‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climats (volume 2)Chapitre 12 sur 30 · PYR.EX1ES · texte numérisé non relu

PYR.EX1ES

missemens , de flux de ventre , ou d’autres evacuations; le pouls, quoique peut-être aussi vif„ est moins, plein ; l’urine est limpide , et la voix sourde et gutturale.

L’inflammation , qui produit le croup , paraît être d’une nature tout-à-fait particulière; et, si cela n’êtait point, nous trouverions journellement des concrétions membraniformes dans la trachéeartère , puisque sa membrane muqueuse est si souvent enflammée. La matière qui les forme est toute différente de celle qui est fournie par les membranes muqueuses du nez ou de la trachée-artère dans les catarrhes ordinaires. C’est pourquoi plusieurs médecins supposent que la fausse membrane est le produit, non de la sécrétion des glandes mucipares , mais d’une exsudation des vaisseaux exhalans , analogue à celle qui a lieu dans les inflammations des membranes internes, et que le docteur Hunter a le premier décrite ; de cette manière , nous pouvons nous rendre compte de la non-existence de cette membrane dans les affections catarrhales ordinaires , où les cryptes muqueuses sont peut-être plus spécialement attaquées.

Le croup ne paraît point contagieux , malgré F opinion contraire de quelques hommes de l’art, mais il est quelquefois épidémique. îl semble attaché à certaines familles en particulier, et. l’enfant , qui en a été pris une fois , est fort exposé à en éprouver de nouvelles attaques, il atteint les enfans depuis Fâge d’un an jusqu’à celui de huit ou dix ans , surtout s’ils sont forts et robustes

ou MALADIES EÉBEILES. ^33

on ne l’a jamais observé chez les individus qui ont atteint l’âge de puberté.

L’exposition au froid est la cause la plus ordinaire de cette affection • aussi règne-t-elle principalement en hiver et au printemps, sur les bords de la mer, dans les lieux marécageux , et est-elle moins connue dans les régions tempérées de l’Europe que vers le nord.

Un jour ou deux avant le début , l’enfant paraît assoupi, nonchalant et triste : il a les yeux abattus et légèrement injectés ; il tousse , et déjà sa toux a un timbre particulier ; cette toux , dans l’espace de quarante heures , devient plus violente , plus , fatigante , plus aigre ; à chacun de ses accès, la face devient rouge et tuméfiée , les yeux sont saillans , un tremblement général se manifeste, et, vers la fin, les mouvemens respiratoires semblent convulsifs. Bientôt la dyspnée devient permanente, les tonsilles se gonflent et s’enflamment, aiitsi que la luette et le voile du palais , la tête se porte en arrière pour échapper à la suffocation. INon-seulement la toux produit un bruit non-ordinaire , mais encore la respiration est sifflante , comme si la trachée-artère était fermée par quelque corps spongieux. Il y a rarement des crachats , mais, si le malade en rend, ils sont généralement purulens , ou formés de lambeaux de membranes déchirées. Quand il existe de fortes nausées oudes vomissemens, c’est une matière de la même nature qui est évacuée. A ces symptômes se joignent une soif intense, uîi sentiment de chaleiu> incommode répandue sur

234 PYREXIES ;

tout le corps , une envie continuelle de changer de place , une insomnie habituelle , une grande frequence dans le pouls.

Plus tard, la respiration devient encore plus bruyante (^stridulous) ^ plus gênée , plus convulsive ; les inspirations s’opèrènt à des intervalles de plus en plus éloignés , jusqu’à ce qu’ enfin elles

cessent entièrement de s’effectuer.

Le croup se termine souvent par la mort qu’amène la suffocation, suite du* spasme qui affecte la glotte , ou de l’accumulation dans les bronches de la matière exhalée , ou de leur obstruction par la fausse membrane. Le pronostic est fâcheux quand la difficulté de respirer est considérable , l’anxiété grande , la fièvre violente, l’expectoration nulle , et la voix très-aigre.

On a vu quelquefois la mort arriver au bout de vingt-quatre ou trente heures après le début, mais le plus* communément ce n’est que vers le quatrième ou le cinquième jour.

Lorsque des portions considérables de la côncrétipn membraniforme sont évacuées , la vie se trouve prolongée d’un jour ou deux.

A l’ouverture des cadavres, on rencontre constamment une fausse membrane très-dense , appliquée à la face interne de la portion supérieure de la trachée-artère , et qu’on en peut facilement séparer. Toutes les voies aériennes contiennent aussi beaucoup de mucus purulent.

Nous ne pouvons donc douter , d’après ce que nous enseigne l’anatomie pathologique , et d’après la marche des symptômes , que la maladie ne soit

ou MALADIES FEBBILES. ^35

inflammatoire dans sa première période , et spasmodique dans da dernière. Aussi le traitement doit-il être dirigé d’après cette double indication. La première chose à fair*e est de saigner au bras ou à la jugulaire , de préférence à celle-ci , en proportionnant la saignée à l’âge et à la constitution du sujet , et en la poussant presque jusqu’au point d’amener la syncope , si la difficulté de respirer est très-grande. Si, après cette opération, les symptômes ne sont point amendés , ou s’ils ne tardent point à reparaître avec la même violence , il faut encore tirer du sang en appliquant plusieurs sangsues sur le trajet de la trachée-artère. Dans les très-jeunes enlaiis, les veines du bras sont si petites , qu’on peut avoir beaucoup de peine à les piquer : alors on ouvrira celles des mains ou des pieds , après avoir fait tremper ces parties dans l’eau chaude.

L’emploi de la saignée a été rejeté par quelques médecins , et on a donné la teinture d’opium comme un médicament propre à soulager aussi promptement que la phlébotomie ou que tout autre remède. Mon expérience et ma pratique me portent à ne point négliger la saignée et les autres antiphlogistiques dans la première période de la maladie.

Immédiatement après la saignée , il faut administrer un vomitif, ce qui procure une évacuation de mucosités fort avantageuse. Souvent ce moyen suffit pour arrêter la maladie ; s’il ne soulage point la toux ni la difficulté de respirer , il peut être utile d’en répéter l’administration ; et même on

236 PYREXIES ;

devra exciter le vomissement deux ou trois fois par jour (i) , si on soupçonne une accumulation de lymphe ou de mucus dans la trachée-artère , ainsi que cela arrive le plus souvent.

Dans tous les cas , pour prévenir la suffocation, l’enfant sera tenu dans son lit , dans une position presque verticale.

En même temps qu’on aura recours à la saignée et au vomissement , il sera avantageux de poser un large vésicatoire sur la poitrine ou à la face antérieure du cou. Dans le premier cas, on frottera la gorge avec un liniment camphré , auquel on aura joint quelques gouttes de teinture de cantharides , ou avec le liniment ammoniacal double.

Dans toute la durée de la maladie , l’observation du régime antiphlogistique est nécessaire ; s’il y a constipation , on tiendra le ventre libre à l’aide de quelque purgatif, surtout des préparations de calomélas (2).

Pour favoriser l’expectoration et la transpiration cutanée , nous pouvons employer les antimoniaux. Je donne en général ta préférence à la

(1) Anlim. tartaris . . • . . , gr. ij.

Aquæ. puræ . 5 Ç.

Oxym. seillit. ^ û.

M. Capiat cochleare unum minimum subindè ad vomitum prornovendurn.

(j) ^ Calomelanos . . . . . .

Pulv. Jalapp .

. gr. iij.

. gr. iv — Yiij.

M. F. Palais,

ou MALADIES FEBRILES. îiSj

solution de tartrate d’antimoine et de potasse,

; administre'e toutes les deux ou trois heures , de manière à causer des nausées continuelles. Le bain chaud peut concourir à accroître l’effet de ce médicament.

On peut aussi retirer quelque fruit de ce qu’oh appelle vulgairement* les pectoraux atténuans (i).

Enfin , après la saignée , les vomitifs et les purgatifs , l’opium peut encore être utile , surtout quand l’inflammation est abattue , et que la maladie semble devenue spasmodique. Mais il faut donner, au moins toutes les' deux heures , six ou huit gouttes de sa teinture , àoit seule , soit combinée avec l’émétique , jusqu’à ce que le spasme se calme , et que Iç sommeil survienne. On peut aussi , auxiliairement , faire respirer la vapeur qui s’élève d’un mélange d’eau chaude et d’éther, ce qui diminue le spasme et favorise l’expecto¬

ration.

(i) “if Lactis Ammoniaci . g fi,

Oxyin. scill. . . S j fi.

Vin. Antim. . . . . , gutt. xv»

Tinct. Opii camph. • 3 fi.

M.F. Haustus ter die sumendus.

VEL '

Decoct. Hordei comp . | iv.

Nitri purif. . 3 13.

Antim. tartaris . *. gr. j.

Oxyrael. Scillæ . . 3 ij.

T^nct. Opii camphor . 3 j 15.

M.F. Mistura cujus sumat cochleare largum unum sœpk pfr diem.

2o8 pyrexies ,

Dans quelques circonstances on a guéri le croup avec, la digitale pourprée sous forme de teinture , à la dose de cinq gouttes toutes les quatre heures. Les bons effets de ce médicament sont vraisemblablement dus à la manière prompte et énergique avec laquelle il agit sur le système artériel ; suspendant ainsi la marche de rinflanlmation , et apaisant le spasme : j’y ai moi-même eu recours deux ou trois fois avec le succès le plus marqué , mais j’avais toujours fait précéder les saignées générales ou locales.

Dans la période spasmodique , il peut être aussi avantageux de frictionner de temps en temps la poitrine de l’enfant avec un liniment composé d’une partie de, teinture d’opium et d’une partie d’éther.

Suivant l’opinion de quelques auteurs, le croup serait une maladie chronique et facile à traiter. L’un assure que le mercure , donné jusqu’à la salivation , le guérit infailliblement ; un autre croit au succès d’une lotion faite avec l’éther sulfurique composé ; un troisième place sa confiance dans une décoction de polygala de Virginie ; mais telle est la marche rapide des symptômes si dangereux de cette maladie , que bien peu de praticiens , je pense , ont regardé comme possible la guérison du croup quand il y a déjà épanchement de la matière coagulable dans la trachéeartère ou dans les bronches.

A la vérité , dans quelques cas de croup peu intense , le calomélas a été employé avec quel-

* Med. and Physic. Journal ^ vol. ly, pa§. 20,

ou MALADIES FEBRILES.

que apparence de succès, sur la recommandation du docteur Rush. Mais , puisque le soulagement est toujours proportionné à la quantité de mucus évacuée , il me semble qu’il ne faut jamais manquer d’exciter de fréquens vomissemens , au moyen de la teinture de scille , du vin d’ipéca= cuanha , de la solulion de tartraie de potasse et d’antimoine , avant d’avoir recours au mercure.

Le docteur Hamilton , professeur d’accouchement à l’université d’Edinburgh , est un des grands partisans de l’administration du calomélas dans le croup. Il a, dit-il, réussi à guérir la maladie toutes les fois qu’il s’en est servi ayant l’apparition de la lividité des lèvres , et des autres symptômes mortels *. Il en donne , toutes les heures depuis un grain jusqu’à cinq , suivant l’âge de l’enfant , et jusqu’à ce que la respiration soit manifestement plus facile : alors il ne le donne plus que toutes les deux heures, puis enfin il met trois , quatre et cinq heures d’intervalle entre chaque prise du médicament , selon l’état des symptômes , et de manière à en diminuer graduellement la dose.

Le calomélas à doses modérées peut être un fort bon remède contre le croup : néanmoins l’espèce d’abus qu’en fait le professeur Hamilton n’est-il pas plus propre à abréger qu’à prolonger la vie ?

On a proposé la bronchotomie comme dernière ressource dans les cas de suffocation, mais ce que nous démontre l’autopsie des cadavres nous empêche de croire à son efficacité. Quoique nous

Treatise on the Management of Children in early Infancy ,

2^0 PYiVKXlES,

puissions extraire avec des pinces la membrane qui obstrue le haut de la trachëe-artère , nous ne pouvons point en effet debarrasser les bronches et la partie inferieure de ce tuyau du mucus qui les remplit , et qui est un des principaux obstacles à l’acte de la respiration.

De V Inflammation du pharynx, (Cynanche

pharyngæa. )

Elle ne diffère de l’angine tonsillaire que par son siege. La nature , les causes et le traitement de ces deux maladies sont absolument identiques.

De la Pleurésie. (Pleuritis.)

La pleurésie est une inflammation de la membrane qui tapisse la cavité du thorax et les poumons : elle est caractérisée par une douleur aigue dans le côté, de la gêne dans la respiration , de la fièvre , un pouls plein , dur et accélér^. Quelquefois cette inflammation est partielle , ou bornée à une portion de la membrane , le plus ordinairement du côté droit; mais en général elle en occupe toute l’étendue.

Le refroidissement du corps échauffé et toutes les circonstances propres à favoriser le développement des autres maladies inflammatoires peuvent causer la pleurésie. Elle attaque particulièrement les individus d’une forte constitution et d’untem- ' pérament pléthorique. On voit souvent un épaississement de la plèvre survenir a sa suite , ou bien

* ÉttmOlogie. ^ memhrana quœ pulmones cîrcumdat.

Oü MALADIES FÉBBILES. 2^1

des adhérences s’établir , germes fréquens de maladies futures des poumons , ou , tout au moins , affections chroniques qui rendent le malade plus sujet qu’ auparavant à ressentir les diverses modifications de l’atmosphère. /

Cette maladie débute par une douleur aiguë dans le côté, qui augmente pendant l’inspiration, par de la rougeur à la face, par un accroissement de la chaleur générale , des frissons , une grande difficulté à se coucher sur le côté affecté , des nausées, de la toux. Le pouls, fort, dur et fréquent , vibre sous le doigt qui le presse comme la corde d’un instrument de musique. Le sang obtenu par ' la saignée se couvre , au bout de quelque temps , d’une couche couenneuse ou albumineuse.

Si la maladie est négligée dans sa première période , et que l’inflammation marche avec beaucoup de violence et de rapidité, les poumons euxmémes s’affectent; le sangles traverse difficilement, et le malade est comme asphyxié ; ou bien la suppuration s’établit , et il se forme un abcès.

Le pronostic doit être basé sur l’intensité des symptômes. Lorsque les symptômes fébriles et inflammatoires ont été très-intenses, et que la douleur vient à cesser subitement ; que la physionomie s’altère , et que le pouls s’éteint , nous devons croire le péril imminent : mais si la chaleur et lafièvre diminuent graduellement , s’il survient une expectoration abondante et facile , on est en droit d’espérer un prompt rétablissement.

En général les altérations que présentent les

PYREXIES ;

cadavres des pleurétiques ont la plus grande ressemblance avec celles que nous indiquerons en parlant de la péripneumonie. La plèvre pulmonaire est phlogosée , parsemée d’un grand nombre de petits vaisseaux gorgés de sang , et recouverte d’une couche d’albumine coagulée ; souvent elle adhère à la plèvre costale. Les poumons sont quelquefois enflammés eux-mêmes , et leur tissu paraît gorgé de sang ou d’un fluide muqueux ; on peut y découvrir aussi des tubercules et des abcès.

Dans le traitement de la pleurésie , notre but spécial doit être d’éloigner l’inflammation par des saignées générales copieuses dès le début , nous guidant sur l’état du pouls , et nous réglant d’après l’âge et le tempérament du sujet. Tant que le pouls reste plein , dur , serré , que la douleur de côté est vive , la respiration gênée , que le sang sorti de la veine se couvre d’une couenne albumineuse , nous devons répéter la phlébotomie. Cependant , lorsque l’expectoration s’opère avec liberté , la saignée devient nuisible : c’est la seule exception.

Remarquons ici que , de tout temps , les médecins ont été frappés de l’effet obtenu par une large ouverture de la veine dans les maladies inflammatoires ^ , et nous ne saurions trop nous convaincre de cette vérité pour la pleurésie et pour la péripneumonie. On peut certainement obtenir autant de sang par une petite que patune grande ouverture ; mais le temps que ce

* Fordfce’s Fourth Dissertation on Fever ^ P^8' 5o.

ou MALADIES FEBRILES.’ 24'3'

fluide met à couler est trop long ; rinflammatioii locale n’en éprouve aucun soulagement , parce qu’il ne s’opère point une mutation assez prompte dans l’économie ; et cependant les forces vitales sont très-diminuées, circonstance fâcheuse dans une maladie qui exige des évacuations multipliées.

Au reste , après l’emploi des saignées générales copieuses , on pourrait avoir recours à la digitale pourprée , puisqu’elle a un effet sédatif trèsprononcé sur les mouvemens de la circulation.

Dans la vue de diminuer la douleur de côté , et pour appeler l’irritation au-dehors, il faudra faire appliquer un large vésicatoire sur le point douloureux , et , afin de prévenir la strangurie qui pourrait survenir, faire boire abondamment de l’eau d’orge gommée. Si le vésicatoire se sèche trop rapidement , et s’il n’a point enlevé la douleur, on en posera un second aussi près de lui que possible.

Quand le point de côté est peu violent, et que le malade ne veut point se soumettre à l’application d’un vésicatoire, on remplacera celui-ci par des flanelles trempées dans une décoction d’herbes émollientes ou par des vessies remplies d’eau chaude.

On a quelquefois obtenu de bons effets de l’application topique du froid dans la pleurésie.

~ Oii’doit donner aussi le nitre à la dose de dix grains, toutes les trois ou quatre heures.

iies forts purgatifs, déterminant l’afflux du sang à l’intérieur, sont des remèdes nuisibles dans cette maladie. Si donc , dans la première pé-

PYREXIES :

riode, on jugeait necessaire de s’opposer à la constipation , il vaudrait mieux n’employer que de doux laxatifs , la manne , les sels neutres , l’infusion de sënë, et ensuite des lavemens ëmolliens, de manière à procurer une ou deux selles par jour.

On ne saurait trop se hâter d’administrer les diaphorëtiques, particulièrement ceux de la classe des antimoniaux ik déterminent le transport des fluides à la périphérie , et ils favorisent l’expectoration. Il faut pourtant ne les donner qu’à assez faibles doses pour ne point exciter le vomissement, et en répéter l’administration toutes les deux ou trois heures. On secondera leur action avec de petites quantités d’eau d’orge ou de quelque infusion chaude , comme celle du thé, etc.

Les demi-bains, ou lespédiluves seulement, fréquemment répétés , seront un fort bon auxiliaire.'

L’expectoration est la crise que la nature produit le plus ordinairement dans la pleurésie : nous devons donc tâcher de seconder cette évacuation par tous les moyens possibles , tels que rinspiratioii des vapeurs d’un mélange chaud d’eau et de lait, d’une décoction de plantes émollientes, l’administration fréquente de médicamens mucilagineux( i)

* y^oyez page 6i.

(i) Tf Mucilag. Giimai. arab. . • . . ♦ 3 iv.

Aquæ font is .

Nitri purificati Vini Anlimon.

Syrup. Limon

* gut^.xx.

F. Misturaci(jus siimat cochl. ij. pro dos. tusse urgenti

OÜ maladies EÉBRILES: 245

et huileux (1), qui serviront d’ailleurs à delàcher de la gorge ce mucus âcre qui provoque de fréquens accès de toux.

