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ETI0L0G1E ET PATHOGENIE DES BRONCHITES

capillaires se défendent mal contre la stagnation de produits pathologiques qui entravent la circulation des gaz et qui, d'autre part, livrent aux capillaires sanguins voisins des toxines plus ou moins redoutables, créant ainsi un double danger : danger d'asphyxie, danger d'intoxication.

Au point de vue des effets généraux, la bronchite inférieure peut être comparée à un abcès fermé dont les produits microbiens se répandent dans l'organisme : la bronchite supérieure est un abcès ouvert.

Nous aurons certes à tenir grand compte de la nature du microbe infectant, mais cette notion topographique du territoire enflammé est d'une importance dominante.

Dans cet examen d'ensemble de l'appareil bronchique, nous nous sommes préoccupé des rapports qui peuvent exister entre ce terrain que nous venons de reconnaître et les bactéries de l'air. C'est qu'en réalité on peut affirmer aujourd'hui que presque toute la pathologie des bronches, et tout le chapitre des bronchites en particulier, ressortit à l'infection. Mettons cependant dans un groupe spécial les divers néoplasmes des bronches dont la nature est encore mal connue, et qui seront étudiés en un autre chapitre avec les néoplasmes pleuro-pulmonaires. Distinguons en outre certains flux bronchiques qui ne sont pas de nature inflammatoire et doivent être séparés des bronchites aussi bien que l'hydrothorax est séparé des pleurésies : il existe chez les arthritiques, les brightiques, des bronchorrhées qui ne sont pas des bronchites. Ces confusions de termes doivent être évitées, car elles exposent à des erreurs d'interprétation étiologique et thérapeutique.

Ces réserves formulées, on peut constater que toutes les bronchites sont de nature infectieuse. Infection bronchique et bronchite sont deux termes équivalents : l'un désigne la cause, l'autre le résultat.

Ce chapitre d'étiologie générale conduit donc à l'examen des microbes pathogènes rencontrés dans les diverses bronchites et des causes qui président à leur développement.

Flore microbienne des bronchites. — La flore microbienne des bronchites est encore fort mal précisée. L'imperfection de nos connaissances tient à plusieurs causes, et en particulier à la difficulté que nous éprouvons pour recueillir à l'état de pureté les produits pathologiques des bronchites. Si on examine l'exsudat expectoré, on le trouve forcément souillé par les microbes salivaires, et il devient téméraire d'affirmer que telle bactérie examinée est bien d'origine bronchique et non buccale. Cette difficulté, insurmontable si l'exsudat est fluide et peu consistant, est moindre si, au contraire, le produit, compact et résistant, traverse la bouche sans se mêler à la salive et peut être nettoyé par un lavage prolongé à l'eau bouillie.

In P. CLAISSK. — BRONCHITES.

Il s'ensuil que certaines variétés de bronchite échappenl presque au contrôle bactériologique : c*esl ainsi que nous pouvons facilemenl analyser les gros exsudats visqueux d'un rhume banal à s;i période de coction, tandis que le produit clair el filant du débul n'est expectoré qu'en petite quantité et mêlé à la salive. Or, c'esi préciséinriii ce produit pathologique initial dont l'analyse serait importante, puisqu'on y rencontrerai! à l'état de pureté la culture pathogène qui plus tard va se mélangera divers agents d'infection secondaire. Il faudrait donc obtenir un exsudât bronchique non contaminé par la salive. La ponction capillaire du poumon, qui donne de» résultats si nets dans les cas où le parenchyme lui-même est infecté, ne peut être utilisée pour les bronchites; c'est par le plus grand des hasards que la lumière de l'aiguille rencontrerait une cavité bronchique. Le procédé le plus exact consisterait à pratiquer l'examen au laryngoscope et à prélever directement Fexsudat sur les voies aériennes supérieures au moyen d'un tampon stérile, en prenant les précautions nécessaires pour que, dans l'opération, le tampon ne fût pas souillé de salive.

Jundell (1) a étudié 30 cas de bronchite chez des enfants, en provoquant la toux et en recueillant la mucosité dans la gorge sur une spatule. Il a rencontré ainsi des microbes variés : bacille de Pfeiffer, streptocoque, staphylocoque, méningocoque.

En dehors de ce travail, on manque de documents précis sur la flore microbienne des bronchites bénignes.

On connaît mieux les bronchites graves, celles qui se terminent en bronchopneumonie, puisqu'ici l'examen des pièces d'autopsie permet une technique plus exacte. Encore faut-il tenir compte des infections agoniques et cadavériques qui envahissent si rapidement le larynx béant. On trouvera les renseignements concernant cette partie du sujet à l'article Bronchopneumonie, où le rôle des staphylocoques, streptocoques, pneumocoques, bacilles de Friedlander (2) est particulièrement étudié.

Parmi les divers agents pathogènes des affections pulmonaires, il en est un qui doit être mis en évidence à propos des bronchites, c'est le microbe de la grippe. On sait le polymorphisme de cette affection, et la variété des localisations inflammatoires, mais il n'en est pas moins vrai que le bacille de Pfeiffer est avant tout un microbe des bronches, la bronchite étant la manifestation la plus fréquente de son développement. Meunier (3), qui l'a cherché systématiquement par ensemencement sur gélose sanglante, l'a rencontré fréquemment en culture pure et n'a constaté la surinfection par des agents patho-

(1) Jundell, Hygiea, nov. et déc. 1901.

(2) Silyestrim, Bronchite acuta diffusa da diplobacillo di Friedlander [Lo Sperimentale, 1er juillet 1895).

(3) H. Meunier, Soc. de biol., 1897.

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