‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climats (volume 2)Chapitre 20 sur 30 · OV MALADIES FEBI^ÎLES · texte numérisé non relu

OV MALADIES FEBI^ÎLES

faire avaler abondamment des boissons froides et acidulées , telles que la limonade ou l’eau de tamarins ; de tenir la chambre à une temperature

modérée , et de charger le lit de peu de couver-

ture. En outre la malade évitera de rester dans une position veiMicale , et on éloignera d’elle tout ce qui pourrait agir comme cause excitante.

Avec ces précautions , et en s’opposant aux premiers symptômes de la maladie, il est probable que les femmes pourraient, dans la plupart des cas , prévenir la faiblesse qui résulte des attaques violentes et fréquentes de la ménorrhagie.

Quand il n’existe point de symptômes qui indiquent un accroissement d’action dans les vaisseaux de l’utérus , et qu’on pense que rhémorrhagie est survenue en raison d’un relâchement , on doit tenir la femme dans une position horizontale et dans une atmosphère fraîche ; faire usage des réfrigérans à l’intérieur ; lui recommander d’éviter le coït, la constipation , et enfin avoir recours aux sédatifs et aux astringcns, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

D es compresses trempées dans l’eau et le vinaigre , et tenues constamment appliquées au dos et aux parties extérieures de la génération, sont

VEL

"if Infus. Rosæ .

Nitri .

Adtle pro re nata

TincU Opii . ,

M. F. Haustus quartâ horâ repetendus.

gllU. XV.

'470 PYREXIES,

souvent un moyen fort utile dans les cas d’hémorrhagie utérine , et Ton doit par conséquent y avoir recours dans tous les cas où l’évacuation menstruelle est trop abondante.

L’opium est très-souvent employé à l’intérieur dans là ménorrhagie , surtout lorsque la malade éprouvé des douleurs spasmodiques dansfutérus; c’est ici un remède vraiment efficace et avantageux. En semblable occasion , on l’administre à légères doses fréquemment répétées , et on le combine avec les réfrigérans ou les astringens ; mais comme l’opium a la propriété de relâcher beaucoup l’économie quand on en fait un grand usage, on ne doit point l’administrer dans les cas de faiblesse générale, à moins que l’on n’observe la circonstance dont nous venons de parler, la présence des douleurs spasmodiques.

Les astringens les plus employés dans cette maladie sont l’alun, le cachou, la gomme kino, le bol d’Arménie (i). Le sulfate de zinc, ou facé-

(i) ^ Aluminis . . . gr. xij.

Gumm. Kino gr. viij.

Conserv. Rosæ . q. s.

M. F. Bolus tertiâ vel quartâ Jwrâ sumendus. — Adde pro re natâ

Opii . gr. viij

VEL

Terræ Catechu . . gr. xij.

Alurain. purif. . . x*

Conserv. Rosæ • q*

M. F. Bolus,

ou MALADIES FEBRILES, 4?^

tate de plomb , peuvent être utiles dans les cas d’hëmorrhagie uterine excessive , comme dans l’hëmoptysie. Nous pourrons administrer le dernier à la dose d’un, de deux, ou même de trois grains , toutes les trois ou quatre heures , selon la violence des symptômes.

Lorsque l’hémorrhagie est très-forte, et résiste aux moyens déjà recommandés , il convient de faire des injections astringentes dans le vagin (i).

Quand les symptômes qui indiquent un accrois» sement d’action dans* les vaisseaux de la matrice sont appréciables, il est avantageux d’administrer la digitale comme nous le conseillons au sujet de l’avortement et de l’hémoptysie. Dans quel» ques cas je m'en suis servi avec avantage.

VEL

Of Bol. Aimen . . . • .

Aluniin. rupest.

M. F. Pulvis.

aa 9

VEL

Seri aliiminos . l ii^pro dos..

VEL

Of Decoct. Cinchonæ . . * ij.

Alumiois purifie . gr. xij.

Tinct. K^no , . , . . 3 j.

— - - Opii . gutt. xt.

AI. P , Haiistus tertiâ (juâque horâ sumendus.

Voyez aussi l’arlicle de l’Hémoptysie^ et celui de l’Avortement.

(i) Iiifus. Cortic. Quercûs . . vj.

Aluminis ... ..o,,,».. a j,

F. Inject 10.

'472 PYBEXIES,

Quand la mënorrhagie provient d’un squirrhe ou d’un ulcère de l’utërus , tout ce qu’il est possible de faire , c’est de procurer un, soulagement momentané , en administrant l’opium à très-hautes doses. En le combinant avec l’extrait de ciguë, on pourrait peut-être bien augmenter un peu son effet palliatif. On peut également essayer la jusquiame.

