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L. VAILEAKD. — DYSENTERIE

L'emploi systématique de | >«■ i i Les doses journalières d'huile de ricin avec des interruptions périodiques donne généralement de lions résultats; on peut les combiner avec un Lraitexnenl topique parles lavements médicamenteux. Manson recommande une courte médication préliminaire à l'ipéca suivie de l'administration quotidienne de petites doses d'huile de ricin.

C'est aux médications topiques que l'on a recours habituellement pour modifier les surfaces ulcérées quand elles sont accessibles à ce moyen. Les lavements au nitrate d'argent, à la teinture d'iode, au sulfalc de cuivre, au permanganate de potasse donnent de bons résultais. Mais ces agents, les premiers surtout, ne doivent jamais être employés dans les phases aiguës qui sont justiciables des purgatifs. Les opiacés, le sous-nilrate de bismuth et les astringents servent à modérer les flux diarrhéiques.

Le régime est de première importance. 11 doit se composer de substances inoffensives pour l'intestin malade et suffisamment nutritives pour pallier à l'autophagie croissante; un aliment que l'intestin ne peut utiliser devient un corps étranger nuisible. Le régime lacté employé seul ou associé aux peplones, aux jus ou aux thés de viande produit des résultats qui ont conduit à faire de son emploi la base du traitement. Lorsque l'amélioration se produit, lanature du régime pourra varier en restant Loujours adaptée à la débilité des organes. Toutes les ressources de la médication tonique el reconstituante doivent être mises en jeu pour soutenir l'organisme. Mais, dans les pays chauds, ces moyens seront souvent impuissants à enrayer la marche de la maladie et la guérison ne sera possible que si le malade peut changer de climat; le rapatriement devient une nécessité absolue.

PROPHYLAXIE. — Dans les lieux où règne la dysenterie, les mesures d'assainissement destinées à assurer la salubrité du sol, des eaux potables et de l'habitation ont eu pour résultat de diminuer la fréquence de la maladie. Aux Indes, en Gpchinchine, aux Antilles, au Sénégal, la dysenterie n'est plus aujourd'hui ce qu'elle était autrefois ; partout sa décroissance est notoire. Le climat de ces différents pays ne s'est pas modifié; ce qui a changé, ce sont les conditions hygiéniques des centres habités.

De toutes les mesures d'hygiène, celle qui vise la bonne qualité des eaux d'alimentation paraît avoir fourni les meilleurs résultats. La diminution si notable de la dysenterie en maintes villes d'Algérie esl la conséquence des travaux entrepris pour les doter d'une eau de bonne qualité (L. Colin). A Saint-Pierre et à la Basse-Terre (Antilles , la maladie est singulièrement atténuée depuis que Ton fait usage d'eaux pluviales ou d'eau de sources amenées par des conduits fermés (Corre). tin Cochinchine, l'usage des libres a fa il disparaître la dysenterie de certains postes réputés les plusinsalubres (Calmelle).

PROPHYLAXIE

Dans les grandes villes de l'Inde, l'amélioration du régime des eaux a été suivie d'une diminution remarquable dans la fréquence de la dysenterie (P. Manson). La salubrité des eaux potables devra donc être, en tout lieu, le constant souci de la prophylaxie. Leur purification devient une nécessité de premier ordre pour les troupes qui opèrent ou slalionnenl dans les régions d'endémicité de la maladie et y sont souvent réduites à utiliser des eaux de surface toujours impures et dangereuses.

L'action des vicissitudes atmosphériques joue un rôle indéniable dans le développement de la dysenterie. De là l'utilité de vêlements appropriés offrant une garantie contre les variations de température. L'usage de la ceinture de flanelle, généralisé parmi les troupes d'Afrique et des colonies, a paru à la plupart des médecins militaires un précieux moyen de défense contre la maladie. Les vices alimentaires doivent être évités.

Une fois développée, la dysenterie bacillaire est susceptible de se transmettre d'un sujet à l'autre; aussi figure-l-elle parmi les affections dont la déclaration est obligatoire.

L'isolement du sujet atteint est toujours recommandable ; il est nécessaire dans les milieux pauvres où les individus bien portants vivent en promiscuité complète avec le malade. Dans les hôpitaux, les cas intérieurs sont maintes fois signalés au cours des épidémies; leur fréquence cependant ne dépasse pas sensiblement celle des cas intérieurs de lièvre typhoïde. Toutes les fois que la mesure sera possible, il conviendra donc de réserver un service spécial aux dysentériques; cet isolement ne doit pas s'appliquer seulement à la dysenterie épidémique (bacillaire) dont la contagiosité est souvent grande, mais encore à la forme amibienne, laquelle est susceptible de se transmettre.

Les mesures propres à éviter la propagation de la maladie viseront surtout les déjections et loul ce qu'elles peuvent souiller. La désinfection des selles aussitôt après leur émission, des linges, vêlements, objets ou surfaces contaminés doit être rigoureusement pratiquée par les procédés usuels.

Dans les lieux et au moment où règne la dysenterie, il est commun d'observer des diarrhées plus ou moins intenses; quelques-unes représentent la phase prodromique de la dysenterie, d'autres n'en sont souvent qu'une forme atténuée. Il importe donc, en temps d'épidémie, d'accorder attention à fout dérangement intestinal, et, dans les collectivités, de leur appliquer les mêmes mesures prophylactiques qu'aux cas confirmés; c'est le plus souvent parles manifestations méconnues ou ignorées que la dysenterie se propage et s'entretient.

Traité nu médecine.

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