CONGESTION SUBITE ET GÉNÉRALISÉE DES POUMONS
Les anciens auteurs décrivaient, sous le nom de coup de sang pulmonaire, une congestion subite et extrêmement étendue, le plus souvent rapidement mortelle. Cette forme de congestion pulmonaire était considérée comme une des causes fréquentes de mort subite (Devergie). L'analyse plus exacte des faits classés sous cette rubrique a montré qu'ils ressortissaient pour la plupart soit à l'embolie pulmonaire, soit à l'œdème aigu du poumon, soit à l'apoplexie pulmonaire. Cependant cette forme de congestion peut s'observer, en particulier sous l'influence du coup de chaleur ou du coup de froid, de l'insolation, dans les empoisonnements aigus par l'alcool et l'absinthe. On voit d'ailleurs le plus souvent réunies les deux causes : le froid et l'ivresse. On a cité encore la suppression brusque des règles par refroidissement, les efforts violents (accouchement), les accès de colère, etc.
Il est rare d'ailleurs que les lésions soient limitées à la congestion pulmonaire pure, et d'ordinaire elles aboutissent à l'œdème pulmonaire ou à l'apoplexie. A l'autopsie, les poumons ressemblent à deux énormes caillots (Lacassagne).
Weil (de Lyon) a rapporté un fait intéressant de congestion pulmonaire à rechutes, comparable à l'hémoglobinurie paroxystique. Il s'agissait d'un jeune homme de vingt et un ans, présentant tous les mois, sous l'influence du froid, des hémoptysies. Chaque crise était accompagnée de phénomènes généraux et de dyspnée. Le sang rendu n'était jamais pur, mais comme délayé dans une sécrétion séreuse très abondante. A l'auscultation, on trouvait des râles fins disséminés dans toute l'étendue des poumons. Ces crises hémoptoïques se présentaient quand le malade s'était exposé au froid et il suffisait, pour les produire, d'une simple promenade de deux heures au préau de l'hôpital. Le malade succomba au cours d'un accès. A l'autopsie, on trouva une violente congestion pulmonaire sans lésions tuberculeuses.
724 11. MÉRT ET L. BABONNEIX. — CONGESTION PULMONAIRE.