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DIAGNOSTIC DES DYSENTERIES

sans appareil chaufl'ant. Pour éviter île confondre les amibes avec des cellules d'origine humaine, l'observation ne tiendra compte que des corps proloplasniiqucs mobiles et présentant par ailleurs les caractères attribués à VAmseba dysenlerise, Un seul examen n'est pas lou jours suffisant; quelquefois même des examens répétés restent négatifs et les amibes ne se trouvent qu'à l'autopsie. — Le sérum des malades n'agglutine pas le bacille dysentérique. Cependant, dans trois cas observés à Manille, Strong et Musgrave ont constaté une réaction positive; ils supposent, et l'hypothèse est au moins vraisemblable, que cette circonstance doit traduire une infection concomitante par l'amibe et le bacille dysentérique. On admettra sans peine que, dans les lieux et les temps où les deux formes de la maladie régnent simultanément, il puisse se produire une double infection chez le même sujet.

Le diagnostic est parfois difficile dans les formes chroniques ; mais, par l'histoire antérieure de la maladie, son évolution, l'examen microscopique des selles et l'emploi de la séro-réacfion, on évitera la confusion avec des lésions organiques de toute autre nature. La dysenLerie chronique présente certains traits communs avec l'affection décrite en pathologie exotique sous le nom de diarrhée endémique des pays chauds; les modes de début, la présence ou l'absence du ténesme, de mucosités et de sang dans les selles permettront le plus souvent d'établir un diagnostic exact.

Des rapports de la dysenterie chronique avec la diarrhée endémique des pays chauds. — La dysenterie chronique présente parfois de telles analogies avec la maladie décrite par les médecins français sous les noms de diarrhée chronique des pays chauds, diarrhée de Cochinchine, de sprue par les médecins anglais, de spruw à Java, que Ja question s'est posée de savoir si les deux affections représentaient des entités distinctes ou des variantes de la même espèce morbide.

En divers points des zones tropicale et sus-tropicale, on observe une forme particulière, très dangereuse, de diarrhée chronique coïncidant d'ordinaire avec la suppression de la fonction biliaire et de la sécrétion des autres glandes digeslives. Elle atteint les Européens pendant leur séjour dans ces régions ou peu de temps après leur retour dans les pays tempérés et peut survenir consécutivement à la dysenterie (Manson). Son début est insidieux cl lent; il se fait par des troubles dyspeptiques, un flux diarrhéique séreux, séromuqueux ou bilieux, indolore, parfois à peine apprécié des malades. Cette diarrhée devient chronique et donne lieu chaque jour à quatre ou six selles copieuses, pâles, grisâtres, puréiformes, lientériques et fétides qui se produisent de préférence la nuit ou vers le matin. Pendant sa lente évolution, elle présente des phases d'exacerbation marquées par une poussée de diarrhée liquide, spumeuse et incolore,

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