SCLÉROSE PULMONAIRE
râles sont remarquables par leur fixité. Dans le reste du poumon, la respiration est sèche, surtout à l'inspiration. Cette rudesse peut être plus marquée sur certains points. L'expiration est normale, contrairement à ce qui se passe chez les emphysémateux. Dans certaines parties où la sclérose domine, on peut trouver du souffle.
Dans certains cas, comme dans le rétrécissement mitral, on peut observer de véritables hémoptysies (1). On peut également trouver dans les crachats des cellules cardiaques, cellules endothéliales ou lymphatiques chargées de débris globulaires.
Telle est la forme mitrale des bronchites cardiaques décrites par Lasègue. L'existence des complications pleurales (pleurésie simple des cardiaques, hydrothorax) peut d'ailleurs en modifier les principaux caractères.
Dans la forme aortique, les caractères symptomatiques se rapprochent plus de l'œdème du poumon. On sait d'ailleurs qu'on observe chez les aortiques l'œdème aigu.
La bronchite des aortiques répond donc à de l'œdème subaigu.
La dyspnée est continue, douloureuse, avec des paroxysmes nocturnes (pseudo-asthme aortique). Cette dyspnée a été attribuée par Huchard à l'intoxication, par Peter et François-Franck à un trouble de l'innervation. A l'auscultation, on trouve de petits foyers de râles sous-crépitants, puis presque crépitants, disséminés çà et là dans les poumons, coïncidant avec une crise de suffocation ou avec des hémoptysies. La bronchite aortique disparait en général avec la brusquerie de son entrée. « En poussant plus loin le parallèle entre les deux formes de bronchite cardiaque, dit Lasègue, je pourrais dire que la première affection est une bronchite veineuse, passive, indolente; la seconde, une bronchite à forme artérielle, active, à crises. »
TRAITEMENT. — Le traitement dans les congestions pulmonaires secondaires aux maladies infectieuses est semblable à celui de la congestion la plus active à causé de la gravité plus grande des congestions deutéropathiques.
Heureusement, d'ailleurs, son action est beaucoup plus nette que dans la congestion idiopathique, et l'hydrothérapie, sous forme soit de compresses enveloppant le thorax, soit de bains, a la plus merveilleuse action sur les congestions pulmonaires de la grippe, de la coqueluche par exemple (2). On sait que les typhiques baignés ont beaucoup moins de phénomènes pulmonaires que ceux qui ne sont pas soumis au traitement de Brand.
Dans le cas de congestion hypostatique des maladies adynamiques,
(1) Dans le rétrécissement mitral , les hémoptysies peuvent êlre dues : 1° à la congestion passive; 2° à des infarctus; 3° à des lésions tuberculeuses discrètes du sommet des poumons.
(2) Voy. à ce sujet Fernet, Semaine médicale, 1906, p. 415.
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il sera utile de soutenir le cœur par la digitale ou la caféine et, mieux encore peut-être, par les injections sous-cutanées de strychnine. Il faudra avoir soin aussi défaire varier le décubitus du malade.
Les congestions pulmonaires des arthritiques seront justiciables des traitements hydro-minéraux : La Bourboule, le Mont-Dore, Saint-Honoré, Ludion, Cauterets.
Les accidents gravido-cardiaques céderont à la saignée.
La congestion pulmonaire chronique des cardiaques, en dehors de l'application de révulsifs répétés (ventouses sèches), réclamera Le traitement de la maladie causale : régime lacté, diurétiques, purgatifs, digitale.
Chez les albuminuriques, le régime lacté sera de rigueur.
En résumé, la saignée est indiquée dans les accidents gravido-cardiaques, dans le coup de sang pulmonaire; elle Test aussi, et surtout, dans l'œdème aigu du poumon, dont nous allons nous occuper maintenant.