Y EL
200 PYBEXIES ;
Quand il s’est formé des taies à la suite de Fophthalmie, on peut, avec la pointe d’un pinceau très-fm de poils de chameau , les couvrir , deux ou trois fois chaque jour , d’une poudre subtile composée d’égales parties de sucre blanc et d’alun , ou de nitrate de potasse. Si ce moyen était sans succès , on essaierait un autre mélange d’une partie d’acétate de cuivre ou de nitrate de mercure rouge , et de six parties de sucre finement pulvérisé. On obtient aussi quelquefois un bon effet d’un collyre contenant un peu d’oxy-muriate de mercure , ce qui ne doit point empêcher l’emploi de la poudre, d’un autre côté. C’est dans le même but qu’a été composée la pommade de Peilier, fortement préconisée par M. Bell(i).
Si on emploie les escarrotiques contre les taches opaques de la cornée , il faut le faire avec la plus grande prudence et avec d’extrêmes précautions ; sans cela ils deviennent nuisibles.
Quelquefois on peut enlever , avec l’instrument tranchant, une tache placée à la face antérieure de la cornée ; mais ce cas est rare ; l’étendue de l’opacité rend presque toujours une pareille opération absolument impraticable.
(i) Hydrarg, nilrat. rub. . . .
Lapid. calatiiin. præpar. . .
Litbargyr. lævigat. ....
Tuthiæ præparat. • . . .
Hydrarg. suifiir. mb. . . .
Ealsam. peruv .
Adipis suiiiæ
aâ 3 j {5.
gutt. XV.
3 ij*
ou MALADIES FEEBlLES/ 201
J’ai guéri, en très-peu de temps , en introduisant chaque jour dans l’œil quelques gouttes d’eau cuivreuse ammoniacale , une taie qui couvrait toute la cornée transparente par suite d’une lésion locale.
En pareil cas , l’application du fiel des animaux a paru réussir , là même où les autres remèdes avaient déjà échoué. Comme cette humeur est d’une nature stimulante , il faut éviter de s’en servir pendant la période inflammatoire ; mais dès qu’elle est passée , il ne faut pas balancer à en faire usage : elle peut alors prévenir la formation d’une taie que rien ensuite ne saurait détruire. On l’emploiera pure ou étendue ; sous cette dernière forme elle ne cause pas d’irritation douloureuse , ce qui est peut-être préférable en commençant. Ses effets , au reste , sont analogues à ceux de la pommade de nitrate de mercure , ou d’une faible dissolution de nitrate d’argent.
D ans une ophthalmie quelconque, il faut écarter tout principe d’irritation : on placera donc le malade dans une chambre obscure , ou on l’obligera , au moins , de porter un garde-vue de taffetas vert, pour modérer la vivacité de la lumière. Il devra éviter les alimens de nature échauffante ou stimulante , les liqueurs alcoholiques ou fermentées. Mais, tant pour modérer l’irritation existante que pour provoquer la transpiration , il prendra la décoction de quelque graine farineuse , ce qui a en outre l’avantage d’apaiser la soif et de fournir suffisamment à l’alimentation.
202 PYBEXIES;
Quoique i’ophthalmie paraisse guérie, il devient quelquefois nécessaire de s’opposer à upe rechute , en entretenant des vésicatoires derrière les oreilles , ou en posant un cautère. Si elle est de nature atonique , la meilleure manière d’empêcher son retour est de donner de la force aux vaisseaux de l’œil et au reste de l’économie. Un des puissans moyens que l’art mette à notre disposition en pareil cas , est le bain froid général ou borné à la tête , une ou deux fois par jour. Il est également utile d’appliquer de l’eau froide ou quelque collyre astringent sur les yeux ''euxmêmes, et d’administrer du quinquina et d’autres toniques.
M. \Yare ^ a souvent vu l’opacité du crystallin, produite par quelque violence extérieure , se dissiper et permettre à la rétine de recevoir les images des objets pendant l’application de f éther à l’extérieur. « Quelquefois, ditdl,'j’étendais ce fluide
avec un tiers ou un quart d’une faible solution » de muriate de mercure sur-oxidé ; mais en gé- » néral je l’employais seul, et l’appliquais sur » l’œil , à l’aide d’un pinceau de poils de chameau.* 5) 11 en résultait une douleur très-aigue , avec rou- » geur intense de la conjonctive ; mais ces symp- » tomes se dissipaient fort vite, et l’œil reprenait » bientôt l’aspect qu’il avait avant l’application.
Le meilleur remède que nous ayons trouve contre I’ophthalmie qui a régné épidémiquement
* Observations on the Cataract and Gutia-serena , second edi--
ou MALADIES FEBBILES. 2o3
parmi les troupes anglaises, depuis la campagne d’Egypte , est la saignëe du bras , que le docteur Yetch conseille de faire très-forte , si on veut en obtenir les bons effets qn’elîe produit ordinairement , tirant jusqu’à vingt onces de sang d’une fois , ou plutôt poussant l’évacuation jusqu’à la défaillance , et répétant l’opération assez souvent
A ces saignées générales abondantes , à celles que l’on opère localement sur l’œil par les moyens que nous avons fait connaître en parlant de l’opbthalmie ordinaire , il faut joindre l’usage des purgatifs administrés tous les deux ou trois jours, et un régime antiphlogistique approprié.
Au sujet de 1’ ophthalmic ordinaire , nous avons recommandé des scarifications sur le globe de l’œil ; et alors peut-être vaudrait - il mieux les pratiquer sur la face interne de la paupière inférieure, parallèlement à son bord, 'et près de lui , que de faire simplement des mouchetures , comme cela a lieu quelquefois. On favorisera la sortie du sang en renversant la paupière avec le bout du doigt, mais par intervalles seulement.