Comme les préparations d’opium ont pour effet manifeste d’arrêter l’expectoration , il ne faut point les employer , s’il est possible ; et quand l’affaiblissement extrême du malade, par une insomnie prolongée, les rend indispensables, on doit les combiner avec les diaphoré tiques (2).

Pendant toute la durée de la maladie , il faudra rejeter toute nourriture animale , toute boisson fermentée ou spiritueuse. Le gruau, le sagou, les préparations d’orge , etc. , suffiront pour

(1) y Olei Oliv. optim . 5 j* •

Mucilag. Gum. arab . § u*

Oxym. scillit. . . ; . . 5 iij.

Âmmoniæ . . . . 9 j.

Aquæ Pulegii ^ ij.

VEI

Olei Amygdal. duîc . § j.

Syrup. Altliææ . 5 ij.

Mucilag. Gum. arab. ....... § j.

Aquæ fonds . . . § iij.

- Ammoniæ . ..515.

(2) Aquæ Ammon, acetat. ... ... 5 ^5.

- Menlbæ sativæ ....... 5 j.

Vini Antimonii ^ . gutt, xxx.

Spirit. Æther. nitros. guU. xx.

Tincturæ Opii . giiU. xt.

Syrup. Altbææ . . 5.ij*

'hl.'F ,Haustus]iorâ decubüûs sumendus.

:246 PYEEXÎES

soutenir les forces. Durant la convalescence ^ il est nécessaire d’éviter le froid , qui pourrait amener une rechute suivie d’accidens plus graves que ceux de la maladie première elle-même.

De V Inflammation des poumons ou Péripneu-^

monie, ( Peripneumonia seu pneumonia. )

Cette maladie est caractérisée par Ta gêne de la respiration , une douleur obtuse dans quelque partie du thorax , de la toux, par la force et la fréquence du pouls qui vibre sous le doigt comme la corde tendue d’un instrument de musique, par la teinte blanche de la langue , la couleur foncée de l’urine , et les autres symptômes de la fièvre angioténique.

On distingue deux espèces de péripneumonie,' la vraie et la fausse, . La première est occasionnée par un sang visqueux qui obstrue les vaisseaux des poumons ; la seconde , par un mucus épaissi qui produit le même effet.

Quelquefois encore une inflammation des poumons se déclare pendant le cours d’un typhus ; alors elle présente des caractères tout-à-fait insolites et distincts.

La cause la plus générale de cette affection est la suppression de la transpiration cutanée par le froid , qui détermine l’afflux du sang vers les poumons. Elle attaque spécialement les individus forts et replets , et règne surtout en hiver et au printemps'; mais elle peut encore se manifester

^ Ettm9i.ogie. ; pulmQncs,

ou MALADIES FEBRILES; 247

en été et en automne , quand il y a dans Fatmo^ sphère des passages subits du chaud au froid.

Les efforts faits] pour chanter) , pour parler , pour jouer des instrumens à vent, produisant un accroissement de Faction des poumons , sont aussi une cause de la péripneumonie , qui peut naître également après un exercice violent, après des lésions extérieures, un excès de table, la rétropulsion d’éruptions cutanées , la suppression d’une évacuation habituelle , ou dépendre du transport sur les poumons de la goutte, du rhumatisme , etc. Ceux qui ont déjà été atteints de péripneumonie, sont très-exposés à en être attaqués de nouveau.

La péripneumonie véritable débute par une douleur obtuse dans la^poitrine ou le côté ; par une grande gêne dans la respiration , qui augmente lorsque le malade garde une position horizontale ou se couche sur le côté affecté; par.de la toux , accompagnée de sécheresse de la peau , de chaleur, d’anxiété , de soif, de rougeur de la face. Dans les premiers momens, le pouls est ordinairement plein , dur , fort et fréquent ; ensuite il devient faible , mou et souvent irrégulier. D’abord aussi ia toux est sèche et l’expectoration nulle , quoique quelquefois il y ait des crachats rendus dès le début: la nature de ceux-ci varie , au reste , beaucoup et pour la couleur , et pour la consistance ; le plus communément on y observe des stries de sang.

Si les moyens convenables ne sont pas employés à temps , et que la maladie marche avec

PYREXIES ;

assez de violence pour menacer de suffocation 7 les vaisseaux du cou se dilatent et se gonflent, la face prend une teinte pourprée , du sang s’infiltre dans le parenchyme cellulaire des poumons et arrête la circulation dans ces organes, en sorte que la mort ne tarde point à arriver.

Si on a négligé l’emploi des remèdes convenables , si leur administration est restée sans effet, et que cependant les derniers symptômes violens que nous venons d’indiquer ne se déclarent point, la suppuration peut s’établir. On reconnaît cet accident à la présence de légers et frécjuens frissons, à la diminution de la douleur, malgré la continuation de la plénitude dans la partie , à la possibilité où est le malade de se coucher sur le côté affecté , à la rémission des symptômes de la fièvre inflammatoire , au développement de ceux de la fièvre hectique , à l’oppression plus grande de la respiration , qui dei ient cependant moins douloureuse. Alors quelquefois de la sérosité s’épanche dans la poitrine , et donne naissance à une hydrothorax ; d’autres fois il s’établit des adhérences entre les plèvres costale et pulmonaire.

Quand une péripneumoriie cause la mort, c’est généralement par un épanchement de sang dans le parenchyme des poumons , qui suffoque le malade entre le troisième et le septième jours. Quelquefois aussi la fin de la vie est ici la suite de la suppuration ou de la gangrène.

La résolution d’une inflammation des poumons est toujours accompagnée de quelque évacuation évidente : telle que le flux abondant d’une urine

Otr MALADIES EÉBBILES: 249

sedlmenteuse , la diarrhée , une sueur générale , répîstàxis ; mais celle qui a lieu le plus ordinairement , et qui a Teffet le plus avantageux , est une libre et copieuse expectoration d’un mucus épais , blanc où jaune , légèrement strié de sang. Lorsque cette expectoration arrive , elle termine la maladie en douze ou quatorze jours.

Les signes qui , dans la péripneumonie , annoncent un péril imminent sont la fièvre violente , avec délire , douleur aigùe , grande difficulté de respirer et toux sèche , F expectoration d’une matière d’un noir foncé , la cessation subite de la douleur avec altération de la face , et extinction et irrégularité du pouls. Les signes favorables sont la diminution progressive de la fièvre , de la dyspnée , de la douleur , en même temps qu’une libre expectoration ou tout autre évacuation critique s’établit, comme une épistaxis, une sueur copieuse , avec sédiment dans l’urine. On doit toujours regarder comme très-fâcheuses les terminaisons de la maladie par un abcès ou par un épanchement.

A l’ouverture des cadavres , on trouve ordinairement les poumons d’un rouge foncé , avec une infiltration de sang ou d’albumine concrétée dans les mailles de leur tissu. Un épanchement d’un fluide coloré ou épais, et comme floconeux, a lieu • dans la cavité des plèvres et dans celle du péricarde. La plèvre pulmonaire est enflammée et sillonnée d’une immensité de petits vaisseaux. Souvent il existe des abcès ou des tubercules dans la substance des poumons , et des adhérences de

25o pyrexies ;

ces organes aux côtes, en même temps qu^on observe dans les bronches une certaine quantité d’une matière purulente.

Puis donc que , dans la péripneumonie , les malades succombent en quelque^ jours à une hémorrhagie ou à une suppuration, suites nécessaires des obstacles qu’éprouve la circulation pulmonaire , il est indispensable , dès le début de la maladie , de suivre , avec la plus stricte exactitude, la méthode antiphlogistique. On fera une saignée du bras proportionnée à la violence des symptômes et à la force du sujet ; l’ouverture de la veine devra être large * , et si la dyspnée et la douleur ne diminuent pas d’abord tandis que le sang coule , on ira jusqu’au point de voir le malade prêt à tomber en syncope : une seule évacuation bien abondante est en effet beaucoup plus avantageuse que plusieurs petites saignées successives.

Si la douleur et la difficulté de respirer persistent avec la même intensité , ou reviennent après un court intervalle de temps , ce qui arrive souvent , on répétera la saignée le lendemain ou le jour même , et on tirera encore une grande quantité de sang , ce qui deviendra inutile lorsque les symptômes inflammatoires seront légers , que la douleur et la dyspnée paraîtront peu marquées , et que le malade ne se plaindra que d’un sentiment d’ardeur et de mal de gorge. On se basera, pour pratiquer les saignées, sur Fétat des symptômes , l’effet* produit par l’évacuation pré-

^ ^ oj^ez pages 242 st 2^^^

ou MALADIES EÉBRILES: sSî

cédente et l’aspect du sang après qu’on l’a laisse refroidir : et plutôt on les fera , plus elles se montreront efficaces, quoiqu’elles soient fort avantageuses dans toutes les périodes de la maladie , tant que l’expectoration n’est point établie : alors, en effet , elles ont des suites très-fâcheuses.

Quand il s’est déjà écoulé beaucoup de temps , que le malade est faible et abattu, au lieu de répéter la saignée pour la seconde oula troisième fois, on appliquera plusieurs sangsues à la poitrine , sur le lieu douloureux.

On a proposé l’administration de la digitale pourprée pour la péripneumonie comme pour la pleurésie^. Comme auxiliaire d’une saignée abondante et pratiquée de bonne heure , ce remède peut être fort avantageux, mais on ne doit jamais se fier à lui seulement. Quand, malgré une saignée copieuse faite dès le début , il y a faiblesse générale et irritation pulmonaire , avec toux fréquente , dyspnée , sécheresse et chaleur de la peau , fréquence et tension du pouls , nous pouvons , de quatre en quatre heures , faire prendre un demi-grain de poudre de digitale , ou quinze à vingt gouttes de teinture de cette plante.

Un autre moyen à employer après la saignée , est l’irritation de la peau à l’aide d’un vésicatoire large appliqué sur le lieu douloureux , et remplacé par un second s’il paraît disposé à sécher trop vite : il vaut mieux agir ainsi que de chercher à entretenir la suppuration, comme on le fait ordinairement , au moyen d’une pommade stimulante.

V oyez page 243,

252 PYREXIES ;

On empioie aussi parfois les fomentations et les cataplasmes émolliens , mais on se retranche ainsi une ressource bien plus puissante , puisque îe vésicatoire ne peut point être applique pendant leur usage.

Une expectoration abondante est la crise que la nature se ménage communément ; il faut donc la faciliter, autant qu’il est en nous , à l’aide des médicamens que nous supposons propres à agir sur les cryptes muqueuses de la gorge ^et des bronches , lesquels serviront encore à apaiser la toux et à soustraire les parties à l’influence d’un mucus âcre (i). Pour seconder l’effet de ces remèdes , et pour détendre les vaisseaux des poumons , on fera aspirer plusieurs fois par jour les

'(i) ^ Sévi Ceti . . . . 5 ij.

' Vitell. Ovi . s. ad solut, et adde

. Aquæ Piilegii . 5

Nitri puriQc . 5 j.

Oxym. S^di.æ . . iij.

F. Mistura. Cochlear, ij. pro dos. tusse urgenti.

VEL

Mucilag. Gumm. arab . 3 v.

Syrup. Limonior. . | j*

Tinclur. tolutan . 5 (5.

"if Gummi Ammouiac. • . . 5 j. Solve in

Aquæ Pulegii . . . • . % et adde

Acet. Scillæ .... U . ^ “j-

Syrup, tolutan . . . 5- fS*

ou MALADIES FEBRILES. ^53

Tapeurs d’une infusion chaude de plantes émollientes , telles que la mauve , les fleurs de camomille , etc. , avec addition de vinaigre : parmi les moyens secondaires, il en est peu d’aussi efficaces ; l’instrument du docteur Mudge estfortutile en cela.

Ordinairement les malades ont de la répugnance pour les potions qui contiennent du blanc de baleine , fiarce que , suivant le procédé vulgaire , cette matière est mal mêlée avec les autres substances. Il faut donc le délayer d’abord avec une suffisante quantité de jaune d’œuf dans un mortier échauffé , et y ajouter ensuite , peu à peu, le véhicule aqueux : de cette manière on gagne beaucoup de temps , et la préparation est mieux faite. ' .

Pour favoriser tout à la fois et l’expectoration et la transpiration cutanée , on peut donner les antimoniaux à petites doses , de manière à exciter seulement des nausées , et à ne pas amener le vomissement (i). Oh fera prendre en même temps

VEL

^ Olei Amygd. dulc.

Syrup, tolutan . .1 %

Speniiaceli ( Gnmm. arab. permixt. ) ♦ 5 ij.

Conserv. Cynosbat. ........ §13.

M. F. Linctus de quo sœpiîis lambat œ^er.

( Voyez aussi pages et 245).

(i) Pulveris antimonial. ....... gr. ij.

Conserv. Rosæ . gr. xij.

M. F, Bolus tertiâ liord sumendus.

254 PYREXIES ;

quelque tisane adoucissante et délayante , comme de Feau d’orge ou du gruau clair , aiguisée avec du suc de citron jusqu’à agréable acidité. .

De même que les antimoniaux , le nitrate de potasse et quelques autres sels neutres produisent de bons effets , et doivent être administrés dans la péripneumonie (i).

Probablement aussi que tous les soirs un bain de pied serait fort avantageux.

Si dans le cours de la maladie% on est forcé de solliciter des évacuations al vines , il ne faut pas que ce soit à l’aide des purgatifs actifs :

VEL

^ Pulv. Jacob, ver . iv.

VEL

"if Antimon. lartaris . g^* b*

Aquæ font . . ^ vij b.

Syrup. Rosæ . . ^6.

M. F. Mistura ciijus sumat cochl, magna ij. tertiâ vel quartâ hord.

(i) 'if Succi Limon . I j fi.

Kali præpar . . 5 j.'

Aquæ Mentliæ sativ. ....... ^j.

- fontis . 5 iij.

Kitri puritic. . . . 5 j.

Syrup, tolutan . . 5

M. F. Mistura cujus sumat cochlear, iij. pro dose,

VEL

if Aquæ. Ammon, acet. ....... 5 iij.

■ - puræ . Sx.

Nitri purif. . . g^’*

Vini Antimon. . gutt. x.

Syrup. Altliææ . S j.

M.F. Haustus quartis horis sumendus.

ou MALADIES FEBRILES^ 255

on doit se contenter des laxatifs rafraîchissans; On convient en général que les purgatifs sont nuisibles dans les affections des poumons. Ce* pendant on peut , dans quelques circonstances , donner une infusion de séné , une solution de sulfate de magnésie , ou quelque autre médicament analogue (i).

Dans la première période de rinflammation des poumons, les préparations d’opium sont manifestement contraires , en empêchant l’expectoration de s’effectuer : il ne faut donc les prescrire alors que si la toux est assez violente pour épuiser le malade en prolongeant l’insomnie , encore attendra-t-on que la saignée et les vésicatoires aient déjà soulagé la difficulté de respirer et la douleur. Plus tard , quand la toux est devenue le seul symptôme important, et qu’elle paraît entretenir la douleur et Fagrypnie , les opiacés sont utiles sous la forme de julep à prendre dans la soirée, ou combinés avec les pectoraux (2). •

{i) "if Mannæ optim.

Kâli tartaris . . • •

Aq. ferveni. • • . • . •

O » * 5' ij*

M F. Haustus.

VEL

2f Olei Rioini

• • » %]. pro dose

(2) Aquæ Ammon, acet. . . . » ,

• 5 IJlj *

-= — — ’ Menthæ sativ .

Tinct. Opii .

Syrup, tolutan .

Vini Anlimon.

È'L F# Hüustus.

• PYREXIES ;

Pendant tout le cours de la maladie , le malade doit garder le lit, ayant la tête et les épaules aussi élevées que possible. On entretiendra Tatmosphère de sa chambre à une douce température , et on soutiendra ses forces avec des alimens légers. Sa boisson habituelle devra être le gruau clair et beau d’orge , édulcorés avec le miel ou la racine de réglisse , et acidulés avec une petite quantité de gelée de groseilles. Pendant la convalescence , il évitera le froid et toute espèce d’écart de régime propre à occasionner une rechute. Aucune maladie en effet n’est plus disposée à reparaître , et ne conduit aussi fréquemment à la phthisie pulmonaire que la péripneumonie.

Si , par suite de la violence extrême de la maladie , il s’est fait un épanchement, et que l’hydrothorâx survienne , on suivra -la marche que nous indiquerons en traitant de cette dernière affection. S’il y a suppuration , et que nous ne puissions opérer l’évacuation de la matière qu’en ouvrant la poitrine , il vaudrait mieux pratiquer l’empyème que d’abandonner le malade, et de le laisser périr sans avoir fait les derniers efforts pour le sajiver.

Dans la péripneumonie putride qui, ainsi que nous l’avons dit , accompagne quelquefois le typhus , il faut combiner les traitemens des deux maladies. Les saignées générales sont très-nuisibles ; et même , si la faiblesse est très-grande , les saignées locales, comme celles que l’on pratique à l’aide des ventouses scarifiées , peuvent causer la mort du sujet par l’impossibilité absolue où l’on

ou MALADIES FEBEILES.' est d’arrêter le sang. Les ventouses sèchçs , les fomentations , les cataplasmes et les linimens irritans, appliqués localement, sont bien préférables.' Il faut aussi faire aspirer, plusieurs fois par jour et par nuit, les vapeurs de Feau chaude. Quand il y a une tendance manifeste à la gangrène et aux hémorrhagies , les vésicatoires deviennent nuisibles en donnant lieu à une évacuation , et en fournissant à des ulcères gangréneux l’occasion de se développer.

Dans cette maladie , il est nécessaire de se mettre bien en garde contre tout ce qui peut déranger les premières voies : un pareil accident favorise la naissance des phénomènes de la putridité. Aussi très-souvent les médicamens , propres à évacuer les' matières renfermées dans le canal digestif, forment une partie essentielle du traitement; mais, comme Faction des cathartiques est trop débilitante, et que généralement c’est l’estomac qui est le siège du dérangement observé , on donnera la préférence aux émétiques , et en particulier à Fipécacuanha, pour éviter la fréquence des selles.

Quand la peau est sèche et chaude , les potions salines ou l’acétate d’ammoniaque ont une action avantageuse. Enfin, quand on veut apaiser la douleur , la toux ou la diarrhée , ou faire cesser l’insomnie , il convient d’administrer l’opium.

Pour soutenir les forces de la vie , et s’opposer à la putridité-, il faudra permettre l’usage modéré du vin, en proportionnant sa dose au degré de faiblesse existant.

258 PYREXIES,

Si les symptômes inflammatoires Sont peu intenses , et que la fièrre tende à une rémission, on administrera le quinquina.

Après la guérison de la péripneumonie adynamique , il faut recourir aux amërs et aux aroma tiques , pour fortifier T estomac et , par suite , l’économie tout entière.

