L.-H. TIIOINOT
CHOLÉRA ASIATIQUE
Avec Pawlowsky et Buchstab (I), nous voyons apparaître les tentatives de vaccination expérimentale par le .sérum ; ces auteurs immunisent des lapins cl des cobayes, leurempruntentdu sérum, et confèrent avec ce sérum l'immunité expérimentale à des animaux de même espèce (2).
Pfeiffèr cl Issaeff ont vu à leur tour qu'on pouvait préserver les cobayes du choléra en leur inoculant dans le péritoine le sérum d'animaux vaccinés, et ils ont fait de cette propriété un caractère applicable au diagnostic, ainsi que nous l'avons dit ailleurs (3).
Ransom (4) paraît avoir tout récemment fait faire un pas de plus à la sérothérapie expérimentale. Cet auteur a retiré des cultures cholériques une toxine extrêmement active pour le cobaye qu'elle tue par voie hypodermique, à la close de 7 centigrammes pour un cobaye de 250 grammes.
En immunisant des cobayes, des moutons, des chèvres au moyen, soiL de vibrions virulents, soit de cultures filtrées, soit enfin de solution de sa toxine, M. Ransom obtient du sang de ces animaux un sérum antitoxique, capable d'enrayer les effets mortels du poison cholérique. « Ce sérum parait actif, soit qu'on le mélange avec le liquide virulent ou toxique employé pour les inoculations, soit qu'on l'introduise seul sous la peau, l'inoculation d'épreuve étant faite en un autre endroit ou dans le péritoine. » Il est à la fois curateur et préventif.
Traitement usuel. — « La mortalité semble être un peu plus faible lorsque la thérapeutique est aussi simple que possible », a dit Griesinger.Et,plus récemment, Dujardin-Beaumetz disait : « Le cholérique est un être réfractaire à toute médication. Je dirai plus : une thérapeutique active lui est plutôt nuisible. »
Quelque justifié que puisse paraître, en des cas encore trop nombreux, ce scepticisme thérapeutique, le médecin a le devoir de ne pas rester inactif devant un cas de choléra grave.
Des médicaments et méthodes actuellement en usage, les uns visent les troubles digestifs, ou, comme on dit de façon peut-être un peu prétentieuse, le bacille et ses toxines intestinales; les autres visent les symptômes algides.
A. Thérapeutique des troubles digestifs. — Vomissements. — Us sont justiciables de la glace prise par petits fragments, de Veau
démontré. Sur dix-neuf essais [Melchnikoff (12), Lazarus (1), Klçmpercr (6)] neuf fois le sérum normal à dose de 1 à 2 centimètres cubes se montra prevent.f pour le cobaye. « La moitié des Européens, conclut Metchmkofr, possèdent dans leur sérum sanguin des substances qui protègent le cobaye contre une mfecl.on mor-
le 11 G n
(11 Pawlowsky et Buchstab, Deulsch. med. Wochenschr., 1893. 2 D'expériences faites avec le sérum du chien vacciné, ils concluent que ce sérum arrête le développement des cultures, et est non seulement vaccina I mais thérapeutique, ainsi qu'ils ont pu s'en assurer sur seize lapins qui, traités .après inoculation cholérique par des injections de sérum immunise, ne donne, ent qu(
qU(3) ProWTcr et IssacfT ont montré ce fait curieux que le sang de cheval <| ''^ normal préventif contre les bactéries cholériques A un degré équivalent A celui .les animaux immunisés contre le choléra.
(/,) Hansom, Deulsch. med. Wochenschr., 1S95. Analyse in Sem. méd., 24 pull. 1. 93.
TRAITEMENT. G— 211
chloroformée administrée par cuillerées toutes les heures, des limonadesacides, etc. Hayem, Dclpeuch, Lesage,en France, ont préconisé les lavages de l'estomac à l'eau bouillie, acidifiée ou non avec 3 p. 100 d'acide lactique, lavages répétés au besoin jusqu'à cinq à sept l'ois par jour! Ce traitement ne laisse pas que d'être Irès pénible pour les malades, et ne calme d'ailleurs, semble-t-il, que pour un temps restreint.
Diarrhée. — L'opium sous ses diverses formes a cessé d'être à la mode, et les médecins de Hambourg sont particulièrement sévères pour lui. Il semble cependant que, s'il est inutile — comme tant d'autres médicaments — à la période aigide, il puisse rendre aujourd'hui, lorsqu'il ne s'agit encore que de diarrhée, les services que chacun en attendait autrefois.
Les antiseptiques intestinaux, sur lesquels la théorie permettail de faire si grand fond, ont échoué en 1892, et le plus en vogue d'entre eux, le salol, a été condamné comme au moins inutile dans les cas sérieux par Eisenlorh, Rumpf, Rieder, Korach (de Hambourg), Gullmann (de Berlin), etc.
Trois médicaments se partagent aujourd'hui la faveur pour combattre les troubles intestinaux : Vacide lactique, le calomél, Venléroclyse.
L'acide lactique se prend en limonade ainsi formulée par M. Hayem :
Eau
T 1000 grammes.
Acide laclique 15
Sucre q g
Le malade ingère — quelquefois avec difficulté — 1 litre et demi à 2 litres de cette préparation.
L'acide lactique a été peu employé en Allemagne en 189-7 En France les avis ont été assez partagés : Siredey, Delpeuch l'ont trouvé d une efficacité douteuse. Lesage et Galliard disent s'en être bien trouvés. Le meilleur jugement sur son action me semble avoir été porté par un de ses partisans, M. Hayem, dans les lignes suivantes :
« L'acide lactique a rendu des services considérables, surtout au début et dans les formes non foudroyantes; la limonade laclique a ete d une efficacité incontestable dans les formes non algides et accompagnées seulement d'une faible dépression thermique. Lorsque 1 aiguille a été, au contraire, très prononcée, l'acide lactique s'est montré à peu près inutile. » C'est dire, en d'autres termes, que l'acide laclique réussit là où il n'y a presque aucun danger!
L'administration du calomel dans le choléra a été introduite par les médecins anglais et américains, qui le considéraient comme un modiùcateur énergique des sécrétions intestinales et un bon cholagogue Hepnscn 1866 en Allemagne par Lcydcn, etc., il a trouvé grande laveur en 1892 à Hambourg, où, sauf Rieder, tout le monde a vanté ^sellets. Le mode d'administration a varié, mais les doses élevées (de