Dans le cas où l’écoulement des menstrues devient trop abondant , et où il continue plus long - temps qu’à l’ordinaire , ou se renouvelle trop fréquemment en raison du relâchement général de l’économie , il est avantageux d’avoir recours, pendant les intervalles, aux médicamens toniques , tels que le quinquina jaune , ou l’écorce d’angusture , la myrrhe et les préparations d’acier (i), absolument comme dans la dyspepsie.

VEL

^ Zinci vitriol. gr. xv

Ceriiss. acetat . . . si.

Aq uæ distill. tb j.

TEL

Tf Aluminis . . 9j.

Zinci vitriol. . • • . . gï**

Aquæ Rosæ . 5 viij.

VEL

Of Gall, contus . . | i3.

Aquæ fervent . . Ife ij.

{\)% Gumm. Myrrh . . ô j.

OIT MALADIES EÉEEILES.

Pour seconder Teffet de ces remèdes , la malade doit faire usage des bains froids , se livrer modérément à l’exercice du cheval , suivre un régime nourrissant et fortifiant. Quand on est à portée de quelque source d’eau ferrugineuse , on retirera beaucoup d’avantage de son usage. Aussi lorsqu’en raison de la grande faiblesse et du relâchement de l’utérus, une femme éprouve des ménorrhagies excessives , ou un écoulement leucorrhéique, elle retire souvent, beaucoup de soW lagement de l’eau de Tunbridge^ ou de toute autre eau ferrugineuse analogue ; et comme cet état de faiblesse est très-fréquemment une cause d’avortement ou de stérilité , ces eaux ont souvent réussi à dissiper une disposition aussi fâcheuse.

Cependant l’hémorrhagie de l’ulérus est sou-

Solve in mortar, cum

Âquæ alexit. simpl . . 5 vj.

- Cinnamon . "^yetadde

Kali præparat . 5 6.

Ferri vitriol . . . 3 j.

Sjrup. simplicis . 5 ij.

M. F. Mistura in haustus iv distribuenda ^ quarum sumat ].

Tfianh , horâ quintâ post meridiem et horâ decurbitûs,

VEL

^ Decoct. Cort. peruv . 5 i

Tinct. Angust . * . . }

- Lardamom. comp. • • * . i ^

M.F. Haustus. Adde pro re natâ Acid, sulfur, ddut. , . , ,

gult. XX,

'474 pyrexies;

vent accompagnée de fièvre , de douleurs dans le dos et les lombes, et d’une irritation locale; alors tout médicament stimulant pris à l’intérieur aggraverait la maladie ; et par conséquent l’usage des eaux ferrugineuses exige, dans les cas de cette nature , beaucoup de jugement et d’attention de la part du médecin.

Pour arrêter l’écoulement des règles, lorsqu’il est trop considérable ou qu’il dure trop longtemps , ce qui s’observe chez les femmes faibles à l’époque critique , il faut avoir recours aux ferrugineux , à l’alun , aux amers et à l’opium : ce dernier peut être administré, tous les soirs, à la dose d’un grain , avec environ cinq grains de rhubarbe.

Des Hémorrhoïdes. ( Hæmorrhoïdes. )

Les hémorrhoïdes sont de petites tumeurs qui ont leur siège à la marge de fanus , qui souvent sont isolées, rondes et saillantes , mais qui quelquefois forment autour de cette ouverture une sorte de corde gonflée ou variqueuse. Dans quelques cas il s’opère une évacuation de sang par ces tumeurs, particulièrement quand on va à la selle ; et alors la maladie est connue sous le nom ^hémorrhoïdes fluente s ; dans d’autres cas , il n’y a aucune évacuation semblable , et alors on appelle ces tumeurs héfiiorrhoïdes aveugles.

Cette affection est produite par la constipation habituelle , la pléthore , l’équitation forcée ,

* Etymologie. , sanguïs ^ ^tâû j Jluo,

OIT MALADIES FEBRILES T 4-75

les excès de diffërens genres , la suppression de quelque évacuation habituelle , l’usage des purgatifs violens, de l’aloès. Elle arrive surtout aux individus d’un tempérament robuste , et qui mènent une vie sédentaire. Les femmes grosses sont souvent affectées de tumeurs hémorrhoïdales , dues à la pression qu’exerce l’utérus sur le rectum , et à l’état de constipation auquel elles sont sujettes ordinairement , circonstances qui arrêtent le cours du sang veineux.