De la Péripneumonie fausse. ( Peripneumonia

notha. )

Cette maladie attaque ordinairement les vieillards d’un tempérament lymphatique , ou qui ont éprouvé fréquemment des catarrhes pulmonaires. Comme la vraie- péripneumonie,- elle est produite le plus souvent par l’impression du froid ; elle règne particulièrement au printemps et en automne , lorsque l’atmosphère éprouve de rapides vicissitudes dans sa température.

Communément elle débute par des alternatives de chaleur et de frisson , avec rougeur à la face , céphalalgie et vertige, sentiment de lassitude générale , difficulté de respirer , oppression marquée , douleur profonde dans le thorax , toux et légère expectoration, ou abondante évacuation d’un mucus visqueux.

La péripneumonie fausse est quelquefois si peu intense , qu’elle ressemble seulement à un catarrhe violent, et, qu’ après l’emploi de quelques remèdes convenables, elle se termine par une expectoration facile et copieuse. Mais quelquefois aussi , au contraire , les symptômes sont

ou MALADIES FEBRILES / üSg

graves , il se fait une accumulation de mucus dans les bronches, et le malade meurt suffoque.

Si Ton est appelé de bonne heure, et qu’il y ait une grande difficulté de respirer avec beaucoup de douleur, il sera convenable de saigner, pour faciliter le passage du sang à trad ers les poumons ; mais lorsqu’on ne remarque point ces symptômes , la phlébotomie deviendrait nuisible en affaiblissant le malade sans nécessité , d’autant plus que ceîui-ci est généralement un individu âgé et d’une constitution molle.

Dans la vue de soulager la dyspnée et l’oppression , on fera appliquer un large vésicatoire immédiatement sur la partie affectée ; après quoi, s’il existe de la disposition au vomissement, on prescrira un doux vomitif; sinon, ôn se contentera de donner lés antimoniaux a doses réfractées , comme nous l’avons conseillé au sujet de la péripneumonie vraie et, afin de provoquer la transpiration cutanée , on en répétera fadministration toutes les deux ou trois heures , et le malade boira simultanément quelque infusion tiède.

Ce n’est qu’à la suite de cette première partie du traitement qu’on pourra employer les pectoraux unis à la scille , ainsi que dans la péripneumonie vraie.

Si la constipation survient pendant le cours de la maladie , on y remédiera par les lavemens émolliens ou les doux laxatifs, tels que la manne , la crème de tartre {tdrtrate acidulé de potasse)^

* Voyez pcL^e 253.

sGo PYREXIES ,

etc. Les purgatifs actifs s o;Tt nuisibles en produisant un état de faiblesse.

Pendant toute la durée de la maladie , le régime antiphlogistique est de rigueur. Si pourtant la faiblesse est grande , et que le malade soit habitué depuis long-temps à Fusage des liqueurs fortes, on permettra un peu de vin.

Je considère la phlogose des bronches comme une sorte d’inflammation pulmonaire peu intense, et exigeant absolument le même traitement qu’elle. Voilà pourquoi je n’ai point jugé à propos de lui consacrer un article à part , quoiqu’un de mes contemporains en ait fait un traité spécial , et Fait crue digne de ses recherches

Pour ce qui est de la Cardite ou Inflammation du cœur y de la Péricardite ou Inflammation du péricarde y et de la Diaphragmite ou Inflammation du diaphragme ^ le plus souvent on ne peut les distinguer de la péripneumonie qu’elles compliquent probablement dans un grand nombre de cas. Heureusement que le même traitement convient à toutes ces affections , en faisant néanmoins attention à cela , que plus Forgane malade est nécessaire à la vie , et plus il faut employer les moyens thérapeutiques âxec activité et promptitude.

De V Infl,ammation de ! estomac ou Gastrite.

( Gastritis. )

Cette maladie offre deux variétés , la gastrite

Badham , T realise on Bronchitis,

** Etymologie. ToiTTvi^ , Slomachus.

ou MALADIES FEBRILES. . 26 1

pille gmoneuse et V érysipélateuse : nous allons nous occuper spécialement ici de la première ; la seconde , ne se déclarant en général que vers la fin d’autres maladies , n’est accompagnée d’aucun des symptômes de l’inflammation générale , d’aucune douleur brûlante à l’épigastre , et annonce l’approche de la mort.

Les diverses substances âcres, en contact avec l’estomac, telles que l’arsenic , le deuto-chlorure de mercure (^sublimé corrosif)^ etc. , les aiimens de mauvaise nature , l’abus des boissons spifitueuses, l’ingestion d’une liqueur froide quand le corps est en sueur , comme après une marche forcée , la danse , etc. , une métastase arthritique , la rétropulsion des exanthèmes , sont les causes déterminantes les plus ordinaires de la gastrite phlegmoneuse , qui peut résulter aussi, par contiguité, de Finflammation de quelque organe voisin qui se communicjue à l’estomac.

On distingue facilement cette gastrite de toute autre maladie à la douleur , à la chaleur , à la tension de l’épigastre ; â l’accroissement de ces symptômes , toutes les fois qu’il entre quelque aliment ou quelque boisson dans l’estomac , et*au vomissement qui succède immédiatement ; à la prostration des forces portée subitement au dernier degré. On ne peut la confondre , au reste , qu’avec l’entérite , mais on viendra à bout de Fen isoler en palpant le malade , et d’après le siège de la douleur.

Les symptômes caractéristiques de la gastrite

202 PYREXIES

sont une ëpigastraigie violente, avec sentiment de chaleur et de tension flatalente , une disposition continuelle au vomissement , le rejet de tout ce qui entre dans T estomac , solide pu liquide , une soif inextinguible , l’insomnie , F anxiété , l’envie continuelle de changer de place , l’extrême faiblesse , la dureté , la fréquence et la concentration du pouls. Dans certains cas , il se joint à tous ces symptômes une diarrhée abondante.

Si la maladie augmente d’intensité , les symptômes nerveux se mettent de la partie ; la prostration arrive à son dernier terme ; il survient des syncopes^; la respiration est courte et entrecoupée , le corps inondé d’une sueur froide et visqueuse, le pouls intermittent ; le hoquet se manifeste ; les membres se refroidissent, et le malade succombe bientôt.

Rarement doit-on attendre que la gastrite ait une terminaison heureuse : le malade , effectivement , est emporté en peu de temps par la violence même de l’inflammation , ou par ses suites, la suppuration , l’ulcération ou la gangrène. Quelquefois le squirrhe du pylore en est la conséquence.

Lorsque cependant les symptômes sont trèslégers , et qae les médicamens convenables ont été employés dèsle début, on peut espérer la terminaison par résolution dans le cours du premier ou, au plus tard, du second septénaire. Dans ce cas , vers le ejuatrième jour ordinairement, le pouls devient moins dur, plus plein et

ou MALADIES FÉBRILES. 263

moins fréquent; la douleur cesse graduellement; l’urine laisse déposer un sédiment abondant, ‘ou bien une diarrhée se déclare.

On doit craindre la suppuration , lorsque les symptômes, quoique modérés, durent plus de huit ou dix jours ; lorsqu’il y a rémission de la douleur, quoiqu’un sentiment de pesanteur et d’anxiété subsiste encore ; lorsqu’il survient des frissons avec des exacerbations marquées dans la soirée , suivies de sueurs nocturnes , et des autres symptômes de la fièvre hectique. L’issue de tous ces accidens est communément funeste , à moins que le pus ne soit évacué au-dehors par le vomissement, et que l’ulcère ne se consolide.

Si les accidens ne cèdent point aux moyens appropriés , mis en usage dès le principe , on peut redouter la gangrène , qui se reconnaît d’aiWeurs à la disparition subite de la douleur , à l’affaiblissement du pouls , qui ne perd rien de sa fréquence, au délire, etc.

Lorsque le squirrhe du pylore survient , nous n’avons malheureusement aucun signe propre à nous en instruire. Mais, quand il est ulcéré, qu’il est devenu un véritable cancer, on observe des éructations fétides , un vomissement d’un fluide noirâtre et de très-mauvaise odeur , une douleur constante, quoique d’une intensité variable ; cette douleur est augmentée par toutes les substances âcres ou acides , et légèrement apaisée par l’ingestion des fluides doux, tels que le lait, le gruau clair, etc. Ce dernier caractère peut servir à distinguer le squirrhe du pylore de la simple gas-

264 * PYREXIES ;

tralgie , ou îa douleur est augmentée par toutes les espèces de substances que l’estomac i-eçoit dans sa cavité.

Lors de l’autopsie des cadavres, on rencontre une phlogose considérable de la membrane muqueuse de l’estomac, et une exsudation d’albumine concrétée à la surface intérieure de ce viscère , dont les parois sont épaissies à l’endroit enflammé. Rarement l’inflammation est générale. S’il y a ulcération , l’épaisseur des parois est traversée en tout ou en partie.

Il faut , dans le traitement de la gastrite, pratiquer, dès le principe, de fréquentes et copieuses saignées , sans être intimidé par la faiblesse du pouls qui se relève après l’opération. Si la phlébotomie ne parait pas avoir suffi , on appliquera des ventouses scarifiées , oij des sangsues à l’épigastre ; on pourra ensuite poser un large vésicatoire au même lieu et faire des fomentations sur tout l’abdomen, en même temps qu’on donnera fréquemment des lavemens émolliens ou laxatifs. Le bain chaud, ainsi que les pédiluves, seront également fort utiles.

I..’état d’irritation de l’estomac empêche d’y introduire aucun médicament ; nous ne pouvons nous hasarder à faire prendre des opiacés, même en lavemens, que lorsque la violence de la douleur est diminuée , et que le§ vomissemens sont apaisés.

Pour obvier à cette irritation, dans les cas où la gastrite est le résultat de la présence de quelque substance corrosive , on conseillera des bois-

OÜ MALADIES FEBRILES.' 265

sons adoucissantes à petites doses , comme lé bouillon de poulet , Teau de graine de lin , la décoction d’orge , etc. , avec addition d’une légère quantité de gomme arabique.

On aura recours aussi aux divers moyens dont nous conseillons l’emploi au sujet des poisons minéraux ou végétaux, en se réglant, au reste, sur la nature spéciale de la substance vénéneuse. Ke pouvons-nous point déterminer l’espèce de poison avalé , il faut administrer la potion antiémétique de Rivière , donnée , toutes les deux ou trois heures , au moment de l’effervescence , et la continuer pendant toute la durée de l’irritation gastrique. Une dissolution d’acétate de soude est également convenable.

On s’opposera à la suppuration, en insistant sur les moyens que nous avons indiqués ; une fois qu’elle est établie, il faut en abandonner le soin à la nature , en évitant seulement toute cause d’irritation. On peut , dans la vue de calmer la douleur , donner de petites doses d’opium , et ne permettre que des alimens doux et farineux.

Quand la gangrène de l’estordFac est survenue , rien ne peut empêcher la mort.

Dans les cas de squirrhe ou d’ulcération carcinomateuse du pylore , on ne doit s’attendre qu’à un mieux momentané. Il sera peut-être avantageux, dans le premier cas, de soumettre le sujet à une diète lactée , en même temps qu’on lui fera prendre de petites doses de calomélas uni à la ciguë, et, dans le dernier, de joindre à l’emploi de

206 pyrexies;

ces moyens celui de l’opium et de la jusquiame ;

en supprimant l’administration du mercure.

De T Inflammation des Intestins ou Entérite.

(-Enteritis.)*

Cette maladie , comme la précédente , est de deux espèces , l’une phlegmoneuse , l’autre érysipélateuse. La dernière est toujours consécutive à quelque autre affection ; aussi n’en sera-t-il point question ici.

La seule maladie, avec laquelle l’entérite puisse être confondue , est la colique ; mais , dans celleci , il n’y a point de fièvre , et la douleur n’est point augmentée parla pression, tandis que dans l’autre le pouls est dur et petit , et la douleur accrue par la pression.

L’entérite reconnaît les mêmes causes , pour ainsi dire , que la gastrite ; l’ingestion des sub stances corrosives ou irritantes , l’accumulation de matières stercorales endimcies , une constipation opiniâtre , une colique nerveuse , l’invagination ou l’étranglement de quelque anse d’intestin, la produisent communément : elle résulte aussi bien fréquemment de l’impression du froiel sur les membres inférieurs ou sur l’abdomen.

Ce tte maladie arrive surtout chez les vieillards, et revient fréquemment chez ceux qui en ont été une fois atteints.

Elle débute par une douleur aigue , étencUie

* Etymologie. , Intestinum.

ou MALADIES FEBRILES. 267

dans tout l’abdomen, mais fixëe plus particulièrement cependant autour de l’ombilic, et qui augmente d’une manière remarquable par la pression. Elle est accompagnée d’éructations, d’épigastralgie ; il survient des vomissemens bilieux ; , une constipation opiniâtre s’établit ; le malade est tourmenté par de la soif, de la chaleur, une grande anxiété; il a le pouls vif, dur et petit. Bientôt la douleur prend plus d’intensité ; il se manifeste des spasmes dans les intestins ; tout l’abdomen est sensible au toucher ; la constipation persiste ; l’éjection de l’urine devient pénible et douloureuse.

L’entérite peut se terminer par résolution, par ulcération ou par gangrène.

Dans tous les cas , c’est une maladie extrêmement grave ; souvent elle se termine par la gangrène en peu d’heures. On reconnaît ce fâcheux accident à la cessation instantanée de la douleur , à l’altération des traits du visage, à la perte du pouls, âla suppression de l’urine, au hoquet, à la tuméfaction du ventre qui résonne par la percussion.

L’entérite peut encore causer la mort par la violence des symptômes inflammatoires.

La résolution est annoncée par la diminution graduelle des douleurs , par le rétablissement des évacuations al vines , par la sortie d’une sueur générale , par l’égalité des battemens du pouls qui devient résistant , ou enfin par l’éjection d’une quantité copieuse d’une urine sédimentcuse.

L’ulcération des intestins n’est pas très-ordi-

268 pyrexies;

naire à la suite de cette* affection. On la reconnaît à la diminution des symptômes fébriles , à la présence de douleurs vagues et de frissons , à celle du pus dans les matières fécales.

A l’ouverture des cadavres, on voit le canal intestinal enflammé dans une plus ou moins grande portion de son trajet ; la partie malade adhérente souvent aux organes voisins ; ou bien on rencontre des marques de sphacèle ou des ulcérations. Fréquemment encore on observe des invaginations , des étranglemens , ou des nœuds dans les intestins ; dans le plus grand nombre des cas, le péritoine est plus ou moins attaque , ou recouvert par une couche d’albumine. Le mésentère et l’épiploon sont également fortement phlogosés.

Dès le principe , il faut avoir recours à la phlébotomie , et la répéter selon l’intensité et la violence des symptômes , comme selon l’âge et les Forces du malade. A la suite de la saignée générale , qui doit toujours être copieuse, on appliquera des sangsues sur l’abdomen , puis on videra les intestins à l’aide de quelque doux laxatif (i), s’il n’y a point d’irritation à l’estomac.

(i) Of Olei Ricini . 5 j«

Aquæ Menthæ . 5

Tinct. Jalappæ . â

M. F. Hmistiis.

TEL

'Mannar opüniæ . . % fS.

Nitri vitriolât. . . ^ vj.

Aquæ ferveulis . 3 ij-

I\I. F. liaidtiis.

ou MALADIES FEBBILES. 269

Mais , s’il y a des vomissemens répétés , il faudra se borner à l’emploi fréquent des lavemens émoiliens , dont on secondera l’effet par des fomentations chaudes sur l’abdomen. On appliquera aussi avec avantage un vésicatoire immédiatement sur la partie souffrante. Lorsque enfin l’intensité du mal devient moins forte , on peut risquer un médicament cathartique , pour faciliter les évaouations alvines.

Le bain tiède est également recommandable , mais il ne doit pas empêcher l’application des vésicatoires. Le demi-bain doit, au reste, obtenir la préférence sur les bains entiers.

Dans l’entérite avec constipation, rien n’est plus propre à lâcher le ventre que dix ou douze grains de calomélas après la saignée , et donnés en très-petites pilules , pour empêcher qu’ils ne soient rejetés par le vomissement.

Dans le traitement de cette maladie , les purgatifs sont regardés généralement comme essentiels , mais quoiqu"’on fasse le plus grand cas de la saignée , on ne l’emploie pas toujours de

If Infus. Sennæ . I j ^5»

Rali tartarisat. . 5 iij. <

Tinct. Rhabarb. ..••••••• ^ j* ,

, Haustus .

VEL

Df Magnes, vitriol . . • • 5 j*

^quæ Menlhæ piper. ........ % iij.

M. Capiat cochlear, lar§a iij. omni horâ ^ donee aims respondeat.

PYREXIES^

manière à profiter de tous les avantages qu’elle promet. Notre premier soin doit être dé nous en servir largement pour abattre l’inflammation dès le début . et de la seconder par les sangsues, les bains chauds, les vésicatoires : ce n’est qu’ensuite que- nous devons recourir aux purgatifs pour obvier à la constipation , qui , étant l’effet et non la cause de la maladie , ne mérite point d’abord de fixer notre attention.

Nous devons avouer qu’on est dans l’usage d’employer les purgatifs trop tôt , et à des doses trop considérables. Une pareille coutume a des conséquences très-fâcbeuses. On veut vider les intestins , et on ne pense point que les purgatifs n’agissent qu’en lés irritant, en excitant l’exhalation de leur membrane muqueuse , en accélérant leurs mouvemens de contraction, et qu’ ainsi on arrête toute formation de fluide à leur surface intérieure , en vertu de ce phénomène généralement connu , que toute membrane enflammée ne remplit plus ses fonctions. Or, les médicamens dont nous parlons ne font qu’ajouter une grande excitation à celle qui existe déjà.

Tous les alimens qu’on osera permettre seront doux et rafraîchissans : tels sont la décoction d’orge, le bouillon de veau ou de poulet; encore, jusqu’à ce qu’il soit sürvenu quelque évacuation, n’en donnera-t-on que de très-petites quantités à la fois ; autrement, eiTaugmentant l’obstruction, on augmenterait l’irritation et tous les autres accidens. Le régime antiphlogistique le plus sévère est celui que l’on doit suivre exactement.

ou MALADIES FÉBRILES. 27 1

Quelque^ praticiens emploient les opiacés dans la première période de la maladie , quand Testomac est dans un état d’irritation , et qu’il y a des vomissemens répétés. Mais il faut se garder d’adopter une semblable méthode ; l’administration de l’opium doit constamment ici être précédée par la saignée, les laxatifs, les lavemens émolliens. Tant que l’obstruction des intestins existe, l’opium est un stimulant qui , en augmentant l’activité de la circulation, peut amener la gangrène. Cependant, si l’on se décide à le donner, il faut le combiner avec quelque laxatif (i).

On verra , quand nous traiterons de la colique spasmodique , les moyens qu’il faut mettre en usage contre l’enlérite compliquée de hernie étranglée ou de volvulus.

On a quelquefois réussi à dissiper l’obstruction des intestins dans l’entérite , lorsque tous les efforts avaient été inutiles, en appliquant sur l’abdomen de la glace pilée , ou des compresses trempées dans de l’eau très-froide , ou même en faisant des affusions avec celle-ci. J’ai eu, il y a quelque temps, l’occasion d’observer deux succès de cette nature , dans des cas où il y avait complication d’une affection spasinodique très-prononcée.