Tandis qu’à l’aide de ces moyens nous modérons la violence de la maladie , nous empêchons l’opacité du crystallin, nous prévenons la rupture de la cornée , il nous faut en même temps calmer les symptômes locaux , et diminuer la sécrétion muqueuse par des applications topiques. Des compresses trempées dans quelque collyre adoucissant , comme ceux dont nous avons donné la
Treatise on the Egfptian Ophthalmia,
ao4 PYEtXIÈé;
formule , seront tenues constamment sur les yeu^ ou sur Fun d’eu:5^ seulement , en même temps qu’on instillera entre les paupières quelques gouttes des liqueurs recommandées dans ce cas. Une des meilleures paraît être Facétate de plomb convenablement étendu ; il faut encore recommander les solutions d’alun ou de sulfate de zinc 9 et les collyres camphrés (i) ou astringens.
Néanmoins , si la mucosité purulente est retenue par la tuméfaction de la conjonctive enflammée , il sera nécessaire , pour l’évacuer entièrement, de lancer sur l’œil les liqueurs convenables .avec une certaine force , ce à quoi l’on parviendra avec une petite seringue à canule mousse. Dans le fort de la maladie , ces injections seront répétées au moins une fois par heure ; mais plus tard on pourra ne les faire qu’à des intervalles de temps plus éloignés.
Cependant lorsque la douleur de l’œil est trèsvive , et la tuméfaction de la conjonctive considérable , il faut ne faire les injections que rarement, et avec des liqueurs adoucissantes, ou même de l’eau tiède simplement. En même temps on appliquera fréquemment sur la partie une éponge ou de la flanelle imbibée d’eau chaude ou
(i) Cupri vitriol . .
Bol. Armeii . . . ^ aa gr. viij.
Campho gr. ij. M. et ajfunde
Aqoæ bullientis . g viij.
Ciun lolio sit fri^ida effundatur liquor limpidus et sœpissime injicialur paululüm inter oculiun et pal— pcbras oinni hoi'd»
ou MALADIES fébriles;
tfune décoction tiède de têtes de pavots. Pendant la grande force de l’inflammation , on pourra faire usage d’un cataplasme de pain et de lait, en ayant soin de le renouveler souvent. Dans les cas graves , il pourrait devenir avantageux de raser la tête , pour la recouvrir , ainsi que les tempes, decompresses trempées dans le vinaigre, ou de poser un vésicatoire à la nuque.
Dans les premiers temps de la maladie , il est bon d’instiller quelques gouttes de teinture vineuse d’opium entre les paupières.
Tels sont les moyens à adopter dans le traitement de cette espèce d’ophthaîmie. Cependant quelquefois , malgré tous nos efforts , nous ne pouvons surmonter la violence de l’inflammation , et la cornée menace de se rompre , ce qui se reconnaît à son opacité et au bourrelet blanc qui l’entoure. Alors il faut, avec la lancette , faire une ponction dans la chambre antérieure de l’œiî pour laisser écouler l’humeur aqueuse.
M, ^Vardrop, d’Edinburgh, paraît avoir plusieurs fois pratiqué cette opération sans le moindre danger, et avec le succès le plus prononcé ; il attribue le prompt soulagement que le malade éprouve à la cessation subite de la tension qui existait
M are est en cela parfaitement d’accord avec
M. ^Vardrop, etil fait remarquer judicieusement
qu’en laissant la rupture se faire spontanément,
elle peut arriver dans un endroit où la cicatrice
empêche par la suite le passage des rayons lumi-:
^ Edinburgh Journal^ vol. iii. pag. 56.
2o6 pyrexïes ,
lieux, inconvénient qui ii’est point à redouter quand on s’adresse à un chirurgien instruit
De V Inflammation de ,1 Oreille ou Otite,
( Otitis. )
Lè plus souvent l’inflammation de l’oreille n’est point accompagnée de fièvre , quoique le malade éprouve les douleurs les plus cruelles ; mais quelquefois elle est compliquée de fièvre, et prend un caractère effrayant ; le coma, le délire, les convulsions surviennent, et la mort peut en être la suite.
L’otite est produite par les mêmes causes que les autres inflammations , mais rien ne la détermine plus promptement qu’une exposition partielle au froid.
Nous devons dans son traitement nous astreindre à la marche suivie pour l’ophthalmie , nous bornant aux remèdes topiques lorsqu’elle est purement locale , et y joignant seulement les cathartiques dans la vue de débarrasser les premières voies. On doit, au reste, principalement compter sur l’application des sangsues , de la chaleur, des vésicatoires sur la région mastoïdienne.
Si la douleur, loin de diminuer, continue à augmenter, il faut s’attendre à voir survenir la suppuration. On la favorisera à l’aide de fumigations émollientes et de cataplasmes de même na-
* Remarks on purulent Ophthalmia.
Etymologie. Oy?, auris.
ou MALADIES FEBR'ILESV 120^
ture. Âpres l’ouverture de l’abcès, on pratiquera dans l’oreille des injections adoucissantes et légèrement astringentes.
Si l’otite est accompagnée d’une douleur générale de la tête , de fièvre , de délire, ou de coma, il faudra joindre aux remèdes locaux les moyens généraux énergiques que nous avons recommandés contre la phrénésie. La suppuration arrive presque constamment alors ; les parties intérieures de l’oreille sont détruites , les osselets se trouvent détachés, il s’écoule au-dehors une abondance d’une sanie fétide et purulente, et l’ouïe est perdue pour toujours du côté affecté.
Parfois des ulcères fistuleux très-incommodes et communiquant avec l’oreille interne sont la suite de cette même suppuration.
La douleur d’oreille peut subsister plusieurs jours de suite sans qu’il y ait aucune apparence d’inflammation. Alors on peut facilement la dissiper en mettant dans le conduit auditif de la teinture d’opium, de l’éther, de l’huile ou même de l’eau chaude. ^
La douleur d’oreille peut encore être la conséquence de la carie d’une dent : en pareil cas , on appliquera de l’éther sur la joue du côté souffrant, ou l’on placera dans la dent affectée un grain d’opium muqueux uni à un peu de camphre.
