IMPOSÉES
(évalua-
tion).
des vins.
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(1) Dans ce dhillïe se trouve comprise, en 1901 et en 1902, In production des bouilleurs décru assimilés aux bouilleurs de profession et, en 1903 et en 1904, celle des bouilleurs de ctu contrôlés.
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En Suisse, malgré un monopole partiel, puisqu’il ne porte que sur les alcools provenant de matières amylacées, la consommation de l’alcool qui, jusqu’en 1885, présentait, d’après Milliet, une progression accentuée, a diminué contrairement à la consommation du vin et de la bière qui a augmenté. En efl'et, le nombre de litres d’eau-de-vie à 50° consommés par tête d’habitant, qui, de 1881 à 1885, c’est-à-dire avant le monopole, était de 91U,2, tomba, de 1889 à 1895, c’est-à-dire après le monopole, à 61U,1, et de 1896 à 1900 à 4lit,9.
Toutes ces évaluations, en réalité, sont très approximatives ; mais il n’est pas moins vrai que, si la consommation de l’alcool, par suite des mesures protectrices et restrictives, diminue dans certains pays, elle tend à augmenter de plus en plus partout où la vente des boissons spiritueuses est demeurée libre.
L’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Espagne surtout ont aussi à déplorer les suites graves des excès alcooliques. L’Afrique n’est pas exempte de ce mal qui s’est accru depuis notre domination en Algérie et en Tunisie, comme partout ailleurs où règne l’Européen. C’est par l’alcool qu’a disparu en grande partie le peuple hottentot, et c’est encore lui qui est le plus grand ennemi de la race nègre partout où pénètre le blanc.
Quoique l’opium soit la passion dominante des peuples de l’Asie, l’alcoolisme ne règne pas moins dans ces contrées et trop souvent encore on a occasion de constater les ravages qu’il y exerce. Dans certaines villes d’Égypte, et surtout à Alexandrie et au Caire, l’abus des spiritueux est assez commun, du moins parmi les Européens, car les indigènes s’adonnent peu aux excès devin et d’eau-de-vie.
Ces excès existent quelquefois en Syrie et dans la Turquie d’Asie. Les Persans, dans les réunions, boivent volontiers du vin, du thé, du rhumet se couchentassez fréquemment dansun complet état d’ivresse. Dans l’Inde, le peuple oublie trop souvent sa misère pour se livrer aux excès et à l’usage du vin de palmier; mais, en réalité, c’est dans l’armée anglaise que l’alcool exerce le plus de ravages. Il fut un temps où cette armée était tellement décimée par les boissons spiritueuses que les officiers généraux se plaignirent des prescriptions qui faisaient entrer réglementairement la distribution d’alcool dans le régime alimentaire des troupes. Il s’ensuivit un décret qui y substitua une somme équivalente en argent, sous la dénomination de Liquor money. L’exécution de ce décret eut les meilleurs résultats (1).
Le savant missionnaire Hue (2) parle de l’ivrognerie comme d’un vice très répandu en Chine, mais le Dr Libermann (3) est porté à
(1) Marschall, Observ. on Iho abuse of spirt liquors by the Europ. Troops in India ( Edimbourg med. and. sui'cf. Journ ).
(2) Hue, L’Empire chinois, t. H, chap. ix.
(3) D1 2 3’ Libermann, Les fumeurs d’opium en Chine. Paris, 1862, p. 16.
croire qu'il y a de l'exagération dans cette affirmation. Les Birmans boivent une liqueur enivrante faite de riz fermenté, et s’y adonnent avec excès, particulièrement dans les fêtes (1). Les peuples de la Cochinchine et du Tonkin sont demeurés sobres jusqu'ici, mais il esl à craindre que leur conlact avec les Européens ne les rende intempérants, et I on peut avoir les mêmes inquiétudes en ce qui concerne les Japonais, si aptes à s'assimiler les choses d’Europe.
Les habitants des îles de l'océan Pacifique ont depuis longtemps contracté l'habitude des boissons spirilueuses, car, dès l'année 18*29, Lesson 2) écrivait déjà que certaines peuplades de la Nouvelle-Galles du Sud n'avaient pris des Européens que des vices et un goût désordonné pour les liqueurs fortes. Depuis lors, il a été nettement établi par différents voyageurs que la dépopulation des îles Sandwich était due, en grande partie, à l'introduction des spiritueux dans ces îles et à l’abus qu’en ont fait les indigènes. Autrefois, dit Cuzent (3), lesTaïtiens ne connaissaient qu'une seule boisson enivrante qu'ils préparaient en mâchant la racine fraîche d 'ava {Piper met hyslicum); mais, vers 1796, les Européens leur ayant appris à faire fermenter les fruits du pays, afin d’en obtenir des liqueurs alcooliques, ils se prirent d’une façon effrenée pour la nouvelle et bruyante ivresse que produisaient ces liqueurs. L’invention de ces nouvelles boissons et l'importation de celles qui leur vinrent d’Europe ont rendu l’ivrognerie très commune chez ces peuples, et, de sporadique, elle ne tarda pas à devenir épidémique.
