F1LARI0SE
gomyia calopas, Myzomyia Rossi* Pyretophorus costalis, Nyssorhynchus albimanus, Nyssorhynchus varius nigerrimus, Mansonia uniformis, Mansonia pseudolilillans.
On pensa tout d'abord que la femelle du moustique, beaucoup mieux armée que le mâle, après avoir sucé le sang d'un animal ou d'un être-humain, cherchait, le moment de la ponte venue, une marc pour y déposer ses œufs et mourait ensuite, tandis que les larves de filaires développées dans l'eau étaient ingérées avec ce liquide, et que de cette façon l'usage d'une eau filtrée et bouillie pouvait mettre a l'abri de la filariose.
Cette manière de voir, assez simple en apparence, rendait difficilement compte de la présence constante de la filaire dans les lymphatiques de la peau, a la suite de son introduction par l'estomac. Dans le but d'éclaircir ce problème toujours obscur, Manson se fit envoyer d'Australie par Th. Bancroft un certain nombre de moustiques qui avaient piqué un malade dont le sang en renfermait un grand nombre. Ces insectes, soit une, deux ou trois heures après la piqûre, soit douze, vingt-quatre, quarante-huit heures plus tard, furent envoyés au Dr Manson qui chargea le Dr Low d'en faire l'étude. Celui-ci, reconnaissant que les tissus de ces moustiques étaient en très bon état de conservation, put observer heure par heure, pour ainsi dire, les métamorphoses subies par l'embryon de la filaire et suivre tout son cycle évolutif.
Il constata que l'embryon qui vient du sang entouré d'une gaine transparente, long de 200 à 300 p. et large de 7 à 11 p., quitte au bout de douze heures la gaine qui l'enveloppe, puisqu'on retrouve dans le contenu stomacal, côte à côte, les embryons et les gaines vides. A cette époque, les masses musculaires ne sont pas encore envahies. Le lendemain, il n'en est pasde même : les embryons ont quitté l'estomac pour les muscles et, à partir de ce moment, ils passent à l'état de jeunes larves. C'est dans les intervalles ou à l'intérieur des faisceaux musculaires du thorax, dans le sens des fibres, que celles-ci se réfugient et grandissent d'une façon continue sans provoquer aucune lésion de voisinage, jusqu'au dix-septième jour où elles commencent à changer de place, non pas au hasard, mais en se dirigeant vers le tissu conjonctif qui comble la partie antérieure du prolothorax. Au vingtième jour, elles franchissent le pédoncule céphalo-thoracique, s'accumulent dans la tête, au-dessous de l'œsophage, et pénètrent dans la trompe, d'où elles sont inoculées à l'homme.
Ainsi, c'est dans le tégument ou dans le tissu sous-jacenl que la filaire accomplit sa dernière métamorphose et passe à l'état adulte; là elle s'accouple, dépose ses œufs, et les embryons qui eu résultent se répandent dans le système lymphatique, pour pénétrer ensuite dans le sang par le canal thoraeique.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
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Dans ces conditions, la présence de la filaire dans lu peau s'explique facilement, aussi bien que leslésions éléphanliasiques constatées par plusieurs auteurs; tous ces désordres tiennent, comme d'ailleurs les localisations diverses de la filariose, au point piqué par le moustique. Effectivement, la larve de la filaire, ne pénétrant pas avec l'eau de boisson, n'envahit plus l'organisme par voie intestinale; elle est inoculée directement dans la peau par la trompe du moustique, et là elle accomplit sa dernière phase d'évolution, passe à l'état adulte et s'accouple. Puis les embryons, déversés dans les espaces ou dans les vaisseaux lymphatiques, sont emportés par la lymphe jusque dans le sang. Mais, avant d'arriver dans le liquide sanguin, ils obstruent les troncs lymphatiques et en amènent la dilatation variqueuse, comme nous allons le voir, jusque dans les ganglions lymphatiques.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — L'élude qui précède permet de se rendre compte des lésions que peut déterminer la filaria sanguinis hominis dans l'organisme, suivant les régions où elle se trouve déposée; nous étudierons ces lésions dans les vaisseaux et les ganglions lymphatiques, dans les membranes séreuses, dans les viscères et dans le sang.