(1) Calomelanos • . . gr. v.

Extract. Colocynth . gr. iv.

Opii . . . . gr. j.

M.F. Pilulœ ij. pro dos, ^

PYREXIES ;

De V Inflammation du foie ou Hépatite,

( Hepatitis. ) ^

On distingue généralement l’hépatite en aiguë ou en chronique ; la première est caractérisée par tous les symptômes d’une véritable inflammation ; dans la seconde , les signes de la phlegmasie sont moins prononcés , et il existe une augmentation manifeste du volume du foie , avec dureté et douleur sourde.

Outre les causes qui produisent les autres inflammations, telles que l’impression du froid , les lésions physiques, les contusions, etc., et qui peuvent donner naissance à l’hépatite, cette maladie est encore souvent occasionnée par certaines passions, par un exercice violent, par les fortes chaleurs de l’été , par la durée prolongée des fièvres intermittentes et rémittentes , par l’abus du vin et des liqueurs spiritueuses , et par la formation de concrétions plus ou moins solides dans le tissu du foie. Dans les climats chauds , ce viscère 'est plus exposé que toute autre partie à etre attaqué d’inflammation, ce qui vient probablement de la grande activité de ses fonctions , activité qui est encore augmwitée lorsqu’un froid accidentel oblige le sang à se refouler de la périphérie vers le centre : peut-être aussi, dans ce cas , la bile acquiert-elle une acrimonie qui la rend imtante.

L’hépatite et les affections qui en sont la

* Etymologie. Jecur.

ou MALADIES FEBRILES. 273

suite , se développent bien plus fréquemment dans les climats chauds que dans les pays froids,' surtout dans les îles d’Amérique , où peu d’Européens échappent à leurs attaques. Il semble que là le foie soit pour les maladies , ce que les poumons sont en Angleterre.

L’hépatite aigue commence par des "frissons ; bientôt une dquleur se manifeste dans l’hypochondre droit ; plus ou moins obtuse ou, vive , elle s’étend jusqu’à la clavicule et à l’omoplate correspondantes ; il survient de la toux, de l’oppression ; le malade ne peut se coucher que sur le côté affecté ; il éprouve des nausées, de l’anxiété, des vomissemens bilieux ; le ventre est paresseux, <etles matières sterçorales ne sont nullement mélangées de bile ; l’urine a une couleur de safran foncée , et est peu abondante ; ,il y a de l’anorexie , une soif intense , de la constipation ; le pouls , fort , diir et fréquent , bat de 90 à 100 fois par minute ; quelquefois il est intermittent ; la peau est chaude et sèche , la langue recouverte d’un enduit blanc ou jaunâtre : au bout de quelques jours, la peau et les yeux prennent une teinte d’un jaune foncé , surtout dans les circonstances où la phlegmasie est le résultat de la présence de calculs dans le parenchyme du foie.

Les nosologistes anciens et modernes ont assigné des symptômes diffère ns à l’inflammation de la suiface convexe , et à celle de la surface concave du foie. On prétend que, lorsque la douleur de l’hypochondre est compliquée de toux et de dyspnée , la phlegmasie occupe la face su-

12 7 -4 pyrexies;

përieiire du viscère ; et que, dans le cas contraire , en raison de la proximité de Festomac et du duodénum, il y a des vomissemens, de Fanxiété, et une douleur moins violente.

D’après les observations que j’ai été à meme de faire , tant en Angleterre que dans les îles d’Amérique , où l’hépatite est une maladie trèscommune , je dois avouer que ces signes caractéristiques me paraissent moins prononcés qu’on ne veut bien le dire. '

CuUen pense que le siège de l’hépatite aigue est constamment dans la membrane qui enveloppe le foie, et que celui de l’hépatite chronique existe dans le parenchyme même de l’organe.

Celle-ci est ordinairement accompagnée de perte d’appétit , d’amaigrissement, de dyspepsie, de flatuosités, de gastralgie, de constipation; la peau et les yeux sont jaunes ; les excrémens ressemblent à de l’argile ; l’urine, très-colorée, dépose un sédiment rouge et un mucus gluant ; on remarque , dans la région du foie , une douleur obtuse qui s’étend jusqu’à l’épaule droite ; le viscère lui-même est plus gros et plus dur ; il y a des accidens très-analogues à ceux de l’asthme. Dans quelques hépatites chroniques , le pouls est intermittent, ce qui peut tenir à l’obstacle qu’oppose , au passage du sang dans l’artère hépatique , l’état squirrheux de l’organe ; à l’accumulation de ce fluide dans la veine porte, ou à celle de la bile dans les canaux excréteurs hépatiques.

Mais souvent , cependant , les symptômes de

OtJ MALADIES FEBRILES; 27 3

riiepatite chronique sont assez peu proiionce's pour ne point fixer fattention ; c’est ainsi que , dans certains cadavres , on rencontre clans le foie des abcès volumineux qui n’avaient cause cjue peu ou point de douleur pendant la vie, et cjue nous devons pourtant regarder comme la conséquence d’une inflammation antécédente.

On distingue aisément l’hépatite de la péripneumonie , à la douleur qui s’étend jusqu’à l’épaule, à la pâleur de la face, à la toux sans expectoration, à une moindre gêne dans la respiration. On la distingue également de la gastrite , parce que la douleur ^t la chaleur ne sont poiriL augmentées lorsqu’une boisson pénètre dans l’estomac, parce que ce dernier ne rejette pas, sur-lechamp , par les vornissemens, les liquides ou les médicamens., et que la prostration des forces est moins grande. Onne la confondrapoint enfin avec le spasme des canaux biliaires , en liaison de l’absence des nausées, de la permanence de la douleur, du nombre des pulsations C]ui s’élève à cent et plus par minute , et de la préférence que le malade donne à la position horizontale, tandis que, dans le spasme des vaisseaux biliak es , on se soulage en courbant le corps en avant sur les genoux.

L’hépatite, ainsi que les autres inflammations, peut se terminer par résolution , suppuration , gangrène ou squirrhe ; rarement •pourtant on rencontre la gangrène du foie.

Cette maladie est fréc[uemment accompagnée dequelcjues obstructions. Elle n’a point autant de tendance à se termiiier/par suppuration dans nos

276 * PYBEXIES;

climats que dans les pays chauds ; ce cas s’observe rarement chez nous.

Assez peu souvent l’hépatite est immédiatement funeste ; elle disparaît fréquemment à la suite d’une hémorrhagie du nez ou des vaisseaux hémorrhoïdaux, de sueurs, d’un flux diarrhéique, d’un abondant écoulement d’urine sédimenteuse. On l’a vue cesser aussi au moment de l’apparition d’un érysipèle sur quelque partie du corps.

Les signes d’une terminaison favorable sont la diminution graduelle des symptômes fébriles , le meilleur état du visage , le retour des forces , de l’appétit et de l’embonpoint. L’intensité persistante de la douleur et de la fièvre , une constipation opiniâtre , de grands frissons auxquels succèdent la rougeur de la face et la fièvre hectique dénotent la suppuration. D es hoquets continuels , le froid des extrémités et l’extinction du pouls annoncent la gangrène.

Le pus , formé dans le foie , s’évacue par diverses voies ; comme ordinairement l’organe a contracté des adhérences avec les parties voisines , il s’écoule par les conduits de la respiration , par les voies^igestives , ou par une ouverture à l’extérieur: quelquefois, par défaut d’adhérences, il s’épanche dans la cavivité de l’abdomen.

Lors de F ouverture des cadavres, on trouve une augmentation dans le volume et dans la consistance du foie , sa couleur est plus rouge qu’à l’ordinaire, ses membranes sont plus ou moins phlogosées ; des adhérences se sont établies entre sa surface et les parties voisines; ou des collections

ou MALADIES FEBRILES. 277

considérables de pus se sont formées dans sa substance. Parfois encore on y rencontre des calculs biliaires , ou bien il ressemble à un rayon de miel par suite de l’espèce de fonte putride qu’il a éprouvée.

Une source de danger et une cause de difficulte dans le traitement de l’hépatite, c’est que, dans un grand nombre de cas, les symptômes inflammatoires ne sont que très-peu marqués , lors meme que déjà la maladie marche vers la suppuration avec rapidité ; c’est ce qu’on observe souvent dans les deux Indes. La douleur de côté n’est point toujours constante ou aiguë ; le malade lui-même y fait fort peu d’attention ; il n’en parle que lorsqu’on l’interroge à ce sujet, et alors il accuse simplement un sentiment légèrement pénible au creux de l’estomac ou dansl’hypochondre droit. Ce n’est qu’en observant les symptômes secondaires , tels que la diarrhée ^ la toux courte et sèche , la douleur au moignon de l’épaule , la teinte jaunâtre des yeux et de la face , que l’on peut , dans de telles circonstances, déterminer le véritable état et la nature de la maladie , surtout si on palpe la région du foie , et qu’on y reconnaisse de l’engorgement et de la sensibilité.

Pendant la période inflammatoire de l’hépatite aiguë , il est convenable de saigner, en se dirigeant pour cela sur l’intensité de la douleur et des symptômes fébriles , et de répéter l’opération si le désordre va croissant. En négligeant cette précaution, on doit craindre de voir arriver rapidement la suppuration. Après avoir ou-

278 PYBEXIES;

vert la veine , on administrera le calomëlas uni au jalap , ou d’autres cathartiques (i). Ensuite on recommandera de faire des fomentations sur la région du foie , en les renouvelant dès qu’elles se refroidissent. Dans les cas d’hépatite très-intense , un bain chaud peut être avantageux , de même que l’application des sangsues ou des ventouses.

Quelques praticiens proscrivent l’emploi de la saignée dans cette maladie ; ils préfèrent l’application des sangsues ou des ventouses scarifiées dans le voisinage de la partie affectée , et cette méthode est la meilleure quand la fièvre et la douleur sont peu prononcées : dans le cas contraire , la phlébotomie est indispensable. Au reste , comme nous l’avons déjà remarqué pour plusieurs autres phlegmasies , il vaut mieux tirer .en une seule fois la quantité convenable de sang que de l’obtenir par plusieurs saignées successives . mais plus faibles : l’ouverlure de la veine devra d’ailleurs être fort large •

Si, parsuite de l’emploi de ces moyens, les symptomes’ ne s’amendent point, on retirera de l’avantage de l’application d’un large vésicatoire sur le lieu douloureux. S’il tend à sécher avant

* George Fordyce' s Fourth and Fijth Dissertation, pag, 5o and

pag. i5.

(1) Infus. Sennæ . . 5 j C*

Magnes, vitriol . . S iij.

Tinct. Sennæ . . ) __

Syrup. Rosæ M,T . Haiistus.

ou MALADIES EEBBILES: 279.

qu’on en ait obtenu F effet désire , on en posera un second ^ ce qui est bien préférable à la coutume d’entretenir le premier au moyen d’une pommade stimulante. Une potion saline (i) , avec un peu de nitrate de potasse , et prise toutes les trois ou quatre heures, est encore un fort bon remède.

Dans toute hépatite aigue , le régime dit antiphlogistique doit être observé avec la plus exacte rigueur, surtout s’il y a menace de suppuration. Il faut donc entretenir la liberté du ventre à l’aide des laxatifs, comme les solutions des sels neutres , le calomélas uni au jalap , ou l’extrait cathartique. Les lavemens émolliens , véritables fomentations à l’intérieur, ne doivent nullement être négligés.

Gomme dans les autres phlegmasi es , il est bon ici de favoriser la transpiration cutanée au moyen du tartrate de potasse et d’antimoine à petites doses, et d’y joindre le nitre. On emploiera encore les pédiluves chauds , et les tisanes douces et délayantes.

A la suite des saignées et de l’administration réitérée des carthartiques , vers la fin de la maladie , on voit quelquefois une^éruption se manifester autour des lèvres, ou un érysipèle*se déclarer sur quelque point du corps ; c’est un signe

(1) Haust. salin . . . ^ j 6.

Nit. purifie. . . ' . . gr. x — xy.

Antimon. tartaris . gr. 1 /6.

Syrup. Alihææ. . . . . ^ ij-

M. F. Ilaiistus.

28o pyrexies,

favorable. En pareil cas, deux onces de décoction de quinquina données toutes les quatre ou six heures, font disparaître en un ou deux jours les traces de Finflammation qui subsistent encore.

Lorsque le malade n’a point été secouru à temps , ou cjue les remèdes sont restés sans effet, et que la suppuration annonce sa présence par des frissons répétés , il faut chercher à procurer au pus des qualités louables , et à déterminer son issue à l’extérieur.

Pour remplir la première de ces intentions on fera prendre au malade un gros de quinquina toutes les deux heures , on le soumettra à un régime analeptique et fortifiant , on lui permettra l’usage modéré du vin ; quant à la seconde , on y satisfera par l’application d’un large cataplasme émollient sur l’hypochondre droit, et par des fomentations qu’on y pratiquera deux ou trois fois chaque jour.

Quand la tumeur fait saillie au dehors , qu’elle est devenue molle , qu’elle présente une fluctuation manifeste , il faut l’ouvrir dans sa partie la plus déclive , ne laissant rapprocher les lèvres de l’incision que lorsque toute la matière s’est écoulée.- On doiti au reste , couper les tégumens généraux avec un bistouri, et percer ensuite la poche avec une lancette ou un trocar : par ce moyen , on évacuera la matière lentement et par degrés , ce qui est un point important toutes les fois qu’une collection purulente est considérable.

fies abcès du foie , quand on les a ouverts , se

ou MALADIES FEBEILES. 281

consolident plus promptement que ceux du reste ducorps, et présentent de moindres inconvéniens,’ Il faut toujours , en conséquence , les faire ouvrir , qu’ils aient leur siège ou non à la face convexe de l’organe , ce qui vaut beaucoup mieux que de permettre au pus de s’épancher dans la cavité de l’abdomen, accident presque certainement mortel.

En raison de la tendance qu’a la bile à contracter des qualités putrides dans les pays chauds^ on y emploie le quinquina presque dès le début de la maladie ; cependant on ne peut rien en attendre de bon dans la période inflammatoire. Il ne se montre avantageux que durant la formation ou l’écoulement du pus.

Dans l’hépatite aiguë , lorsque la douleur et lu tuméfaction ne sont point assez intenses pour nécessiter le régime antiphlogistique complet que nous avons indiqué , et que l’on soupçonne la formation d’un squirrhe , il faut recourir au mercure. Quelques praticiens le considèrent comme un spécifique dans toute affection quelconque du foie ; mais , observe le docteur Saunders on se trouve ainsi dirigé par un empirisme capa-» ble de nuire à la réputation d’un excellent remède. Dans les deux Indes, où l’hépatite est fort répandue , souvent on emploie le mercure dès la première période de la maladie f mais les médecins instruits ne s’en servent que lorsque les symptômes inflammatoires ont cédé à un traitement antiphlo- ^stique. Dans les Indes orientales , au reste, l’hé-

* Treatise on the Diseases of the Liver.

282 PYREXIES ;

patite aiguë se présente rarement à l’observation r presque toujours la maladie se montre sous le type chronique , sans fièvre comme sans douleur de côté.

La manière la plus convenable d’introduire le mercure dans l’économie est de frictionner, chaque soir , la région du foie avec environ un gros d’onguent napolitain , jusqu’à ce qu’un léger ptyalisme se déclare , ou plutôt jusqu’à ce que l’effet du remède soit très-prononcé dans toute l’économie. C’est ainsi qu’on parviendra à dissiper la tuméfaction et l’induration.

Si les frictions mercurielles , sur le lieu douloureux et aux environs , sont accompagnées de quelque accident, alors on les pratiquera aux aines, s’arrêtant toujours au moment où le ptyalisme se déclare. En même temps , tant pour favoriser la résolution de finflammation que pour obvier aux effets nuisibles du mercure , on donnera quelque doux purgatif, comme la solution d’un sel neutre dans une infusion de séné , tous les trois ou quatre jours à peu près.

Un de nos contemporains, M. James M’Gregor*, prétend qu’il ne sufbt point d’exciter la bouche par le mercure , mais qu’il est véritablement nécessaire d’obtenir une salivation abondante , sans laquelle la maladie ne cède jamais. Je ne connais que lui de son opinion.

Désirons-nous que le mercure agisse promptement, il faut remployer à l’intérieur comme à l’extérieur, en donnant conjointement quelquQs

Medical Skelches.

ou MALADIES FÉBBILES. ^83

pilules d’opium (i). Si le calomélas ne répond pas encore à nos vues % nous y substituerons les pilules mercurielles de la pharmacopée du college royal des médecins de Londres , en donnant, selon les cas , une ou deux chaque soir au malade, au moment où il se met au lit.

Si les accidens se calment promptement, on ne prolongera point l’usage du mercure ; dans le cas contraire , on peut être forcé de continuer le traitement pendant cinq ou six semaines.

Dans la variété d’hépatite que produit l’usage immodéré du vin et l’ahus des liqueurs fortes , l’emploi du mercure est condamné par le docteur Trotter qui prétend que , dans les cas de sqq,irrhe ou de tubercules du foie , le mercure ne lui a paru utile qu’en s’opposant à la constipation. Mon expérience me porte à ne poini absolument adopter cette opinion : plus d’une fois, j’ai vu le

JEssajr on Drunkenness , and its EJJects on the human Body.

(0 ^ Hyd rarg. calcinât . . « .1

Opii . . . > ââ 3 j.

Camplioræ . . , . 3

Syrup, simplicis * . q. s.

Isl.Y . Massa in Pilidas œquales lx. distribuenda ; capiat j.

vel ïy pro dose,

VEL

'2f Calomel . 5 j.

Opii purifie . 5 f5.

Anlimon. tartar . g***

Syriip. simpl . q. s.

M. F. Massa in Pilulas lx. divid. ; j. manh et nocte quotidiè sumenda.

284 pyrexies;

mercure employé avec succès contré le squirrhe du foie déjà compliqué d’hydropisie. Mais si la désorganisation est profonde et étendue , le médicament est nuisible .

On assure aussi que, depuis long-temps et avec beaucoup d’avantage, dans les îles américaines, on donne , contre l’hépatite chronique , l’acide nitrique fort étendu d’eau et de mucilage ou de sirop (i). C’est certainement un remède auxiliaire qui n’entraîne après lui aucun danger. Dans le cas où l’hépatite attaquerait un sujet -scorbutique , la mort serait hâtée par le mercure , tandis que l’acide nitrique agirait à la fois sur l’organe malade et sur la diathèse scorbutique.

Le docteur Robert Pemberton a beaucoup préconisé le taraxacum dans le traitement de l’hépatite chronique *. Il prétend en avoir obtenu de bons effets, quoique le squirrhe existât déjà ; dans certaines affections chroniques de l’estomac , il lui a bien réussi également ; il donne , deux fois par jour , un demi-gros de l’extrait de cette plante. î^éanmoins une forte décoction , ou le suc du taraxacum nouvellement exprimé , et à la dose de deux ou de quatre onces , deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, seront des moyens encore plus efficaces .

Treatise on Diseases of the abdominal Viscera , pag.

