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L. VAILLARD. — DYSENTERIE

des purgatifs représente La méthode thérapeutique recommandable; elle diminue rapidement, puis fait disparaître les symptômes douloureux, modifie la nature des selles cl leur rend le caractère fécal Pour être efficace, celle médication doit elre continuée pendant plusieurs jours consécutifs; aussi convient-il de ne recourir qu'aux purgatifs doux.

Le sel do Seignclle, le sulfate de soude, moins irritants que le sulfate de magnésie, sont d'un emploi courant ; ils s'administrent jusqu'à ce que les selles ne contiennent plus de glaires et soient devenues fécaloïdes. On peut procéder par petites doses (5 à 10 grammes), répétées plusieurs fois au cours des vingt-quatre heures, jusqu'à production de l'effet purgatif, ou bien débuter par -10 grammes de sel et donner ensuite chaque jour des doses progressivement décroissantes. L'iiuilc de ricin employée de l'une ou l'autre manière donne toujours d'excellents résultats et paraît môme l'agent le mieux indiqué dans la plupart des cas. Lorsquo l'amendement des symptômes est obtenu, il y a tout avantage, pour consolider la guérison, à continuer pendant qualrc à six jours l'usage de ces purgatifs aux doses de 8 à 12 grammes.

Le calomel est un médicament auquel on a très fréquemment recours pour traiter la dysenterie sous tous les climats. Les modes d'emploi varient. On l'administre soit à la dose quotidienne de 1 gramme à lt*r,20, soit aux doses de 30 centigrammes toutes les six ou huit heures, ou bien à doses fractionnées toutes les heures ; l'amélioration obtenue, on diminue el on éloigne les doses. Le calomel est parfois associé à l'ipéca el à l'opium suivant diverses formules dont la plus connue est celle de Segond; les pilules de ce nom conviennent lorsque la maladie a été déjà améliorée par les purgatifs, mais doivent être de préparation très récente.

L'ipéca est le remède par excellence des formes sévères ou graves de la dysenterie. C'esl celui que les médecins anglais de l'Inde essayent généralement en premier lieu. Le mode d'administration le plus usité est celui qui a reçu le nom d'ipéca à la brésilienne. On verse •250 à 300 grammes d'eau bouillante sur 2 à S grammes de poudré d'ipéca et on laisse reposer pendant douze heures. Après décantation, on verse sur la poudre une nouvelle quantité d'eau bouillante qui macère encore pendant douze heures; une troisième infusion est l'aile de la même manière. Chacune des infusions est ingérée soit en 4 ou 5 prises à une heure d'intervalle, soit, cl mieux encore, par cuillerée d'heure en heure. La première infusion, surtout si elle esl bue à coups rapprochés, détermine des vomissements et souvent des selles nombreuses. La seconde produit rarement des vomissements, plutôt des nausées et n'exagère pas sensiblement le nombre desselles. La troisième ne produit habituellemenl aucune nausée. Dans les dysenteries graves, ces trois infusions peuvenl suffire à

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amender la maladie; si ce résultat n'est pas obtenu, on revient à une nouvelle série d'infusions.

L'aotion curatrice de l'ipéca paraît indépendante des effets vomitifs et purgatifs. La méthode brésilienne permet une graduation de ces effets et, par la tolérance epai résulte de l'emploi des infusions affaiblies, facilite l'action topique du médicament.

Pour éviter la perle de temps que nécessite la préparation de l'infusion, Bérenger-Féraud emploie 2 à -1 grammes de poudre d'ipéca mélangés à 100 grammes d'eau ordinaire (a ingérer par cuillerée à café d'heure en heure); en répétant cette médication plusieurs jours de suite, il obtient les mêmes résultats qu'avec la méthode brésilienne.

Appliqué dès le début de la maladie, l'ipéca détermine très rapidement des changements heureux; c'est toujours par lui qu'il convient de commencer le traitement dans les formes graves, en ayant soin d'en prolonger l'emploi pendant trois ou quatre jours après l'amendement accentué des selles. Mais si, après cinq ou six jours, le résultat cherché n'est pas obtenu, il faut recourir aux purgatifs, surtout au calomel.

Le Simarouba (Ailanthus glandulosa) est fréquemment employé en Extrême-Orient, surtout dans les cas subaigus ou chroniques; il réussit parfois là où les autres moyens ont échoué. On l'administre en décoction (30 grammes de poudre) pendant plusieurs jours consécutifs.

Les lavements médicamenteux (nitrate d'argent, sulfate de zinc ou de cuivre), préconisés naguère par Trousseau, Geslin et Barallier, etc., ne sont guère utilisés; ils sont difficilement supportés et leurs effets ne compensent pas les douleurs et la fatigue qu'ils provoquent. Cependant les lavages avec les solutions faibles de permanganate peuvent avoir leur utilité dans les formes prolongées, lorsque la période aiguë et douloureuse est apaisée. Dans les cas de gangrène intestinale, on a recours aux lavements à l'hypochlorife de soude, au chlorure de chaux, au permanganate.

Les coliques peuvent èLre calmées par des fomentations ou des applications chaudes sur le ventre. L'intensité des douleurs nécessite parfois l'usage des narcotiques. L'opium doit être employé "avec réserve, surtout dans les cas graves; mieux vaut recourir à la belladone qui calme sans produire la constipation. Les suppositoires de morphine ou de cocaïne soulagent le ténesme.

L'alimentation doit être légère et très modérée selon l'intensité de la maladie, exclusivement lactée dans les atteintes sévères. Les boissons ne doivent être ni trop chaudes, ni hop froides, alin de ne pas exciter le péristaltisme de l'intestin et, par suite, les coliques

Dysenterie chronique. — L'indication ne consiste pas seulement à cicatriser les ulcères, mais aussi à lutter contre l'anémie et La dénutrition graduelles.

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