Les hémorrhoïdes sont accompagnées quelquefois d’un sentiment de pesantelir dans le dos , les lombes et l’intérieur du ventre , avec céphalalgie ou vertige , mal d’estomac et borborygmes. Quand le malade va à la selle , il éprouve une douleur vive dans le fondement, et de petites tumeurs sortent autour de l’anus. Si elles viennent à s’ouvrir, il y a évacuation d’une certaine quantité de sang , et soulagement considérable de la douleur ; mais si elles restent intactes , le malade éprouve de très-vives souffrances toutes les fois qu’il va à la selle , et de la gêne quand il s’assied sur quelque siège dur.

Les hémorrhoïdes ne sont aucunement dangereuses, mais souvent elles sont très-incommodes et désagréables. Dans quelques cas même , on les regarde comme donnant lieu à une évacuation salutaire. Les tumeurs hémorrhoïdales sont parfois le siège d’une inflammation qui se termine par suppuration , et produit des ulcères fistuleux.

La dissection des hémorrhoïdes apprend que ces tum€uï*s sont formées en partie de la peau

PYREXIES J

fine qui entoure l’anus, et en partie de la membrane interne de l’intestin rectum. En general , elles sont entières; mais quelquefois aussi elles ont de petites ouvertures à travers lesquelles le sang s’échappe.

Dans le traitement des hémorrhoïdes , on doit surtout faire attention à la cause qui les a produites : et comme la constipation est une des plus fréquentes , il faut que le ventre soit tenu libre , à l’aide de médicamens légèrement laxatifs (i) qui ne puissent pas irriter le rectum. Il sera convenable aussi* que * le malade tâche d’acquérir Fhabitude d’aller à la selle à des heures fixes. • Quand les tumeurs sont très-douloureuses , et

{i) Electuar. è Senn . * . . | iij.

Pulv. Jalapp . . . S ij.

Kali nitrat. ........... 5 j C.

Syrup, de Rliamno . q. s.

M. F. Electuarium de quo sumat magnitud. ju^landis pro re natâ.

rEL

^ Flor. Suif. . . . .

Elect, è Senn. • . . .

Cremor. Tart . .

Syrup. Rosæ . . . .

F. Electuarium.

VEL

^ Olei Ricini .

VEL

“if Pulv. Jalap .

Cremor. tart .

M. F. Pulvis pro dos.

ou MALADIES FEBRILES.

qu’il existe beaucoup d’inflammation , il est bon d’appliquer quelques sangsues , et de les couvrir ensuite de plumasseaux trempes dans une solution d’acëtate de plomb , en recommandant au malade d’aA^oir le soin , après chaque selle , de les oindre avec un onguent emollient (i). Dans ces cas , les fomentations sont egalement à employer. Chez les individus pléthoriques , de légères doses de nitre peuvent devenir avantageuses , particulièrement si on combine ce sel avec le soufre. Le baume de copahu , donné à la dose de quarante ou cinquante gouttes matin et soir, diminue souvent encore les douleurs si fréquemment pro» duites par les hémorrhoïdes.

Dans quelques circonstances , quand les tumeurs sont nombreuses et engorgées , on peut obtenir du soulagement en comprimant légèrement chacune d’elles entre le pouce et l’un des doigts. •

Dans un cas très-grave d’hémorrhoïdes externes

(i) ^ Unguent. Sperm. Geti . | ij.

met. Upii 3j.

M. F. Unguentum.

VEL

'if Unguent. Ceruss. aeetat. . .

Opii .

VEL

‘if Ung. Sperm. Ceti . . . .

Camphoræ .

Pulv. Opii

478 PYREXIES.

et internes, qui avaient résisté à un traitement judicieux pendant cinq semaines , le docteur M’Lean ^ dit avoir obtenu un soulagement presque subit , en administrant au malade quarante gouttes de teinture de digitale , et que celui-ci fut promptement rétabli en continuant à en prendre trente-cinq gouttes soir et matin. 11 observe qu’au moment où il fut considté , la physionomie du malade était pâle et plombée , que ses forces semblaient abattues , que son embonpoint était perdu, qu’il marchait avec une peine et une difficulté extrêmes ; que son pouls était vif et petit , son appétit entièrement détruit , et qu’au bout d’une semaine cependant le changement fut déjà très-frappant.

Si les hémorrhoïdes se trouvent compliquées de prolapsus du rectum , on doit avoir le soin de réduire cet organe chaque fois que le malade va à la selle , en Taisant coucher celui-ci horizontalement , et en pressant légèrement avec les doigts. On préviendra son retour en évitant les causes occasionnelles autant que possible ; et quand cet accident provient d’un relâchement du rectum, outre l’application d’un bandage convenable , on emploiera avec avantage les astringens tant à l’intérieur (i) qu’à l’extérieur. Des

* Medical and Physical Journal ^ vol. , pag. i34.

(i) ^ Pulv. Terræ Catechu, gr. viij.