(i) TL Acid, nitric . . gult. viij — x.

Aquæ puræ . . ’ . ^ xij.

Synip. C ortie. Aiirant . . ij.

M. F. Haustm ter qaaterve die sumendas.

ou MALADIES FEBRILES.

Le régime qui convient le mieux aux individus atteints d'hépatite doit se composer d’une diète atténuante et analeptique ; les alimens seront de facile digestion, on rejetera les mets salés et les matières grasses , ainsi que toute espèce de liqueurs spiritueuses. Ensuite et par degrés , on permettra des bouillons de viande , etc. , jusqu’à ce qu’on voie la santé parfaitement rétablie. Dans la convalescence , les amers stomachiques, le quinquina , la quassia, la gentiane, la racine de Colombo , conviendront fort bien Le malade en prendra, trois fois par jour, dans une potion , en ajoutant à chaque prise une dose assez forte d’un sel neutre pour déterminer une selle.

Le changement de climat , le transport d’un pays chaud dans une région plus froide , les voyages sur mer, seront également salutaires.

Les maladies compliquées , suites d’un long séjour dans les pays chauds , et qui affectent le foie , l’estomac et les intestins tout ensemble , sont quelquefois beaucoup soulagées par l’usage des eaux de Bath , si on les emploie avant qu’il y ait de la suppuration.

L’eau de Cheltenham est aussi singulièrement avantageuse dans les affections organiques dont - nous parlons ; c’est la ressource principale de ceux dont le foie se ressent du séjour des pays chauds. Cette eau, en effet, outre les sels purgatifs qu’elle renferme , est chargée encore d’environ un huitième d’acide carbonique , qui y tient du fer en

* ojrez l’article de la Dyspepsie.

286 I^YREXIES,

dissolution. Sa grande efficacité cependant , dans rhépatite chronique, est due à son action purgative douce et continuelle.

De V Inflammation de la rate ou de la Splenite,

( Splenitis. ) *

Cette maladie débute par des frissons auxquels succèdent de la chaleur, de la soif et les autres symptômes de la fièvre ; bientôt après une douleur se manifeste dans l’hypochondre gauche , et est beaucoup augmentée par la pression ; du reste , la splénite ressemble considérablement à l’hépatite : comme celle-ci, elle peut être chronique , et alors l’organe augmente de volume et prend de la dureté.

Elle reconnaîtà peu près les mêmes causes que les autres inflammations ; mais l’engorgement de la rate , avec accroissement de volume , arrive souvent à la suite des fièvres intermittentes prolongées ; c’est lui que l’on désigne en Angle terre , avec l’induration du foie , sous la domination ^Ague-cakes Il dépend probablement d’un raptus du sang vers ce viscère , pendant la période de froid des accès.

Je n’ai pas besoin de répéter que , comme les autres phlegmasies , la splénite peut se terminer par suppuration ou par induration. Quelquefois, elle finit par un vomissement d’une matière noirâtre et analogue à du marc de café ; d’autres fois,

* Etymologie. SxAqv; Splen.

^■k y oj'ez pag. 27.

ou MALADIES FEBRILES; 287

c’est par une diarrhée ou un flux hémorrhdidaL Quand elle se termine par suppuration , et que la matière de l’abcès s’épanche dans l’abdomen , la mort arrive plus ou moins promptement , tandis qu’une simple tuméfaction peut subsister pendant plusieurs années sans danger.

Durant la période inflammatoire de la splénite, il faut recourir aux antispasmodiques , à la saignée générale et locale , aux purgations fréquentes, à l’application des vésicatoires sur ou proche la partie malade. S’il y a des marques de suppuration, il faut tâcher que l’abcès s’ouvre au dehors , et le recouvrir de cataplasmes , de linges imbibés de liqueurs émollientes. Dans le cas d’induration, on emploiera le mercure, ainsique nous l’avons conseillé contre Thépatite chronique peu avancée. On peut encore essayer l’acide nitrique.

De V Inflammation des reins ou de la Néphrite.

( Nephritis. )

On reconnaît deux sortes de néphrites, l’une inflammatoire ayant principalement son siège à l’extérieur du rein ; l’autre calculeuse occupant l’intérieur de rorgane^. Je rie parlerai ici que de la première , me réservant de traiter de l’autre , en parlant des affections calcul euses.

On ne la confondra point avec la colique , parce que la douleur se fait sentir très en arrière , et que l’urine, fréquemment évacuée et en

* Etymologie, NeÇ)po^j Ren,

288 PYÎIEXÎES ,

petite quantile à la fois, est d’un rouge foncé ; on la distinguera aussi du rhumatisme , parce que lesmouvemens du corp^ n’augmentent pas la douleur.

On ne prendra point pour elle l’affection produite par la formation d’un calcul dans le rein , ou par sa descente le long de Turetère , si l’on fait attention aux symptômes fébriles qui se déclarent aussitôt après la douleur , et qui continuent sans aucune intermission : tandis que, dans le calcul du r.ein , la fièvre ne manifeste sa présence que long-temps après la douleur. Dans cette dernière maladie , d’ailleurs , la cuisse du côté du rein attaqué est engourdie , et le testicule correspondant rétracté , en même temps qu’on observe des nausées et des vomissemens continuels.

On la séparera enfin du lumbago par le siège de l’affection que le toucher peut indiquer, par la dysurie accompagnée d’envies continuelles d’uriner, par les vomissemens qui fréquemment l’accompagnent , par la présence d’une douleur le long de l’uretère , et que les mouvemens et la position verticale du corps n’augmentent point.

Les causes de la néphrite sont les coups , les contusions , les efforts violens des lombes , le transport d’une matière âore sur les reins à l’aide de la circulation , les exercices pénibles , comme l’équitation long-temps soutenue et une marche forcée , l’exposition au froid.

En vertu d’une idiosyncrasie remarquable , quelques individus sont particulièrement exposés à ses atteintes ; c’est ce qui arrive surtout aux

ou MALADIES FEBRILES. 289

goutteux , où ie vice arthritique va se fixer souvent sur les reins.

La néphrite est accompagnée d’une douleur aiguë du côté malade ; cette douleur suit le trajet de Furetère ; il y a dysurie et envies continuelles d’uriner, constipation, malaise marqué pendant la station ou la marche ; le malade se couche facilement sur le côté affecté ; il éprouve des nausées, des vomissemens , et souvent des coliques.

Le pronostic doit être basé sur la violence des symptômes , et sur la quantité ainsi que sur la nature de Furine. Si la maladie se prolonge au-delà du septième ou du huitième jour, et qu’il y ait une douleur lombaire obtuse , de fréquens retours de froid , des frissons , on doit craindre la formation d’un abcès dans le rein. Les symptômes favorables sont la diminution de la fièvre , de la douleur et de la tension , l’évacuation d’une grande quantité d’urine muqueuse et fortement colorée , une sueur générale , un flux hémorrhoïdal.

Lors de l’ouverture des sujets qui ont succombé à une néphrite , on trouve les reins enflammés , et souvent détruits presque entièrement par des abcès. Dans quelques circonstances , ils paraissent squirrheux.

Dès le principe de la maladie , il convient de tirer une quantité de sang proportionnée à Fintensité de la douleur, à Fâge et à la constitution de l’individu. Si les symptômes ne sont pas aussitôt considérablement amendés, il faut répéter Fopération le même jour, ou, au plus tard, le I, ~ 19

2^0 PYREXIES,

lendemain. L’application locale des sangsue^

sera egalement avantageuse.

Ensuite on couvrira la partie souffrante avec des flanelles imbibées d’une décoction tiède d’herbes émollientes, ou avec une vessie remplie ' d’eau chaude. Les lavemens émolliens tièdes conviennent aussi ; ce sont des fomentations intérieures. On fera boire abondamment des tisanes délayantes et douces , telles que l’eau d’orge , celle de graines de lin , l’infusion de fleurs de mauve , etc.

Dans la plupart des phlegmasies internes , le nitre est regardé comme d’un emploi fort avantageux ; mais son effet est très-douteux dans les cas de néphrite ; il agit trop rapidement sur les reins et peut les irriter.

On évacuera doucement les matières contenues dans les intestins , soit avec de légers laxatifs (i) , soit à l’aide de lavemens émolliens.

Si 011 n’obtient aucun soulagement de l’emploi de ces divers moyens , on mettra le malade dans

(i) ^ Mannæ oplim. 5 vj.

Kali tartaris . 5 iij.

Aquæ ferventis . . • . . . 5 ij.

Tinct. Sennæ . . . . • . . . . • 5 j.

M. F. Haustus,

VEL

"if Olei Ricini . . . , . | j.

Mucilag. Giimni. arab. *•...)

Aquæ r ænicuh . i

Tinct. Jalappæ . r, . . . . gutt. xxx.

"hl.V .liausius^

ou MALADIES FEBRILES. 29 1

im bain chaud, plusieurs fois par jour , pendant dix minutes.

Les diaphorétiques doux , comme quelque potion saline avec une dose de tartrate de potasse et d’antimoine propre à exciter des nausées, sont également fort utiles.

Quant à l’application des vésicatoires , elle serait nuisible. Ils ont une action trop marquée sur les voies urinaires, et peuvent augmenter l’irritation. On prétend qu’on évite cet inconvénient en les saupoudrant de camphre , mais je ne puis confirmer ce fait par ma propre expérience. Peut-être encore que les frictions , faites sur les lombes , avec des linimens rubéfians , seraient avantageuses.

Nous avons dit que la dysurie est un des symp-^ tomes de la néphrite ; pour la calmer, certains praticiens se servent des diurétiques échauffans, comme les térébenthines, les baumes, etc. Une telle méthode me paraît condamnable. Il est bien préférable de pratiquer des fomentations tièdes sur les régions hypogastrique et lombaire , d’administrer des lavemens mucilagineux opiacés , de faire boi^e abondamment des tisanes délayantes, tell es que celles que nous avons indiquées tout à l’heure , etc.

On a souvent obtenu de bons effets de l’administration d’une pinte par jour d’une décoction de feuilles sèches de pécher ( Per sic a vulgaris ) , préparée comme nous le dirons au sujet de riiématurie.

Quand l’urine laisse de'poser une grande quanta-

292 PYREXIES ,

iitë d’une matière muqueuse et purulente , ce qui annonce la suppuration du rein , les médicamens l)alsamiques et détersifs , et l’usage prolongé des eaux ferrugineuses , de celle de Bristol spécialement, sont ce cju’il y a de plus convenable. Le quinquina pourra aussi être avantageux.

I]n des médicamens qui m’aient le plus favorisé en pareil cas est l’uva-ursi à la dose d’un demi-gros, trois fois par jour.

Quand la néphrite est due à la présence d’un calcul ou d’un gros gravier dans le rein , on doit suivre la marche indiquée au chapitre des affections calculeuses.

Dans cette maladie , il faut éviter toute espèce d’alimens stimulans , et ne permettre que ceux xjiii sont d’une nature adoucissante ; tout ce qui est âcre ou échauffant agit sur les reins. On doit surtout insister sur l’usage des boissons émollientes, quand même le malade les vomirait; après la saignée, rien n’est plus propre à abattre l’inflammation.

Les personnes sujettes |à de fréquentes attaques de cette affection, ou à des obstructions dans les reins , doivent bien se garder du froid aux pieds , et préférer, pour dormir, un simple matelas à un lit de plume. Elles ne se livreront qu’à un exercice modéré , et ne boiront jamais de vin tartareux.

ou MALADIES FEBRILES. 2^3

De r Inflammation de la vessie ou Cystite.

( Cystitis. ) *

Tension et douleur au-dessus du pubis, envies fréquentes d’uriner, dysurie ou ischurie , ténesme et fièvre , tels sont les symptômes qui caractésent la cystite.

C’est rarement une maladie primitive ; elle vient presque toujours à la suite de l’inflammation des parties voisines. Cependant elle est quelquefois produite par la rétention de l’urine et par l’excessive distention de la vessie qui en résulte , ou par la présence d’un calcul très-volumineux.

A la suite de la cystite , la membrane muqueuse de la vessie peut s’épaissir, s’endurcir, ou s’ulcérer; dans ce cas, du mucus ou du pus s’écoule en abondance avec l’urine , qui prend l’apparence du petit-lait ; quelquefois aussi ce fluide est alors sanguinolent.

Dans le traitement de cette affection , nous devons empêcher l’accumulation des excrémens dans le rectum , en administrant de temps en temps quelque laxatif rafraîchissant ; il faut chercher aussi à apaiser l’irritation par des injections émollientes poussées par l’urètre, et en donnant un peu d’opium. Quelquefois lès baumes détersifs , la térébenthine de Canada sont utiles , et , si l’on soupçonne la dégénérescence

Ety]\ïologie. Kui/lia-f Vesica.

204 PYREXIES ,

squirrheuse, on joindra à ces médicamensla ciguë

et la jusquiame

De la Goutte. ( Arthritis. )

Celte affection semble le résultat du développement d’un principe morbide spécifique.

' Elle est prëcëdëe ordinairement par de la dyspepsie et des flatuosités intestinales ; des symptômes fébriles, des douleurs et de l’inflammation dans les jointures des mains et des pieds, surtout à celles des orteils , sont ses signes caractéristiques ; elle revient par paroxysmes ; ceux-ci se déclarent le plus Auvent au printemps et à l’automne. Chez quelques individus , elle détermine la formation de concrétions terreuses , souvent trés-volumineuses , et placées dans les articulations des doigts particulièrement.

La goutte se présente sous quatre variétés , la régulière y \ atonique ^ \ erratique ^ et la goutte rentrée.

La seule maladie avec laquelle il soit possible de la confondre est le rhumatisme , et parfois le diagnostic en devient obscur. Le moyen le plus sûr de distinguer ces deux affections , est de tenir compte de la constitution du sujet , des symptômes précurseurs , du siège de la maladie , de

■* Quoique la péritonite et l’iiystérite appartiennent à la classe «les pyrexies , nous les rangerons parmi les maladies des femmes en couche , parce qu’elles se développent le plus comraunémeut à la suite de F enfantement.

Etymologie. A’'^êçov , Jnïculatio.

la nature de ses retours, et de ses liaisons sympathiques avec toute l’économie : ces diverses circonstances varient dans l’un et dans l’autre cas.

Dans la goutte, communément les douleurs attaquent les petites articulations , et ont moins de tendance à changer de place ; cependant si elles se portent ailleurs, c’est presque toujours sur le membre correspondant ou sur quelque viscère : les parties sont plus rouges et plus tuméfiées que dans le rhumatisme , qui est rarement précédé par des symptômes de dyspepsie comme la goutte , où ils se développent à un haut degré plusieurs jours avant le paroxysme.

Les hommes , surtout ceux d’une constitution forte et pléthorique, sont spécialement sujets à la goutte , qu’on observe rareraient chez les femmes^ et seulement chez celles qui sont robustes. Les individus continuellement exposés à un travail de corps , et ceux qui ne vivent presque absolument que de végétaux, sans boire de vin et d’autres liqueurs fermentées , sont rarement atteints de cette maladie douloureuse.

Elle ne se déclare presque jamais avant l’âge de trente-cinq à quarante ans , et , si cela arrive , il est présumable que c’est par suite d’une prédisposition héréditaire.

Une vie indolente et sédentaire , l’usage des vins tartareux , des liqueurs fermentées en général , la diète animale , l’abus des épiceries , favorisent particulièrement la naissance delà goutte.

Généralement on pense que la gloutonnerie est aussi souvent que l’ivrognerie la cause de cette

^9^ PYEEXIES ,

affection, mais le docteur Darwin dit que tous les individus arthritiques qu’il a eu occasion d’observer, avaient bu habituellement des liqueurs fermentees, comme du vin et de la bière. Au reste , en raison de la nature propre des maladies qui peuvent se transmettre parla generation, la dose des liqueurs de cette espèce , necessaire pour faire développer la goutte , n’aura pas besoin d’être aussi forte chez ceux qui tiennent une disposition arthritique de leurs parens que chez les autres.

Elle peut également encore être le résultat d’un régime trop succulent ou d’excès dans les plaisirs de Vénus , d’une longue application à l’étude , des veilles prolongées , des chagrins , des peines de l’esprit , de l’impression du froid , de l’abus des boissons acides , du passage subit d’un bon à un mauvais régime , de la suppression d’un écoulement habituel , de l’épuisement par des évacuations excessives ; mais elle est éminemment héréditaire : des femmes tempérantes et d’une grande jeunesse en ont ressenti les atteintes.

Quelques médecins ont assigné , comme cause prochaine de la goutte , une certaine acrimonie saline du sang ^ capable de produire une irritation morbide dans diverses parties du corps sur les extrémités capillaires des aj'tères. Cullen la regarde comme produite immédiatement par une diminution de tonicité aux extrémités du système , quoique le corps paraisse dans un état de pléthore et de force, et que le cerveau conserve

ou MALADIES FEBRILES. 297

toute son énergie. Darwin la croit le résultat d’une irritation viciée de quelque point de l’économie , et capable d’amener l’engorgement et r inflammation. Toutes ces hypothèses, et celles par lesquelles on a cherché à les remplacer , sont bien peu satisfaisantes.

Les paroxysmes de la goutte régulière arrivent quelquefois subitement sans aucun signe précurseur , ou bien ils sont précédés par un sentiment de froid extraordinaire aux pieds et aux jaixibes, par la suppression de toute transpiration dans ces parties, qui sont d’ailleurs le siège d’ün engourdissement ou depicotemens; en meme temps l’appétit diminue , les digestions deviennent pénibles, le malade éprouve du découragement et de la langueur, de la lassitude et de la faîigiie après le moindre exercice , de la constipation ; l’urine est pâle.

On peut se coucher dans un état de santé satisfaisant , et , après quelques heures , être réveillé par l’intensité de la douleur qu’on ressent à l’articulation du gros orteil , au talon , au mollet , ou dans tout le pied ; des frissons se manifestent en même temps que d’autres symptômes fébriles : la partie s’enflamme et devient le siège de pulsations. Quelquefois les deux pieds se tuméfient et s’enflamment, et le malade ne peut marcher ou exécuter le moindre mouvement sans ressentir des douleurs atroces.

y ers le matin , le sommeil arrive ; une légère sueur couvre la peau ; le paroxysme cesse alors.

C’est la réunion d’un certain nombre de ces

298 PYREXIES ,

paroxysmes qui constitue ce que Ton appelle un accès de goutte , dont la duree est plus ou moins longue suivant la saison , l’âge , les forces et la constitution du sujet.

Après un tel paroxysme , bien qu’au bout de quelques heures il y ait une diminution notable de la douleur, le malade n’est pourtant point entièrement délivré. Pendant plusieurs soirées de suite , la douleur et la fièvre reparaissent , et durent jusqu’au matin avec plus ou moins de violence.

Parfois, cependant, les paroxysmes deviennent plus doux de jour en jour, jusqu’au moment oii la crise définitive s’effectue par les sueurs , par les urines , ou par quelque autre évacuation. Les parties qui ont été affectées deviennent alors le siège de vives démangeaisons , l’épiderme qui les recouvre tombe en écailles , et il reste un peu de claudication.