De r Angine tonsillaire (Cynanche tonsillaris)
Bans cette maladie l’inflammation occupe spé-
* Etymologie. F.ya?)' , canïs^ et ? sujjbço.
2o8 pyrexies ;
cialement les tonsilles ; mais souvent elle s’étend sur toute la membrane muqueuse du pharynx , de manière à empêcher le malade de parler, dç respirer et d’avaler.
On la distingue facilement de Tangine maligne à la force du pouls , à la gêne plus grande de la déglutition, à l’absence des ulcérations du gosier, à la fièvre angioténique qui l’accompagne.
Ses causes les plus ordinaires sont l’impression du froid , les changemens de température dans l’atmosphère , l’action d’un courant d’air frais sur une partie du corps, l’humidité des vêtemens, des chaussures ou des appartemens ; en un mot , tout ce qui peut supprimer la transpiration. Elle peut se déclarer aussi après de violens efforts de voix , le jeu des instrumens à vent , la déglutition de substances âcres , la suppression d’un écoulement habituel. Elle attaque spécialement les jeunes gens et les personnes d’une constitution pléthorique. Elle paraît, pour ainsi dire, bornée aux pays froids , où elle se manifeste surtout durant le printemps et l’automne. L’angine maligne, au contraire, atteint spécialement ceux d’une constitution faible et irritable , et est la plus répandue dans les pays chauds. Celle-ci d’ailleurs est contagieuse souvent ; l’autre ne l’est jamais : enfin , l’angine tonsillaire paraît régner de préférence chez certains peuples , puisque le froid la détermine le plus ordinairement.
On reconnaît d’abord la maladie dont il s’agit â une gêne dans les mouvemens de la déglutition et de la respiration , à la rougeur et â la tuméfac-
ou MALADIES FEBKlLES: âog
lion des tonsilles ou de l’une d’elles seulement , à la sécheresse de la gorge , à l’enduit saburral de la langue , aux douleurs lancinantes des parties affectées, à l’enrouement, à une excrétion de mucus fréquente , mais difficile , et à un mouvement léger de fièvre. Bientôt la difficulté devient plus grande pour avaler et pour respirer ; les mots sont confusément articulés ; la sécheresse de l’arrière-bouche, la soif augmentent; la langue se gonfle^ et se recouvre d’une croûte brune ; le pouls devient plein, dur et fréquent. Parfois on distingue sur les tonsilles de petits ulcères blancs sordides , et dans les cas les plus graves on remarque une surdité complète , toute la face semble prise , les yeux sont enflammés, les joues vermeilles et gonflées ; il y a. menace de suffocation , et le malade ne peut respirer que dans une position presque horizontale. On voit même survenir le délire et le coma ; et si l’impossibilité de respirer ne cesse point , la face devient livide , le pouls s’éteint , et la mort arrive promptement.
Au reste, c’est cette suffocation, c’est la difficulté de prendre de la nourriture ,‘ qui constituent tout le danger de cette maladie ; mais rarement elle est portée à ce point, et elle se termine le plus ordinairement par résqlution, ou par suppuration si les moyens propres à amener la première n’ont* point été employés d’assez bonne I heure. On ne la voit presque jamais finir par la gangrène ou dégénérer en squirrbe.
Quand , vers le cinquième jour, on voit la respiration devenir libre, la déglutition être rendue plus
PYREXIES ,
facile , la fièvre se modérer, les tonsilles prendre une teinte d’un rouge vif, une moiteur générale s’établir, ou bien une abondante salivation on un flux diarrhéique se déclarer, on doit espérer la résolution.
La suppuration , au contraire , arrivera probablement, si les parties enflammées pâlissent et deviennent moins douloureuses, si elles sont le siège de pulsations , si le malade ressent de légers frissons.
Quand la gangrène doit se manifester, les parties enflammées, auparavant rouges et tendues, semblent lâches, brunes et livides ; le pouls, de fort qu’il était, devient petit, faible etirrégulier ; la face prend un aspect cadavéreux ; une sueur froide et visqueuse inonde la surface du corps ; les extrémités sont froides , et l’individu meurt dans un état de coma et d’adynamie.
Quand la mort est due à la suffocation , on ne découvre rien dans les cadavres qu’une violente inflammation des tonsilles, et quelques traces de lésions dans la tête.
Dans le traitement de l’angine tonsillaire, notre premier et principal soin doit être de dissiper l’inflammation par des moyens appropriés. Si elle est fort intense, et que le malade soit adulte, on tirera du bras douze ou quatorze onces de sang ; si elle est peu vive , il suffifà d’appliquer quelques sangsues sous les oreilles , particulière^ ment du côté le plus affecté. Il est également fort avantageux d’opérer une saignée locale en scarifiant les tonsilles à l’intérieur, et si on y a recours
ou MALADIES FEBRILES , 21 1
dès le début, on s’opposera grandement à l’établissement de la suppuration. /
Au commencement de la maladie , et avant que la fièvre soit devenue forte, on pourra retirer un bon effet de l’ administration d’un émétique , et même arrêter ainsi subitement la marche du mal.
On donnera aussi , comme antiphlogistiques , des médicamens légèrement laxatifs, tels que les [ sels purgatifs ou le calomélas uni au jalap.
, Lorsque l’inflammation est considérable, on j retirera de l’avantage de l’application hâtive d’un
! vésicatoire à la gorge ou à la nuque ; si elle est peu intense, on se bornera à frictionner ces parties deux ou trois fois chaque jour avec quelque [ liniment stimulant , camphré ou ammoniacal , et C on entourera ensuite le cou d’un morceau de flaic nelle.
Les gargarismes légèrement astringens et aciïi dulés (i) sont d’un grand secours ici : le malade'
f “if Conserv. Ptos. rub Aquæ bullient. .. .
Acid, sulfur. • , .
W.V . Gargaris,
“if Decoct. Hordei • Mel. Rosæ . . .
Acid, .sulfur. . , •
"if Aluminis purifie.
Decoct. Hordei Mellis Rosæ . .
