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ŒDÈME AIGU DU POUMON

H. MÉRY et L. BABONNEIX

r agrégé à la Fac édecine de Paris, Médecin des hôpitaux.

Professeur agrégé à la Faculté Ancien chef de clinique à la Faculté

de médecine de Paris, de médecine de Paris.

DÉFINITION. — L'œdème du poumon, c'est le passage, dans le tissu pulmonaire, de la sérosité albumineuse, non coagulable, du plasma et des leucocytes. Cette sérosité albumineuse, exsudée des capillaires sanguins, se répand immédiatement dans les alvéoles, les capillaires sanguins étant seulement séparés de la cavité de l'alvéole par une mince couche de cellules épithéliales qui n'offre qu'une bien faible résistance à l'inondation séreuse. Cette inondation séreuse des cavités du poumon peut ensuite devenir un obstacle à la circulation sanguine et à l'hématose, en comprimant les vaisseaux capillaires et en amenant leur affaissement.

On distingue deux variétés d'œdème pulmonaire :

L'œdème par stase : œdème passif.

L'œdème par congestion active : œdème actif.

L'œdème par stase dû aux affections du cœur gauche, avec excès de tension dans le système veineux pulmonaire qui se vide mal, se constitue peu à peu. C'est un œdème chronique ou, tout au moins, subaigu. Il s'accompagne de congestion pulmonaire chronique. L'œdème, en pareil cas, se trouve sur le même plan que la congestion passive qui l'accompagne, et, suivant les cas, tantôt l'un, tantôt l'autre l'emporte. Aussi convient-il de ne point séparer l'étude de la congestion pulmonaire chronique et celle de l'œdème chronique. Nous les laisserons complètement de côté ici.

L'œdème par congestion active, œdème actif, œdème aigu, est tout autre. Il résulte, non d'une gêne dans la circulation en retour du poumon, mais d'une élévation subite et considérable de tension dans le domaine de l'artère pulmonaire, et se caractérise par une brusque suffusion de sérosité dans l'intérieur des alvéoles, ainsi que dans le tissu interstitiel du poumon (Teissier) (1). Il se distingue

(1) Teissier, Congrès de Paris, 1900.

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