II. HALLOPEAU. — LÈPRE
Le mal perforant de la lèpre est identique à celui du lahes : l'étude des phénomènes concomitants et les examens bactériologiques permettent seuls de savoir sous quelle influence il se produit.
C'est de môme par l'ensemble des phénomènes concomitants que l'on rattache à la lèpre les éruptions pemphigoïdes.
En résumé, dans les cas douteux l'examen bactériologique peut seul permettre des conclusions positives; il est très probable (pie sa mise en œuvre régulière permettra de rattacher à la lèpre nombre de types cliniques dont la nature avait jusqu'ici été complètement méconnue.
PRONOSTIC. — Il suffît de se reporter à la description de la lèpre pour se rendre compte de son extrême gravité : la maladie se termine le plus souvent par la mort après avoir donné lieu aux mutilations et aux troubles fonctionnels les plus lamentables. Faut-il invoquer comme une circonstance atténuante la remarquable tolérance avec laquelle les malades supportent les altérations les plus pénibles et l'état de profonde apathie dans lequel ils tombent? Dans les cas où la maladie devient complètement silencieuse, on doit toujours se demander si l'on a affaire à une trôve persistante ou à une guérison réelle. Pour notre part, nous avons vu plusieurs de nos malades rester pendant des années sans présenter de nouvelles manifestations: M. Besnier et M. Montgomery (1) ont publié des observations semblables : il s'est agi aussi bien de formes tubéreuses que de formes anesthésiques. La lèpre scarlaliniforme dont nous avons parlé antérieurement se prolonge avec des poussées rares et très bénignes. Chez un malade atteint d'une forme mixte que nous avons étudiée avec M. Jeanselme et qui a succombé à une tuberculose pulmonaire, quatre ans après une poussée lépreuse aiguë suivie de rémission, la recherche des bacilles de Hansen pratiquée après l'autopsie n'a donné que des résultats négatifs, et nulle part il n'y avait de lésions de lèpre en activité ; il s'agissait donc peutêtre, d'un cas de guérison de cette maladie (2), bien qu'il pût subsister des foyers latents d'éléments infectieux. Ces cas de guérison s'observent presque exclusivement dans la forme aneslhésique.
Au point de vue de la survie, la lèpreanesthésique doit être de même considérée comme moins grave que la tuberculeuse; on l'a vue se prolonger pendant plus de trente ans; nous en avons un nouvel exemple sous les yeux; un malade observé par M. Sauton en était atteint depuis soixante ans ; Ehlers (3) et Eichmuller (4) ont cité des faits semblables. Nous avons indiqué d'ailleurs qu'elle est souvent consécutive à la forme tuberculeuse et que cette transformation
(1) D. Montgomehy, Medic. Rev., 1902.
(2) H. Hallopeau et Jeanselme, Presse médicale, 1900.
(3) EiiLEns, Soc. fr. et Annales de dernult., 1896.
(4) Eichmuller, Paris, 1898.
TRAITEMENT
coïncide avec une Lenclance plus grande à la chronicité sans épisodes aigus. Elle se complique rarement de tuberculose pulmonaire.
Existe-t-il des formes atténuées et bénignes de la lèpre? Nous croyons devoir répondre affirmativement, car Besnier et nous-même avons maintes fois observé des sujets chez lesquels la maladie se traduisait exclusivement, depuis nombre d'années, par de simples macules ; il est possible qu'en pareils cas elle persiste sous cette forme atténuée sans donner lieu jamais à des altérations plus graves de la nutrition cutanée, non plus qu'à des troubles de l'innervation.
TRAITEMENT. — On combat la lèpre par des médicaments, administrés intus el extra, auxquels on. attribue, à tort ou à raison, une action spécifique sur l'agent infectieux.
