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J. GUI ART. — BILHA11ZI0SE

Le diagnostic pourra également être fait par la découverte des œufs dans le sperme ou dans le mucus vaginal.

ÉTIOLOGIE ET PROPHYLAXIE. En Egypte on a coutume d'attribuer la maladie à l'absorption de l'eau du Nil. Lortet et Viallelon (1) ont montré que ce n'était pas absolument exact.

En effet, les immenses marécages du Bahr el Gazai (qui depuis l'exploration des centurions de Néron ont arrêté tant de voyageurs et donné tant de mal à l'expédition Marchand) se déversent dans le Nil blanc par de nombreux canaux couverts d'une épaisse couche de végétaux aquatiques (le sell) et en particulier de Papyrus, à travers lesquels l'eau filtre peu à peu en se chargeant du produit des décompositions animales et végétales. C'est là la cause des eaux vertes el malsaines que l'on observe au Caire en juin, au début de la crue du Nil, et qui ont fait jeter le discrédit sur les eaux de ce fleuve. Or les recherches bactériologiques les plus récentes ont montré que, sauf durant celle période des eaux vertes, les microorganismes sont relativement peu abondants et peu dangereux, ce qui tient évidemment à ce que le Nil, ne recevant pas, depuis la haute Egypte, d'affluent qui puisse le contaminer, se trouve purifié en cours de roule par l'énergie des rayons solaires.

Mais si l'eau du Nil est relativement pure, il n'en est plus de même des eaux potables d'Alexandrie el du Caire. A Alexandrie les eaux potables proviennent du canal Mahmoudièh, sorte de vaste égout rempli d'une eau trouble où viennent se déverser les fumiers de plusieurs villages fellahs^ les latrines des maisons riveraines et les déjections des bateliers qui naviguent continuellement sur ces eaux. Quant aux filtres, voisins de la porte de Rosette, qui sont destinés à purifier ces eaux, ils fonctionnent si mal que leur action est purement illusoire, à tel point que le professeur Koch (de Berlin) a pu constater plus de 2 000 microorganismes par centimètre cube. Au Caire les filtres, les canaux et les réservoirs ont été mieux établis; toutefois l'eau est parfois lellemenl trouble qu'ici encore on peut craindre de grandes défectuosités dans la captation.

Ces faits sont du reste de peu d'importance pour les Européens établis en Egypte et pour les indigènes des villes, qui, sachant à quoi ils s'exposent, filtrentl'eau une première fois dans de grandes cruches en terre poreuse ou zirs el souvent une seconde fois avec la bougie Chamberland. Il est évident qu'à la suite' de ce filtrage les larves du Schistosomurn sont arrêtées facilement, ainsi que la plupart des microbes pathogènes.

Quant aux gens de la classe pauvre, ils mettent bien l'eau dans des zirs, mais c'est pour la rafraîchir el non pour la filtrer; ils ont bien soin d'enfouir le zir dans le sol de telle sorle qu'il ne puisse fonction-

(1) Lortet et Vialleton, Étude sur la llilhnrzin hsemaiobia et la bilharziosc (A 7171. 'le l'Université de Lyon, IX, p. I à IIS, pl. I à VIII, 1894).

TRAITEMENT

ner comme filtre, ou bien ils rejettent tout simplement la bonne eau purifiée pour boire dans le zir l'extrait concentré de microbes et de vase qui, suivant eux, est beaucoup plus nutritif.

Ce n'est rien encore si l'on compare à ce qui se passe dans la campagne. Pour éviter l'inondation lors de la crue du Nil, les villages sont construits sur des monticules artificiels ; le pays étant absolument plat, il en résulte qu'à côté de chaque village on trouve un birkel, cavité remplie par l'inondation de la plaine et les apports souterrains et qui sert de citerne commune où les habitants viennent puiser l'eau de leur alimentation. C'est donc une mare d'eau stagnante sans cesse souillée par les villageois qui viennent s'y baigner pendant la saison chaude et autour de laquelle ils viennent le soir déposer leurs excréments; or les berges sont en pente douce et elles vont recevoir avec les urines les œufs de Bilharzie qui vont se développer dans la mare. Les eaux de ces birkets constituent donc un excellent milieu de culture, qui va encore aller s'enrichir dans les zirs. C'est là, d'après Lortet et Vialleton, la cause principale de la bilharziose. C'est également la cause de tant d'autres épidémies redoutables qui se sont installées en Egypte pour, de là, envahir l'Europe.

Il est vraisemblable que dans les autres pays des causes analogues facilitent le développement et la transmission du parasite.

La prophylaxie de la bilharziose consistera donc à faire l'éducation des indigènes et. à les empêcher d'aller uriner et déféquer au voisinage des eaux qui servent à leur alimentation. Quant aux Européens, ils feront bien, dans les pays contaminés, de s'astreindre à ne boire que de l'eau filtrée ou bouillie. Ils feront bien également de s'abstenir de manger crus les légumes, salades et autres végétaux poussant dans l'eau ou au ras du sol.

TRAITEMENT. — Comme traitement général, on a préconisé l'extrait élhéré de fougère mâle et le salicylate de soude.

On donne d'abord une capsule d'extrait élhéré de fougère mâle par jour; puis deux, une avant chaque repas; chez les individus vigoureux, on portera la dose à trois capsules par jour. On continue ainsi jusqu'à ce que la guérison paraisse acquise; à partir de ce moment on ordonne encore une capsule par jour pendant un mois. En même temps on soumet le malade à un régime Ionique, aux frictions stimulantes et à l'hydrothérapie. On conseillera le retour en Europe dans tous les cas où ce sera possible.

Le mlicylale de soude s'emploiera comme dans le traitement du rhumatisme.

On a conseillé également l'emploi du salol, qui passe par le sang à la façon du salicylate de soude, mais qui, étant expulsé par l'urine sous forme d'acide salicylique et de phénol, agit puissamment en même temps sur le catarrhe des organes urinaires.

En cas de cystite intense, on pourra recourir également à des

J. GUIART. — BILHARZIOSE.

lavages de vessie par une solution faible (ïacicie borique à 20 p. 1000, de sublimé à 2 p. 5000, ou encore à l'ingestion d'essence de térébenthine qui aurait donné à certains auteurs d'excellents résultais.

Quant à l'anémie qui finit toujours par se produire, elle sera traitée par le fer, en particulier sous forme de pilules de Blaud (sulfure de fer et carbonate de potasse) avec lesquelles Harley dit avoir obtenu des guérisons.

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