VEZ
FSZ
îb 15,
• . . 5 vi.
. . . îj.
• . . gutc. XXXV.
PYREXiES ,
doit fréquemment se rincer avec eux la bouche et r arrière -bouche. Ils offrent encore l’avantage de détacher la croûte noire qui se forme sur la langue. On a quelquefois aussi uséavec succès^ pour abattre l’inflammation, de gargarismes dans la composition desquels entraient quelques grains d’acétate de plomb ; mais rarement on en prescrit de cette nature , parce qu’on craint que le malade n’en avale quelques gorgées.
Si l’on observe des taches blanches ulcérées sur les tonsilles , on substituera aux gargarismes que nous venons de conseiller, ceux qu’on emploie dans l’angine maligne. S’il se manifeste une tendance à la gangrène , on recourra aussitôt à ceux qui sont d’une nature antiseptique , dont le meilleur est composé de quinquina , de myrrhe et de vin de Porto , ou de capsicum et de vinaigre*.
Sans aucun doute, les gargarismes sont un excellent moyen pour nettoyer l’arrière-bouche , mais l’action de se gargariser donne lieu à des mouvemens si fatigans et si douloureux, que le malade est obligé de les abandonner. En pareille occurrence , on peut les injecter dans la bouche avec une seringue.
On aide puissamment l’effet des gargarismes
Voyez pag. 223 et suwantes.
VEL
"jtf Infus. Rosæ . . . .
Tinct. Myrrliæ . . .
Meilis communia , ,
ou MALADIES FEBRILES. 2l3
en faisant aspirer souvent, dans le courant de la journée , la vapeur qui s’élève d’un mélange chaud d’eau et de vinaigre , et si on ne peut se procurer une machine convenable , on se con- ' tentera pour cela d’un simple entonnoir renversé.
Lorsque l’affection fébrile est prononcée , on emploiera les diaphorétiques pour déterminer un transport à la périphérie du corps. On pourra se servir de quelqu’un de ceux que nous avons conseillé , en parlant du traitement de la fièvre
1 continue simple^ , et administrer en même temps du petit-lait, de l’eau d’orge,- ou toute autre boisson délayante. Les sels neutres, dans la même intention, seront également utiles.
Si la suppuration est inévitable , on devra l’acî célérer en appliquant sur le cou des cataplasmes émolliens chauds , en faisant sur la même partie
Ides fomentations tièdes , en obligeant le malade ^ à aspirer la vapeur d’un mélange de lait et d’eau iî| échauffé , et de la manière indiquée ci-dessus, jl On aura encore de l’avantage à faire remplir îi la bouche d’une décoction chaude d’orge et de i| figues.
il Enfin quand le pus est formé , s’il ne s’évacue 1(1 point naturellement , on ouvrira la tumeur avec üîî une lancette.
I Pendant cette période du mal , la glotte et 3i'| l’entrée de l’œsophage sont tellement rétrécies par la tuméfaction des parties voisines que le malE lade est en danger de périr de suffocation ou
* U oj-'ez pag. 6o.
2i4 pyrexies;
d’inanition. Dans le premier cas on trouvera une ressource dans l’ope'ration de la bronchotomie pratiquée a propos ; dans le second, on entretiendra les forces avec des lavemens nourrissans et mucilagineux , faits avec du bouillon de viande , du gruau épaissi , de la fécule de tapioca , de la décoction d’orge, ou une solution d’amidon: on aura l’attention de n’en pousser que peu à la fois dans les intestins ; ils seront ainsi plus prompte ment^absorbés , et rejetés moins facilement.
Avant pourtant de pratiquer la bronchotomie, il faut tâcher de faire crever l’abcès , soit en excitant le vomissement , soit en faisant aspirer au malade des vapeurs d’eau chaude chargées d’éther. Cette espèce de stimulant produit dans quelques cas l’effet que nous annonçons , surtout si la suppuration est sur le point de se terminer.
Enfin , suivant le degré de l’excitation générale , on recommandera avec plus ou moins de sévérité l’observation des diverses règles du régime antiphlogistique. Dans tous les cas possibles on défendra la nourriture animale et les liqueurs fermentées , et on insistera sur une diète légère et délayante ; car les alimens les plus doux, pris en certaine quantité, augmentent la violence des symptômes.
Des Oreillons. ( Cynanche parotidæa. )
Ce tte maladie attaque spécialement les enfans de la basse classe du peuple; elle est souvent épidémique et contagieuse.
On la reconnaît à une tumeur mobile qui se
ou MALADIES FÉeBILES. 2i5
manifeste à l’extérieur , des deux côtés du cou à la fois le plus souvent, quelquefois d’un, seul. Cette tumeur paraît occuper les glandes maxillaires et parotides ; elle est d’un assez fort volume, dure et douloureuse : elle peut même prendre un accroissement assez marqué pour donner naissance à de la fièvre , et gêner les actes de la respiration et de la déglutition.
La durée de son accroissement est communément de quatre jours ; ensuite elle diminue , puis elle disparaît enfin totalement , en même temps que la fièvre.
Si les tumeurs parotidiennes disparaissent subitement , il n’est point du tout rare de vqir un gonflement analogue se développer dans les tes- > ticules chez l’homme, ou dans les mamelles chez la femme , et ne se dissiper qu’au bout de quelques jours. Quelquefois , cependant, on n’observe point ce phénomène , ou il est extrêmement peu prononcé , et ne dure qu’un moment ; mais alors la fièvre devient très-forte, le délire se manifeste et la mort peut survenir promptement.
Rarement pourtant cette maladie est dangereuse , à moins qu’il n’y ait congestion vers l’encéphale ou ses enveloppes.