D’abord , les attaques de goutte ne se montrent qu’une seule fois dans l’espace de deux ou trois ans : mais ensuite elles ont lieu chaque année , et enfin elles deviennent beaucoup plus fréquentes , chaque accès nouveau étant d’ailleurs plus violent et plus long que celui qui l’a précédé.

Dans le cours de la maladie , diverses parties du corps peuvent être affectées : le virus arthritique se porte, en effet, quelquefois d’une articulation ou d’un membre à l’autre. Après des attaques multipliées , les ar ticulations perdent leur force et leur souplesse , et deviennent assez roides pour

ou MALADIES FEBBILES. 299

être incapables de mouvement. On voit encore souvent des tumeurs très-dures se développer dans les jointures des doigts ; M. Haygartli propose de les appeler nodosités'^ . Des concrétions crétacées se forment aussi autour des articulations, ou se déposent dans rintérieur des reins : celles-ci se dissolvent parfaitement dans les acides.

Quelquefois, malgré Fexistence manifeste d’uiie diathèse arthritique , on ne remarque aucune affection inflammatoire des articulations : dans ce cas , Festomac est surtout le siège du mal ; il y a développement de flatuosités , anorexie, dyspepsie, éructations fréquentes, nausées, vomissemens et vive gastralgie ; souvent en meme temps le malade éprouve de Fabattement et de Fliypochondrie , ou bien de la céphalalgie et des vertiges , ou une sorte de tendance à Fapoplexie. Dans d’autres circonstances , les viscères thorachiques sont spécialement atteints ; ici se m.anifestent des palpitations, des défaillances, des crampes, delà dyspnée. C’est en cela que consiste la goutte atonicjue.

Quelquefois encore , l’inflammation , fixée d’abord sur une articulation, au lieu d’y résider le temps ordinaire , pour se dissiper ensuite graduellement , abandonne tout à coup son siège , et s’empare de quelque viscère. C’est aux accideris de ce genre qu’on donne le nom de goutte rentrée. Alors, si c’est Festomac qui est pris , on remarque des nausées , des vomissemens , de Fanxiété, de la gastralgie , une sensation de froid à l’épi-

Clinical IJistory of' Diseases.

3oO PYREXIES,

gastre; si c’est le cœur, on voit survenir la syncope ; si ce sont les poumons, l’affection simule l’asthme ; si c’est l’encéphale , l’apoplexie et la paralysie peuvent arriver.

Une autre variété de la goutte est \ erratique. Dans celle-ci, le virus arthritique, au lieu de donner ^naissance à l’inflammation des articulations , détermine simplement la phlegmasie de quelque viscère.

Tous les cas de cette nature, comme ceux des deux variétés précédentes , ne sont que des attaques de goutte irrégulière, et doivent inspirer la plus grande méfiance.

Harem ent la goutte est accompagnée de danger , à moins qu’il ne s’opère une métastase sur quelque partie essentielle à la vie , comme l’encéphale , le cœur , les poumons ou l’estomac ; car dans ce cas elle est fréquemment funeste. Quelques constitutions , cependant , sont profondément affectées par les accès de la goutte a tonique. Chez les jeunes gens , il est plus facile d’amener du soulagement que dans les personnes avancées en âge. On peut aussi plus aisément en amender les symptômes lorsqu’elle est acquise , que quand elle est héréditaire. L’accès en outre est généralement d’autant plus court que les symptômes fébriles sont plus violens , et que l’inflammation est plus forte.

Lorsqu’on a l’occasion d’examiner des cadavres d’individus qui ont éprouvé de fréquentes et vives attaques de goutte , on rencontre dans les reins des calculs d’un volume et d’une teinte va-

ou MALADIES FÉBRILES. 3oi

riabies, elles articulations, devenues roides, semblent privées de leur mouvement par la formation de concrétions crétacées , analogues aux calculs des reins. On regarde ces concrétions , au reste, comme étant l’effet et non la cause de la maladie.

Dans un mémoire lu à la Société royale de Londres le 22 juin 1797, M. Wollaston a démontré que les concrétions arthritiques sont formées par de l’urate de soude. Le docteur Pearson , dans un mémoire lu à la même Société au mois de décembre de l’année 1797 aussi, et où il présente l’analyse de trois cents calculs urinaires, fait particulièrement mention de l’existence de l’acide urique dans les concrétions dont nous parlons, et propose de changer son nom en celui de lithi(]ue y dérivé de Uthiasis, Fourcroy, vers le même temps , fit aussi la même découverte.

Malgré les nombreux remèdes qu’on a préconisés à différentes époques pour la guérison de la goutte , il est bien reconnifque rien encore ne peut débarrasser de cette maladie ceux qui en sont atteints : il faut chercher simplement à calmer la douleur lorsque le paroxysme est une fois établi, et ensuite, à l’aide d’un régime sévère et d’un exercice journalier et modéré , tâcher d’éloigner et de mitiger les accès.

Rarement les secours de la médecine sont utiles dans un accès de goutte régulière ; on doit en général se borner à tenir les parties enfTammées à une douce température , en les enveloppant

3o2 PYREXIES ,

dans de la flanelle , ou des étoffés de laine ou de pluche. Si rindividu est jeune et pléthorique, on le soumettra à une diète légère , lui défendant surtout ce qui peut entretenir ou augmenter Tirritation. Chez les vieillards, où l’estomac est affaibli, et chez ceux qui font un usage habituel des liqueurs fortes ou des substances animales , on permettra un régime plus restaurant ; et, comme les vins de Madère et d’Andalousie sont les moins sujets à devenir acides dans l’estomac , ce sont ceux dont on préférera l’emploi en pareil cas.

Durant le paroxysme , on maintiendra le malade dans le calme et la tranquillité , le plus qu’il sera possible ; on lui évitera les contrariétés ; on lui prodiguera des soins consolateurs, car, en général , les goutteux supportent impatiemment la violence de leurs douleurs.

En adoptant la méthode antiphlogistique, nous pourrions peut-être parfois parvenir à dissiper un accès de goutte ; mais aussi nous pourrions courir le risque de déterminer une métastase sur quelque organe imporlant à la vie ; en conséquence , on n’emploiera ni la saignée générale , ni les purgatifs , ni les applications locales ; et , quoique les linimens , les fomentations et les cataplasmes émolliens n’aient produit dans quelques cas aucun mal, 'dans d’autres circonstances leur usage a eu des suites fâcheuses , en occasionnant une rétropulsion de la maladie.

Le docteur Kinglake regarde comme une méthode de traitement tout-ù-fait en opposition

bu MALADIES FEBRILES. 3o3

mec les indications fournies par la nature du mal , celle où l’on entretient l’inflammation arthritique par l’augmentation habituelle de la température locale , par des applications de flanelle, par l’administration des stimulans , dans la vue d’empêcher la rétropulsion de la maladie, et de la fixer absolument sur le lieu affecté

Ses observations et ses raisonnemens l’ont, ditil, convaincu de ce fait, que, quelque éloignement qu’il paraisse y avoir entre les causes prochaines des inflammations phlegmoneuse et arthritique , celles ci se ressemblent pourtant assez en raison du degré de température qui les caractérise. Dans toutes deux, on peut attribuer l’excès morbide de la chaleur à l’action augmentée du système vasculaire , etc. En un mot, convaincu que, sous le rapport des symptômes les plus généraux , il existe une similitude frappante entre ces deux affections phlegmasiques , différentes par le nom, il pense que le même plan de traitement convient à l’une et à l’autre , et qu’il faut chercher à diminuer la chaleur en tenant des compresses imbibées d’eau froide appliquées constamment sur le lieu malade. Il cite plusieurs faits à l’appui de son opinion , et se croit autorisé à conclure que ^ i^. Par la simple application de l’eau froide, on peut combattre promptement et sans danger la chaleur , qu’on doit regarder comme la cause prochaine de la goutte , et comme la cause ou l’effet de l’altération morbide des propriétés vitales ;

^ Treatise on the Gout,

3o4 PYREXIES ,

2"*. L’opinion commune, qui veut que la mala^ die se fixe surles extrémités en raison de sa tendance à une crise , est loin d’être solidement établie ;

3“. Son transport sur un point déterminé, n’est point, comme on le pense généralement, dû a une prépondérance spéciale ou à la fixation de la maladie constitutionnelle ; mais que celleci se forme d’abord dans le lieu même affecté, d’oû elle se répand sympathiquement dans le reste de l’économie ;

4°. Plus l’affection locale subsiste depuis longtemps , et plus il y a de probabilités que cette sorte de sympathie morbide causera des altérations dans les viscères principaux , ce qui suffit pour amener une mort prompte et douloureuse.

Telle est la théorie de M. Kinglake ; elle est trop vague , ce me semble , pour avoir un grand nombre de partisans. Un préjugé général s’oppose d’ailleurs à l’emploi du remède qu’il indique , et les Jeunes praticiens ne doivent le recommander qu’avec une extrême réserve.

Ce n’est pourtant pas à lui que l’on doit la première indication de ce procédé. Hippocrate , Celse et quelques auteurs plus récens en ont parlé. Il n’a donc fait que renouveler une pratique , qui a été fréquemment mise en usage , et qu’on n’à abandonnée plusieurs fois que parce que ses avantages sont assez équivoques. Si jamais , au reste , on adopte le mode de traitement par les réfrigérans et les antiphlogistiques , ce ne

* Rigby’s Treatise on animal Heat. — Medical ohsen’ations ^ vol. YI.

ou MALADIES LÉBBILES. 3o5

devra être , selon moi , que lorsque Festomac et les autres viscères jouiront de toute leur énergie naturelle , et que F inflammation locale n’aura pas plus d’un ou deux jours d’existence. En pareil cas même , le degré de froid ne devra pas être plus grand , ou son application prolongée plus long-temps qu’il ne le faut pour dissiper les symptômes topiques ; et , si , nonobstant cette précaution , il se manifestait des signes d’un trouble général dans l’économie , il faudrait cesser subitement l’emploi du froid , et combattre la torpeur par des stimulans. Une attention constante à avoir encore est de maintenir Festomac dans un état modéré d’activité pendant tout le temps que dure l’application du froid sur les membres.

- Un autre médecin ^ assure que, dans la goutte, aucune application extérieure n’est plus efficace que celle de la vapeur, et que rien ne vaut mieux que de plonger de temps en temps la partie enflammée dans une atmosphère plus rare ; il recommande, en conséquence, Femploi du bain de vapeur sous une espèce de machine pneumatique, tous les deux ou trois jours. Ce procédé , dit-on , no'n-seulement soulage les symptômes du paroxysme existant, mais encore influe sur la violence de ceux qui doivent suivre, et sur la longueur de l’intervalle qui les sépare. Ce dernier moyen est bien préférable à l’autre, quoique celui-ci paraisse

* Blegboj'ongli s Communications on Goutj vol. xîj. pag. 62 o/' the Medical and Physical } ournaL

1 , ao

3o6 PYREXIES ;

plus propre à enlever promptement Finflamma-

lion.

Au reste , la goutte n’étant point une maladie purement locale , ainsi que le docteur Kinglake et quelques autres veulent l’insinuer , mais étant réellement une affection constitutionnelle , les applications à l’extérieur ne doivent jamais être séparées de l’emploi des moyens internes.

Les vésicatoires , l’urtication , les moxas en usage aux Indes orientales , les frictions rubéfiantes avec de l’alcohol camphré, les pédiluves d’eau simple, lesbains chauds d’eau de rivière avec addition d’acide muriatique à la dose d’une once par huit livres, l’application locale des emplâtres sont autant de remèdes qu’on a proposés pour diminuer et combattre les paroxysmes de la goutte : mais tous ont plus ou moins d’inconvéniens , et doivent être rejetés. Cependant, quand la maladie a été répercutée, on l’a plus d’uiie fois rappelée à son siège primitif avec un vésicatoire, qu’on doit supprimer dès le moment où l’on a obtenu l’effet désiré, le pansant avec un morceau de charpie ^ imbibée d’huile fraîche, et enveloppant le membre dans de la flanelle ou dans une chaussette de laine.

Si , dans un accès de goutte régulière , l’intensité de l’inflammation et des symptômes fébriles exige l’emploi de quelques médicamens, on

* En Angleterre, la charpie est une sorte de tissu qu’on coupe, comme le linge, avec des ciseaux , et en morceaux d’une étendue couYeiiable. ■

ou MALADIES EEBBILES. 807

préférera les diaphorétiques légers (i) , et ôn fera boire en meme temps au malade une grande quantité d’une boisson douce et délayante.

Dans l’intention de déterminer une légère diaphorèse , et d’abréger par-là le paroxysme , on administre quelquefois encore une décoction de gayac ; médicament qui devient nuisible quand il y a beaucoup de chaleur fébrile développée.

Si la constipation est forte , on donnera une dose convenable de teinture de rhubarbe , ou quelque autre laxatif également tonique et stimulant.

En raison de la violence des douleurs que cause la goutte , on a quelquefois recours aux opiacés dans cette maladie ; maïs , lorsqu’on les administre au début des paroxysmes , et lorsqu’il y a une vive inflammation , on rend souvent les symptômes plus intenses. On ne les donnera donc avec ' sûreté , que dans les cas où les malades snnt avancés en âge , où ils ont déjà éprouvé un grand

(1) ^ Palv. antimonialis . . . . • gr* ij.

Ammoniæ . • . • S*’* ^üj.

Conserv. Rosæ . . • . q. s.

M. F. Bolus tertiâ vel quartâ horâ sumendus»

VEL

Of Succi Limon . . ^ ^5.

Ammoniæ . . q,s.ad ejus

saturationem.

Aquæ puræ . ... 5 vj.

Vini Antim. . . . . . • gutt. xij.

Syrup. Corl. Aurant, . 5j.

M. F. Haustus quartâ vel seoctâ horâ surnendas.

3o8 PYREXIES ;

nombre d’attaques de goutte ^ où il n’y a que peu ou point d’inflammation, et seulement de l’insomnie. On préférera, à la teinture d’opium, la confection opiacée de la pharmacopée de Londres, à la dose de deux scrupules ou d’un gros-

La ciguë et les autres narcotiques sont depuis long-temps usités contre la goutte ; beaucoup de médecins ont surtout vanté la première ; le peu d’essais que j’en ai faits ont été sans succès.

A la suite d’un accès de goutte , on cherchera à retarder et à mitiger celui qui doit survenir, en faisant observer au malade une grande tempérance ; en l’obligeant de fuir les causes propres à déterminer de nouveau la maladie ; en l’engageant à prendre de l’exercice , et à éviter le froid ; en lui conseillant un emploi fréquent de doux cathartiques, et en tâchant de donner du ton à toute son économie.

Lorsqu’à la suite des accès encore , il reste du gonflement et de la roideur dans les articulations , le galvanisme et les frictions avec une brosse douce peuvent devenir d’un emploi fort avantageux.

On observe aussi assez souvent qu’il se forme des nodosités permanentes autour des articulations des doigts , après plusieurs accès de goutte ; le développement peut en être favorisé par l’idiosyncrasie de l’individu. A ce sujet, un auteur moderne ^ conseille de diminuer l’action augmentée des vaisseaux de la partie , Vu que c’est

Observations on the Nature and Cure of Gout , etc. h r M. James Parkinson.

ou MALADIES FEBRILES;

par eux que s’opère la sécrétion de la matière des nodosités ; de provoquer une abondante transpiration locale ; de corriger la disposition à l’acescence qu’on observe dans les premières voies et dans l’économie en général. Pour accomplir la première de ces indications, on appliquera topiquement des sangsues, dont on déterminera le nombre^ d’après l’étendue de la tumeur et la violence de la maladie ; quant à la seconde, on la remplira en entourant la partie avec un emplâtre composé de parties égales de diachylon simple et de savon blanc , lequel, au bout de quelques jours, n’adbérera plus qu’ assez peu à la peau pour permettre la libre sortie de la matière de la transpiration cutanée , qui viendra se condenser à sa surface ; la troisième exige une grande attention pour le régime du malade , qui devra éviter toutes les substances acides, et surtout les liqueurs fermentées qui commencent à devenir aigres. Au reste, afin de neutraliser l’acidité déjà existante dans l’estomac, et qui servirait de levain continuel, on donnera, chaque jour, cinq, dix ou quinze grains de soude.

M. Parkinson attribue à l’emploi combiné de ces divers moyens , les plus grands succès cjue l'on puisse obtenir dans ce genre. îl a vu diminuer progressivement et disparaître enfin entièrement , sous leur influence , des nodosités qui avaient existé pendant plusieurs mois ; d’autres, qui duraient depuis plusieurs années , ont été assez atténuées pour permettre le mouyement

3lO PYREXIES,

dans des articulations depuis long-temps immobiles ou à>peu près.

Le docteur Bardsley., médecin de Tinfirmerie de Manchester , regarde les nodosités des articulations comme dépendant plutôt du rhumatisme chronique que de la goutte. Il rapporte trois observations de ce genre : dans la dernière, ayant administré sans succès T arsenic , l’huile de foie de morue ( remède très-usité dans le Lancashire ) , le quinquina , le gayac , et les bains chauds , il eut recours aux frictions mercurielles ; après avoir entretenu ainsi pendant quelque temps une légère salivation, et employé les saignées locales à l’aide des sangsues , il obtint la guérison du malade. C’est d’après ce fait qu’il croit le mercure capable de faire disparaître cette affection quand elle est récente.

D ans la goutte irrégulière ou atonique , il n’y a point d’inflammation articulaire, et la diathèse arthritique ne se manifeste que par l’état de langueur de l’estomac , par des flatuosités , des éructations , par de la gastralgie : le malade évitera ici tout ce qui pourrait l’affaiblir ; il cherchera, au contraire, à donner du ton à tous scs organes , à l’estomac en particulier.

Dans cette intention , il lui sera permis une certaine quantité de nourriture animale, et on choisira les mets les plus restaurans , afin de déterminer le transport de la maladie aux extrémités , quoiqu’un pareil régime puisse augmenter les accideiis du paroxysme , s’il se déclare sur ces entrefaites. Un usage modéré du vin est éga-

ou MALADIES FÉBBILES/ 3ll

lement convenable ; on évitera pourtant celui qui est disposé à Tacidité , comme le vin du Pihin , etc. , et on préférera celui de Madère et celui d’Espagne. Si meme on remarquait que ces der niers produisissent des aigreurs , pn leur substituerait un mélange d’eau et d’eau-de-vie , sans aucune addition de sucre ou de citron. Le bain froid est un tonique puissant; mais, chez les goutteux , ses effets ne sont point assez certains pour qu’on puisse se permettre de l’employer.

Pour donner du ton à l’estomac , les aromates , le quinquina (i) et les ferrugineux seront mis en usage. Remarquons que le quinquina ne produit pas , par son emploi prolongé , l’atonie de l’estomac , comme le font les autres amers , et que par conséquent les goutteux le doivent préférer.

Dans les cas où la goutte produit des affections anoma les de la tête , de festomac ou des intestins, les eaux de Bath sont d’une utilité avé-

(i) ‘if Infus. Had. Columb . * . . | îv.

Tinct. Gort. peruv. . . ) __

^ J > aa $ (5.

