SCENE IX
ATHÉNAÏS, RHODINA, arrivant du fond.
ATHÉNAÏS
Sainte vengeance ! volupté des déesses, toi qui remplis mon cœur, laisse-lui une place pour l'amour! Cet homme mérite d'être aimé.
RHODINA
Douce maîtresse, si je vous rendais le plus grand des services, comment me récompenseriez-vous?
ATHÉNAÏS
Et quel grand service peux-tu me rendre?
RHODINA
Ah ! vous me faites une question, et j'attendais une réponse.
ATHÉNAÏS
Je te donnerais ce que tu me demanderais.
RHODINA
Eh bien, je vous demande autant de pièces d'or que mes petites mains peuvent en contenir, et une autre chose, beau coup moins chère pour vous... ma liberté.
J.J NOUVEAU THEATRE DESALON
ATIIKNAÏS.
Rhodina, l'heure est solennelle, parlons gravement.
RMODINA.
Oli ! je n'ai aucune envie de plaisanter, je parle très-gravement.
ATHÉNAÏS
Alors, j'ai oublié le grand service que tu m'as rendu.
KHODINA.
Vous ne l'avez pas oublié, vous l'ignoriez.
ATHÉNAÏS
Fais-le moi connaître.
KHODINA.
C'est moi qui ai retenu ici le seigneur Éros; c'est moi qui viens d'exciter sa haine contre Scopas: c'est moi qui ai dit au seigneur Eros : « Ne partez pas ; ma maîtresse vous aime; il s'agit de la venger. » Il avait <léjà un pied sur son navire, quand j'ai retenu l'autre sur le port.
ATHÉNAÏS
Rhodina, lu mérites ta récompense ; mais lu partiras demain, la nuit est trop sombre...
RHODINA
C'est justement la nuit qu'il me faut; c'est la nuit qui favorisa les Grecs à Téuédos, la nuit où Diane se voile et se tait; s'il faisait pleine lune je ne partirais pas, la voisine y verrait trop clair.
ATHÉNAÏS
Et tu ne veux pas assister à mon triomphe?...