L’eau-de-vie et la petite vérole ont cruellement décimé la population indienne des États-Unis d’Amérique, et plus encore celle des indigènes des Antilles (4). Nos vieux historiens, Dutertre, Labat, de Rochefort, savaient que les Caraïbes s’enivraient tout autant que les Taïtiens avec le jus de la patate fermentée ; plus tard, lorsqu’ils connurent nos liqueurs alcooliques, ils s’en montrèrent très avides, aussi Rufz (5) est-il d’avis, avec le plus grand nombre des auteurs, que l’eau de feu ou eau-de-vie a été le principal agent de destruction des Indiens de l’Amérique. Les Européens du Mexique, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud sont demeurés jusqu’ici relativement sobres à cause, d’une part, de la tempérance habituelle des races qui peuplent ces contrées, d’autre part, de l’absence de fabrication des boissons spirilueuses dans ces régions.
Il résulte de celte esquisse topographique que l'abus des boissons alcooliques est aujourd’hui répandu sur les différentspointsdu globe,
(1) Bigondet, L’année géographique. Paris. 1866, p. 32.
(2) Liîsson, Voyage autour du monde, p. 220.
(3) Cuzent, Taïti, p. 85.
(4) A. CAitLiEn, Histoire du peuple américain, Paris, 1863.
(5) Rufz, Bull, de la Soc. d'anthropologie , t. I, p. 276 et suiv.
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chez la plupart, des peuples, et que les peuplades sauvages, comme les nations les plus civilisées, sont soumises au terrible fléau de l’éthylisme, la plus grande plaie de l’humanité.
Toutes les races, depuis le nègre jusqu’à l’Anglo-Saxon, quel que soit leur état de civilisation, sont sujettes à ce mal, mais n’ont pas pour cela, au même degré, le goût des liqueurs spiritueuses. Quelquesunes se distinguent par une sobriété relative; ce sont, en Europe, la race latine, relativement tempérante jusqu’ici, et, en Afrique, la race arabe, qui, par principes religieux, sans doute, est demeurée l’une des plus sobres.
Quoique dispersée dans les différentes contrées de l’Europe, la race juive se distingue également par sa sobriété, de telle sorte que, à ce point de vue, les races sémitiques l’emportent sur les races indo-européennes.
L’influence de la race ne peut être contestée, car elle s’observe même en France où le Normand, alors même qu’il vient à émigrer, est toujours plus porté que le Limousin ou le Méridional à abuserdes alcools.
C’est donc là un point qui est nettement mis en évidence; mais il en est un autre non moins important : c’est l’action bienfaisante de mesures législatives, sagement appliquées, sur la plus ou moins grande fréquence de l’alcoolisme. Certains pays, en effet, comme la Suède et la Norvège, sont parvenus à abaisser d’une façon notable le chiffre de la consommation des spiritueux, en édictant des mesures restrictives, et surtout en diminuant le nombre des cabarets et, par conséquent, la liberté des débits est un danger sur lequel nous aurons à revenir à propos de la prophylaxie.
ÉTIOLOGIE. — Les causes de l’éthylisme sont efficientes, prédisposantes et occasionnelles.
Les causes efficientes concernent la quantité et la qualité des boissons spiritueuses absorbées.
Les plus habituellement usitées sont les alcools d’industrie : whisky, brandy, rhum, kirsch, eaux-de-vie diverses, cognac, armagnac, etc. Toutes ces boissons, fabriquées en distillant des moûts sucrés préalablement fermentés, renferment de l’alcool éthylique qui en est la base, et plusieurs autres alcools dits alcools supérieurs , que la science est parvenue à isoler et dont le degré de toxicité est variable.
De nombreux expérimentateurs se sont appliqués à déterminer ce degré de toxicité chez l’animal, à l’état aigu; mais leurs recherches, des plus intéressantes, n’ont jusqu’ici rien donné de positif concernant l’intoxication chronique par les alcools. Néanmoins, la connaissance de celle-ci, pour dépendre entièrement de la clinique, n’est que plus exacte.
Les résultats obtenus au sujet de l’intoxication aiguë, bienqu’assez
variables, offrent pourtant un intérêt réel, comme on peut le voir d’après le tableau suivant qui fait connaître la dose toxique limite obtenue par trois des principaux auteurs qui se sont livrés à ce genre de recherches.