, — — Gardamon. comp . i

M. F. Mistura cujus sumat œger cochlear, ij* magna hîs terve in die.

rEz

‘îf Rubiginis Ferri . . 5 ij.

Pulv. Cort. peruv . • I j*

- aromat . 5 j fi.

Syrup. Cortic. Aurant . q. s.

M. F. Electuariurn de quo capiat quantitatem juglandis lis in die.

3 12 ' PYREXIES,

rëe ; et ce n’est pas un petit avantage , en effet, que de pouvoir, par l’application de la chaleur, appeler sur quelque membre une inflammation locale à laquelle cèdent les symptômes dangereux qui existent. Yoilà pourquoi l’on dit (^ue ces eaux produisent la goutte ; et cela signifie seulement que , chez les individus atteints d’une affection goutteuse erratique qui cause des désordres dans rëconomie, l’usage des eaux de Bath, à l’intérieur et à l’extérieur , détermine une augmentation dans l’action générale des organes : aussi y a-t-il alors rougeur de la face , plénitude des vaisseaux sanguins , amendement des symptômes de la dyspepsie , et un accès de goutte se manifestet-il comme crise de la maladie.

Lorsque la goutte a disparu en laissant après elle un affaiblissement de l’estomac, avec une roideur et une faiblesse dans la partie qui était le siège du mal , on recommande de faire boire de l’eau de Buxton, laquelle est, du reste, également utile à l’extérieur.

11 faut combattre la constipation par quelque purgatif très-léger (i) , capable simplement de

(i) ^ Electuar. è Cassia . .

ak ••

Pulv. Pihabarbari . . .

• o • • SlJ.

• - Jalapii .

Olei Carvi . . « • .

Syrup. Zingiberis . . .

M. F. Electuarium de quo capiat ma^nitudinem juglandis pro re natâ.

VEL

^ Tinct. Sennæ compos. | j.

pro dose.

' ou MALADIES EEBEILES.

tenir le ventre libre ; si l’estomac est troublé dans ses fonctions par le développement d’un principe acide , on administrera de temps e% temps un doux vomitif , et on donnera chaque jour une préparation absorbante (i).

Dans les attaques de goutte atonique , quelques médecins conseillent d’appliquer des vésicatoires aux membres inférieurs ; mais on doit renoncer quand les douleurs sont très-intenses dans ces parties.

D es que l’estomac ou les intestins paraissent affectés par suite de la rétropulsion de la goutte, il faut , sans perdre de temps , faire boire abondamment au malade du vin ou même de l’eaude-vie avec des aromates. En pareil cas, on obtient un grand avantage de l’emploi de 1’ alcohol thargé des principes de l’assa-fœtida ou de l’ail; Il en est de même des opiacés unis aux aromates (2) et au camphre , du musc , de l’ammo-

VEL

Of Aloes soccotorin . . «

Sapoîi. liispanic . ^ ^

Olei pinnamomi . guLt. v.

Syrup. Spinæ cervinæ q. s.

M.V. Massa in pilulas œquales xlviii, dividenda qiiarum sumat ij . vel iij . horâ somni.

[1) Of Magnesiæ albæ . . T . . . | ^5,

Pulver. Rhabarb. ... ... * , , gr. vij.

■ - aromat. gr. v.

M. F,. Pulvis manh et vesp. sumendus.

(2) -if Opii . .

Gampîiorse

gï’* Jgr. vj.

3l4 PYREXIES,

Iliaque. On peut administrer aussi , dans tout véhicule approprié , un mélange de parties égales de teinture camphrée d’opium et de teinture ammoniacale de gayac , à la dose d’une , deux , trois ou quatre petites cuillerées. L’éther est un remède pareillement fort convenable. En meme temps, on appliquera sur l’épigastre des linges chauds , on y pratiquera des fomentations, ou l’on y maintiendra une vessie remplie d’eau chaude , et on placera les pieds sur des briques chaudes enveloppées dans de la flanelle. On pourrait aussi faire , sur la région de l’estomac , des frictions avec de l’eau-de-vie ou le liniment ammoniacal double. Dans le cas oii des nausées et des vomissemens se déclareraient , on y remédierait en fai-' sant boire du vin étendu d’eau chaude , pour donner ensuite des opiacés combinés avec le camphre.

Si la métastase a eu lieu sur la tête , et qu’on redoute l’apoplexie ou la paralysie, il faut poser un large vésicatoire au dos, en même temps qu’on en appliquera de plus petits à la partie interne des jambes, et qu’on placera des cataplasmes à la

Alcoholis . q. s.

Cônfect. aroniat . . . gr. xv.

IM. F. Bolus pro re natâ sumendtis.

VEZ

X Misturæ camphorat. ........ | j 6.

Ammoniæ . . ' . x.

Tinct. Opii . gutt. xip.

Ælher. sulfur . . . gult. xv,

F. Haustus tertiâ quague hord simiendus»

ou MALADIES FEBRlLESr 3l5

plante des pieds. Toutes les trois ou quatre heures, on donnera de vingt-cinq à cinquante gouttes d’esprit d’ammoniaque compose , ou une combinaison d’ammoniaque , d’ëther et d’aromates; et, comme purgatif, on administrera six gros ou une once de teinture d’ aloes.

Quand la goutte se porte sur les poumons, et determine une attaque d’asthme y on doit appliquer des vésicatoires à la poitrine ou au dos , et des sinapismes à la plante des pieds, tandis qu’on donnera à l’intérieur les opiacés et les antispasmodiques (i), répétés aussi souvent que besoin est , ou vingt à cinquante gouttes d’éther sulfurique dans un verre de vin, toutes les deux ou trois heures.

N’y aurait-il pas quelque avantage à recourir à la saignée , dans le cas où la rétropulsion de la goutte serait suivie d’une menace de suffocation ?

Quand la maladie attaque les reins , et simule un accès de gravelle, il faut tenir, constamment appliquées sur les parties affectées , des vessies remplies d’eau chaude ou des flanelles imbibées d’une décoction tiède. On fera prendre en abondance des boissons délayantes chaudes , et on administrera à plusieurs reprises des lavemens émolliens avec addition d’une petite quantité de teinture d’opium. On pourra également , dans

(i) '2f Confect, aromat. 5 J.

Aquæ Cinnamomi . § j ^5.

Tinct. Opii . gutt. xxx.

'^1.7 .Haiistus.

3i6 pyrexies;

rintention d’apaiser les douleurs , faire prendre à l’interieur, dans un véhiculé convenable, trente " ou quarante gouttes de cette dernière préparation.

La goutte simule plusieurs maladies , comme nous l’avons déjà remarqué ; aussi , quand on se trompe dans son diagnostic, et que , par sui te , on lui applique un traitement peu convenable , on trouble sa marche régulière , et on met la vie du malade dans un péril imminent. En conséquence , les goutteux doivent porter une attention particulière sur les maladies qui se déclarent chez eux vers le temps où ils ont lieu de craindre un nouvel accès. Il en est de même de ceux qui , d’après leur constitution et leur manière de vivre , peuvent s’attendre à en être attaqués tôt ou tard ; ils doivent se montrer fort circonspects lors de son début ; une conduite imprudente , un traitement mal dirigé, pourraient entraver la marche naturelle de la maladie, et l’obliger à se fixer sur quelqu’un des principaux viscères.

Nous avons déjà dit aussi que la goutte ne peut être guérie à l’aide des médicamens ; et cependant il y en a plusieurs parmi eux qu’on a qualifiés pompeusement du titre d’ anti-arthritiques. Naguère , la poudre du duc de Portland a joui d’une grande célébrité; elle est aujourd’hui totalement abandonnée , parce que , dans plusieurs cas , elle a eu les effets les plus funestes

* Cette poudre est composée de parties égales de racines d’aristoloclie ronde et de gentiane; de feuilles de germandrce et d’ivette , et de sommités de petite centaurée. On (ait sécher ces substances ,

ou MALADIES FEBRILES.' ?}l^

Cullen rapporte que , chez tous les malades où r administration de ce remède avait été continuée pendant le temps voulu , on n’apercevait plus , à la vérité , d’inflammation aux articulations, mais qu’il se manifestait des symptômes de goutte atonique , et qu’au moment où Ton en cessait l’usage , on voyait survenir un asthme , une apoplexie ou une hydropisie mortelles. Murray, professeur à Goettingen, assure, dans son apparatus medicaminum y que la poudre du duc de Portland causait souvent l’apoplexie , la paralysie et d’autres affections non moins graves , avec dyspnée, toux sèche, et formation de tubercules dans le tissu des poumons , ce qui ne tardait point à amener la mort. L’auteur de la Zoonomie, le docteur Darwin, a vu deux fois la mort résulter de l’emploi prolongé des médicamens amers, et pense que le houblon , qui entre habituellement dans la confection de la bière , doit ajouter aux mauvais effets de l’alcohoi que contient cette liqueur , et disposer à l’apoplexie et à l’hépatite. Plusieurs médecins renommés ont, en effet, observé que l’usage prolongé de la poudre de Portland et des autres amers débilitait constamment l’estomac , causait l’anorexie , rendait les digestions pénibles , et accélérait l’époque de la mort, loin de procurer la santé.

et on les réduit en une poudre subtile, La dose en est d’un gros cîiaque matin pendant les trois premiers mois, de trois quarts de gros pendant les trois mois qui suivent, et d’un demi-gros pour les six derniers mois. Dans le courant de la seconde année, on en donnera seulement un demi-gros tous les deux jours.

3i8 pyrexies;

On a egalement employe, pour prévenir la goutte , les alkalis sous diverses formes , caustiques ou combines à l’acide carbonique, l’eau de chaux, le savon, les absorbans : depuis quelques années surtout , les eaux alkalînes gazeuses sont devenues à la mode. Comme oh est effectivement dans l’habitude d’ordonner ces médicameris dans les affections calculeuses , plus d’une fois on en a fait prendre à des personnes atteintes en même temps de la goutte, ce quia fourni l’occasion de remarquer que les accès de celle-ci se trouvaient éloignés. Quoi qu’il en soit pourtant , nous affirmons que rien n’est encore meilleur, soit pour rendre les retours de la maladie moins fréquens, soit pour diminuer l’intensité des accès, qu’un régime convenable et un exercice régulier.

Chez les individus qui ont une disposition héréditaire à la goutte , on peut l’empêcher de se développer en prenant de bonne heure les précautions que nous venons d’indiquer. Lors même qu’elle s’est déjà manifestée une fois, il estpossible encore de l’eloigner à Jamais ; mais cet avantage ne peut être obtenu que par ceux qui ont assez de force d’esprit pour suivre avec persévérance ce régime sévère.

L’exercice , chez les goutteux , développe les forces, et tend à prévenir la pléthore. Mais, pour qu’on en obtienne de bons effets , il faut qu’il soit constant , régulier , modéré , et qu’on s’y adonne pendant toute la vie. Il prévient souvent à lui seul un accès dans les premiers temps de la maladie. Mais, plus tard, quand on observera

ou MALADIES FEBRILES; Sig

les signes précurseurs d’une attaque , on recommandera de peu marcher, dans la crainte d’avancer l’époque de l’invasion , en augmentant la disposition inflammatoire des extrémités inférieures.

Quand la constitution n’est point encore altérée , soit par l’intempérance , soit par des accès de goutte multipliés, on pourra espérer d’éloigner le retour de la maladie par la privation de toute nourriture animale. Mais, si cette abstinence n’est observée qu’après la détérioration générale de l’économie , qu’à la suite d’un grand nombre d’accès, ou pendant la vieillesse, elle deviendra nuisible , et déterminera une attaque irrégulière. Il est, en effet, constamment dangereux • de passer subitement d’un régime succulent à une diète légère et peu restaurante ; un changement de cette nature ne peut avoir lieu que par degxés et insensiblement.

Dans le cas où les alimens, tirés des animaux, sont proscrits, le laitage et les farineux formeront la base du régime ; on rejetera les liqueurs spiritueuses et fermentées de toute espèce ; si néanmoins , par suite de l’habitude contractée par le malade , leur usage était devenu nécessaire , on les permettrait en petite quantité.

Il faudra , en outre , que les goutteux soient tempérans sous le rapport de tous les autres genres d’excès , qu’ils renoncent à l’étude pendant la nuit, et aux plaisirs de l’amour. Ils se coucheront et se lèveront de bonne heure ; ils éviteront le froM , et surtout ils prendront garde d’avoir

320 PYREXIES,

les pieds mouillés ; en un mot , ils observeront

strictement tous les préceptes de Vhjgiène,

Du Rhumatisme. (Kheumatismus. ) *

On distingue le rhumatisme en chronirfue et en aigu : dans le premier, il iVy a que peu de fièvre et d’inflammation, on n’observe que de la douleur ; dans le second , il y a de la fièvre et de l’inflammation à un haut degré.

Le rhumatisme peut se déclarer à toutes les époques de l’année , à la suite d’un refroidissement subit de l’atmosphère , mais le printemps et l’automne sont les saisons les plus favorables à son développement. Il attaque des personnes de tous les âges; les enfans et les jeunes gens y sont pourtant moins exposés que les adultes. Les individus chez lesquels on le remarque principalement , sont ceux que leur profession expose aux alternatives de chaleur et de froid. *

Le rhumatisme aigu a quelques points d^ ressemblance avec la goutte , mais il en diffère sous plus d’un rapport. Il ne se déclare point ordinairement avec la même rapidité qu’un accès de goutte , mais la douleur s’établit lentement et par degrés. Il ne se fixe pas non plus , comme la goutte, dans un seul point, mais il se porte fréquemment d’une partie à une autre, et est accompagné d’un sentiment d’engourdissement. Il attaque rarement les petites articulations ; il préfère celles du genou , de la hanche , de fé-

* Etymologie. ^ Fluxione infcstov.

ou MALADIES FEBBILES. 3n

paule. Il donne lieu à une fièvre continue , et la goutte a des remissions périodiques. Le pouls est dur ; ses battemens sont précipités ; les veines qui entourent la partie malade s’engorgent, et une douleur pulsative marque le trajet des artères. La * douleur locale augmente par degrés, et le malade souffre cruellement à chaque mouvement ; il semble que les organes affectés éprouvent une lente dilacération : mais bientôt ce phénomène cède la place à un gonflement qui se manifeste dans une ou plusieurs articulations. En outre, le rhumatisme n’est point , comme la goutte , précédé de symptômes de dyspepsie, ni suivi de la formation de concrétions crétacées ou de nodosités aux jointures des doigts.

Le rhumatisme résulte communément de la suppression de la transpiration cutanée , occasionnée par l’humidité des vêtemens, des lits ou des appartemens , ou encore par l’impression du froid , lorsque le corps est en sueur après un exercice violent. Les rhumatisans sont très-exposés aux attaques de leur maladie par les temps ♦ pluvieux , et ressentent des douleurs qui les avertissent des approches d’un changement dans l’atmosphère ; on peut les considérer comme des ba- * romètres vivans.

On regarde , comme cause prochaine 'du rhumatisme , une phlegmasie des membranes fibreuses, et des aponévroses qui tiennent aux muscles.

Le rhumatisme aigu débute ordinairement par des lassitudes et des frissons , auxquels succèdent de la chaleur, de la soif, des anxiétés, la

322 PYREXIES,

privation du sommeil ; le pouls est dur, plein et vif ; bientôt après de fortes douleurs se déclarent dans diverses régions du corps, mais plus particulièrement dans les articulations des épaules , des genoux, des poignets et des pieds, quelquefois dans celle de la hanche ; ces douleurs passent d’une jointure à l’autre , laissant après elles de la rougeur et du gonflement , ainsi qu’une grande sensibilité au toucher. Yers le soir, on observe habituellement une exacerbation de la fièvre , et , pendant la nuit, les douleurs acquièrent plus d’intensité : c’est alors qu’elles se portent d’une articulation à l’autre.

Dans les premiers temps de la maladie , il survient quelquefois de légères sueurs ; mais rarement elles sont critiques et susceptibles d’alléger les douleurs. D’abord, l’urine est claire, mais, plus tard, à mesure que la fièvre éprouve des rémissions plus prononcées , elle devient sédimenteuse , sans que le dépôt formé puisse être non plus regardé comme critique. ’

Le rhumatisme chronique est caractérisé par des douleurs dans la tête , les épaules , les genoux , et autres grandes articulations ; quelquefois elles se trouvent bornées à une seule partie , ou passent d’une jointure à l’autre , mais sans occasionner de fièvre ou d’inflammation : la maladie peut durer ainsi un temps considérable , et disparaît enfin.

Cette variété du rhumatisme est peu dangereuse ; mais , quand une fois on en a éprouvé une attaque , on est exposé à la voir se renouveler

ou MALADIES FEBFiîLES; 323

fréquemment dans le cours de la vie, ce qui peut à îa fm amener une ankylosé incurable. Le rhumatisme aigu est egalement peu à craindre, mais queh quefois , néanmoins , il fait succomber les malades à une inflammation générale , ou à une mélastase sur un viscère important, comme T encéphale ou le poumon. Rarement il se termine par suppuration, malgré la vive inflammation qui T accompagne ; mais , dans certains cas , il donne lieu à une infiltration de sérosité ou d’un fluide albumineux dans le tissu cellulaire voisin.

On regardera comme des signes favorables une sueur générale et abondante , sans être excessive , une éruption cutanée , une épistaxis ou quelque autre hémorrhagie , un dépôt épais et furfuracé de l’urine : la maladie prendra une tournure fâcheuse , au contraire , s’il se manifeste un érysipèle , ou si la peau devient d’un rouge foncé au lieu affecté, s’il se forme des phlyctènes, s’il se fait une métastase à la tête , à la poitrine ou sur les viscères de l’abdomen.

Comme In rhumatisme ne cause que rarement la mort, on a eu bien peu d’occasions d’examiner des cadavres de rhumatisans. Dans ceux que l’on a pu voir , on a constamment remarqué les altérations que nous avons signalées pour la fièvre inflammatoire. On a trouvé seulement, dans les articulations , un épaisissement des membranes , des adhérences , ou un épanchement albumineux.

Le but que l’on doit spécialement se proposer, dans le traitement du rhumatisme aigu,

324 PYREXIES,

est de combattre l’inflammation générale ; on y parvient à l’aide du régime antiphlogistique , et de la saignée , en proportionnant la quantité du sang à la violence des symptômes , à l’âge , aux forces et à la constitution du sujet. Si , après la saignée, la douleur n’est point apaisée , que le pouls reste plein , dur et accéléré , que le sang tiré se couvre d’une couenne épaisse , on doit répéter l’opération le jour même ou le lendemain , pourvu toutefois que la maladie n’en soit qu’à sa première période. Une circonstance à noter encore ici , c’est que quelquefois plus on saigne et plus la couenne du sang devient manifeste , en sorte qu’il vaut mieux se régler , pour répéter la phlébotomie , sur l’état du pouls que sur ce dernier signe.

Au lieu de pratiquer une saignée générale, il est plus convenable d’appliquer des sangsuessur le lieu douloureux, chez les individus faibles et nerveux, quand l’inflammation paraît purement locale ; on obtient souvent ainsi un avantage marqué. On produit également beaucoup de soulagement par ce moyen , quand même il existe des symptômes d’inflammation générale , si l’on en fait précéder l’emploi par l’ouverture delà veine. Dans le cas où l’on n’aurait point de sangsues , on les remplacerait par les ventouses scarifiées.

