SCENE VI
MADEMOISELLE KERBRIANT. CLAIRE.
MADEMOISELLE KERBRIANT s/asseyant et faisant signe à Claire d'approcher.
Voyons, ma bonne Claire, fais-moi la petite confidence... As-tu songé au prix d'honneur?
Oui, chère tante.
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Et maintenant tu vas me dire l'action louable et secrète, l.t bonne inspiration que Dieu l'a donnée pour mériter ce prix. Je suis seule juge, moi ; mais j'ai promis d'être juste, et je veux (pie mon arrêt soit approuvé par les deux de vous trois qui ne recevront pas le prix ..Allons... parle... Je t'écon(<\..
CLAIRE, embarrassée.
Vous voulez que... déjà... lin peu de réflexion...
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Tu as besoin île réfléchir pour me raconter ce que tu as fait?...
Non... mais... cependant... (On entend la voix de Marceline qa i } prélude dans la coulisse.) Ah! voilà Marceline qui chante sa chanson... Vous ne connaissez pas cette chanson, bonne tante?... Elle m'amuse toujours...
MARCELINE, dans la coulisse, fredonnant.
J'aimons ma chaumière Et ma basse-cour; Petite fermière N'a pas d'autre amour.
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Est-elle bête sa chanson?
CLAIRE
Oui, mais si vous entendiez l'air!
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Laissons cette niaise... Voyons, raconte-moi ..
CLAIRE
Ecoulons.
MARCELINE, dans la coulisse, fredonnant.
.l'ouvre la garenne, L'élable est à moi, El j'en suis la reine, Sans avoir de roi.
CLAIRE
Je vais lui dire de se taire; sa chanson a Irenle-denx cou- »lete.
Elle s'esquive rapidement.
SCtNE VII
MADEMOISELLE KERBRIAHT.
Elle se lève.
Ah! ma petite nièce, il y a un mystère là-dessous, (ont cela n'est pas naturel. On fait de la ruse avec moi... ce n'est pas bien!... Comme elle a su finement esquiver ma demande ! . . .