Les particularités qu'offre la marche régulière de la maladie rendenttrès difficile l'appréciation des médications qui lui sont opposées. Nous avons vu en effet que la lèpre procède par poussées suivies de rémissions spontanées dont la durée n'a rien de fixe; si donc l'on vient à administrer un médicament pendant l'une de ces poussées ou lorsqu'elle se termine, on est tenté de lui rapporter l'amélioration qui survient ultérieurement. Nul doute que ces illusions thérapeutiques n'entrent pour beaucoup, si ce n'est pour tout, dans le rôle efficace qui a été attribué à divers agents médicamenteux : c'est donc sous toutes réserves, sauf peut-être une exception, que nous énumérerons ceux qui ont été surtout préconisés.
Avant d'aborder cette étude, nous devons dire que MM. Marcano et Wurtz (1) ont à juste titre conseillé l'ablation de la tache initiale qui peut précéder l'apparition des lésions généralisées. Cette médication a été expérimentée, et, dans plusieurs cas, il n'y a pas eu, après plusieurs années, d'autres manifestations de la maladie. Il faut de môme, quand faire se peut, enlever les lépromes isolés, soit parle bistouri, soit parla cautérisation.
Parmi les médicaments employés vient, en première ligne, l'huile de chaulmoogra : on peut la donner en capsules; Veyrières l'émulsionne dans de la gomme; si le médicament est bien toléré par l'estomac, on en fait ingérer par jour jusqu'à trois cents gouttes, mais on est le plus souvent obligé de s'arrêter à une dose bien inférieure. On peut avec avantage l'ingérer en lavements, jusqu'à la dose qui vient d'être indiquée, délayée dans du lait; on a recours également à son principe actif, l'acide gynocardique. D'après Unna, cette huile est tolérée sous la forme de pilules savonneuses kérafinisées, à doses alternativement croissantes et décroissantes. Jeanselme, Raynaud (d'Alger), Tourtoulis-Bey et nous-même l'avons employée stérilisée en injections intramusculaires : Tourtoulis a obtenu ainsi de très notables améliorations (2). Ce mode d'administration n'est cependant pas sans
(1) Marcano et R. Wurtz, loc. cil.
(2) Tourtoulis-Bey, V« Congrès de dermatologie, 1901. ■
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inconvénients : il peut donner lieu à des nodosités douloureuses, à des éruptions, à des embolies graisseuses (1).
Nous avons vu plusieurs fois des malades traités par celte médication guérir complètement, tout au moins en apparence (2) ; par contre, nous avons observé des séries de poussées aiguës chez des sujets qui lui étaient soumis d'une manière intensive, particulièrement sous forme d'injections (3).
Kalindero a employé de préférence le pétrole intus el extra. Bhan Daji, médecin indou, a utilisé l'huile de YHydnocarpus inebrians, connue parmi les indigènes sous le nom d'huile de kanli I Aslachewsky donne la teinture de salsepareille (5).
Les autres médicaments prescrits à l'intérieur, tels que le mercure, Yarsenic el Viodure de potassium, semblent inefficaces. Cependant, Radcliffe Crocker (6), Ehlers el Haslund ont vu survenir de notables améliorations à la suite du traitement par les injections mercurielles.
Récemment, Veurophène a été préconisé par Goldschmidt (7); il l'emploie en injections sous-cutanées, dissoute dans l'huile à 5 p. 100. Carreau a' recommandé le chlorate de potasse à la dose énorme et toxique de 15 à 20 grammes par jour, Friarte Yoloba, Castaneda la créosote, Bulkley la teinture de noix vomique, Piffard la strychnine, Murray le suc de la Calolropia gigantea, Bakewell le cashewol; aucun de ces médicaments n'a fait ses preuves. Danielssen et nousmême avons employé le salicijlale de soude dans les poussées aiguës ; il nous a paru exercer une influence favorable. La lymphe de Koch détermine des poussées aiguës sans aucun effet utile; nous l'avons vue aggraver la maladie.