Les oreillons sont loin d’exiger constamment les secours de la médecine ; il suffit en général , dans les cas ordinaires^ de tenir chaudement la tête et le visage , de procurer la liberté du ventre par de doux laxatifs ; mais si le gonflement a disparu tout d’un coup , et que les symptômes fébriles augmentent , en sorte qu’on craigne une
2iG ' PYBEXIES,
congestion du cerveau , on tâchera de faire reparaître la tumeur par des fomentations chaudes et par des frictions avec des linimens stimulans (i) , et on obviera aux suites de cette disparition -par la saignee , par des émëtiques à faible dose (2) , par des cathartiques et des vésicatoires, suivant le degré de violence de l’affection. .
Quand le transport sur les testicules a lieu , il faut faire tous ses efforts pour empêcher la suppuration : on aura en conséquence recours à la saignée générale et locale , aux cathartiques, aux applications émollientes et résolutives ; on fera porter un suspensoire. Les mêmes moyens conviennent également à peu près dans le cas d’engorgement des mamelles chez la femme.
(1) Liniment. Ammoniæ •••••.. | j.
Tinct. Cantliarid . gult. xx»
VEL
“2^ Spiritûs Camplioræ | j.
Aq. Ammoniæ . . 5 ij.
Tinct. Cantliar. . . . . 5 li.
AI. F!. Linimentum,
(2) Kali nitrat . 5 j.
An timon, larlaris. gr. ij.
M. In chartulas ri° vj. divide , quarum sumat unam qiiar^
% Haust. salini . . . j
Yini Antimon. •..•..••<>. gutt. xv. Syrnp. Cort. Aurant, . . ^ j»
M. F. ïlaustus tertiâ quâque horâ capiendus.
ou MALADIES FÉBRILES. 217
De V Angine maligne ( Cynanche maligna).
Cette maladie est facile à distinguer de T angine inflammatoire par les ulcérations et les taches blanches qui se forment dans Tarriere-houclie ; par un état d’adynamie générale ; par la petitesse du pouls, qui est quelquefois filiforme ; par une éruption cutanée analogue à la scarlatine : l’inflammation a d’ailleurs établi principalement son siège dans la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx , et la fièvre qui l’accompagne est typhoïde. Dans l’angine inflammatoire, au contraire , l’inflammation occupe les tonsilles , la fièvre est angioténique , le pouls est dur et plein, la tuméfaction considérable , la gêne de la respi- . ration très-marquée , la tendance à la suppuration fort prononcée. ^
L’angine maligne paraît souvent le résultat d’une constitution atmosphérique humide ; en sorte qu’elle devient épidémique, attaquant principalement les enfans et les individus d’un tempérament mou et lymphatique ; elle se manifeste surtout en automne et au commencement de l’hiver; elle semble aussi se communiquer par contagion ; elle atteint successivement les divers membres d’une famille dont elle a déjà surpris un individu ; elle se termine communément d’une manière funeste , en particulier chez les femmes grosses.
Dans certains cas , il y a une combinaison si intime des symptômes de la scarlatine et de cêux de l’angine maligne , qu’on ne saurait dire pré-
a 1 8 PYREXIES,
cisément quelle est la maladie primitive , et qui a dû produire Fautre. Heureusement que dans le traitement cette considération n’est d’aucune importance.
La maladie débute par des frissons , de l’anxiété, des nausées et des vomissemens , qui sont bientôt suivis de chaleur générale , d’insomnie , de soif, de faiblesse, d’oppression de poitrine ; la face est rouge et injectée ; les yeux sont dans le meme état ; le cou est roide , la respiration précipitée , la voix rauque , la gorge douloureuse ; toute l’arrière-bouche est d’un rouge de feu ; les tonsilles semblent légèrement tuméfiées , mais non pas au point de gêner les mouvemens de la déglutition et de la respiration.
Après un court espace de temps, on aperçoit sur les tonsilles , le voile du palais et la luette , une grande quantité d’escarres gangréneuses , dont la teinte varie du gris cendré au brun foncé ; l’baleine est d’une fétidité insupportable ; la langue est couverte d’un enduit très-épais, et la face interne des lèvres est parsemée de vésicules contenant une matière âcre, qui excorie les coins de la bouche et les autres parties sur lesquelles elle tombe. Un coryza existe en même temps, et le mucus âcre et clair qui s’écoule des narines produit des effets analogues. Souvent aussi, spécialement chez les enfans, on observe simultanément un flux diarrhéique , dont la matière excorie de même les parties voisines de l’anus.
Dès le début de la maladie il existe une fièvre considérable ; le pouls est petit, fréquent et irré-
ou MALADIES FEBRILES. 219
gulier ; tous les soirs il survient une exacerbation manifeste, et dans la matinée on remarque une rémission légère ; la faiblesse générale devient extrême ; quelquefois il y a délire ou coma.
Yers le second ou le troisième jour la face et le cou se couvrent de larges taches d’un rouge obscur, qui gagnent successivement les diverses parties du corps jusqu’aux membres , dont les extrémités deviennent roides et enflées. Après avoir duré pendant environ quatre jours , cette espèce d’éruption disparaît, mais sans que cela produise aucun amendement dans les symptômes.
Comme dans l’angine tonsillaire , l’inflammation s’étend quelquefois le long de la trompe d’Eustachi , jusque dans l’oreille interne , où elle produit des ulcérations et une véritable désorganisation. D’autres fois elle gagne les parotides, les glandes maxillaires, les tonsilles, qui deviennent tuméfiées et douloureuses ; enfin le cou entier peut se tuméfier et prendre une couleur d’un rouge obscur.
A mesure que les escarres s’étendent , elles acquièrent ordinairement une teinte plus foncée ; leurs intervalles deviennent pourpres : de nouvelles taches se manifestent ; elles occupent tout le pharynx ; et lorsque les escarres épaisses qui le couvrent viennent à tomber , on aperçoit des ulcères très-profonds.
Dans les cas graves d’angine maligne, l’arrièrebouche paraît entièrement noire ; les escarres s’étendent de proche en proche par tout le canal alimentaire , qui se gangrène à la longue , et les
220 pyrexies;
malades succombent à un flux de ventre coliiquatif combiné de symptômes éminemment nerveux. Cet accident arrive ordinairement avant le septième jour, et dans quelques circonstances dès le troisième.
