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TRAITE DE MEDECINE. VI

130 L.-H. ÏHOINOT. - CHOLÉRA ASIATIQUE.

vibrion de la banlieue de Paris en 1892 ; Fraenkel (1) et Fokkcr (2) admettent aussi la possibilité de cette coagulation que de Haan et C. Huysse ont retrouvée avec un vibrion cholérique isolé en Hollande (3). Les caractères de culture en gélatine donnés comme pathognomoniques ne sont pas plus constants : .1 existe des vibrions cholériques, tels celui de Massouah, liquéfiant la gélatine à 10 p. 100 avec une rapidité qui autrefois excluait l'idée de vibrion cholérique.

Koch (4), reconnaissant la fragilité de tous ces caractères, conse.lle de baser le diagnostic sur deux seuls caractères : la réaction du Cholera-roth et la rôactionsur les animaux.

Mais ces deux caractères sont tout aussi peu stables que les précédents. La réaction du Cholera-roth présente la plusgrande variabilité et le V. romanus de Celli et Santori, par exemple, ne la donne pas.

La virulence, qui doit être considérable pour le cobaye, d après Koch n'est pas moins variable. Delà virulence extrême du vibrion de Massouah à la virulence nulle du V. romanus, il y a tous les intermédiaires. Lette vi ulenee d'un vibrion donné est loin d'ailleurs de garder au laboratore lè taux qu'elle avait lors de l'isolement. Le vibrion d'Angers d une v.rulence remarquable lors de l'isolement, avait perdupresque toute action sur le cobaye au bout de vingt-quatre jours (Metchnikoff).

Peut-on invoquer comme crilérium pour le diagnostic de la nature cholérique d'un vibrion donné le pouvoir protecteur et le pouvoir aaalulinant que manifestera vis-à-vis de ce vibrion le sérum d un cobay antérieurement vacciné avec un microbe nettement cholériquef'Ce problème, que Pfeiffer et Issaëff (5) crurent devoir résoudre en 1894 par l'affirmative, mérite quelques développements autant par son importance pratique que par la portée considérable des laits de bactériologie générale auxquels il se ratlache.

On peu t va?cinger un cobaye contre l'infection cho énque par 1 mo- V ■ cous cutanée ou intrapéritonéale de cultures de vibrion ^uTc^t^lence a été atténuée par différents procédés LéraUon des cultures, chaleur, addition de solution pheniquee à (0 5 f ÎfJO etc ). Par cette vaccination, on crée rapidement chez le cola'ye nlu é une immunité qui persiste pendant deux à trois mots

»), ™is cette " mène de Pteiffer est contestée pat quelques auteurs.

(1) nusnn, Deuttchc m,d. Wocftentonr., 1SSS.

EÏIOLOGIE. S— 131

D'autre part, quand on inocule une émulsion de vibrions cholériques virulents mêlés à du sérum de cobaye vacciné (choléra-sérum) dans le péritoine d'un cobaye neuf, ce dernier ne succombe pas et les vibrions subissent dans son péritoine les mêmes transformations que dans le péritoine de l'animal immunisé; en outre, dans cette seconde expérience, les vibrions se réunissent parfois en amas (agglutination).

Pfeiffer et Issaëff ont voulu tirer parti des phénomènes que nous venons de rappeler pour le diagnostic des vibrions cholériques. Pour ces auteurs, on pourrait affirmer la nature cholérique d'un vibrion lorsque ce vibrion (présentant d'autre part les principaux caractères du vibrion de Koch) se montrerait inoffensif et serait transformé en granules dans le péritoine d'un cobaye neuf traité en même temps par le choléra-sérum ou présenterait les mêmes caractères dans le péritoine d'un cobaye immunisé.

D'autre part, l'immunité donnée par le bacille virgule se maintient vis-à-vis de cette espèce pendant trois mois et se perd pour les espèces différentes en dix à quinze jours. Si donc un animal vacciné trois mois auparavant par le vibrion cholérique résiste à l'injection péritonéale d'un vibrion, celui-ci est le vibrion cholérique; si l'animal meurt, le vibrion donné doit être exclu de l'espèce cholérique. ^ Le phénomène de Pfeiffer a certes une valeur considérable pour l'identification des vibrions cholériques, mais cette valeur n'est pas absolue et ce critérium est insuffisant : comme l'a montré Metchnikoff (1), le vibrion de Massouah serait, de parla réaction de Pfeiffer, exclu de la famille des vibrions cholériques, ce qui est inadmissible.

En dehors du pouvoir protecteur et baclériolytique et indépendamment de lui, le sérum d'animaux immunisés ou même simplement infectés par un vibrion cholérique possède un pouvoir agglutinant vis-à-vis des vibrions cholériques, susceptible de se manifester in vitro. Sous le champ du microscope, on voit les vibrions réunis en amas, figurant les îlots d'un archipel. Macroscopiquement une culture en bouillon additionnée de sérum agglutinant s'éclaircit et les microbes lorment un précipité floconneux au fond du tube. Ce phénomène de l'agglutination des vibrions cholériques, signalé pour la première fois en 1895 par M. Bordet (2), étudié ensuite par Gruber et Durham, ne nous offre pas plus que le phénomène de Pfeiffer un clément spécifique pour le diagnostic de la nature cholérique d'un vibrion donné. En effet, le sérum des animaux vaccinés contre le vibrion indien ou le vibrion de Hambourg agglutine tous les vibrions cholériques, excepté le vibrion de Massouah, et cela suffit à juger la méthode. En outre, MM. Widal et Nobécourt ont montré' que le

(0 Metchmkoff, Troisième mémoire... (Ann. da l'Inst. Pnslaur, 1894). Uouuet, Ann, da L'Insl. Pnslcur, 1805.

