‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 84 sur 310 · Nous avons, sur les sépales de · texte numérisé non relu

Nous avons, sur les sépales de

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

VHfpericum montanuntf un exemple saillant du pas8a{;e des glandes calicinales, aux caractères plus prononces d'une anthère réelle. On observe, enelTet, sur les bords de chaque vnlve calicinale , de chaque sépale, des prolongements ciliforroes surmontés d'uncglandc noire bilobéejâtin grossissement un peu fort, ou reconnaît que ces prolongements sont herbacés comme le reste du sépale; qu'ils ne sont que la continuation de la substance de celui-ci, qu'ils sont tous traversés, ainsi que les filaments des étamines,par un vaisseau médian qui leur arrive du sépale même. Si ensuite on examine comparativement les anthères des vraies étamines, on retrouve, entre les deux lobes de chaque anthère, une tache noire qui rappelle la couleur de la glande, comme l'axiUièrc en entier en conserve la forme, après en avoir dépouillé la couleur sur la majeure partie de sa surface. Ces mêmes glandes antbériformes se retrouvent sur les bords de tous les organes foliacés de la même plante.

Le sépale de cette fleur a des rapports de ressemblance et déstructuré frappants avec le pétale staminifère du Calotham^ nus quadrijidaf qui est cilié d'ctamincs (145, 4»),

700. l®' COROLLAIRE, Nous avons déjà montré comment l'étamine revêtait le caractère du pétale, le pétale celui de la feuille ; mais ici nous venons de découvrir que la feuille donne naissance aux mêmes organes que l’élaniine, aux grains de pollen, agents immédiats de la fécondation. Il n'y a donc ici que dégradation de formes ; il n'y a, dans toute la rigueur de l'expreSsion, c\uQtransformation, et non métamorphose; et les fonctions et les destinations restent analogues; la feuille, le follicule, comme le pétale, sont ou peuvent être, au besoin , aussi bien organes males que rétamine.

701. 2® COROLLAIRE. Mais, sous un autre rapport non moins intéressant que celui qui précède, nous avoiisété amené à conclure que, daus soa e&trémc jeunesse,

l'appareil foliacé a dû être réduit à la structure des papilles du stigmate; noua avons ajouté que, si le tronc s'était développé en ovaire , la plumule eu aurait été l'appareil sligmalique. Si l'on examine Ica jeunes pousses de certains arbres , à Tinstant ou elles s'apprêtent à forcer les enveloppes de la gemmation, on trouve la feuille couverte de fibrilles stigmatiques , de poils si nombreux, qu'ils dérobent aux regards la superficie de l'organe. Noua nous servons ^près du mot de fibrilles stigmatiques, car il n'existe pas la moindre dllTérence orgoniqué entre chacune de ces fibrilles plus ou moins allongées de la jeune feuille^ et les papilles stigmatiques plus ou moins allongées du stigmate ou des styles; les uns et les autres sont des vésicules remplies d'un liquide limpide, d'un liquide gommeux. Nous avons représenté (pl. 40, fjg. 1) une plumule gemmairc de VOxalis cormculala J c'est-à-dire une jeune pousse encore, renfermée dans la gemmation. Tout y est couvert de ces fibrilles, depuis la feuille, si glabre à un àgo plus avancé , jusqu'au pétiole , si lisse au même âge. Or, que l'on compare ces organes aux poils qui hérissent les styles de la même plante (pl. 40. fjg 5 sj^)f et l'on ne manquera pas d'en reconnaître l'entière similitude. Mais à mesure que la feuille se développe, ces fibrilles stigmatiques tombent et disparaissent sans retour, et la feuille commence à offrir des traces des organes qui , plus tard , pr^H dront les noms de stomates et de glandes polliniqucs; et bientôt, l'organe , d'abord simplement papillaire et stigmatique, a acquis la charpente , l'analogie et le pollen des organes pétaloïdes (ÜÜ8) ; c'est une feuille plus ou moins herbacée, plus ou moins épaisse ; c'est une étamine degraude dimension.

