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BRONCHITE CAPILLAIRE

SYMPTOMATOLOGIE. — L'exsudat pathologique n'est pas dangereux tant qu'il esl contenu dans les grosses bronches dont il n'arrive jamais à boucher complètement la cavité. Mais s'il parvient aux fines bronches, il les oblitère complètement, et, en ces conduits de petil calibre, obéissant mal aux lois de la pesanteur contrariées par celles de la capillarité, il peul s'étendre dans toutes les directions, fusant vers les diverses portions du poumon. Il se produit ainsi, dans certains cas, une obstruction bronchique assez considérable, une diminution du champ respiratoire assez marquée pourque l'hématose devienne insuffisante el que l'asphyxie se déclare. C'est là une sorte d'inondation bronchique, conséquence mécanique de la bronchite capillaire, qui justifie parfaitement la dénomination de catarrhe suffocant.

Mais, à côté de ce rôle mécanique des exsudais inflammatoires, il existe, dans les bronchites capillaires, un autre facteur pathogène, l'intoxication. Le pouvoir toxique des sécrétions bronchiques avait déjà été entrevu par Beau (1). Ilayem (2), dès 1869, est d'avis que certains symptômes des bronchites sont dus aux « altérationsdu sang par des poisons morbides ».

L'idée du rôle toxique des produits bronchiques, suggérée aux observateurs par l'analyse des manifestations cliniques, ne pouvait être confirmée que par l'application des méthodes bactériologiques. On peut maintenant affirmer que certains symptômes de la bronchite capillaire ne relèvent pas de l'asphyxie mécanique, mais bien d'une toxémie microbienne. Les microbes des exsudats sont inactifs tant que ceux-ci sont contenus dans les grosses bronches, en raison de la muqueuse épaisse qui leur oppose une barrière impénétrable. Si, au contraire, ces mêmes microbes parviennent aux fines bronches, les phénomènes infectieux apparaissent. Ces accidents ne sont pae dus au passage des microbes eux-mêmes dans le sang: la mise en culture de sang et de divers parenchymes donne rarement des résultats positifs. Il s'agit donc, non pas d'une septicémie, mais bien d'une toxémie. Les poisons microbiens dialysent à travers la paroi mince des fines bronches et se répandent dans l'organisme. Ce fait est continué par l'expérimentation (3).

Il existe en somme, parmi les signes de la bronchite capillaire, deux ordres de phénomènes ; les uns, mécaniques, proviennent de l'obstruction des bronches : les autres, toxiques, tiennent au passage de poisons microbiens à travers la paroi bronchique. Le plus souvent, ceà

I) Beau, Journ. de mêd., t. I. 1843, p. 146. (2) Hayem, Des bronchites. Thèse de Paris, 1869. 3 P. Claisse, L'infection bronchique. Thèse de Paris, 1893. p. 115.

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