Si Ton remarque de violens redoublemens dans la fièvre vers le soir, une grande faiblesse , la dépression et l’irrégularité du pouls , de la fétidité dans l’haleine , une teinte livide sur les ulcères , delà diarrhée, des pétéchies, deshémorrhagies, on peut être assuré que la maladie se terminera d’une manière funeste ; mais si le pouls devient moins fréquent et plus fort , la respiration plus libre , la peau douce et moite ; si l’arrière-bouche offre une teinte vermeille , que l’exhalation des surfaces ulcérées présente des caractères louables , et que la matière qui sort des narines soit moins âcre , alors on peut espérer une terminaison favorable. On ne doit même redouter aucun danger quand la fièvre n’a point la nature du typhus, que les symptômes sont peu intenses , qu’une rémission manifeste succède à l’éruption cutanée , et que cette rémission se soutient dans les périodes subséquentes de la maladie.
L’angine maligne est parvenue ordinairement â son plus haut degré vers le cinquième ou le sixième jour ; et lorsqu’elle se termine favorablement, elle met également cinq ou six jours â décliner. Remarquons toutefois que sa mardi c est plus rapide chez les enlâns que dans les adultes.
11 peut se faire que dans cette maladie il ne survienne aucune efflorescence cutanée, de même
ou MALADIES FÉBRILES.
que nous voyons quelquefois la scarlatine exister sans aucune ulceration à la gorge. En général , cependant les affections de Farrière-bouche et celles de la peau se compliquent les unes par les autres, et ont une influence réciproque très-prononcée sur leur marche respective. Or, tandis que dans la scarlatine F absence de F angine est un signe favorable , Fabsence de Féruption cutanée est de fort mauvais augure dans F angine maligne.’
Cette éruption est rarement répandue uniformément , mais elle consiste en pustules ou petits boutons disséminés par plaques sur le tronc et sur les membres ; leur teinte est communément d’un rouge pourpre foncé ou livide ; presque jamais elle n’est vermeille ; leur terminaison est une sorte de fausse desquamation. Ainsi que dans les autres fièvres , Féruption peut ici être répercutée subitement , ce qui donne naissance à une foule de symptômes alarmans, comme Fhydropisie, l’aspect cadavéreux de la face, et des convulsions qui se terminent par la mort. Les mêmes accidens arrivent encore lorsque Féruption devient tout à coup pâle ou livide. C’est une raison d’espérer une bonne terminaison que de voir une éruption vermeille uniformément répandue sur tout le corps , et une desquamation complète s’opérer.
A l’ouverture des cadavres nous trouvons l’arrière-bouche enflammée , dans un état de suppuration et de gangrène , la membrane muqueuse du larynx et de la trachée-artère phlogosée aussi, et enduite d’une matière visqueuse fétide. Quelquefois l’inflammation s’étend jusqu’aux pou-
PYBEXIES ,
rnons eux-mêmes, ou produit l’engorgement des ganglions lymphatiques du cou , dans lesquels les vaisseaux absorbans semblent venir déposer la matière âcre qu’ils pompent dans l’arrière-boucbe. Dans les autres régions du corps on rencontre des altérations analogues à celles que produit le typhus confirmé.
Dans le traitement de l’angine gangréneuse , nous devons éviter toute espèce de saignée , ou locale ou générale ; une pareille évacuation aurait un effet funeste en augmentant la faiblesse nerveuse, déjà si grande. Il en sera de même des purgatifs actifs , et la nature semble nous apprendre combien ils sont désavantageux , en nous laissant voir le cours de ventre spontané comme avant-coureur ordinaire d’une mort plus ou moins prochaine. Il ne faut donc solliciter les évacuations alvines qu’à l’aide des lavemens ou des doux minoratifs , et dans les cas seulement où la nature est en défaut. Souvent l’administration imprudente d’un cathartique dans cette majpdie a causé la rétropulsion de l’éruption et ùtie foule de symptômes fâcheux. Aussi ne doit-on permettre aux purgatifs d’entrer dans le traitement de l’angine gangréneuse que lorsque la maladie est à son début , ou bien pendant son déclin , quand , malgré l’abattement de la fièvre et le bon état apparent de la gorge , l’abdomen se tuméfie par l’accumulation des fèces ou par l’obstruction des ganglions mésentériques. Alors on peut donner , avec circonspection , quelques grains de calomélaset de rhubarbe unis ensemble.
ou maladies EEBRILES. 223
Un doux vomitif est utile au debut ; il faut surtout préférer Tipécacuanha. Par son effet, on évacue une quantité considérable d\me matière âcre , dont le séjour dans les intestins amènerait la diarrhée , affection qu’il faut éviter par tous les moyens possibles ; elle met la vie du malade en péril. Plus tard , le vomissement devient nuisible .
Les indications principales à remplir dans le traitement sont d’arrêter ou de combattre la putridité , de chasser , par des lotions , la matière âcre de l’arrière-bouche , et de remédier à la faiblesse. S’il se montrait quelque symptôme isolé et particulier , comme la diarrhée , des hémorrhagies , etc. , on y porterait aussitôt remède.
En 1787 , durant mon séjour dans les îles d’Amérique , une épidémie d’angine gangréneuse enleva , dans File de Saint-Christophe , un grand nombre d’enfans , jusqu’à ce qu’on se fût imaginé d’employer un remède , dont le poivre de Cayenne faisait la base. Pour le préparer, on faisait jeter, dans une livre d’eau bouillante, deux cuillerées de cette substance , et on y ajoutait une cuillerée de sel et une chopine de vinaigre chaud. On laissait reposer le mélange pendant environ une heure , on filtrait à travers une étoffe serrée , et on administrait, de demi-heure en demi-heure, deux cuillerées de la liqueur ainsi passée.
Le prompt avantage que l’on a retiré de l’emploi de ce médicament démontre la nécessité des aromates les plus puissans pour séparer rapide-
^24 PYREXIES,
ment les escarres , et des antiseptiques pour corriger la tendance à la gangrène.