702. Une analogie aussi frappante entre la structure, et par conséquent les fonctions de deux ordres d'organes, que Tanatomic retrouve toujours dans les mêmes positions respectives , celte analogie, disje, indique nécessairement une analogie entre les destinations et les eifels. La nature no crée point, elle prodigue encore

DEMONSTRATION GÉNÉRALE. 160

moiot des appareils inutiles , des causes inrécoodes. Si la feuille enfante les produits de l’étamine , c’est pour opérer une fécondation. Mais ce n’est point à féconder le pistil qu’elle est appelée, puisquela fleura déjà son appareil fécondant; il faut donc que ce soit à féconder un pistil de l'ordre d’organes auquel la feuille appartient, jereux dire la gemme, le bourgeon, dans lequel nous avons reconnu toutes les pièces du pistil. La feuille développée est donc l’étamine du bourgeon. Mais, par la même raison, la feuille non développée, la feuilles à fibrilles stigmatiques, sert de stigmate aulonrgeon ; elle est tour à tour organe femelle et organe mâle ; jeune elle est femelle, plus âgée elle est mâle. Or remarquez avec quelle concordance les analogies se développent! comme chaque pièce se trouve à la place que lui assigne la théorie! Les feuilles>les plus jeunes sont toujours supérieures aux feuilles les plus âgées, comme, dans une fleur régulière, le pistil est toujours supérieur eu position à l’étamiue.

RÉCAPITDLATION ET TRANSITION.

703. Nous avons réduit, dans les théorèmes précédents , tous les organes importants, feuille (487), tronc (491), ovaire (493), étamine et pétale (564), graine

. (657), etc. , au type d’une simple vésicule organisée.

704. Nous avons démontré que tous ces organes n’étaient réellement que des glandes réduites à leur plus grande simplicité, avant d’avoir subi l’impulsion du développement (S82).

705. Nous avons été amené à admettre que la vésicule apte au développement est une agrégation de vésicules globulaires, invisibles à cause de leur petitesse, qui deviennent visibles par le développement de la vésicule , et qui , en se pressant par six points de leur plan diamétral les uns contre les autres, forment la paroi de la vésicule générale (488, 549), en ajoutant que le globule de la paroi générale était à son tour une vésicule exacleuicnt organisée de la même manière que

celle dont il fait partie , c’est-à-dire qu'il est une vésicule de seconde formation , composée de vésicules de troisième formation, et ainsi de suite à l’infini.

706. Nous avons établi que le développement ne diffère pas de la fécondation (574, 583).

707. Nousavons ditque chaque globule d’une paroi vésiculaire avait, par devers lui , tout ce qui est nécessaire pour jouer le rôle d’organe fécondant ou d’organe fécondé, d’organe' mâle ou d’organe femelle , d’ovaire ou d’étamine (583).

708. Ainsi , feuille , bourgeon , tronc , racine , cellule , vaisseau , poil , glande , rien ne s’est développé qu’en recevant la même impulsion que l’ovaire , l’impulsion d’un organe de uom contraire : la fécondation; et la simplicité de cette théorie, nous l’avons trouvée traduite en un fait susceptible d’èire observé dans la conferve de nos ruisseaux (585).

709. La même vésicule, avons-nous dit, peut posséder, sur sa paroi , des globules mâles et des globules femelles ; elle peut être hermaphrodite. Il suffira, pour que le mystère de la fécondation se reproduise tout entier dans son sein , il suffira que ses globules de nom contraire se rencontrent, pour se donner le baiser d’amour. Dès ce moment, il est impossible de prévoir la limite à laquelle doivent s’arrêter les générations successives de cette vésicule microscopique , de ce point qui va devenir un monde.

