‹ Nouveau tableau de Paris, au XIXme siècleChapitre 17 sur 28 · LE MÔNT-DE-PIÉTÉ. 23 P J · texte numérisé non relu

LE MÔNT-DE-PIÉTÉ. 23 P J

sidor an XII , la loi du 16 pluviôse même année, et l'ordonnance de février i83i. — Je demande pardon au lecteur de cette érudition , peut-être un peu fastidieuse.

Son attribution consiste dans le prêt sur gages dont il a le monopole exclusif ; il n'avance son argent qu'après avoir soumis le nantissement à une expertise sévère; il a même toujours soin <le laisser l'estimation au-dessous de la valeur réelle, afin de s'assurer, en cas de non paiement des intérêts , d'un boni suffisant par la vente du gage. — Et quels intérêts encore! Autrefois ils étaient fixés au taux modique de 13 p. °/ a par an.

L'administration avait même pensé que ce n'était pas assez ; elle avait trouvé moyen de porter au-delà de ce taux illégal l'intérêt de son argent, en ajoutant bénignement quelques droits supplémentaires. Ces droits supplémentaires avaient cette admirable qualité qu'ils étaient invariables ; on payait autant pour un mois que pour une année. — Ce qui était extrêmement avantageux. — De plus , le mont-de-piété avait consacré dans sa comptabilité , cet incontestable axiome : mois commencé, mois dû; si bien qu'il touchait souvent l'intérêt de son argent un mois après que le débiteur le lui avait rendu. — Ce qui était extrêmement juste et légitime.

Malheureusement ce temps de prospérité ne dura pas toujours, et les droits du mont-de-piété, quelque solidement établis qu'ils fussent , furent

tration supérieure, passagèrement modifiée par l'arrivée d'hommes nouveaux, voulut arrêter un peu cette effroyable dilapidation des deniers du pauvre , et rogner les ongles de l'insatiable vautour. Les droits supplémentaires furent supprimes ; le taux de l'intérêt fut abaissé de 3 p. % ; et un nombre considérable d objets fut restitué gratuitement aux propriétaires trop pauvres pour les racheter.

Mais cette fièvre passagère de réforme et d'amélioration ne dura pas plus long-temps que l'administration des hommes de juillet. Le fleuve de l'usure contenu un instant, brisa la digue et rentra dans son lit. Une partie des droits supplémentaires fut rétablie, le taux de l'intérêt reporté à g % p. %>; — et la machine accélérée se remit à- pomper de plus belle la substance du pauvre (i).

On peut juger de l'effroyable revenu de cette

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(1) V^îci un tableau de la iDoyeuiie de neuf années % de 1816 ^

,ent juger du peu de valeur de la

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le mont-be-mété. a3g

dministration, en apprenant qu'il se fait par an dans ses caisses» un mouvement de fonds de. . . . soixante millions ( i ) !

Et c'est surtout le pauvre qui supporte cet impôt. Quand Odillon-Barrotj alors préfet de la Seine , et le conseil municipal de Paris , résolurent de soulager la détresse publique , il fut délivré gratuitement, par l'intermédiaire des maires , 60,000 gages au-dessous de trois francs î — Et une valeur de 3oo,ooo fr. en couvertures de laine!

Nombre d'articles 1,128 ,908

Bhcagemïns. \ Somme engagée 19,295,083 fr. 00 e.

Valeur moyenne d'un article. . . . 17 OS

Nombre d'articles 1,115,052

DÉOAGEMEifs. { Somme en argent 19,072,051 00

Valeur moyenne d'un article. ... 17 10

Al* fin de 1816, il y avait 1,431,117 articles pour une valeur de $7,8*2,143 francs.

Valeur moyenne de l'objet. froportfon sur 1000.

1" classe 40 fr. 60 c. 669

» idem 9 80 21 8

3« idem « 89 147

De 1817 jusqu'en 1827

commune 17 38 1000

Dëgagemens sur 1000, par retrait 744

frar wmouveUement. ... 18* par vente 43

(1) De 1815 à 1830, le mouvement de fomls a été de près d'un milliard (885 millions).

L'administration du mont - de - piété s'empressa de souscrire à cet acte de bienfaisance.

— Il est vrai de dire aussi que ses magasins encombrés regorgeaient de toutes parts et pliaient sous le faix.

Il -se présente une objection : le mont-depiété est une dépendance de l'administration des hospices. Le produit qu'elle en tire est entièrement consacré au soulagement des pauvres. . . —Mais pourquoi leur prendre d'une main, pour leur donner de Tautre ? Vous avez des frais à couvrir, dites-vous. Diminuez vos frais le plus possible, réduisez vos intérêts jusqu'à concurrence de vos frais , prêtez gratuitement ou à un intérêt minime , si c'est une œuvre de charité.

— Mais si c'est une spéculation financière... alors , faites comme vous faites aujourd'hui, et avouez-le hautement : tout sera pour le mieux dans la meilleure des administrations possibles.

Au reste si les pauvres se plaignent de l'administration, les capitalistes n'ont qu'à s'en louer.

L^s fonds sont placés au mont-de-piété à 4 % pour 3 mois à un an de date , et la somme en monte à près de 25 millions par an. — Je . dis ceci comme un avis à ceux qui ont des fonds à placer, afin qu'il y ait quelque chose pour tout le monde dans cet article.

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