CLASSE SECONDE
névroses, ♦ ou MALADIES NERVEUSES.
Les maladies de cette classe consistent en une
affection morbide des organes du sentiment et du mouvement , sans fièvre idiopathique ou primitive J et sans maladie locale.
ORDRE PREMIER
AFFECTIONS COMATEUSES 4 **
Caractères. Affaiblissement du mouvement vo-
lontaire avec sommeil ou suspension des sens.
De r Âpoplexie. *** ( Apoplexia. )
Cette maladie consiste en une abolition plu» ou moins complète des sensations externes et internes et des mouvemens volontaires , sans que cependant le cœur et les poumons cessent d’exécuter leur« fonctions. Dans certains cas il est difficile de la distinguer de l’ivresse , et on rie peut parvenir à discerner ces deux affections qu’en s’aidant de l’odeur qu’exhale le sujet, et qu’en faisant attention au caractère de la physionomie
*■' Etyaiologie. Ngypisy , nervus, .
** Etymologie, , somnolentia.
Etymologie. A , percutw.
5l8 KEYROSES,
et à la durée de l’accès , qui , dans l’ivresse , passe rarement dix ou douze heures. L’état du pouls ^ la gêne de la respiration , qui est stertoreuse, la force du sommeil , et l’altération de tous les actes de l’entendement , distingueront l’apoplexie de la paralysie. Le coma , l’assoupissement , la diminution des facultés intellectuelles, et l’absence des convulsions , la séparent de l’épilepsie.
L’apoplexie arrive principalement chez les vieillards , et le plus ordinairement chez les individus d’une constitution replette , qui ont le cou court et la tête volumineuse , et qui vivent dans l’inaction , se livrant sans réserve aux délices de la table et buvant avec excès.
La cause immédiate de l’apoplexie est en général Iti compression du cerveau , produite soit par une accumulation de sang dans les vaisseaux de la tête , soit par un épanchement du même fluide , ou de sérosité ; mais l’apoplexie survient quelquefois sans épanchement, sans exsudation et sans effusion; dans plusieurs cas, en effet, nous voyons des malades se rétablir promptement d’une attaque d’apoplexie, sans conserver aucune affection paralytique, ce qui ne pourrait pas avoir lieu si IHiu ou l’autre de ces accidens avait existé.
Quand la maladie est produite par une accumulation de sang dans les vaisseaux de la tête , ou par un épanchement du même liqujde , on la nomme apoplexie sanguine y et quand elle est produite par de la sérosité, elle porte le ilom iï apoplexie séreuse,
La distension des vaisseaux et l’épanchement
ou MALADIES NEEAŒUSES. ^19
peiwent être causes par tout ce qui augmente l’afflux et l’impulsion du sang dans les artères de la tête ; tels sont les passions violentes, les grands efforts musculaires, les exercices force's, l’excès des plaisirs vénériens, la surcharge de l’estomac , une longue exposition à un froid intense ou aux rayons directs du soleil, la suppression subite de quelque évacuation devenue depuis long-temps habituelle , l’inhalation de certaines vapeurs narcotiques ou métalliques , telles que celles de Fopium , de l’alcohol, du mercure , les coups, les plaies , et les autres lésions externes : ils dépendent encore de ce qu’on est resté long - temps dans une position où la tête était penchée , ou de ce qu’il y a eu une compression exercée sur le cou. En un mot , l’apoplexie peut être occasionnée par tout ce qui est capable d’engorger , de distendre, d’obstruer, de rompre , de lacérer, de corroder ou de comprimer les vaisseaux du cerveau et des meninges , et par tout ce qui acf:éière , retarde ou empêche entièrement le cours du sang dans ces parties , ou détruit, de quelque manière que ce soit, l’organisation intime et la structure de F encéphale .
On a regardé l’abolition de la vie dans le cerveau comme cause de l’apoplexie, dans le cas où, à l’ouverture du cadavre , on n’a trouvé ni exsudation, ni épanchement, ni congestion.
Les circonstances qui disposent à Fapoplexie sanguine sont l’intempérance , le défaut d’exercice , le tempérament sanguin , une constitution replette, Fage moyen , la brièveté du cou, la sup-
S20 NEVROSES ^
pression des evacuations habituelles et les saisons chaudes. Celles qui disposent à l’apoplexie séreuse sont le tempérament phlegmatique , les cachexies et la vieillesse.
L’apoplexie sanguine est quelquefois précédée de vertiges, de trouble de la vue , d’assoupissement , de perte de la mémoire ou d’embarras de la langue en parlant; mais il arrive plus ordinairement que , sans u#ie indisposition antérieure bien marquée, l’individu tombe subitement, ayant la face rouge et comme boursoufflée , les veines de la tête , particulièrement celles des yeux , des tempes et du cou, engorgées, la tête brMante , les paupières à moitié ouvertes et roides, les yeux saiîlans et fixes , la respiration difficile et stertoreuse , et le plus souvent le pouls plein et fort. Dans quelques cas on remarque un grincement des dents, avec de légers mouvemens convulsifs. Quand la maladie continue pendant un certain temps , le pouls devient languissant , faible et lent , et la respiration courte , jusqu’à ce qu’enfiA l’un et l’autre cessent entièrement d’exister.
Dans l’apoplexie séreuse , l’attaque est en général moins vive , la face est pâle et tuméfiée , les veines sont déprimées , le pouls est petit, faible, irrégulier et intermittent ; la respiration laborieuse et stertoreuse ; les extrémités sont froides et flasques. Quelquefois ces symptômes sont précédés de vertiges, d’engourdissement, de gêne dans la parole et de perte de mémoire.