Je ne suis pas , au reste , le seul qui ait éprouvé les bons effets du médicament dont je parle : plusieurs praticiens en ont faitTéloge depuis cette époque. Mais, pour en seconder l’efficacité^ il convient de donner le quinquina de deux heures en deux heures , à la dose de deux scrupules ou même d’un gros ; et si les symptômes inflammatoires ne sont pas très-violens , on le délaiera dans un peu de vin de Porto.- Si l’estomac rejette la poudre de cette écorce , on la donnera sous la forme d’extrait ou d’une forte décoction , en ajoutant à chaque dose deux gros de sa teinture alcoholique. Dans les cas où le quinquina produirait la diarrhée , on le combinerait avec quelques gouttes de teinture d’opium.
On rencontre, dans la pratique, des enfans auxquels il est impossible de faire prendre le quinquina sous aucune forme. En pareil cas , il faut le donner en lavemens , à la dose de deux gros en poudre fine , dans quatre ou cinq onces d’eau d’orge , toutes les trois ou quatre heures , poulies très-jeunes enfans , et à celle d’une demi-once enxiron , dans une quantité proportionnée de fluide , pour les enfans de huit ou dix ans. Si le premier lavement est rejeté trop vite , on ajoutera auxsuivans un ou deux grains d’opium. L’extrait de quinquina peut être également administré en lavemens.
Dans l’angine maligne , l’union de l’acide mu-
ou maladies FEBR.ILES.' 225
rîàtique an quinquina, comme nous l’avons conseillé pour le typhus, ou même l’emploi du chlore ( acide muriatique oxygéné ) combiné également avec cette écorce , ainsi que nous l’indiquerons à l’article de la scarlatine , sont des moyens extrêmement convenables. Cependant, si nous en portons les doses très-loin , il faut avoir la précaution d’y ajouter chaque fois quelques gouttes de teinture d’opium, pour s’opposer à toute action nuisible sur l’estomac ou sur les intestins.
Pour arrêter la tendance à la gangrène , il sera nécessaire de faire gargariser le malade avec quelque liqueur antiseptique (i), et eii même temps avec l’espèce de décoction de poivre de
(s) Mel. Rosæ . ^ j.
Decoct. Elord . | x.
Tinct. Myrrhæ . , . , ^ (L Acet, optimi , , . . . ^ j.
rÆz
Decoct. Cinchonas . , • ^ vj«
Acid, muriat . 3 j.
Tinct. aromat . f
- — Myrrhæ . , . . 5 j-
^ Decoct. Hord. comp. , . | xij. Cui inter coçuendum
adde
Rad. Contrayervæ contus, ‘^&.Liquoricolato admises Acet. Vini albi . -e t « § i]. ‘ ■
Tinct. Myrrhæ i \ ^ * § j. ’ . ' :::: .
Mel. optim . . < . ^
:S26 - PYREXIES,
Cayenne, dont nous avons parle ci-dessus"^. Mais< comme il est difficile d’obtenir des eiifans qu’ils se gargarisent, on injectera avec une seringue les mëdicamens dans la bouche et dans la gorge : ensuite on pourra , au moyen d’une machine convenable , faire parvenir dans les memes cavités la vapeur d’un mélange chaud d’eau et de vinaigre , ou du gaz oxygène pur.
Si le malade ne pouvait rester assis dans son lit de manière à pouvoir inspirer ce gaz ,, ou si l’on manquait de l’appareil propre à le contenir, on pourrait faire fermer les portes et les fenêtres, et jeter sur des charbons ardens une demionce de nitrate; 'de potasse pulvérisé, plusieurs fois par jour, ce qui remplit la chambre d’une vapeur blanche très-épaisse.
Plusieurs médecins distingués pensent que la cause qui fait succomber dans cette affection plus d’enfans que d’adultes, existe dans l’habitude où sont les premiers d’avaler les fluides viciés exhalés parles parties malades. Je ne doute point, en effet, que ces fluides avalés ne produisent des vomissemens, des tranchées, une diarrhée de la plus mauvaise nature; qu’ils n’étendent l’affection le long du canal intestinal , et qu’ils ne déterminent ainsi
* Voyez pag. 228.
VEL
Qf Extract. Cinclion. ... 5 j.
Vini rub. generos. ... § vj.
Acid. suif, dilut. . . , , 5 j.
ISÜ. Ad Gargansmum,
OV MALADIES FÉBLILES; 22J
în mort. Pourquoi n’essaierait-on point d’y remédier en abstergeant de temps en temps l’arrière-bouche avec une petite éponge attachée au bout d’une plume ou d’une baguette , en même temps qu’avec une autre éponge , fixée à l’extrémité opposée et trempée dans un mélange approprié , on toucherait les ulcérations ? L’usage d’un pareil moyen me paraît indispensable , lorsqu’on ne peut employer les gargarismes.
Il ne faut jamais chercher à obtenir par force la séparation des escarres. Tout ce que Ton peut faire , après toutefois un usage prolongé des gargarismes , est de porter sur elles , avec un petit morceau de vieux linge ou un pinceau de poils , un peu de poudre d’alun ou un mélange de miel et d’acide muriatique.
Si la fièvre est forte et la peau sècbe , on administrera quelque diaphorétique à petites doses souvent répétées, et, comme les antimoniaux ont communément un effet purgatif, on usera de quelques précautions à leur égard ; ainsi on pourra les combiner avec la confection aromatique (i),' Mais , en général , il faut préférer la poudre de
(ï) Pulv. antimonial. . . . . gr. f5-— j.
Confec. aromaî . 0 j»
M. F. Bolus tcrtiâ horâ sumendus^
VEL
Tf Mist, campliorat . g ij.
Confect, aromat . A iJ.
Vin. Antimon. . • . . . • • . . gutt. XY — XXV. Aq. Ginnam. . . g iij.
