L. VAILLAIU). — DYSENTERIE
se refroidissent el se couyrenl d'une sueur visqueuse, La voix s'éteint. Les selles, presque indolores, sont fréquemment involontaires.
L'intelligence est conservée, el , à part serlain degré d'indifférence
dû à la torpeur générale, le malade assisle avec toute la lucidité de son esprit au progrès d'une mort prochaine. Le ventre* est inerte, insensible au Loucher; cependant, à l'aulopsie on pourra trouver des perforations de l'intestin, un épanehemcnl slercoral, et même une péritonite purulente. Mais il n'en esL pas toujours ainsi el parfois la maladie se termine au milieu des symptômes plus ou moins accusés d'une péritonite par perforation ou propagée au voisinage d'une plaque de gangrène. En dehors de ceLle circonstance, le malade s'éLeint sans agonie, lentement, pièce à pièce, quelquefois brusquement par syncope.
A un degré plus prononcé de collapsus et d'algidilé, l'état du malade devient comparable à celui d'un cholérique; les urines se suppriment, des crampes se produisent dans les mollets : c'estla forme choléroïde des ailleurs, dont l'évoluLion est généralement très rapide.
La forme gangreneuse présente toujours une gravité exlrême; la mort en est très fréquemment, sinon le plus ordinairement, la conséquence. Mais elle peut aussi se terminer par la guérison. Dulroulau a cité le fait d'un aspirant de marine qui se rélablil après avoir éliminé, le treizième et le quinzième jour de la maladie, des lambeaux représentant environ 35 centimètres de la muqueuse du gros intestin ; six ans après le sujet était encore en parfaite santé. L. Laveran rapporte un exemple analogue et on en trouve de semblables dans les écrits des médecins de l'Algérie et des colonies. Bérenger-Féraud dit avoir observé une douzaine de faits du même genre.
Forme typhoïde. — Tandis que la forme précédente se caractérise par l'état de collapsus, d'algidifé, celle-ci se marque par l'accession de symptômes que l'on désigne généralement sous le nom de typhoïdes, savoir : la fièvre élevée, la sécheresse el les fuliginosilés de la langue, le météorisme abdominal, la stupeur, le délire, l'alaxoadynamie, d'où lesnomsde dysenterie putride, ataxique, adynamique, typhoïde qu'elle a reçus. Celte forme s'observe fréquemment dans les armées en campagne et les hôpitaux encombrés. De ce fait on l'avait considérée comme une entité spéciale (dysenterie infectieuse, dysenterie des camps, des prisons, des hôpitaux), relevant de causes inhérentes à l'insalubrité de ces milieux ou bien. de son association avec le typhus, la fièvre typhoïde. Mais rien n'établit que celte forme clinique de la dysenterie soit, à l'origine, d'une essence particulière et on la voit survenir en dehors de toute association avec l'une ou l'autre des affections précédentes. Les symptômes dits iyphiques s'observent dans le cours d'états morbides 1res divers cl c'est à des infections secondaires que Kelsch cl Kiener atlri.buenl ceux qui se produisent au cours de la dysenterie.