L.-II. THOINOT. — CHOLÉRA ASIATIQUE
5 à 20 centigrammes loutesles deux heures) ont été le plus généralement employées.
Venléroclyse dans lecholéra a étéimaginée.par Cantam qui.àl aide d'une sonde, essayait de faire pénétrer aussi haut que possible 2 lilrcs de liquide tiède dans le gros intestin. On ajoute aujourd'hui g< néralcment au liquide 10 p. 100 de tannin. Ce procédé a joui d'une grande faveur à Hambourg ; en France, Lesage et Bourcy disent en avoir obtenu de bons effets. Bourcy injectait de l'eau récemment bouillie à dose de 2 à 6 litres. « L'effet immédiat de ces lavages était, dit-ii un soulagement très marqué, si bien que les malades le réclamaient avec insistance. 11 m'a semblé que les cas de moyenne intensité étaient fort améliorés par ce procédé. » Tipiakoff surtout, à Saralow, s'est montré fort enthousiaste de la méthode de Canfani.
B Thérapeutique de l'algidité. - Il faut d'abord mettre en ligne de compte les moyens anciens tels que frictions énergiques, enveloppement chaud, boules chaudes, qui ne sont pas à dédaigner; puis les injections de caféine et d'éther, d'un usage général.
Les trois grands moyens aujourd'hui préférés sont le bain chaud, la transfusion veineuse, clVIujpodermochjse.
Bains chauds. - Chez les cholériques algicles, dit Hayem, es bains chauds (39°, 40% 41°), durant vingt minutes, et répétés toutes les deux ou trois heures, provoquent une élévation de 1 à 2 degrés, et en même temps le relèvement du pouls, la disparition des crampes, le retour des urines. Lesage, Siredey, en 1892, les ont employés avec avanta-e. Delpeuch les a trouvés moins efficaces contre 1 algidile et la cyanose, et il semble aussi qu'à Hambourg ils aient mieux réussi dans les cas moyens que dans les cas extrêmes.
Transfusion veineuse. - C'est le remède héroïque, ce qui ne veut pas dire spécifique, il s'en faut, de l'algidité.
P On en rapporte l'invention à Latta (1832) ; elle n'a cessé depuis lors d'être en usage dans toutes les épidémies cholériques à 1 étranger, comme en France : en 1866 Lorain obtenait avec elle un beau succès Mais c'est du choléra de 1884 que date, avec Hayem a généralisation de cette méthode qui a été largement employée en 1892.
U ^ solution de Hayem est une solution à 5 p 1000 de chlorure de sodium, à laquelle on ajoute 10 grammes de sulfate de
En Allemagne on emploie une solution de chlorure de sodium à 0 , mo ! avec addition parfois d'une petite quantité d'alcool absolu.
Le liquide doit être stérilisé à l'autoclave et gardé pur jusqu a 1 injection! la quantité à injecter enfin est de 1500 à 2000 grammes, qui
T:pptnt;ortTeu- on peut, utiliser la pompe de Galante, ranpareïd Su; on se sert en Allemagne de l'appareil de Ren- T. Mais, quel qu'il soit, l'appareil doit être sténUsé entièrement elVaiguille absolument aseptique.
TRAITEMENT
On peut choisir les veines du membre inférieur ou du membre supérieur; la saphène est particulièrement commode.
L'effet de l'injection intraveineuse sur le cholérique algide est vraiment merveilleux. Les lignes suivantes de Hayem sont classiques :
« Lorsque les malades sont dans le collapsus complet, sans pouls, sans voix, les paupières à demi fermées sur des yeux atones et commençant à se dessécher, on croirait assister à une véritable résurrection. Après la pénétration dans la veine d'une certaine quantité de liquide, l'œil s'ouvre, s'humecte de larmes, et reprend l'expression de la vie. Le malade regarde encore d'un œil indifférent ce qui se passe autour de lui, il semble sortir d'un rêve, il entend et la connaissance lui revient. Bientôt, la coloration cyanique du visages'efface, le pouls redevient sensible, le malade retrouve une voix forte et bien timbrée pour déclarer qu'il se sent mieux et pour demander à boire. En quelques minutes, on a transformé un être insensible et cadavérisé en un individu encore plein de forces. » C'est une galvanisation du cadavre, mais trop souvent le réveil ne dure que quelques heures.
A quel moment faut-il faire la transfusion et combien peut-on en pratiquer ?
Hayem n'avait appliqué la transfusion, en 1884, dès le principe qu'aux cas désespérés, et cette pratique est encore celle de nombreux médecins. Mais, à la fin de l'épidémie, il en était arrivé à penser qu'il ne saurait jamais y avoir d'inconvénients à agir trop tôt. « La transfusion doit être considérée comme une méthode régulière et non exceptionnelle de traitement. » C'est le principe qu'a suivi Lesage, en 1802, et il a apporté comme preuve de son excellence une statistique avec 40 p. 100 de guérison globale. En réalité, si on ne prend dans sa statistique que les 131 cas à forme algide grave (1), on n'obtient plus que 30 p. 100 de guérison, statistique d'ailleurs encore fort remarquable. La pratique de M. Lesage a comporté encore des transfusions en série jusqu'à 8, 10, 12, pratique qui n'est pas admise par la plupart des adeptes delà méthode. A Hambourg le chiffre de six transfusions, chez un même malade, ne fut guère dépassé.
llupodermochjse ou transfusion hypodermique. — Celle méthode est due à Samuel (de Kœnigsberg) et J. Michael (de Hambourg). Canfani l'appliqua largement à Naples, en 1884, et en 1892 elle a été fort en vogue à Hambourg.
Elle consiste à injecter sous la peau de 300 à 500 grammes et plus môme de sérum artificiel. Mathieu et Siredey l'ont expérimentée à Paris, et elle leur a semblé, comme aux médecins de Hambourg, une
(1) Celte stalislique comprend, en outre, 49 cas à forme algide moyenne, dont 21 seulement transfusés : tous ont guéri, c'est-à-dire les non-trans fuses comme les transfusés, ce <[ui est de nature à ôter quelque peu de la valeur attribuée à la transfusion dans la statistique globale.