M. Capiat cochleare magnum tertid quâque horâ»
228 PYBEXIES ,
racined’ipéoacuaiiha à petites doses, qu’on pourra faire prendre en même temps qu’une potion camphrée.
Quand l’angine maligne est compliquée de scarlatine , on peut employer une solution de deux gros d’ammoniaque dans cinq onces d’eau, et en donner deux petites cuillerées toutes les trois ou quatre heures, suivant l’urgence du cas.
Souvent encore , dans cette affection , on a employé le pédiluve pour provoquer la transpiration; mais, à une époque avancée , il devient trop , débilitant , et , toutes les fois que les symptômes sont graves, le bien qu’il peut produire ne saurait compenser l’espèce de dérangement qu’entraîne son usage pour le malade. Je ne le conseillerais donc que dans le cas où l’éruption devient très-pâle ou rentre subitement.
Si la diarrhée se déclare dans le cours de la maladie, on devra sur-le-champ recourir à quelque préparation fortement astringente (i), au vin et à l’eau-de-vie brûlée et arpmatisée. Il faut, par tous les moyens possibles, tâcher de l’arrêter sur-le-champ : c’est, dans tous les temps, un symptôme des plus dangereux.
C’est ainsi qu’on apaisera encore les vomisse-
. - - - - - - - ttt
(i) “if Confect, aromat. 5 j.
Mistur. cretac . % | iij.
Aquæ Cinnain. . . 5 ij.
Tinct. Opii . . • . . • gutt. xxx — l.
— - Calechu . 5 j.
M. F. Mistura cujus sumal cochlear, magna ij. quartis horis.
' ■ ou MALADIES FEBBILES.’ 22()
mens violens avec la potion anti-ëmëtiqpe de Rivière , donnëe au moment même de Feffervescence^ avec les opiacës unis au camphre^ ou avec des compresses imbibëes de teinture d’opium et appliquëes sur l’ëpigastre.
On est dans l’usage aussi de poser des vësicatoires au cou, particulièrement quand il y a grande tuméfaction. Je crois cette application dangereuse ; j’ai vu quelquefois, à sa suite^ des pustules blanches se développer et donner lieu à des ulcères gangréneux niortels. Il peut néanmoins devenir avantageux d’exciter , à l’extérieur, un léger degré d’irritation à. l’aide d’un sinapisme arrosé d’ alcohol camphré, ou de quelque autre rubéfiant.
Parfois , il survient une rétention d’urine , ce qui est presque toujours un signe de grande faiblesse. Il faut donc insister, en pareil cas, sur les toniques, en même temps qu’on pratiquera sur i’hypogastre des fomentations émollientes ou qu’on y appliquera des liqueurs froides , et que si le malade est constipé depuis long-temps , on fera prendre un lavement adoucissant. Si pourtant l’urine ne prenait point son cours., il faudrait faire opérer le cathétérisme.
Dans la première période de l’angine gangréneuse , il n’est point rare de voir une hémorrhagie survenir par le nez , la bouche et les oreilles : jamais un pareil écoulement n’est critique ; il augmente constamment le péril ; il faut tâcher de l’arrêter immédiatement en administrant, à l’in-
!23o pybexies, •
teneur, les antiseptiques les plus puissans et en appliquant extérieurement des tentes de charpie trempée dans des stiptiques, dans une dissolution de sulfate de cuivre , par exemple (i). •
Dans tout le cours de la maladie , le régime consistera en alimens liquides tirés des végétaux , l’eau d’orge , les bouillies de tapioca, de manioc, les préparations de gruau, de riz, de sagou, la panade , etc. Ppur boisson ordinaire , on donnera le petit-lait coupé avec du vin, ou le negus au vin de Porto accidulé avec le suc.d’oranges, ou quelque autre acide, soit végétal, soit minéral. Il faudra d’ailleurs régler la dose du vin sur l’âge du malade , sur la violence des symptômes , sur le degré de faiblesse , sur la tendance plus ou moins grande à la putridité.
On permettra la libre circulation de l’air dans la chambre , en ayant soin que sa température ne soit ni trop basse ni trop élevée. On arrosera plusieurs fois par jour le plancher avec le vinaigre aromatique , ou avec celui de romarin. On maintiendra tout dans la plus grande propreté ; on fera enlever sur-le-champ le produit des déjections alvines ; on renouvellera fréquemment le linge ; on lavera souvent la bouche da malade.
* V oyez pag. 107.
(1) Cupri vitriol . 5 j C.
Aluminis . . . 5 6,
Aqaæ puræ . I vij.
Spirit. Vini . . Bj*
M. F. Soluîio,
ou MALADIES FEBRILES. 2ùl
L’angine maligne étant très-contagieuse , surtout chez les enfans , il est prudent , dès le début, d’isoler celui qui en est atteint , et de. faire des fumigations avec les acides nitreux ou muriatique oxygéné
La préparation de capsicum ou de poivre de Cayenne, dont nous avons parlé, n’est pas seulement employée dans le traitement de la maladie déclarée ; on l’a recommandée aussi comme préservatif. Pour cela, on en donne , toutes les deux ou trois heures , une ou deux petites cuillerées à ceux qui soignent le malade ou qui l’entourent , en même temps qu’ils en usent comme d’un gargarisme : son efficacité est , dit-on, immanquable.
Du Croup ou Angine trachéale, ( Cynanche
trachealis. )
Le croup consiste dans une inflammation de la membrane muqueuse de la trachée-artère et du larynx, avec exsudation d’un fluide puriforme,
formation d’une fausse membrane , menace^ de ■ * * • ^ suffocation, son particulier de la voix, symptômes nerveux, soif et fièvre.
On distinguera le croup de l’asthme aigu aux signes suivans: Dans le premier, la toux, est fréquente, les rémissions sont rares , le pouls est fort, la chaleur vive , l’urine très-colorée , la voix, aiguë et sifflante. Dans le second , il n’y a que peu ou point de toux ; oh observe des rémissions prononcées accompagnées d’éructations, de vo-
V * k^'ofez pag. III et suivantes,.