‹ Nouveau traité de médecine et de thérapeutiqueChapitre 57 sur 128 · CANCER SECONDAIRE DU POUMON. S · texte numérisé non relu

CANCER SECONDAIRE DU POUMON. S

ou deux petits noyaux, simple constatation d'autopsie ; tantôt une tumeur volumineuse, ulcérée ; tantôt des tumeurs multiples, plus nocives par leur nombre que par leur volume.

C'est en effet dans la généralisation des cancers par voie sanguine que Ton peut rencontrer une infiltration diffuse de tout le poumon par de petits noyaux cancéreux, aussi disséminés et aussi nombreux que les granulations tuberculeuses dans la granulie, et dont l'évolu-

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Fig. 44. — Épithéliome pavimenteux atypique de l'utérus. Métastase pulmonaire

(Ménétrier).

La disposition lobulée des masses épithéliomateuses reste la même que dans le foyer primitif utérin, mais ici le stroma est simplement la trame alvéolaire du poumon dont les cavités sont remplies par les cellules cancéreuses proliférées, exactement comme dans la pneumonie par l'exsudat fibrineux. Dans ce stroma préformé, les lobules épithéliomateux présentent également une couche périphérique de cellules jeunes en prolifération et une zone centrale à noyaux pycnotiques en dégénérescence.

A, A', A", parois alvéolaires formant le stroma du néoplasme ; B, B', B ", cavités alvéolaires remplies par les cellules épithéliomateuses atypiques ; C, C, dégénérescence centrale des lobules épithéliomateux. (Grossissement : 97D.)

tion rappelle de tout point celle de la tuberculose aiguë (carcinose miliaire) ; le mécanisme de dissémination des cellules cancéreuses étant du reste identique à celui de la dissémination des bacilles.

Il est fréquent que les cellules cancéreuses émigrées dans le poumon se déversent dans les alvéoles et s'y multiplient, remplissant alors les cavités à la manière des exsudats pneumo niques et respectant les parois alvéolaires qui même servent de stroma au noyau néoplasique et lui apportent par leurs vaisseaux les éléments nutritifs nécessaires à son développement (fig. 44).

Il va de soi que les divers modes d'infection du poumon peuvent

s'effectuer parallèlement, et que fréquemment les lésions diverses qui en résultent se trouvent mélangées.

Nous n'insisterons pas sur les formes histologiques des cancers secondaires du poumon ; ellessont très nombreuses, aussi nombreuses que les cancers primitifs de tous les organes, qui tous sont susceptibles de donner naissance à des métastases pulmonaires. Il nous faudrait donc énumérer, pour être complet, toutes les variétés d'épithéliomes, de sarcomes, de myxomes, dechondromes, de lymphomes, ostéosarcomes, tumeurs mélaniques, embryomeset placentomes, etc., toutes les tumeurs malignes en un mot.

Quant aux symptômes, les localisations pulmonaires du cancer secondaire se manifestent évidemment, comme les localisations primitives, selon leur volume, leur siège, les lésions qu'elles déterminent sur les organes avoisinants.

Elles sont le plus souvent latentes, en raison de l'époque tardive de leur apparition, et de leur peu de développement.

Quand elles se manifestent par des foyers cancéreux volumineux et peu nombreux, elles ne diffèrent aucunement du cancer primitif du même type, et la seule forme spéciale que nous trouvions à signaler est la forme diffuse, caractérisée anatomiquement par la multiplicité des noyaux cancéreux, et cliniquement par des phénomènes de dyspnée intense et continue, tout à fait hors de proportion avec les signes physiques perçus à l'examen de la poitrine. La mort survient rapidement par asphyxie, avec un complexus symptomatique identique à la forme suffocante de la granulie. C'est à des faits de ce genre que se rapportent bon nombre des observations décrites comme cancers aigus des poumons, et, en effet, la durée peut en être fort courte ; ainsi, chez une femme antérieurement opérée d'un cancer de l'ovaire, nous avons vu cette forme de généralisation pulmonaire diffuse évoluer et tuer en moins de quinze jours.

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