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ÉVOLUTION ET SYMPTOMES

ou la mort en un temps assez court ; c'est le mode le moins commun. Habituellement son début est lent, graduel, insidieux, et, lorsque les symptômes aigus éclatent, les lésions intestinales sont déjà étendues e| graves Tel sujet qui succombe à une dysenterie datant en apparence de quelques jours seulement présentera, à côté d'ulcérations récentes, des lésions déjà vieilles, presque réparées, dont l'origine remonte sans doute à un mois ou deux; et les symptômes de cette phase ignorée se sont réduits à un simple dérangement intestinal. La guérison qui survient n'est souvent qu'une trêve suivie de rechutes plus ou moins nombreuses; certains malades en peuvent compter jusqu'à 12 ou 15 au cours de l'année. Si la guérison définitive ne survient pas, l'état chronique se constitue définitivement. Celui-ci peut même s'établir pour ainsi dire d'emblée. La maladie débute alors par une diarrhée simple, indolore, à peine incommodante. Apres plusieurs semaines et des alternatives d'amélioration et de recrudescence, apparaissent les symptômes de la dysenterie: selles muqueuses et sanglantes, coliques et ténesme. Celte phase aiguë, souvent peu marquée, dure quelques jours à peine ; puis elle cèdela place à la diarrhée primitive, reparaît à nouveau pour disparaître encore, et ainsi de suite jusqu'au moment de la mort. Il semble même que la maladie puisse évoluer tout entière avec les seuls caractères de la diarrhée et ne révéler qu'à l'autopsie sa véritable nature.

La maladie établie, son évolution se marque par des phases alternatives pendant lesquelles les selles prennent les caractères de l'état aigu, puis deviennent diarrhéiques, tantôt tout à fait liquides, tantôt semblables à une purée jaunâtre, et lienlériques. Leur fréquence varie sans être jamais grande; le froid, l'ingestion de liquides ou d'aliments les sollicitent. Le malade éprouve des coliques vagues que la pression du côlon réveille; souvent il existe du ténesme à l'occasion des recrudescences. Ce qui frappe surtout, c'est la disparition graduelle des forces, le dépérissement progressif. L'appétit peut être conservé, il est même exagéré, mais les digestions sont pénibles, douloureuses, habituellement suivies d'une poussée de coliques et de diarrhée. Les vomissements sont fréquents.

La persistance de ces accidents amène bientôt ce que l'on a appelé la cachexie dysentérique. La peau est sèche, rugueuse, |ichlyosique, quelquefois d'une teinte terreuse et bronzée que Desgenetles a comparée à la patine du vieux bronze. La langue dépouillée de son épithélium est lisse, rouge et luisante. La maigreur se prononce de plus en plus; le malade devient comme un squelette vivant. La peau, parcheminée, paraît, collée sur les os; le ventre est creusé en carène el pour ainsi dire appliqué sur la colonne vertébrale. La perspiration cutanée est le plus souvent abolie; l'urine est rare el son émission parfois douloureuse. A moins de complications, la maladie se poursuit dans l'apyrexie. La température du corps tend même à s'abaisser au-

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