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L. VA IL LARD. — DYSENTERIE

qnes a été signalée pour la première l'ois par Lôsch (de Saint-Pélersbourg)(1875) ; en injectant ces malières dans le rectum du chien il réussit à provoquer des ulcérations du gros intestin. Plus tard Kocli rencontrait les mômes formes parasitaires dans les ulcérations de la dysenterie d'Egypte, de l'Inde et dans la paroi d'un abcèsdu foie. Mais c'est surtout Kartulis (1) qui, au cours de ses études sur la dysenterie d'Égypte, soutint le rôle prépondérant des amibes [Riesen amibes; amibes géantes) dont il affirmait la constance dans plus de 500 cas observés. Ses constatations furent successivement confirmées par lllava, Osier, Lalleur et Simon, Musser et Stengel, Luzl, Perroglio, Cahen, Kawacs, Pfeiffer, Echsemberg, Ouincke et Roos, etc. Dans 14 cas de dysenterie chronique sur 15, dont 8 suivis d'autopsie, Councilmann et Lalleur (-2) trouvent les amibes non seulement dans les selles et les ulcérations de l'intestin, mais aussi dans les tissus relativement sains qui avoisinenf l'ulcère et le contenu des abcès du foie. Ces auteurs ont soin de mentionner que plusieurs espèces d'amibes doivent habiter l'intestin, mais qu'une seule est sans doute capable de produire la dysenterie ; ils proposent de lui donner le nom d'Amœba chjscnlcriœ. Kruse et Pasquale (3) étudient les mêmes amibes dans un important travail sur la dysenterie d'Égypte; connue Kartulis, Councilmann et Lalleur, ils concluent à la spécificité pathogène de ces protozoaires, non sans admettre toutefois l'influence adjuvante des bactéries.

Mais à ces vues s'opposaient alors les objections suivantes :

1° L'absence Lrès commune, sinon constante, des amibes dans 1rs selles dysentériques (Maggiora, Ogata, Laveran, Calmeltc, Casser, Bertrand et Baucher, Chaltin) ;

2° Leur constatation dans les affections les plus diverses, comme le choléra, la fièvre typhoïde, la pellagre, la diarrhée banale, etc. (Lévis, Cunningham, Grassi, Massiutin, Calmctlc) ;

3° Leur existence presque habituelle dans l'intestin des sujets sains (Cunningham, Grassi et Calandruccio, Schuberg).

Aussi Schuberg (4) concluait-il que l'abondance des amibes dans la dysenterie doit être tenue pour l'effet et non la cause de la maladie, les lésions ulcératives offrant à ce commensal des comblions propices à sa multiplication.

Ces objections ont bientôt perdu foute leur valeur.

De l'absence fréquente des amibes dans les selles dysentériques il n'y a rien à conclure d'une manière générale, puisque toutes les

plasma Dans les milieux liquides, lois que la solution salée, l'amibe présente des déplacements appréciables. Les changements de forme servent non seulement au* déplacements, mais aussi à la recherche et a l'englobement des aliments.

(1) Kartulis, Virchow's Archiv, 105-108.

(2) CoiwcifcMANN cl LAVLBtm, Joints HopUins Hosp. Reports, 1891.

(3) Knusrî cl Pasquai.g, Zeilschr. fiir Ht/g., t. XVI, 1891.

(4) ScnuHEiio, Cëntrnlbl. fiir BaltL, 1893.

ÉTIOLOGIE.

dysenteries ne sonL pas de même nature et que la forme la plus commune est précisément d'origine bacillaire. 11 a été établi d'autre pari que, moine dans les cas favorables, les amibes peuvent manquer dans les selles durant la vie, tandis que, à l'autopsie, elles se montrent abondantes au niveau des ulcères et des parties voisines. On ne saurait davantage tirer argument de leur constatation chez les sujets sains ou atteints d'affections diverses. Plusieurs espèces d'amibes habitent en effet l'intestin, mais celles que l'on y trouve à l'état normal dUVèrenl manifestement de YAmœba dysenteriœ : cette dernière est volumineuse, mesure en moyenne de 25 à 30 p., ingère des débris cellulaires et des hématies; les autres sont de moindres dimensions (de 8 à 10 ou 20 p.) et ne contiennent jamais d'hématies.

D'ailleurs les faits expérimentaux établissent une différence décisive entre les deux espèces d'amibes : les unes sont indifférentes, les autres sont spécifiquement pathogènes.

a. L'inoculation dans le rectum du chat des selles à amibes dysentériques provoque une maladie mortelle avec lésions ulcératives du gros intestin (Karlulis, Kowacs, Ouincke et Roos, Kruse et Pasquale, Marris, Marchoux, SLrong, Jurgens). Les selles des chats ainsi infectés contiennent YAmœba dysenleriœ et sont inoculables en série [Marchoux (1), Jurgens (2)]. Cette maladie inoculée est contagieuse : deux chats sains placés dans la même cage que des chats infectés ont pris après douze et quinze jours de vie en commun une dysenterie mortelle (Jurgens) (3). — Les lésions de celle dysenterie expérimentale sont identiques à celles de la dysenterie amibienne de l'homme.

b. Les selles inoculables perdent leur virulence par le simple refroidissement (Jurgens), par le chauffage pendant trente-cinq minutes à 45° (Marchoux), circonstances qui tuent les amibes sans nuire aux bactéries, ou bien encore lorsqu'elles cessent de contenir des amibes mobiles, c'est-à-dire vivantes (Jurgens).

c. L'inoculation au chat des amibes contenues dans les selles non dysentériques (Amœba coli) s'est toujours montrée négative (Kruse et Pasquale, Roos, Strong); il en a été de môme pour les amibes provenant du foin (Strong).

<l. Les selles muco-sanglanlcs de la dysenterie bacillaire ne contiennent pas d'amibes spécifiques; injectées dans le rectum du chat, elles ne sont jamais pathogènes (Strong, Jurgens, elc).

e. Aux résultats positifs obtenus avec les selles à amibes, il a

(1) Marchoux a pu transmettre ainsi la dysenterie au chat jusqu'au vingtième passage (Société de biologie, ls'j'J).

(2) Juhgens, VerofTenllichungen aus dem Gebiel des Militai", Saniltils wesens, Heft.20, Berlin, 1902.

(3) Loc. cit. Deux chats, dont l'un allaite six petits, sont placés dans une même cage avec les animaux allaités. I, es jeunes chats sont inoculés par la voie rectale et deviennent malades , les deux animaux adultes, mm inoculés, contractent ultérieurement lu dysenterie avec amibes dans les selles et succombent.

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