710. Ainsi nous avons ramené l’organisation végétale à une formule rigoureuse, à un type d’où nous avons fait sortir à notre gré, à notre caprice, tous les organes qui, plus tard, te distinguent à nos yeux par leur position, leurs formes, leurs détails et leurs dimensions. Mais la nature ne parait pas procéder avec caprice, bien s’en faut; le développement chez elle n’est pas plus un jeu, un efl'et du hasard , que l’organisation ; le développement est une loi qui découle rigoureusement de l’organisation; l’une est l’aptitude, l’autre est la détermination; l’une est la disponibilité , l’autre l’cscrcicc ; l’uiie est la puissance, et l’autro la fonction.

DÉMONSTRATION GÉNÉRALE

Auui remârquoni>nous que le déTelop* pemenl a lieu*tur chaqueespèce^aur chaque genre , et oi^ina sur les nombreux individus qui composent un groupe natu* rel de plantes, d'après des règles invariables, et sur un plan qui ne se dément jamais. C'est à la faveur de cet ordre admirable , dans U disposition relative des organes, que nous avons suivi le 01 de l'analogie, dans nos premiers théorèmes , depuis la radicule jusqu'à l'embryon de la famille la plus nombreuse, et auparavant la moins systématique, de la famille des graminées. Dans celle-ci, comme dans toutes les autres, tout, jusqu'aux déviations, se conforme au type, se développe d'après uu ordre constant. Jamais on ne trouve le bourgeon au-dessoiis de la feuille, et la feudie s'écartant de l'ordre alterne, opposé ou en spirale, qui caractérise le genre et la faniille.

711. Donc, nous avons trouvé la formule de l'organisation; il nous reste maintenant à trouver la formule de la disposition des développements qui en émanent.

71i. En uii mot nous avons trouvé que tous les globules de la vésicule épidermique de la plante étaient aptes au développement ultérieur, à devenir feuilles, troncs, bourgeons, etc.

713. Il nous reste à trouver comment, et en vertu de quelle loi, quelques-uns seulement se développent d'sprés un ordre conilant et déterminé.

71 1. Et qu'on ne pense pas que cet ordre soit l'effet de la direction, de l'accroissemeot de la tige, l'effet d’nn développement successif] oet ordre s'observe dés J'in»tant de la première apparition de la ligelle. Qu'on prenne , en effet , une inflorescence, dans le calice d'un jeune bourgeon non encore épanoui, on rencontrera asses souvent l'infloreiceoce réduite à la furmo d'une petite boule, ou d'un cylindre dont la surface est, pour ainsi dire, pavée de globules gemmsires à peine saillants. Or,â celte époque, et surtout i cette époque, ces globules sont disposés , entre eux, dans te même ordre que le seront plus tard les organes foliacés qui en émairenl. Ils sont alierues sur les plantes à foliation

alterne , opposés-croisés sur les plantes é foliation opposée-croisée, en spirale snr les plantes à foliation en spirale. Or, si leur disposition défînilivc n'était pas arrêtée, dès l'instant où la vé.sicule génératrice reçoit l'impulston du développement, il s'ensuivrait que plus on remonterait vers l'origine de la formation, et plus lesdifférences, dans la disposition relative, a'elTaceralent et se rapprocheraient d'un type commun.

Donc la disposition des organes est toute arrêtée dans le sein de la vésicule génératrice; donc elle dépend d'une circonstance inhérente à son organisation intestine, circonstance qu'il s'agit de découvrir oivde pressentir.

715. Nous voici arrivé à 1a partie la plus importante de la théorie, à celle qoi complète la démonstration , qui couronne l'œuvre que nous poursuivons depuis tant d'années, et qui nous a révélé d'un sent jet la solution, de laquelle, jusque-là, nous n'avions fait qu'approcher. Je ne crois pas me faire illusion : la solation do problème que je vais énoncer rendra compte de la végétation tout entière ; et , avec les t^ois éléments de toute vésicule (6ââ), nous aurons de quoi organiser, d'après des formules positives , tous les végétaux connus ou à connaître.

Page 1