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II. — TUBERCULOSE AIGUË DU POUMON

La tuberculose pulmonaire peut prendre dans certains cas une allure rapide qui la rapproche des maladies infectieuses a marche aiguë. A vrai dire, ces deux formes, aiguë et chronique, ne représentent pas des entités morbides, qui ne puissent se confondre el se combiner. Dans le cours des phtisies chroniques, on observe souvent des épisodes aigus de durée variable qui accélèrent la marche de la maladie et qui aggravent singulièrement les lésions préexistant à Eéclosion de ces phénomènes. Ils peuvent s'éteindre ensuite, réapparaître de nouveau et ainsi de suite. Il n'est guère de phtisie avérée qui ne puisse présenter de ces épisodes, toujours inquiétants. Souvent aussi, ce sont ces phénomènes aigus qui abrègent brusquement l'existence d'un malade dont la santé ne paraissait pas menacée à ce point, ou qui terminent les accidents ultimes de la phtisie confirmée. D'autres fois, enfin, ils éclatent en pleine santé apparente, puis s'éteignent, laissant des lésions qui peuvent évoluer lentement vers la terminaison habituelle dans la forme chronique.

Il résulte de ce qui précède qu'il peut y avoir des phases aiguës au début de la phtisie chronique, dans le cours de celle-ci, et d'autres enfin qui se montrent comme des accidents terminaux de la maladie.

Mais en dehors de ces formes morbides, liées à l'évolution banale de la tuberculose chronique, il en est d'autres qui se montrent comme des types morbides définis, à allure rapide, entraînant la mort des malades, sans que ceux-ci aient offert à aucun moment l'aspect de tuberculeux vulgaires. On les voit apparaître : 1° soit chez des individus indemnes jusque-là de toute tare tuberculeuse, comme la manifestation d'un ensemencement massif du poumon par un germe très riraient et par V intermédiaire des voies aériennes : nous retrouverons ces faits en parlant de la pneumonie caséeuse ; 2° soit chez des sujets, indemnes en apparence, mais ayant dans les poumons, ou dans les ganglions, ou dans tout autre organe, des foyers de tuberculose latente insoupçonnés; 3° enfin, chez ceux qui ont des tuberculoses locales, viscérales, séreuses ou autres en évolution. Dans ces deux dernières éventualités, il ne s'agit plus d'un ensemencement, par les voies aériennes, d'un germe venu du dehors, mais d une propagation de proche en proche d'un foyer tuberculeux, ou d'une généralisation, soit par les voies lymphatiques, soit par les vaisseaux sanguins, des germes qui y sont contenus.

Les tuberculoses aiguës du poumon peuvent prendre les deux formes que nous avons décrites au tubercule.

Les unes, ayant pour substratum anatomique le tubercule caséeux, la nécrose destructive du parenchyme pulmonaire, représentent des lésions pulmonaires à marche extensive et caséeuse rapide, plus

TUBERCULOSE CASEEUSE AIGUË. «9—557

toxiques qu'infectieuses pour l'organisme, sans généralisation caséeuse habituelle aux autres viscères. Ce sont les tuberculoses aiguës caséeuses : pneumonie, bronchopneumonie caséeuse.

Les autres, ayant pour substratum anatomique la granulation grise, sans nécrose massive du parenchyme, sont des manifestations de l'infection bacillaire sanguine, et s'accompagnent de généralisation granulique aux autres viscères. Ce sont les tuberculoses aiguës granuligues, décrites par Empis sous le nom de granulie.

En pratique, cette distinction n'est pas toujours aussi tranchée; et en particulier les petits enfants, chez qui ces formes aiguës ou subaiguës sont la règle, présentent très souvent dans le poumon un mélange de granulations, de tubercules caséeux.

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