‹ Nouveau traité de médecine et de thérapeitique.../ [electronic resource]Chapitre 62 sur 121 · L. VAILLARD · texte numérisé non relu

L. VAILLARD

Médecin inspecteur de l'armée, Membre de l'Académie de médecine.

La dysenterie est une des maladies les plus anciennes, les plus fréquentes et parfois les plus meurtrières de l'espèce humaine; elle atteint toutes les races et tous les âges. Commune dans les pays tempérés où elle se manifeste par des épidémies remarquablement saisonnières, invariablement attachée aux armées, en campagne au point de devenir le constant fléau de toutes les guerres continentales, elle acquiert plus d'importance encore dans les contrées chaudes du globe, et, avec la malaria, constitue la maladie dominante de ces régions.

Sa gravité varie suivant les temps et les lieux. La mortalité de certaines épidémies de l'Amérique du Nord s'est approchée de 100 p. 100 (Hirsch). Dans l'Inde elle oscille chez les Européens de 3 à 22 p. 100, et, chez les indigènes, atteint une moyenne de 37 p. 100 (Manson). En Egypte, Griesinger l'estimait naguère de 3(3 à 40 p. 100. Au Japon elle est approximativement de 22 p. 100 d'après Shiga. En Weslphalie elle serait environ de 10 p. 100 (Kruse). En France sa mortalité est habituellement faible; mais quelques épidémies de Bretagne et autres lieux se sont marquées par une gravité excessive qui appartient aussi aux épidémies développées au cours des guerres.

La dysenterie est donc souvent bien plus redoutable que la fièvre typhoïde et, par le rôle qu'elle assume dans la mortalité générale de tous les peuples, doit être placée au rang des maladies les plus importantes.

PLURALITÉ DES FORMES DE LA DYSENTERIE. — Suivant une opinion généralement admise autrefois, la dysenterie n'était pas univoquedans toute l'étendue de son aire géographique et comprenait des espèces morbides distinctes; aussi séparait-on la dysenterie tropicale de celle des pays tempérés. Après les études do, L. Colin et les recherches anatomiques de Kelsch et Kiener, il apparut au contraire que la maladie se traduisait en tout lieu par des lésions, des symptômes, des conditions éfiologiques semblables, cl, en France

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