- Aluminis gr. x.

M. F. Pulvis ter in die sumendus.

plumasseaux trempés dans une forte infusion de noix de galle, ou d’écorce de chêne , peuvent être tenus constamment enuontact avec la partie, qu’on frottera d’ailleurs dé temps en temps avec un onguent de même nature (i), tandis que, comme moyen tonique général , on aura recours au bain froid.

Nous avons déjà dit que les hémorrhoïdes doivent être regardées , dans quelques cas , comme une évacuation salutaire : par conséquent , dans certaines circonstances , il ne faut point combattre cette affection.

Lorsque le flux hémoi^rhoïdal est si considérable qu’il occasionne une grande perte des forces, on doit avoir recours aux astringens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , comme il vient d’être dit , prenant soin en même temps de s’opposer à la constipation, au moyen de quelque doux laxatif.

Quand l’hémorrhagie est très-considérable 7 on obtient de bons effets en employant de bonne

VEL

"if Gummi Kino . . . gr. vj.

Aluminis . . . gr. x.

Coriserv. Pvosæ . • . . . . , cj. s.

M. F. Bolus.

(i) ^ Adipis suillæ . ? i*

Gamphoræ . . 3

Pulv. Gallar. subtil. . . 5 ij*

TTiîîct* Opii •••«■>«•«••* M^F. Ungumtum.

48o t»YREXIES,

heure la compression, c’est-à dire en introduisant dans Finterieur du rectum un morceau d’intestin de mouton ou de cochon , lié à un de ses bouts , et en le remplissant par son autre extrémité avec quelque liquide froid , tel que le vinaigre et l’eau , qu’on y pousse avec force avant de le fixer au moyen d’un bandage convenable.

Quand l’hémorrhagie provient de tumeurs situées dans l’intestin , et qu’elle est assez violente pour amener une grande faiblesse , nous pouvons faire quelque injection astringente (i), si les autres moyens dont nous venons de parler ont manqué leur but.

Dans les cas où l’évacuation est devenue habituelle par suite d’une pléthore générale , il faut combattre celle-ci par l’exercice modéré à pied , ou en voiture , par l’usage d’un régime peu succulent, par l’abstinence des liqueurs fortes, et par l’administration de purgatifs rafraîchissans donnés de temps en temps.

(i) ^ Gort. Querc. cont. .

. îj.

Aquæ fontis • • . . . •

. îfeij.

Coque ad tb j. Colaturœ adde

Âluminis .

Tinct. Opii . « • .

M. F. Injectio.

‘3f Zinci vitriol. . .

Aquæ Rosæ .

• îbj.

VEL

^ Gall, contus . .

Aquæ ferv . . . ,

. ibij.

bu MALÀDIES FÉBTIILES.

L^eau de Harrogate en boisson est un remède très-ayantageux daps les affections hèmorrhoï' dales. L’efficacité du soufre , en sa qualité de purgatif nbn irritant et agissant sur tout le trajet du canal digestif, a depuis long - temps en effet été reconnue dans les circonstances où il faut solliciter une évacuation alvine chez les hémorrhoïdaires ; et les sels neutres, avec lesquels il est combiné dans cette eau minérale , ne peuvent que contribuer à augmenter son énergie.

Les personnes affectées d’hémorrhoïdes doivent éviter toutes les causes qui peuvent déterminer l’afflux du sang dans les vaisseaux hémorrhoïdaux ou empêcher qu’ils ne se vident ; Téquitation en particulier est un des exercices qu’elles doivent fuir avec le plus de soin.

Pendant la durée de cette maladie le régime doit être nourrissant et rafraîchissant tout à la fois, et consistera principalement en végétaux, en fruits mûrs, en gelées, bouillons, etc. Les liqueurs fermentées et alcooliques seront nuisibles, et par conséquent le malade ne doit faire usage que de boissons délayantes acidulées, d’eau ou d’eau et de vin.

Quand, par suite d’hémorrhoïdes, le rectum est tellement affecté qu’il y a à craindre la formation d’une fistule , nous pouvons recommander l’usage de la pâte renommée du docteurTV^ard (i),

(i) ^ Radie. Enul. camp. .

Piperis nigri .

Semin. Fænicul. dole.

[ ââ ib c.

îi^ J

482 PYREXIES ,

Iclle qu’elle est indiquée dans la pharmacopée chirurgicale , et qu’on doit préparer de manière à ce que les trois premiers ingrédiens , réduits en poudre fine et bien mélangés , soient jetés dans le miel et le sucre fondus ensemble sur le feu, et amenés à la consistance d’un sirop clair ; le tout est battu ensuite pour former une seule masses

OPtDRE CINQUIEME.

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