CANCER SECONDAIRE DU POUMON
cellules cancéreuses proliférées: des colonies cellulaires se forment de proche en proche sur les parois jusqu'au diaphragme; le muscle est traversé par la progression des cellules suivant ses espaces lymphatiques; la plèvre est ensemencée à son tour, de nouvelles colonies se forment sur ses parois, et envahissent le poumon.
4° La propagation par voie lymphatique est raccompagnement et le complément de l'infection pleurale, qui détermine la production de lymphangites pulmonaires (fig. 42 et 43) sous-séreuses et intraparen-
— Lymphangite cancéreuse, bronchique et péri bronchique, dans un cancer secondaire du poumon (très faible grossissement) (Ménétrier).
Une petite bronche (A), flanquée de son artère satellite (B) et dans la paroi de laquelle on voit un demi-cercle cartilagineux (G), présente, dans l'épaisseur de sa muqueuse, des amas arrondis, pleins de cellules épithéliomateuses, qui se distinguent du tissu avoisinant parleur coloration plus foncée (D", D"", D"'") ; ce sont les lymphatiques profonds de la muqueuse, coupés transversalement et envahis par le cancer. A la périphérie de la paroi bronchique, en dehors du cartilage, on trouve la coupe de lymphatiques péribronchiques semblablement envahis, les uns partiellement, les autres complètement remplis de cellules cancéreuses (D, D', D").
chymateuses (Troisier) (1); plus rarement les voies lymphatiques peuvent être envahies par infection rétrograde, un cancer des ganglions du médiastin se communiquant aux ganglions des bronches et du hile du poumon (Girode) (2).
5° Enfin la propagation par voie sanguine ; les cellules cancéreuses, charriées par le sang, vont s'arrêter, suivant le mécanisme des embolies capillaires, dans les réseaux sanguins du poumon, et
(1) Troisier, Thèse de Paris, 1874.
(2) Girode, Arch. gén. de médecine, 1889.
donnent naissance, par leur prolifération ultérieure, aux noyaux cancéreux qui parsèment l'organe.
Selon ces divers modes de propagation, le cancer secondaire du poumon revêtira des aspects multiples. Quand L'envahissement s'est fait par extension directe, l'altération est circonscrite et d'un seul bloc, en rapport de continuité avec l'organe primitivement altéré.
Dans l'infection par voie pleurale, avec participation des réseaux lymphatiques du poumon, l'aspect est celui de la lymphangite : réseaux polygonaux transparaissant sous la plèvre, dessinés par des
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Fig. 43. — Lymphangite cancéreuse sous-pleurale clans un cancer secondaire du poumon (Ménétrier).
Un lymphatique sous-pleural (A) est bourré de cellules cancéreuses. En B, B', gros capillaires sanguins avoisinant la surface libre de la plèvre |C, C).
tubes ou cordons moniliformes, blanchâtres ou rosés, durs, solides, complètement remplis de cellules néoplasiques (fig. 43). Dans l'épaisseur du parenchyme, la lymphangite se traduit par une infiltration diffuse, principalement péribronchique, et en coupe on retrouve ces mêmes cordons, pleins de tissu néoplasique, dans la paroi et au pourtour de la paroi bronchique (fig. 42). Par places, cependant, des foyers de prolifération plus active se manifestent par des tumeurs arrondies, de volume variable.
C'est cette dernière apparence qui se rencontre surtout dans l'infection par voie sanguine. Les cellules arrêtées dans les ramifications capillaires donnent naissance à des noyaux néoplasiques distincts et isolés les uns des autres ; généralement de forme arrondie, sauf à la surface et au niveau des bords du poumon ; rappelant par leurs apparences, couleur, consistance, vascularisation, formations kystiques, etc., la tumeur primitive qui leur a donné naissance ; de nombre variable, de volume également. Tantôt on ne trouve qu'un