'à ce que l'eau en ait chassé tout l'air qui s'est introduit dans son intérieur (616), si on laisse écouler la nappe d'eau qui recouvre le tube, ses deux bords s'agglutineront , et empoisonneront ainsi l'eau qui a chassé l'air de ce cylindre ; mais alors , si le tube est poreux, par la moindre pression on pourra faire suinter le li-

[i] Le* globule* en *piralo de la membrane verte, qui Upisteotle tube, et se de«*ioent sur le* parois de cet organe, auraient sans doute porté les partisans d*t parti k en admettre ici, comme ils l’ont fait ailleurs; car à la faveur du jeu de la lumière , à trover* ces nombreuse* séries de globules , le tube

quide , à travers ce crible , en gouttelettes aussi visibles que ces prétendus trous; or c'est ce qu'on n'obtient jamais.

655. 3« Si ces points brillants étaient des perforations , ils s'agrandiraient par la dessiccation de la membrane; mais, au lieu de s'agrandir, ils s'effacent et disparaissent, pour se confondre avec l'aspect général du tissu de la membrane, qui forgie alors un tout continu. Or cela ne peut avoir lieu qu'eu admettant que chacun de ces prétendus pores est l'image réfractée d^un globule , d'une petite vésicule infiltrée de liquide, laquelle s'arrondit en lentille réfringente, mais dont les pafois s'affaissent en se vidant par la dessicGAtion , et participmt alors du pouvoir réfringent de la membrane plane et unie, à travers laquelle les rayons lumineux passent sans se briser.

636. 4° Nous savons avec quelle persévérance les couches d'air s'attachent aux parois des corps, et surtout aux parois des petits orifices. Si nos points lumineux étaient des pores, ces pores retiendraient tous une bulle d'air, lorsqu'on met le tube en contact avec l'atmosphère; mais alors ils deviendraient louspltis lumineux, lorsque la membrane sur laquelle on les observe serait étendue à sec sous l'objectif, que lorqu'on la recouvre d'une nappe d'eau (633), par la raison qu'une bulle d'air dans l'eau parait noire, de même qu'une goutte d'eau observée par réfraction dans l'air. Or c'est le contraire qui arrive ; ces prétendus pores sont bien plus lumineux dans l'eau que dans l'air. Donc ce ne sont point des pores, mais des granulations organiques analogues aux granules de fécule qui , observés par réfraction , sont noirs dans l'air et limpides dans l'eau [3] , analogues aux grains de pollen qui, à sec, apparaissent comme des bulles noires percées d'un trou (pl. 14,

parait aussi régulièrement perforé que le* plu* belle* figures de vaintaux poreui, publiées dans nos traités. Mai« ranalomicde l’organe nous a appris à faire la part tlo Tillusion (6oo).

[s] JVouoeâtt Syttimt de Chimie organique, p. 58*.

DÉMONSTRATION GENERAI^E. 1S5

iîg. 6, 7), et qui reprennent leur Umpidilé dans l’eau {ibid,j fig. 8).

657. Ce que nous Tenons d’établir à )’é|;ard des prétendus pores s’applique fgalecnent aux prétendues fentes des tubes. Que le globule mystificateur, au lieu d'étre sphérique , devienne ovale, et se développe beaucoup plus en largeurqu’en longueur, on ne manquera pas , après le pins court séjour dans l’air, de voir une fente se dessiner sur son aire. Il siiifira pour cela que l’aire s’alTaissc \ car cet af« faissement déviant les rayons 'lumineux d’une autre manière que le bourrelet con* vexe , paraîtrait noir , entouré du bour> relet blanc, et donnerait aux globules la forme d’une navette ; les grains de pollen à test mince ofTrent tous ce phénomène, lorsqu’on les observe à sec (planche dl , fig. 18, pl. 26, fig. 8, ïi pl.l4, fig. 7). En conséquence, soient des globules spbé' riques et allongés , rangés avec ordre sur la surface d’une membrane, et l'ignorance du jeu de la lumière va en faire tout autant de trous d'un crible organisé. Mais ce n’est pas là la seule source de ces illusions; il en est une autre plus constante , plus inhérente à l’organisation essentielle d'un tube vasculaire, surtout en ce qui regarde les fentes.

658. Nous avons vu que les spires se déroulent dans l'intérieur d'une cellule allongée et en tapissent la paroi ; ce fait est rendu évident par ladissection du tube des Chara (pl. 60, fig. 2), et surtout par l'observation des entrenœuds des conferves (pl. 58, fig. 10); mais ces spires si cassantes et d’un tissu si tendre dans le jeune âge de l’organe qui les recèle, acquièrent, par le progrès de leur développement, beaucoup plus de consistance que laparoi du tube. En effet, si l’on abandonne des tiges de cucurbitacées à un assez court rouissage dans l’eau , tout ce qui est membrane finit par se décomposeret par tomber en bouillie ; il ne survit que les paquets de vaisseaux, ou plulAt que les paquets de spires (pl. 2, fig. 3), qui conservent entre elles leurs anciens rapports d’adhérence et de position , n la faveur de quelques débris du tissu qui les unissait et qui les re-

tient encore, quoique avec assez peu de force ; car le moindre effort de traction * suffit pour désagréger oes* spires entre elles , et elles se dégagent alors libres de toute entrave, et isolées de (otis les organes auxquels seules ellès ont survécu.

639. Or des corps aussi durableset aussi roides, se roulant entre les parois de la membrane pour ainsi dire' glutineuse du cylindre générateur, dbivent laisser sur celle-ci des empreintes, et, par^conséqiient, produire, par réfraction., des effets de lumière de plus d’un genre, selon que les pas de vis seront plus ou moins larges, que les tours de spire seront plus ou moins nombreux , plus ou moins pressés, ci roules dans le même sens, ou dans un sens contraire, au sein delà même ^ capacité. Nous avons, en effet, déjà observé que les spires n’étaicatpas toujours simples, qu’on en comptait jusqu’à sept dans certaines plantes, et il est plus que présumable déjà que , dan^ certains organes , ces tours de spire n’affectent pas tous la même direction.

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