DIARRHÉE CHRONIQUE DES PAYS CHAUDS. O
dérées comme suspectes (Calmette, épidémie de Nha Tmerg).
On a isolé différents bacilles des selles de la diarrhée de Cochinchine (Treille, Le Dantec), mais ces recherches n'onl pas élé jusqu'ici confirmées.
Ainsi que le fait remarquer Le Dantec, la fermentation des selles, qui sont spumeuses, doit tenir à l'action d'une bactérie spéciale.
SYMPTOMES. — ■ La diarrhée de Gochinchine débute d'une façon banale, par une diarrhée vulgaire, muqueuse, ou bilieuse, survenant à la suite d'un écart de régime ou à la suite de fatigue. Il y a cinq ou six selles par jour, indolores ou bien accompagnées de légères coliques. Au bout d'un certain temps les selles changent d'aspect. Elles deviennent d'un vert jaune ; on les a comparées à un bouillon aux herbes, à de la purée de pois, à la soupe aux pois, ou, quand elles sont blanchâtres, à de l'eau crayeuse, à de la panade, à du mastic, avec de l'eau spumeuse à la surface. Elles sont presque toujours spumeuses et boursouflées par des gaz. Les selles surviennent surtout le malin (selle réveille-matin), obligeant le malade à sauter à bas du lit.
Elles s'accompagnent, au bout d'un certain temps, de catarrhe gastro-intestinal, de dyspepsie, de flatulence, de renvois.
En même temps on observe un des signes caractéristiques de la maladie. Ce sont des ulcérations aphteuses, siégeant sur la muqueuse du dos de la langue, ou de chaque côté du frein, ou à la face interne des joues. Ces aphtes, qui n'avaient pas été mentionnés dans les premières descriptions des médecins français, jouent pour les auteurs allemands, anglais et hollandais, un rôle si considérable dans la symplomatologie de la diarrhée chronique des pays chauds, que certains d'entre eux désignent cette maladie sous le nom d'aphtes tropicaux.
Les muqueuses linguale et buccale sont rouges, comme vernies ; elles montrent de petites vésicules d'aphtes qui s'ulcèrent. Ces ulcérations siègent souvent au niveau des deux dernières molaires supérieures. C'est V ulcère molaire de Crombie. Les ulcérations sont à fond grisâtre ou uniformément rouge vif. Elles peuvent disparaître et reparaître, en suivant les alternatives de la maladie. En même temps le foie est atrophié. La maladie, prise à temps, peut guérir assez rapidement.
D'autres fois l'état général reste pendant un certain temps satisfaisant, mais, au bout de quelques semaines ou de quelques mois, après plusieurs périodes d'exacerbations et de rémissions, la diarrhée passe à l'état chronique et le malade ne tarde pas à maigrir considérablement; il devient squelcltique, son feint est terreux, couleur patate; il ne tarde pas à tomber dans un état de cachexie spéciale assez semblable à celui de la dysenterie chronique. I' meurt de pneumonie ou dans le marasme. La durée de la maladie est très variable : elle peut persister pendant des années.