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ACCIDENTS OU COMPLICATIONS

Forme hémorragique. - Dans celle forme Kelsch cl Kiener rangent les laits marqués par des hémorragies graves ayant à la lois pour siège l'intestin, les autres muqueuses, le tissu cellulaire et ta peau. Ces hémorragies sont ordinairement accompagnées des symptômes typhoïdes déjà mentionnés ; elles peuvent survenir à toutes-les périodes de la maladie. Cette forme grave, presque toujours mortelle, s'observe parfois dans la dysenterie des pays tempérés. Elle relève sans doute d'une septicémie surajoutée dont on trouve l'analogue dans d'autres maladies que la dysenterie.

Dysenterie prolongée ou chronique. — Dans les dysenteries graves ou sévères la guérison qui survient peut n'être qu'apparente, une simple trêve. Les troubles intestinaux s'apaisent et la santé tend à revenir à l'état normal, mais les selles restent irrégulières, les digestions difficiles; le ventre garde une sensibilité vague et parfois, sans cause appréciable, reparaît une diarrhée légère que le malade néglige volontiers. Alors des influences diverses, un écart de régime, un refroidissement, une simple fatigue provoquent le retour de selles muqueuses ou muco-sanglanles, c'est-à-dire une véritable rechute qui évolue avec les symptômes de la maladie initiale. Des allernatives d'accalmies et de poussées nouvelles peuvent ainsi se produire pendant plusieurs mois, entraînant à leur suite un amaigrissement el un affaiblissement proportionnés au nombre et à la durée des rechutes. Ou bien à la phase aiguë font immédiatement suite des troubles intestinaux continus, presque sans ténesme, mais accompagnés de coliques, de sensibilité du ventre à la pression el caractérisés par l'émission quotidienne de selles diarrhéiques dont l'aspect peut varier (muqueuses, aqueuses, bilieuses, séreuses, parfois sanguinolentes, quelquefois brunes ou noires el très fétides). Les digeslions sont pénibles, habituellement suivies d'une poussée de coliques el de diarrhée. Cet élat peut conduire au dépérissement graduel, à une véritable cachexie qui s'observe moins souvent dans la dysenterie épidémique de nos pays tempérés que dans celle des pays chauds; c'est là d'ailleurs que ces formes prolongées ou chroniques se montrent avec le plus de fréquence (1). La guérison peut survenir après plusieurs mois, mais la mort est assez souvent la conséquence soit d'une rechute grave, soit de la cachexie progressive.

ACCIDENTS OU COMPLICATIONS. — Arlhropathies. — Les arthropalhics, conséquences de la toxhémie générale, ne sont pas rares pendant l'évolulion de la dysenterie aiguë [Dewevre (2), Kelsch et Kiener (3), etc.]. Elles se produisent parfois durant la phase aiguë,

(1) Sthong et Musgravb mentionnent que sur 706 cas de dysenterie aiguë bacillaire reçus en dix mois à l'hôpital de Manille pendant la guerre hispano-américaine, 336, près de la moitié, ont abouti à la forme prolongée ou chronique.

(2) Dewevae, Arch. gén. de méd., 1886.

3 K.ELSCH et Kiener, Maladies des pays chauds.

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