L.-H. THOINOT. — CHOLÉRA ASIATIQUE
moyenne, chez le cholérique polyurique, l'urée s'élève jusqu'à 70 ou 80 grammes par jour, et retombe ensuite aux chiffres normaux.
On peul dire avec Parkes que la réaction marche d'autant mieux que le taux d'excrétion de l'urée est plus haut.
La quantité d'acide urique s'élève de même : le sujet de Lorain qui, en huit jours, excrétait 1 155 gr. d'urée excrétait 72s'',46 d'acide urique.
h'acide phosphorique, d'abord peu abondant, augmente comme l'urée et l'eau ; il arrive à 6 et 9 grammes du troisième au sixième jour (Parkes). Les chlorures, qui manquent d'abord absolument, reparaissent à dater du cinquième au huitième jour (Buhl). Les sels biliaires sont abondants (Pouchet).
L'urine entraîne encore les résidus du catarrhe vésical elle contenu pathologique des tubes rénaux, si compromis pendant l'attaque : cellules pyoïdes, épithélium vésical déformé, globules de sang, cristaux d'oxalate etd'urale de chaux, cylindres rénaux, etc.
Hermann (de Moscou) avait constaté Yalbumine dans la première urine émise; et depuis nombre d'auteurs l'ont retrouvée. Elle se maintient ordinairement pendant deux à cinq jours, pour disparaître tout à fait : Gubler l'a vue persister pendant plus d'une semaine.
L'albuminurie est-elle constante1! Buhl et Pfeiffer la déclaraient telle, mais plus d'un auteur l'a vue manquer (Busch, Begbie, Fura [cités par Parkes], et plus récemment Oddo, 3 fois sur 4). Lorain dit qu'elle est en raison inverse de la sécrétion urinaire, et, dans les cas à réaction franche, elle disparaît rapidement. Elle semble, suivant l'interprétation de Lebert, Virchow, Bosenstein, Griesinger, Jaccoud, un simple phénomène mécanique : l'urine, lorsqu'elle se rétablit, chasse les produits de transsudation accumulés dans les tubuli. Gubler la rattachait, au contraire, à la néphrite cholérique.
Beynoso, en 1853, pressentait la présence du sucre dans l'urine des cholériques. Parkes a trouvé la glycosurie assez marquée au premier ou deuxième jour delà réaction. Pour Gubler (1), elle est non seulement fréquente, mais même caractéristique de la phase secondaire du choléra ; elle se montre, non dansles premières urinesalbumineuses, mais à mesure que l'albumine disparaît. Pour Lorain il y a là une exagération basée sur l'emploi de la seule réaction par la liqueur cupro-polassique. L'apparition du sucre est en tout cas passagère, et son taux est toujours peu considérable.
En somme, pohjurie passagère entraînant de l'urée, de l'acide urique, etc., d'une part, les produits encombrants les tubes rénaux de l'autre ; apparition, sans importance d'ailleurs, d'albumine et de sucre : tels sont les caractères de la crise urinaire du cholérique en réaction régulière.
(1) GuoLEn, Sur la glycosurie symptomalique de la période réaclionnello du léra (Gaz. des hâp., 180G).
SYMPTOMES ET LÉSIONS. «-18:5
L'absorption par la muqueuse digestive, supprimée pendant la période algide, reparaît avec son activité normale, et l'on voit quelquefois des médicaments pris pendant l'algidité, et restés alors sans action produire leurs effets normaux dès que se fait la réaction : on conçoit quel danger peut en résulter lorsqu'il s'agit de médicaments toxiques administrés sans précautions à dose dangereuse pendant l'algidité.
Russel (cité par Dclpech) raconte qu'une jeune fdle absorba sans résultat 20 grains d'opium pendant la période algide, mais succomba pendant la réaction à l'empoisonnement opiacé.
Le cholérique perd du poids au début de la réaction (Lorain) (Voy. ci-dessus).
b. Réaction régulière fébrile. — Lorsque ce mode réaclionnel se présente, et la chose est très rare, « les malades passent très rapidement de l'algiditéà l'éréthisme circulatoire. Le poulsse relève très vite, la peau reprend rapidement ses fonctions, elle devient rouge et se couvre d'une sueur abondante (1) ». La fièvre atteint de 38° à 39°, 5; le pouls est bondissant à 100 ou 120; les urines fébriles; la langue saburrale; il y a de la céphalalgie. Cet état dure environ quarantehuit heures, puis tout rentre dans l'ordre et la guérison survient.
B. Accidents généraux de la réaction. — On peut les classer de la façon suivante : Tantôt la réaction avorte, le malade n'arrive pas ou arrive difficilement à surmonter les symptômes algides ; c'est là la réaction insuffisante ou aborlive. Tantôt la réaction se fait avec un cortège de symptômes alarmants, qui peuvent prédominer sur tel ou tel appareil, mais présentent un fonds commun : c'est la réaction typhoïde (Cholera-typhoïd des Allemands).
1° Réaction abortive ou insuffisante. — Elle est essentiellement caractérisée par la persistance ou le retour des signes d'algidilé. C'est la réaction à forme asphyxique de Briquet et Mignot.
« On voit ici se développer une foule d'états intermédiaires entre l'attaque et la guérison, avec une marche toujours chancelante et dangereuse. Les premiers signes de la réaction apparaissent bien, mais la chaleur de la peau ne se répartit pas d'une manière uniforme ; la figure et les mains sont encore froides, alors que le tronc est brûlant; l'algidité peut revenir encorepavtoub d'une manière temporaire; la sécrétion urinaire cesse ou ne se produit plus d'une manière suffisante après la première évacuation; le pouls ne se développe pas comme il faut, il reste petit et peut de nouveau complètement disparaître; les malades sont très abattus et épuisés, leur Lète est prise; ils sont somnolents, agités et prostrés... On voit quelquefois survenir un collapsus subit, pendant lequel le malade succombe; ou bien encore les symptômes principaux de l'attaque reviennent peu à
(1) Oddo, Étude clinique sur la période de réaction du «holdra. Thèse de Paris, 18S0.