Comme topique, on peut employer de même Yhuile de chaulmoogra ; le baume de Gurjun, additionné de deux ou trois parties d'eau de chaux, paraît donner parfois de bons résultats; il en est de même delà chrysarobine et de Yacicle pyrogallique, de Yichlyol, préconisés par Unna; on peut les employer sous la forme de pommades à 2 ou 5 p. 100, ou mieux incorporés dans la traumalicine à 8 ou 10 p. 100 ; ces topiques doivent être réservés aux formes non ulcérées. Dubreuilh a vu s'améliorer très notablement des cas traités intus el extra par l'ichlyol, en même temps que par la pommade pyrogallique à 5 p. 100 (8).
Les pommades à la résorcine (2 à 5 p. 100) conviennent pour le
(1) Hallopeau, Du Castel, Rille, Lepru-Conferenz.
(2) Hallopeau, Lèpre tuberculeuse guérie par l'huile de chaulmoogrra (Soc. //. de
de(îul Ïllopeau, RapporL à l'Académie sur le travail de Tourtoulis-Bey, 1 903.
(4) Sta^lÊv BÔvo, Le traitement de Bhan Daji contre la lèpre (Brit. Journ. of
dermnL., 1893) .„..,
(5) Astachevvsky, La lèpre a Irkoutsk (A/m. de dermal., 189o). (61 R. Cbocker, Ehlers, Lepra-Conferenz, 1897.
(7) Goldschmidt, La lèpre. Paris, 1894.
(8) Dubreuilh, Congres de Berlin, 190L
TRAITEMENT
visage qu'elles ne colorent pas. Contre les tubercules volumineux, Unna (1) recommande l'application d'une pâte formée de parties égales de potasse, de chaux, de savon vert et d'eau distillée. Pour les formes superficielles, il emploie cette pâte â la dose de 2 à 5 p. 100 dans de la vaseline.
Bhan Daji faisait frictionner chaque malin le corps entier avec l'huile de kanti ; deux heures après, le malade prenait un bain pour recommencer, soit de suite, soit dans la soirée, la friction huileuse (2). Nous avons obtenu de bons résultats de l'application de biiodure de mercure au 1 /200e- dans du collodion; elle amène l'affaissement des tubercules, mais elle n'est utilisable que sur des surfaces restreintes.
Dans les cas d'ulcérations, on peut recourir, soit au baume de Gurjun, soit aux applications de compresses imprégnées d'eau boriquée ou d'une solution de sublimé au 1/5000°; Yiodo forme et le diiodoforme, ainsi que Y huile phéniquée, peuvent encore trouver ici leur indication .
En raison de l'action provocatrice qu'exerce le contact de l'air, il est indiqué de recouvrir les parties qui y sont exposées d'un enduit protecteur; on peut donc avantageusement recommander aux malades ■de maintenir constamment sur le visage et les mains de la résorbine •ou l'un de ses dérivés français (adipline, aleptine, eudermine, léniline).
Dyes a expérimenté le sérum antivenimeux de Calmette, et Cornil la toxine du jequirity.
Oudin a observé des améliorations dans la lèpre tubéreuse à la suite d'un traitement par les rayons X.
Nous avons vu des malades présenter, après divers de ces traitements, des améliorations durables; l'un d'eux, après avoir failli succomber en 1888, n'a eu depuis lors que des manifestations peu nombreuses et d'une extrême bénignité, bien que sa lèpre ait plus de trente ans. En eùt-il été de même si l'on s'en était tenu à une simple expectalion attentive et aux palliatifs? Les médecins exerçant •dans les pays à lèpre peuvent seuls juger la question (3).
Dans ces derniers temps, de nombreuses tentatives de cures par l'injection hypodermique de liquides organiques ont été pratiquées. En premier lieu, il faut citer la sérothérapie de Carrasquilla (de Bogota). Il injecte, dans les veines d'un cheval, du sérum sanguin de lépreux et c'est le sérum de ce cheval qu'il emploie chez l'homme en injections hypodermiques comme moyen curatif.
