OU MALADIE DE CARRION
PAU
E. JEANSELME
Professeur agrégé ;'i la Faculté de Paris, Médecin des hôpitaux.
DÉFINITION. — La verruga est une maladie infectieuse caractérisée par des symptômes généraux et par des tumeurs spéciales, toujours très vasculaires, qui se disséminent dans la peau, les muqueuses et les viscères.
ÉTIOLOGIE. — La verruga reste cantonnée dans quelques quebradas, ou défilés profonds, situés sur le versant occidental des Andes péruviennes, entre 700 et 2600 mètres d'altitude.
Cette infection n'épargne aucune race, mais les blancs sont plus exposés que les indigènes, surtout quand un état de débilitalion les rend plus vulnérables. C'est dans la Oroya que l'endémie sévit avec le plus de violence.
ÉTUDE CLINIQUE. — On distingue quatre périodes dans l'évolution de la verruga.
I. La durée de Y incubation oscille entre quinze et quarante jours. Elle fut de vingt-deux jours dans le cas de Carrion, étudiant péruvien qui, en 1886, se fit inoculer la verruga et mourut trente-neuf jours après, victime de son dévouement à la science.
IL La période d'invasion, dont la durée est de plusieurs semaines ou même de plusieurs mois, est marquée par trois grands symptômes : a) une fièvre à type intermittent ou rémittent; b) des douleurs articulaires à recrudescences nocturnes, qui se fixent ordinairement dans les grandes jointures ; c) enfin une anémie.intcnse qui décolore les téguments et détermine des souffles vasculaires.
Dès cette époque, on peut constater la tuméfaction du foie, de la rate et des glandes lymphatiques.
III. En général, une rémission très accusée de tous les symptômes généraux précède l'éruption verrugueuse qui caractérise la troisième période.
On dislingue deux grandes classes de productions verrugueuses qui peuvent coexister sur le même sujet : 1° les verrues milidires,