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choléra-sérum ne possédait pas un pouvoir agglutinai!!' égal vis-à-vis clés divers vibrions humains : un sérum de cobaye ^V^* un taux agglutinatif à peu près identique pour divers échantillons provenant d'épidémies européennes, Hambourg, Constant.nople, Paris (188^, présentait un pouvoir beaucoup plus ffk,qoégae. fois presque nul, vis-à-vis d'un échantillon isolé des selles d un cholérique de l'Inde. de formuler les Nous sommes donc, a 1 heure aciuenc, eu u MMim rlo mêmes conclusions qui, il y a dix ans, dans la J*^"£™ J cet article, nous avaient paru correspondre a la réalité des faits. Rien ne nous autorise à les modifier.

La conception unitaire de Koch semble avoir vécu. 1 n g a pu un vibrion cholérique, il y a des vibrions présentant un au- de M ^ n'existe pas de caractère spécifique marquant le vibrion cholénque

VZcaL spécial; il n'y a ^^^^ÏÏST-

quelques nuances près, nuances d.ailleurs souvem

à tous les membres de la famille. Uolmikovi -

points de ï-^^^^S^^r^^ 1»

de la gélatine. Enrevanche, leli de l înKier F iit.uéraction de lait, ne donne pas la réaction del'mi el mt ^ ron(k.

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^Gamaléia a décrit une maladie — t ep— ^ les poules, due à un microorganisme qu i 1 a ^hs fi

jtfrfcAntt™ et qm » «PPJ00^^ ndt^é^bsolue des que M. Gamaléia n'a pas hésite a affirmer J ic deux microbes. Cette assimilation ne para pa exacte. ^ ^ ^ niftoui est plus court, plus épais, plus cou H

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croissance en gélatine est orduijj^meot Uncli|m. surtout les réactions expérimentales qui permett ^ Le choléra asiatique est sans action sur le nesubillnioterrain pour la septicémie vibnonienne , le cobaye qm ^

culation ^ ^^™^rpX -des les plus — °ct Vn^/^ S cobayes veinés contre la sePU-

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oémie vibrionicnne meurent quand ils sont inoculés convenablement avec les vibrions cholériques.

IL Le mécanisme de l'infection cholérique. — A. Voie d'envahissement de l'organisme par le germe cholérique. —Du jour où l'on posséda sur le rôle de l'eau les notions exactes que nous exposerons ci-dessous, il futeertain que le germe cholérique pénétrait l'organisme par la voie digestive, et l'isolement du bacille virgule a permis de fournir une démonstration expérimentale du fait établi par l'observation. L'ingestion de vibrions cholériques par l'homme, répétée à plusieurs reprises depuis 1892 en France et à l'étranger, à côté de résultats négatifs fréquents, à côté de diarrhées d'intensité variable mais d'allures cliniques rappelant peu l'attaque cholérique, a, dans quelques cas, conféré une attaque cholérique indiscutable.

M. Sanarelli (1) rapporte que M. Fermi a observé un cas de choléra très grave suivi de guérison chez un homme qui avait absorbé spontanément une culture du vibrion isolé chez les cholériques de Massouah.

M. Metchnikoff rapporte que M. X... absorba deux gouttes d'une émulsion obtenue en délayant dans du bouillon une culture de vibrion cholérique développée pendantvingt heures à 36°, etmainlenue pendantdix jours à 15-17°. Il en résulta une véritable attaque de choléra, avec diarrhée riziforme, quelques vomissements, crampes, anurie et hypothermie : le vibrion avait été isolé des eaux de Versailles en 1893, par M. Sanarelli.

Il est donc nettement établi, et par l'observation, et par l'expérimentation, que l'infection cholérique se fait par la voie digestive.

On sait d'autre part que le germe cholérique est contenu dans les matières évacuées de l'intestin des cholériques. Pour passer de l'intestin du cholérique au tube digestif des individus sains qu'il va infecter il lui faut, de toute évidence, emprunter divers véhicules. Ces véhicules sont l'air, Veau, les aliments, les effets. Nous allons étudier leur action en nous appuyant à la fois sur les faits d'observation et sur les recherches biologiques.

B. Les véhicules du germe cholérique. — 1° L'air. — Si l'air est un véhicule possible du germe cholérique, il est admis de tous qu'il ne saurait agir que dans un court rayon. Lorsque le choléra franchit d'un bond de longues étapes, on retrouve toujours, comme agent de propagation, l'homme, des effets souillés ou une eau contaminée (2).

Les faits suivants, choisis parmi les moins contestables, prouvent ou plutôt tendent à prouver le rôle de l'air dans un rayon restreint, car

(1) Sanarelli, Ann. tic l'Insl. Pusleur, 1895.

(2) Le fait célèbre de la prison d'Ebrach, rapporté par PcttenkoITcr ( Verbreilitngsnrl, etc., p. 126) montre bien le peu de puissance de l'air comme agent de diffusion. Dans cette prison, le choléra régna avec une grande violence parmi les détenus, mais aucun des soldats veillant aux portes aucun employé, aucun gardien ne furent atteints.

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