Les résultats favorables qu'il a annoncés n'ont été confirmés ni par les essais multiples que nous avons faits à l'hôpital Saint-Louis en 1898 et 1899 (4), ni par ceux qui ont été rapportés à la Lepra-Conferenz.
(1) Unna, Thérapie des Gegenwartz, 1902.
(2) Stanley Boyd, loc. cit.
(3) Sommei\, La Lepra en la Republicn Argentine {Semana medica, 1898).
(4) IIallopeau, Rapport à l'Académie de médecine, 1898.
ThaitÉ in; MÉDECINE, VI. — 22
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Dans l'idée d'oblenir un modificateur plus actif, Lucca el Olaya- Laverde ont injecté des produits lépreux. Ce dernier fait usage de lépromes triturés avec des sérums sanguins et de l'eau : il injecte ce liquide a un bouc et, huit jours après, le saigne pour obtenir un sérum Irais qui sert aux inoculations : elles sont suivies d'une réaction fébrile et produisent, d'après les assertions de l'auteur, une grande amélioration avec disparition des bacilles dans les lépromes. Il faut attendre des expériences de contrôle pour juger cette méthode.
D'après MefchnikolT et Besredka, c'est aux cyto-loxines contenues dans ces sérums qu'il faut attribuer les améliorations qu'ils paraissent avoir produit dans plusieurs cas. Les expériences qu'ils ont faites, dans notre service et dans celui de Du Castel, avec du sérum de sang de chèvres auxquelles ils avaient injecté du sang défibriné, ont amené l'augmentation du nombre de,s hématies, en même temps que, dans plusieurs cas, une réaction locale au niveau des lépromes; mais on ne peut dire qu'il y ait eu d'effets curatifs.
Babès (1) a constaté que l'ancienne tuberculiue de Koch provoque chez les lépreux, plus tardivement que chez les tuberculeux et à dose plus forte, une réaction locale dans les néoplasies ainsi qu'une réaction fébrile; il en résulterait une amélioration; ici encore il faut attendre de nouvelles études : comme chez les tuberculeux, cette médication n'est pas exempte de dangers. Les effets de la léprine obtenue par le même auteur des lépromes, suivant la même méthode qui sert à la préparation de la tuberculine, doivent encourager à continuer ces recherches.
Il en est de même pour une autre léprine employée par E. Rost(2). C'est une lymphe provenant des cultures de bacilles de Hansen (?) dont elle contiendrait les toxines. Introduite sous la peau, elle donne lieu également à une poussée fébrile intense qui se prolonge pendant plusieurs jours en même temps qu'à des phénomènes de réaction dans les foyers lépreux ; cette altération paraît être suivie d'amélioration : c'est ainsi que des parties anesfhésiées, après avoir prisdans les parties centrales une coloration érythémateuse, redeviennent sensibles en même temps qu'elles reprennent leur couleur habituelle ;les sensations pénibles s'atténuent ou cessent complètement ; les ulcérations se cicatrisent; les nodules se résorbent. Il suffit d'un petit nombre de ces injections à la dose de 10 centimètres cubes pour obtenir le plus souvent ces résultats; la guérison n'a cependant été complète que chez quatre des cent malades ainsi traités, mais les autres ont présenté des améliorations tellement considérablesqu'elles équivalent presque à l'état de santé, et les progrès de la maladie ont été complètement enrayés. Ces injections ont paru constamment inoffensives. Bien que la nature lépreuse de ces cultures bacU-
(1) Badès, Soc. de méd. de Bucharesl, 1900.
(2) E. Host, Brilish med. Journal, M905.
TRAITEMENT
laires soit très contestable, il ne paraît pas douteux, d'après ces faits, que nous ne soyons enfin en possession d'une médicalion efficace contre cette maladie jusqu'ici rebelle à toute intervention.
Nous ne sommes donc plus en droit de dire, comme en 1894, que, dans la majorité des cas, la lèpre continue, malgré toutes les médications, à s'étendre progressivement. Il y a lieu d'espérer que la possibilité, établie par Nicolle, d'inoculer cette maladie à des singes conduira à des résultats encore plus décisifs (Voy. p. 320).
