IV. — INTOXICATION PAR LES PARFUMS
Les parfums sont des essences volatiles qui pénètrent dans l’organisme par les voies respiratoires. Peu ou pas dangereuses lorsque l'atmosphère en est à peine chargée, ces substances produisent, dans le cas contraire, des accidents qui ont de grandes analogies avec ceux de l’absinthisme.
L'intoxication par les parfums, généralement professionnelle,' se rencontre chezles ouvriers en parfumerie, chez les personnes occupées à la fabrication ou à la vente des parfums.
Les hommes occupés à la préparation des parfums, et, surtout, les jeunes filles chargées de l’embouteillage, de la manipulation des essences ou de tout autre travail, toutes celles, en un mot, qui travaillent dans des locaux remplis des vapeurs de ces substances, sont exposés à ce genre d’intoxication, que nous avons encore observée Chez des fabricants et des marchands de couleurs, qui vivent d'une façon presque constante dans leur laboratoire ou dans leur magasin. Ces derniers, au reste, nous ont présenté les accidents les plus sérieux qu’il nous ait été donné d’attribuer aux parfums ou aux essences volatilisées.
Trois malades, dont deux femmes et un homme, atteints de paralysie des extrémités inférieures, devaient cette affection au séjour prolongé dans une atmosphère trop parfumée. L'homme travaillait presque constamment dans son laboratoire, les deux femmes passaient la journée dans leurs magasins et, le soir, elles couchaient dans des pièces communiquant avec ces magasins. Aucun d'eux ne faisait usage d'apéritifs. Un homme, également sobre, mais presque constamment enfermé dans son laboratoire, fut pris d’un violent délire avec hallucinations, que je ne parvins à combattre qu’en ajoutant des piqûres de morphine à de fortes doses de chloral.