Communément dans le rhumatisme aigu , on compte principalement sur les saignées fréquentes et copieuses dès le début , et sur le régime antiphlogistique ; mais dans plus d’un cas , cette méthode a été poussée à l’excès , et a déterminé

ou MALADIES FEBRILES. 32-5

un degré alarmant de faiblesse. Après des réflexions suivies sur ce sujet , et , bien convaincu de la facilité avec laquelle la digitale pourprée modère faction des organes de la circulation , j’ai employé depuis peu cette plante dans quelques cas graves de rhumatisme aigu, et j’en ai obtenu de grands succès , à la suite d’une ou de deux saignées générales , son usage m’ayant empêché de recourir de nouveau à l’ouverture de la veine. Je donne, en pareille circonstance, la teinture de digitale à la dose de dix à vingt gouttes toutes les quatre ou six heures.

Dans les cas de constipation, on procurera une ou deux selles par jour, avec quelque purgatif rafraîchissant, comme un sel neutre, ou avec des lavemens laxatifs. C’est la meilleure marche à suivre quand la maladie est générale et violente ; on évite ainsi les douleurs que le malade éprouverait en se remuant pour aller à la garde-robe.

Lorsque la douleur sera bornée à un seul point,’ et qu’il n’y aura point une inflammation intense,' un vésicatoire deviendra utile ; des frictions avec un liniment rubéfiant , auront un effet analogue (i) ; mais lorsque les douleurssont erratiques,

(i) Spirit, campliorat . | ij.

Aquæ Ammon, pur . ^ a.

Essont. Olei Bergam . . . , gutt. x.

M, F. Linimentum.

VEL

% Olei Ollvariim . . . , . .

026 ' PYREXIES ,

et passent rapidement d’une articulation à l’autre , aucun de ces deux remèdes n’est d’un grand secours. Quant aux fomentations chaudes, il ne faut jamais les employer ; elles augmentent la douleur, loin de la calmer.

Lorsqu’il survient un gonflement considérable et très-douloureux à une des articulations , on doit , outre l’application topique des sangsues , avoir recours à quelque cataplasme résolutif, comme celui àe farine compose de la Pharmacopée chirurgicale de Londres (i) , qu’on renouvellera soir et matin.

Quoiqu’on doive, regarder comme un moyen très-équivoque contre la goutte l’application, sur les parties malades , de compresses trempées

— — - Terebenthinæ . . . | j.

Acid, sulfurici . . . • gutt. xij.

VEL

"if Ole! Oîiv .

Camplioræ

Tiïicturæ Ganthaiidum . - Acpæ Ammon, pur. . . .

VEL

if Liniment. Saponis . . , Aquæ Ammoniæ ....

Tinct. Ganlliarid. , . .

- - Opii .

M.F. Linimentum,

l ij-

5 ij. solve et adde

l ij-

ââ "b ij.

(i) Farinæ Secalis . . . tfe ij.

Fermenti veleris acris . 3 iv.

Nitri miiriali . • . . » 5 d*

M. F. Cata’dasnia.

dans de T eau froide ou dans une dissolution de muriate d’ammoniaque et de nitre , je crois qu’on peut en obtenir un avantage marqué dans le rhumatisme aigu. Dans l’été de 1807 , j’ai passé quelques mois en Russie , et j’y ai appris que les*médecins du pays se servent , contre le rhumatisme , de la neige ou de la glace pilée , à l’extérieur.

Après les évacuations convenables , on peut recourir aux diaphorétiques , comme les antimoniaux à petites doses fréquemment répétées ou la poudre d’ipécacuanha composée, à la quantité de dix à douze grains (i), toutes les trois ou quatre heures. Quelques praticiens emploient aussi , dans le meme but , l’alkaii volatil et le camphre , séparément ou combinés (2) , et on

* Voyez pag. 61.

(1) ^ Pulv. Ipecacuan. comp. gr x.

Gonserv. Rosæ . gr. xij.

Syiup . q. s.

M. F.i>*o/w5 tertiâ vel quarlâ horâ sumendus. Superhibe cochlearia iij. Misturæ sçquentrs. '

“if Succi Limonioram . . , ^jfS.

Ammoniæ ... .r ...... . S j.

Aquæ fontis . § iv 13.

Nitri purif. . . , . . 5 15.

Syrupi Altîiææ . âl5.

(2) Ammoniæ . . . gr. x —

Pulv. antimonial. * . gr. ij.

Gonserv. Piosæ . q. s.

M. F. Bolus quartâ qiiâque horâ sumendus.

VEL

^ Seri Laclis vinosi . . 5 ’s-.

328 PYEEXIES ,

peut y avoir recours dans le cas où les remèdes employés auparavant ne se montreraient point assez puissans. «Pour favoriser feffet de ce médicament , le malade boira abondamment de finfusion de thé, de feau d’orge ou du petit-lait vineux.

On cherche généralement à provoquer la sueur dans les rhumatismes aigus ou chroniques , et quelquefois on retire de Favantage de cette méthode ; mais personne n’ignore que , dans cette espèce de maladie , on éprouve souvent naturellement des sueurs excessives sans qu’aucun soulagement s’ensuive.

Quelques médecins administrent contre le rhumatisme aigu les opiacés combinés avec le camphre , mais ils n’en obtiennent pas des résultats fort marqués ; la meilleure manière de faire prendre fopium ici est de l’unir à l’antimoine (i),

Liq. vol. Corn. Cerv. guU. xxx.

M. Bibat œ^er horâ decubitus.

VEL

"üf Camphoræ . . . * . . • gr. üj.

Ammoniæ . . 9 fi-

Antimon. tartaris . gr. i/6.

Conserv. Prun. sylvest. • . • » • q. s.

M.F. Bolus.

VEL

Mistujæ camphorat . . . . . %

Aquæ Ammon, acet. ....... 5 iij.

Vini Antimonii .

M. F. Haustus ^uartâ vel sextâ horâ quâquc repetendus.

(i) 2^ Pulv. antimon. . . . . gi*. ij — üj*

Opii . gr. fi.

ou MALADIES FEBBILES. 829

OU de se servir de ia poudre d’ipécacuanha composée dont il vient d’être question.

Un célèbre professeur de médecine pratique , le docteur George Fordyce , conseille de traiter tout rhumatisme aigu par le quinquina donné abondamment dès le début même de la maladie. Il rapporte , dans sa troisième dissertation sur la fièvre , que , durant les quinze années qui en ont précédé la publication , il avait entièrement renoncé à la saignée dans le traitement de cette maladie , et qu’il ne perdit pas plus de deux ou trois personnes, quoiqu’il eût employé sa méthode sur plusieurs centaines d’individus. Auparavant , sous l’influence des évacuations sanguines , il voyait fréquemment survenir des métastases mortelles , accident qui lui est rarement arrivé depuis qu’il a renoncé à leur usage.

Malgré toute ma déférence pour M. Fordyce, je crois que , lorsque l’inflammation est forte dans une attaque de rhumatisme aigu , une .saignée copieuse et faite de bonne heure est nécessaire , et que souvent on ne meurt que faute de l’emploi de ce moyen.

Conservæ Rosæ . . q. s.

M. F. Bolus sextd quâque horâ sumendus.

VEL

Aquæ Ammon, acetat . % ô.

- Menlhæ sativ . | j.

Vint Antirnon. gutt. XL.

Tinct. Opii . . . giiU.xxx — L.

Syrup, simplicis 5 ij.

M. F. Haustus horâ somni sumendus.

33o PYREXIES,

Un autre fauteur de cette opinion est le docteur Haygarth Il dit que , pendant plusieurs années , il a traité habituellement le rhumatisme aigu en administrant la poudre antimoniale ( Pharmacopqe de Londres ) ou le tartrate de potasse et d'antimoine , jusqu’à ce que l’estomac et les intestins lui semblassent suffisamment évacués : alors , sans attendre aucune autre évacuation ou l’abattement des symptômes fébriles et inflammatoires, il prescrit le quinquina: il en donne d’abord de petites doses , qu’il augmente graduellement si elles paraissent réussir ; mais si ce médicament a un effet nuisible ou même s’il reste sans action , il le suspend, et administre de nouveau les préparations d’antimoine , jusqu’à ce qu’il ait obtenu des évacuations suffisantes , après lesquelles il recommence comme auparavant. Il en règle la quantité sur la force de l’estomac , et en cesse l’usage dès que la fièvre et l’inflammation rhumatismale cessent ellesmêmes. Cependant, ajoute-t-il prudemment , s’il existe quelque point de doute, on aura recours à la phlébotomie ou à l’application des sangsues , et on multipliera les évacuations par les antimoniaux. En pareil cas, on n’emploiera de nouveau le quinquina qu’ après la disparition des symptômes inflammatoires.

M. Haygarth affirme que , à l’exception d’un très-petit nombre de cas , le quinquina a généralement produit les meilleurs effets , et qu’il a promptement diminué la douleur, le gonflement, Clinical Histovjr of Diseases.

ou MALADIES FEBRILES. 33 ï

ia sueur et les symptômes de la fièvre angiotéîiiqiie. Les faits qu’il rapporte en faveur de son opinion sont très- concluans , mais les conséquences qu’il en tire sont certainement poussées trop loin , et pourraient engager plusieurs praticiens à l’adopter trop exclusivement, .au détriment de quelque autre remède utile et important.

La plupart des autres médecins , néanmoins , ont hautement désapprouvé l’emploi du quinquina pendant la période inflammatoire du rhumatisme aigu, et pensent qu’il n’est convenable qu’après que l’on a combattu la diathèse phlegmasique , et que les exacerbations de la maladie, séparées par des rémissions marquées , sont devenues évidemment périodiques.

Depuis l’époque où j’aj publié la première édition de cet ouvrage , j’ai habituellement et avec succès administré, dans le rhumatisme aigu, le quinquina combiné avec le nitre (i). Je recommande ce mélange de préférence au quin- . quina donné isolément , mais je suis loin d’en conseiller l’usage avant d’avoir suffisamment combattu les symptômes inflammatoires par les dif-

(i) ^ Pulv. Ginchonæ . . • . . 5 6 — 5j.

Kali nitrati . . . . . , gr. x.

M. Y ,Puîvîs quartis horis repetendus,

VEL

Decoct. Ginchonæ . 5 j

Kali nitrali gn x*

F. Jîcaistus.

332 PYREXIES,

fërens évacuans que nous avons proposés. Il me semble clairement indiqué quand la douleur est intermittente , la langue nette et humide , la peau moite et l’urine sédimenteuse.

Le docteur Hamilton, de Lynn Regis, dit que, dans les cas de rhumatisme aigu où la saignée et les sudorifiques ont trompé notre attente , et où , faute d’une rémission convenable , on ne saurait administrer le quinquina , il est avantageux d’employer le calomélas uni à l’opium, dans la proportion d’un grain à cinq grains du premier, pour un quart de grain ou un grain du second , selon l’âge et la force du sujet ; souvent il a fait usage de ce moyen, recommandant d’administrer une dose du médicament toutes les six, huit ou douze heures , suivant l’exigence des cas, et ordonnant en même temps de l’eau d’orge en abondance, ou quelque autre boisson délayante tiède - Le traitement du rhumatisme chronique doit beaucoup différer de celui du rhumatisme aigu. La saignée générale est loin d’être nécessaire ; elle ne promet aucun avantage. Le plus ordinairement, seulement , on frictionnera, plusieurs fois par jour , avec un liniment rubéfiant , les parties qui sont le siège de la maladie , et on les enveloppera dans de la flanelle. Lorsque le mal se prolonge beaucoup , on aura recours aux frictions sèches avec une brosse douce, à l’électricité, au galvanisme , et cela surtout s’il existe quelque roideur.

En France , on a obtenu de grands succès des

* Edinburgh Medical Commentaries , vol. ix.

ou MALADIES FÉBRILES.' 333

frictions avecFéther acétique^ principalementdans la sciatique et le lombago Ce remède , dit-on , détermine une douce chaleur à la peau , et une transpiration avantageuse , sans augmenter Firritation ni l’éréthisme.

Souvent aussi les applications d’éther sulfm rique camphré , ont produit un soulagement marqué dans les douleurs des articulations.

Quand les ligamens et les membranes des articulations sont le siège spécial de la maladie , ou qu’il est survenu un gonflement des extrémités des os , la première chose à tenter , surtout chez les individus jeunes et vigoureux , est l’emploi de la saignée locale , soit par les sangsues , soit par les ventouses scarifiées. Lorsque la douleur et l’irritation sont abattues , on doit établir, sur la partie affectée , un cautère avec la pierre , de préférence au bistouri, pratique qu’il faut adopter encore dans les coxalgies chroniques, et dans les sciatiques invétérées:ses bons effets sont avérés.

Fréquemment aussi il est avantageux de plonger tout le corps ou la partie seulement dans un bain chaud , et de se livrer à un exercice général ou particulier, s’il est possible.

Quand les douleurs sont récentes , que leur siège est dans les muscles et les aponévroses, qu’elles sont erratiques, que les forces ne semblent que peu altérées, nul doute que le bain ne soit fort utile, prisa la température nécessaire pour élever le thermomètre de Fahrenheit au loo® degré : cependant, si, après deux ou trois essais, il reste

* Recueil périodique de la Société de Médecine de Pans,

334 PYREXIES ,

sans effet marqué , il faut j renoncer. Chez les vieillards , dans les cas de douleurs sourdes , d’engourdissement des jointures et de roideur des fibres , et , lorsque les forces ont été abattues d’une manière marquée , on emploiera accessoirement aux moyens déjà indiqués , un bain tiède à 84 ou 90 degrés du même thermomètre seulement.

Ces bains , au reste , suivant moi , sont moins avantageux que le bain de vapeur local ou général. Ce dernier moyen, appliqué convenablement, et combiné avec l’usage de ceux qui sont conseillés encore en pareil cas, manque rarement son effet, lorsque les articulations sont devenues roides, que les mouvemens sont douloureux , que les muscles sont contractés et comme paralysés, ainsi que dans la coxalgie , le lombago ou la sciatique chroniques. La manière de faire usage de la vapeur d’eau chaude est considérablement modifiée par les circonstances. L’appareil le plus simple est une large bouilloire à bec , avec laquelle on dirige la vapeur sur le lieu malade , pendant une demiiieure , deux ou trois fois chaque jour.

Après avoir , pendant un temps convenable , exposé les parties attaquées à Faction de la vapeur, et les avoir frottées simultanément avec un liniment rubéfiant , on aura recours immédiatement à l’électricité : le malade en recevra une série d’étincelles ou de légères commotions ; les premières sont probablement à préférer. Ensuite , on couvrira avec de la flanelle le lieu affecté.

.Le docteur Bardsley a vu , à l’hôpital de Man-

ou MALADIES EEBEILES; 335

Chester , plusieurs rhumatismes chroniques de îa hanche , céder aux applications réitérées de ventouses scarifiées et au cautère , mais après la disparition des symptômes les plus violens , il était obligé d’employer la vapeur et l’électricité , pour dissiper un reste de roideur et de faiblesse. Les cautères lui ont été également fort utiles dans quelques sciatiques invétérées , qui avaient résisté à tous les .autres remèdes , et souvent il fut obligé d’en placer plusieurs autour des articulations , réglant leur degré d’irritation et leur écoulement sur la ténacité de la maladie et les forces de l’individu.

Tout rhumatisme chronique , qui a succédé à un rhumatisme aigu , et dont le siège est établi dans une partie susceptible de mouvement , est souvent soulagé d’une manière prononcée par les bains de Buxton , qui relèvent l’action vitale à un degré assez puissant pour qu’on puisse bientôt mettre en usage le bain froid ordinaire ou le bain de mer, remèdes encore plus énergiques. L’immersion dans ces eaux, en effet , a une influence assez peu marquée, pour que les constitutions même les plus délicates et les plus irritables puissent la supporter, et surmonter le degré de froid qu’elle procure , à l’aide d’une très -légère réaction, qui est pourtant l’indice d’un effort salutaire de la nature. Aussi le mot de bain de Buxton semble-t-il avoir été adopté d’une manière générale afin de désigner tout bain assez peu chauffé , pour que le corps , au moment où il y est plongé , éprouve mi sentiment de froid.

336 PYREXIES ,

Les eaux de Bath ne paraissent convenir que dans les rhumatismes non inflammatoires , et où la chaleur du lit n’augmente point la douleur.

Quant au bain froid, si quelques médecins l’ont conseillé , d’autres l’ont hautement désapprouvé.

Les vésicatoires sont surtout avantageux quand l’affection se rapproche de la nature du rhumatisme aigu , ou que les douleurs sont fixées sur une articulation en particulier. Remarquons aussi qu’il vaut beaucoup mieux en appliquer successivement plusieurs , que d’en entretenir un ou deux avec la pommade épispastique : le succès est beaucoup plus assuré. Quelquefois encore il est préférable de poser le vésicatoire dans le voisinage seulement de la partie affectée , à l’appliquer immédiatement sur elle. Ainsi, toutes les fois que la maladie attaque un muscle volumineux et profond à son extrémité supérieure , on obtient du soulagement en plaçant le vésicatoire près de l’extrémité inférieure de ce muscle , non loin de son insertion , effet analogue à celui qu’on observe dans les sciatiques récentes et légères, quand on applique le vésicatoire au bas du fémur.

Dans certaines douleurs rhumatismales violentes , on a procuré un mieux sensible à l’aide de la compression des principaux troncs artériels , par le moyen d’un tourniquet, comme nous l’avons indiqué au chapitre de la fièvre intermittente

* y oyez page i5.

Duncan^ $ Annals of Medicine for i8oi.

ou MALADIES FÉBEILES: SSy

Les remèdes que l’on recommande le plus généralement à l’intérieur , dans le rhumatisme chronique , sont les sudorifiques et les stimulans qui contiennent un principe résineux ou une huile essentielle, comme les sels ammoniacaux, le gaïac , la térébenthine , etc. (i). Dans les cas

(i) Terebent. Venet . . , 3 j,

Vitell. Ovi . q. s«

Spirit. Jiinip. comp . | j.

Aquæ fontis . 5 iv".

ISI .T . Mistura cujus sumat cochlearîa lar§. ij. tertiâ vel quartâ quâque horâ,

VEL

Of Tinct. Guaiaci volât . • , . 3 ij.

Spirit. Cinnamomi . . % G».

Aquæ fontis . |j.

Vini Antimonii . . gutt. xx.

M. F. Haustus ter die sumendus,

VEL

Of Tinct. Guaiaci comp . 3 ij.

Pro dose in quovis vehiculo.

VEL

Of Gummi Guaiaci . . . . . gr. xv.

Pulv. antimonial. ......... gr, ij.

Confect, opiat. ... gr. x.

Syrupi . . q. s.

M.F. Bolus,

VEL

Of Gummi Guaiaci . . O j.

Ammoniæ . . . gr. x.

Conservæ Rosæ . . q. s.

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