Le médecin doit aussi s'efforcer d'empêcher la propagation de la maladie.
Si, comme il est très vraisemblable, les piqûres d'insectes y jouent un rôle prépondérant, l'usage des moustiquaires, Y assainissement des pièces d'eau avec le pétrole, toutes les mesures de même ordre mises en œuvre contre la malaria trouvent ici leur application.
Les contacts intimes avec les lépreux doivent être évités; leur linge doit être passé à l'étuve; leurs objets de pansements doivent être brûlés; il faut éviter de porter leurs vêtements, de fumer leurs pipes, etc. Une attention toute particulière doit être apportée à la désinfection des fosses nasales et de leurs produits de sécrétion : les malades doivent plusieurs fois par jour faire introduire dans ces cavités de l'huile phéniquée au dixième. Ils se serviront, comme mouchoirs, de substances pouvant être brûlées : on conçoit en effet que les moustiques puissent y recueillir des bacilles (1).
Une autre mesure d'importance capitale est l'isolement; c'est grâce à lui, grâce aux léproseries dans lesquelles les sujets étaient internés que la lèpre du moyen âge s'est en grande partie éteinte dans nos contrées; c'est grâce à lui que la situation s'améliore en Norvège : il y a donc lieu de réclamer cet isolement, non seulement dans les pays où la maladie existe à l'état d'endémie, mais aussi dans notre Europe centrale que nos communications incessantes avec ces pays menacent de plus en plus de nouvelles contaminations.
Nous avons demandé en 1897 (2) qu'une surveillance soit pratiquée dans nos ports, par des médecins spéciaux, sur le personnel immigrant des bateaux arrivant de pays à lèpre ; celte mesure est appliquée aux États-Unis, aux Antilles et dans la Guyane anglaises, réclamée par Raynaud pourl'Algérie (3) et, d'une manière générale, par Neisser. La déclaration delà lèpre doit être obligatoire.
Les lépreux hospitalisés doivent être isolés quand ils ont des ulcérations. On doit inviter ceux des villes à un isolement volontaire. L'isolement peut se faire de préférence dans des sanatoriums; mais, dans les pays non infectés, ces établissements ne doivent être installés que dans des localités où la maladie ne peut pas se transmettre par
(1) Gehbeiit, Lepra der oberen Luftwcge, etc. (Arch. fur Rhinol., 1003).
(2) Halloi'kau, Lepra-Conferenz.
(3) Raynaud, Congrès de Berlin, 190 i.
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contagion, par exemple dans des îles non habitées. C'est à juste titre que notre Académie de médecine a déconseillé, comme dangereuse, l'exécution du projet du Dr Sauton, qui voulait installer un de ces établissements dans les Vosges (1), au risque de créer en France un nouveau foyer lépreux. Cette objection n'est pas applicable à l'hôpital Saint-Louis où il y a constamment des lépreux en traitement et où nous réclamons avec insistance depuis plusieurs années la création d'un service d'isolement.
Les mesures de détail doivent varier suivant les conditions sociales de chaque pays (Lepra-Conferenz). En ce qui concerne nos colonies à lèpre, Jeanselme pose, comme principes intangibles, l'interdiction de l'entrée de la colonie aux immigrants lépreux, l'isolement des lépreux atteints de lèpre ouverte, l'interdiction à ces malades de certaines professions; il faut y ajouter en première ligne les précautions mises en œuvre contre les moustiques dans les pays où règne la malaria. De nombreux asiles de lépreux avec toutes les précautions d'isolement ont été récemment créés dans les colonies anglaises (2).
On ne saurait trop accumuler les précautions pour épargner à notre pays une nouvelle invasion de ce terrible fléau.
(1) Besnier, Rapport à l'Acad. de médecine sur un projet du Dr Sauton, 1902.
(2) Pernet, V° Congrès de dermatologie, 1904.