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GÉOGRAPHIE MÉDICALE

Des cas de Irypanosomiase ont été observés dans des endroits marécageux où les palétuviers abondaient, mais d'autres cas se rapportent à des localités non marécageuses.

En territoire français, à Maka, à 30 milles environ des rives de la Gambie, Dutton et Todd ont examiné 100 indigènes; cbez aucun l'existence des Irypanosomes n'a été constatée.

On nesoupçonnait pas la relation existant entre Trypan. gumbiense et la maladie du sommeil, lorsque Caslellani annonça qu'il avait trouvé des trypanosomes dans le liquide cérébro-spinal de nègres de l'Ouganda atteints de cette maladie. Castellani crut d'abord que le trypanosome découvert par lui différait de Trypan. gambiense et il lui donna le nom de Trypan. ugandense (1). Cette importante découverte fut confirmée par D. Bruce qui trouva les trypanosomes 38 fois sur 38 dans le liquide cérébro-spinal des indigènes de l'Ouganda atteints delà maladie du sommeil et 12 fois sur 13 dans le sang (2).

Brumpt a trouvé 12 fois sur 15 les trypanosomes chez des nègres du Congo atteints de la maladie du sommeil (3).

Dutton, Todd, Christy et Broden ont fait aussi, dans l'État indépendant du Congo, des recherches confirmatives de celles de Castellani et de Bruce (4).

L'étude comparative de Trypan. gambiense et de Trypan. ugandense a montré qu'il n'existait pas de différence morphologique entre ces trypanosomes, que l'action pathogène sur les animaux était la même, enfin que les animaux ayant acquis l'immunité pour l'un des trypanosomes la possédaient également pour l'autre (5). Une conclusion s'impose donc, c'est que les trypanosomes de Dutton et de Castellani appartiennent à la même espèce qui, d'après la règle de priorité appliquée en nomenclature, doit prendre le nom de Trypangambiense Dutton.

Le nom de maladie du sommeil, qui s'applique bien aux accidents ultimes provoqués par Trypan. gambiense, ne convient pas pour désigner les premiers stades de l'infection

GÉOGRAPHIE MÉDICALE. — La trypanosomiase humaine n'est endémique que dans l'Afrique équatoriale ; elle a été observée aux

(1) Castellani, Brit. mecl. Journal, 23 mai et 20 juin 1903; Journ. of trop, med., 1" juin 1903, et Reports of theSleep. Sickn. Commission, août 1903.

(2) Royal Society, Reports of llie Sleep. Sickn. Commission. — D. Bruce et Nadarro, Progress Report on Sleep. Sickn. in Uganda, août 1903. — D. Bruce, Nadarro et Greig, Même recueil, Further Report on Sleep. Sickn. in Uganda, novembre 1903 et Brit. med. Jour n., 21 novembre 1903.

(3) Brumpt, Congres d'hygiène de Bruxelles, 1903.

(4) .T. E. Dutton, J. L. Todd et C. Christy, Brit. med. Journ., 23 janvier 1903, et Lwerpool School of trop, med., mera, XIII, Liverpool, 1901. — Broden, Bull, de la Soc. d'éludés coloniales. Bruxelles, 1901.

(5) Dutton, Todd et Christy, Travaux déjà cités. — II. W. Thomas et S. P. LtNTON Lance*, 14 mai 1904. - P. Manson, Brit. med. Journal, 30 mai et 5 décembre 1903. — Nadarro, Lancet, 23 janvier 1904. — A. Lavehan, Arad. des sciences, 5 avril 1904.

Traité de médecine. V. 8

114 A. LAVERAN. — TRYPANOSOMIASE HUMAINE.

Antilles, mais seulement sur des nègres provenant de la côte Ouest de l'Afrique et jamais elle ne s'y est propagée.

Toute la côte occidentale d'Afrique, depuis le Sénégal jusqu'à Saint-Paul de Loanda, est infectée.

En Sénégambie la maladie du sommeil est commune, spécialement en Casamance, dans le Sine et le Saloum (1).

On a vu plus haut queDutton et Todd avaient observé en Gambie les premiers cas de trypanosomiase humaine chez des Européens ou chez des indigènes.

Parmi les régions les plus contaminées nous citerons : la Haute Guinée, l'hinterland de Sierra-Leone, du Liberia et de la Côte d'Ivoire, le Lobi, le Yalenga. les îles du Prince, Saint-Thomas et Fernando-Po.

Au Congo portugais, la maladie du sommeil règne surtout dans la région de Quissama et sur les rives de la Cuanza (-2); elle est endémique dans le Congo français et elle a pris, depuis quelques années une grande extension dans l'État indépendant du Congo. On rencontre des cas sporadiques à l'Ouellé, à Basoko, à Bangala, à Léopoldville, à Borna: la maladie règne endémiquement dans la ré-ion des Cataractes, à Banza Mantéka notamment. A Berghe Sainte-Marie, au confluent de la rivière Kassaï et du Congo, dans la colonie scolaire, les cas de léthargie se sont multipliés beaucoup. La mortalité, qui était en 1896 de 13 p. 100 et en 1897 de 19 p 100, s est élevée, dans les années suivantes, à 39, à 22 p. 100 et, dans le premier trimestre de 1900, à 73 p. 100! la plupart des enfants mouraient de léthar-ie Au moment où le Dr van Campenhout a visité cette colonie, il y avait 82 malades atteints de léthargie venant à la visite, et beaucoup

, n'v venaient pas (3). .

Toute la population de la rive gauche du Congo, depuis 1 embouchure du Kassaï jusqu'à Bolobo en amont, est en proie à ce fléau qui a décimé les villages Botanguis.

L'existence de la maladie du sommeil dans 1 Ouganda a été sio-nalée pour la première fois par Cook en 1901 ; depuis cette époque la zone d'infection s'est beaucoup élargie et il n'est pas douteux que dans cette région comme dans l'État indépendant du Congo, la marche de la maladie soit envahissante. Le centre de l'endémie est sur les rives nord du lac Victoria, dans l'Usoga et le Chagwe, autour ÏEntebbe et dans les îles voisines; certains ^ rives du lac ont perdu les deux tiers de leurs hab tante. H es à craindre que le chemin de fer qui va de la côte Est d'Afrique au lac

Lisbonne, 1001. , ,,..„,, ,- ,/„ laboratoire médical

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