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L. VAILLARD. — DYSENTERIE

le plus souvent au moment de la guérisôn ou au début de la convalescence. Tantôt il s'agitde manifestations polyarticulaires de courte durée ; tantôt l'atteinte se localise sur une ou deux grandes jointures, les genoux principalement, et alors sa ténacité est plus marquée. L'arthropatliie se caractérise par un état douloureux avec gonflement plus ou moins marqué des tissus périarticulaires. Il est raie que du liquide s'accumule dans la synoviale, sauf dans le genou. On peut également observer l'inflammation des gaines tendineuses.

Thromboses. ■ — Les thromboses veineuses ont été signalées par A. Laveran (1), soit dans la convalescence de la dysenterie aiguë, soit pendant l'évolution de la dysenterie chronique : dans trois cas il s'agissait d'une phlébite de la fémorale; dans le quatrième la thrombose intéressait les sinus veineux du crâne. Depuis lors les mêmes faits ont été plusieurs fois observés.

Cambay a rapporté un exemple de thrombose de l'artère iliaque gauche avec gangrène du membre correspondant; l'artère oblitérée était adhérente à l'S iliaque perforé.

Péritonite. — Perforation intestinale. — La péritonite n'est point exceptionnelle au cours de la dysenterie aiguë. Elle résulte soif d'une inflammation propagée des tuniques intestinales au voisinage d'ulcères ou d'escarres profonds, soif d'une perforation.

Dans le premier cas, qui est aussi le plus commun, la péritonite reste ordinairement localisée au pourtour de son foyer d'origine ; elle est latente ou ne s'accuse que par des signes peu accentués, mais n'en laisse pas moins des traces (brides, adhérences vicieuses) qui peuvent avoir par la suite des inconvénients marqués. Quelquefois cependant, dans la dysenterie gangreneuse, la phlegmasie se généralise à toute la séreuse et devient suppurative.

Les pôritoniLes graves, suraiguës, se lient aux perforations intestinales. Si la perforation est très rare dans la dysenterie des climats tempérés, elle l'est beaucoup moins dans celle des régions tropicales et surtout dans la dysenterie amibienne : sur 580 autopsies analysées par Bérenger-Féraud (2), 85, soit 1 sur 7, en mentionnent l'existence. Leur siège est variable. D'après les relevés de Bérenger-Féraud, les perforations se produisent surfout au niveau du rectum, en second lieu au niveau de l'S iliaque, puis dans le segment descendant du côlon; les autres parties sont plus rarement atteintes. Les péri loni tes qui en résultent sont parfois atténuées dansleur expression symptomafique par celle sorte d'insensibilité que présentent les malades atteints des formes graves de la dysenterie gangreneuse.

Paralysies. - Comme beaucoup d'autres maladies infectieuses, la dysenterie peut être suivie de troubles nerveux portant sur la sensibilité et le mouvement. Zimmermann, Trousseau, Guider. Dell) A. Lavkman, Arch. de méd. milit., L885.

f2J BànBi»GBB-FénA.on, Truite de la dysenterie,

ÉTlOLOGtli

liouxde Savignac, Barrallier, Leyden, Bérenger-Féraud, A. Laveran ont rapporté des exemples de paralysies secondaires, mais il semble que ces accidents soient peu communs. Parmi les faits cités, les uns sont dus à des lésions de la moelle (foyers de ramollissement) ; les autres, en raison de la limitation des troubles sensitifs et moteurs à la zone d'innervation d'un tronc ou d'un Qlet nerveux, paraissent sous la dépendance de névrites périphériques. La palhogénie de ces accidents s'explique aisément par l'action de la toxine dysentérique sur le système nerveux. Dans la dysenterie expérimentale des animaux, la paralysie du train postérieur et quelquefois des quatre membres est un l'ait presque constant.

Suppuration hépatique. — La dysenterie épidémique des pays tempérés, môme la plus grave, ne détermine point l'abcès du l'oie. On ne le signale jamais dans les épidémies d'Europe. En France, dans les régions où la dysenterie est commune (Bretagne) et dans les épidémies annuelles de l'armée, il n'est jamais fait mention d'hépatite suppurée, laquelle est au contraire fréquente au cours ou à la suile de la dysenterie tropicale. La doctrine unitaire était impuissante à donner la raison d'une telle singularité. Aujourd'hui tout s'explique : l'abcès du foie est d'origine amibienne el ri 'appartient qu'à la dysenterie amibienne. Cependant la dysenterie bacillaire peut quelquefois donner lieu à des suppurations dans le foie, la rate et les reins ; elles sont de nature pyémique et diffèrent totalement de l'abcès endémique. Dans un fait observé par Chanlemesse, l'adhérence du côlon au foie avait permis l'ouverture d'un ulcère dans cet organe et provoqué ainsi de multiples foyers de suppuration à bacilles dysentériques.

DYSENTERIE AMIBIENNE.

La dysenterie amibienne se dislingue nettement de la précédente au triple point de vue éliologique, anafomique et clinique. La connaissance de sa cause parasitaire repose sur un ensemble de preuves dont il convient de rappeler le développement successif.

ÉTIOLOGIE. — La présence d'amibes (1) dans des selles dysenléri-

(1) Les amibes sontdcs corps protoplastniques formés par une enveloppe hyaline, réfringente (ectosarque), et une masse; de proloplasina légèrement granuleux (endosarque) pourvu d'un noyau souvent difficile à voir et se distinguant mal des inclusions ; ce noyau, que l'acide acétique fait apparaître, eslo rdinairement excentrique. L'endoplasme ne présente pas de vacuoles contractiles ; on y peut trouver des corps ligures variés, bactéries, globules rouges, flagellâtes vivants (pic l'amibe u absorbés. Leur diamètre varie, suivant les espèces, de t> à 30 |j. et plus encore. A l'état de repos, les amibes ollrent l'apparence d'une sphère; mais, et le fait est caractéristique, elles sont douées de mouvements. Dans les milieux visqueux le mouvement ne se traduit guère que par des prolongements du prolo-

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