Vaisseaux el ganglions Igmphatiques. — On sait que c'est dans un abcès superficiel du bras, une simple dilatation lymphatique vraisemblablement, que Bancroft a découvert la femelle delà filaire. Un de nos malades, atteint de filariose, présentait également une dilatation lymphatique manifeste sous la peau de la partie moyenne et antérieure de l'avant-bras ; chez un autre, qui venait de l'île Bourbon, les jambes, atteintes d'éléphanliasis, semblaient avoir été le point d'inoculation. Mansona rapporté plusieurs faits d'éléphantiasis des membres associé au lympho-scrotum, et qui portent à croire à la présence de la filaire au sein du système lymphatique; mais il serait prématuré d'en conclure que ce parasite soit l'unique cause des affections connues sous ce nom.
Chez une dame de l'île Maurice observée par Desjardins, il existait à la partie supérieure et antérieure de la cuisse gauche plusieurs petites phlyclènes ou vésicules translucides, de la grosseur d'un grain de sagou cuit, manifestement formées parla dilalation variqueuse du réseau lymphatique superficiel, laissant échapper après déchirure un liquide opalin, descendant le long de la cuisse (fig. 16).
D'autres auteurs ont également rencontré la filaire du sangdansle liquide lymphorragique de vaisseaux obstrués et dilatés. Celte obstruction, relativement commune au scrotum, se manifesté, en raison sans doute de la minceur des téguments, sous la forme de cordons cylindriques, noueux, moniliformes, durs, transparents, parallèlement disposés à la surface du tégument épaissi, el d'où s'échappe parfois de la lymphe (lympho-scrotum) (fig. 17). Là se trouve assez
E. LANCEREAUX. —
FILAR10SE.
souvent la filaire adulle dont les œufs et les embryons qui n'ont pu se débarrasser de leur chorion encombrent les vaisseaux lymphatiques, lundis que les embryons libres, grâce à leurs mouvements, gagnent les ganglions des aines, puis les ganglions prévertébraux, arrivent dans le canal thoracique et finalement dans le sang.
Fig. 16. — Extrémité supérieure de Fig. 17. — Ectasie des vaisseaux lymphala cuisse gauche atteinte d'eclasie tiques du scrotum et ganglions lymphelymphatique et de lymphorragie. tiques tuméfiés (lympho-scrotum).
des vaisseaux lymphatiques, sont ainsi la cause de la dilatation dans les mailles' du tissu cellulaire sous-cutané, dans la peau, et l'irritation qui résulte de leur présence détermine l'épaississemenl et l'induration de ces parties avec ou sans épanchemcnl lymphorragique.
Le liquide de ces épanchemenls varie dans les vingt-quatre heures, depuis quelques grammes jusqu'à plusieurs centaines de grammes. Blanc, alcalin, opaque, lactescent et coagulable au contact de 1 air, il renferme de nombreux corpuscules jaunâtres, très réfringents, de dimensions inférieures à celles des hématies, des corps blancs plus volumineux, nucléés et granuleux, semblables aux globules blancs du sang, et enfin une infinité de granulations graisseuses en sus-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
pension dans un sérum transparent. Chimiquement il est composé de fibrine, d'albumine, de matières grasses et de sels divers.
La dilatation des lymphatiques est commune, au sein des ganglions, en raison de la disposition des vaisseaux lymphatiques dans ces organes; aussi ceux-ci forment-ils, au milieu de tissus sains, des
Fig. 18. — Eclasic des vaisseaux lymphatiques faisant partie d'un gang-lion inguinal (musée Dupuytrcn).
tumeurs tout à fait spéciales, molles et dépressibles, qui, dans les aines, peuvent en imposer pour des hernies (fig. 18).
Les vaisseaux lymphatiques qui émanent des ganglions offrent des dilatations semblables qui se continuent dans les vaisseaux lymphatiques de l'abdomen et jusque dans le canal thoracique (fig. 19).
Les parois de ces vaisseaux sont amincies et transparentes, rarement épaissies, et comme telles paraissent n'avoir subi qu'une simple ectasie mécanique.
Ces vaisseaux ne parvenant qu'avec peine à se débarrasser de leur contenu renferment de la lymphe. 11 en est de même, dans plusieurs circonstances, des membranes séreuses, de la tunique vaginale, du péritoine et de la plèvre ; quant au péricarde, il est peu disposé à ce genre d'altération.
Cavités séreuses. — L'hydrocèle chyleuse, à peu près constamment parasitaire, est d'ordinaire symétrique et peut acquérir le volume d'une grosse poire. Elle renferme un liquide alcalin et blan-