Quoique tout le corps soit , jusqu’à un certain point , privé de la faculté de sentir et de celle de
ou MALADIES KEKVEUSES. 52 T
mouvoir , ce phénomène se manifeste cej^endant ordinairement plus fortement d’un côté que de l’autre ; c’est ce qu’on appelle hémiplégie ; et, dans ce cas, lecôtéle moins affecté de paralysie éprouve quelquefois des convulsions.
Le pronostic doit être fondé sur la violence des symptômes. Si l’accès est de longue durée , que la respiration soit laborieuse et stertoreuse, et que l’individu soit très âgé, il est de toute probabilité que la maladie sera mortelle. Dans quelques ca§ elle se guérit entièrement à la suite d’une diarrhée , d’une hémorrhagie , du retour du flux hémorrhoïdal ou de toute autre évacuation habituelle ; quelquefois elle disparaît lors de l’invasion d’un accès de fièvre ; mais plus fréquemment encore elle laisse après elle un état d’aliénation mentale , ou se termine par l’hémiplégie ou la mort. Lors même que l’on se rétablit d’une attaque d’apoplexie , la maladie le plus souvent reparaît quelque temps après , et on finit par y succomber.
Dans les cas où il y- a eu épanchement, le malade se rétablit lentement et difficilement ; car l’activité de l’absorption ne peut pas aller jusqu’au point de reprendre le fluide sur-le-champ. Quand le rétablissement de l’individu a lieu immédiatement , il y a tout sujet de croire qu’il n’y a eu nhépanchement, ni effusion , ni exsudation , mais que la compression reconnaissait pour cause une simple turgescence des vaisseaux cérébraux.
A l’ouverturè des cadavres on trouve souvent du sang épanché à la surface et dans les cavités
522 NEVROSES,
de Fence'phale ; dans d’autres cas on observe une turgescence et une distension des vaisseaux sanguins de l’encephale. Quelquefois on rencontre des tumeurs adhérentes à différentes parties du cerveau , et quelquefois on ne peut remarquer aucune trace d’altération physique.
Dans le traitement de l’apoplexie sanguine , il faut, sans perdre de temps, employer des remèdes énergiques. Au moment même de l’attaque, on doit, avec la plus grande attention, enlever tout ce qui pourrait exercer une compression autour du cou, placer autant que possible le malade dans une position verticale , et l’exposer à un libre courant d’air. On tirera ensuite sur-le-champ douze ou quatorze onces de sang des jugulaires plutôt que du bras, les chances de succès étant plus certaines. Quand quelque branche de l’artère temporale est assez apparente pour que l’on en puisse faire facilement l’ouverture , l’artériotomie sera un moyen encore plus efficace pour décharger les vaisseaux de l’encéphale.
Dans les cas où l’on aperçoit qu’un côté du corps est plus affecté d’immobilité que l’autre , on fera la saignée , s’il est possible, du côté opposé ; l’expérience nous apprend que c’est celui de la congestion.
Après la saignée générale , on appliquera des sangsues aux tempes , ou des ventouses scarifiées à l’occiput ; et quand , par ces moyens , on aura obtenu des évacuations suffisantes , il faudra appliquer un large vésicatoire à la tête ou au cou, et
ou MALADIES NERVEUSES. ^23
de plus petits aux membres, ainsi que des sina-^ pismes à la plante des pieds.
Si le malade peut encore avaler , on doit lui administrer quelque purgatif actif (i) en plusieurs doses, et à des distances convenables, de manière à ne pas provoquer de vomissemens ; mais , dans le cas contraire , les matières, contenues dans les intestins , seront évacuées au moyen d’un fort lavement (2) , que l’on répétera toutes
(i) ^ Infus. Sennæ . .
Kali tartaris . . .
q^inct. Jalaj^s *<■•#••••• Syrüp. de Rhamno M. Capiat dimidium pro dos.
Of Gumm. Gambog.
Terito bene cum
Tinct. Sennac comp. ......
— - — Jaîap .
M. F. Haustus,
VEL
Of Galomelanos . ... . . . .
Extract. Coîocynlb. comp, . . .
Fiant Pilai.' iij. pro dos.
l iv.
5 vj.
3 ij.
5 lij.
gr. iij.
gr. X.
^“2.^ Of ol. s cor 30 . . . ♦ . . » . . » •
Aq. fontis . . . . . îb-j. Coque
lender ad tb t5.
'Colal. adde
Magnes, vitriol . . 5 ]•
Olei riicini . . § j iJ*
M. F. Bnema»
524 KEVROSES ;
' les trois ou quatre heures , jusqu'à ce qu’on ait obtenu l’effet désiré.
Quelques praticiens emploient les émétiques. Dans les cas, en effet, où la maladie a été produite par une grande quantité d’alimens mal digères qui distendent l’estomac, pressent sur l’aorte descendante , et s’opposent au libre développement des poumons, de manière à produire l’engorgement des vaisseaux de la tête, l’administration d’un vomitif peut être indiquée , pourvu qu’on la fasse précéder d’une saignée copieuse ; ou bien , si le vomissement survient naturellement , on peut seconder les efforts de l’estomac en faisant boire au malade de l’infusion de fleurs de camomille ; mais, lorsque la maladie reconnaît pour cause un épanchement de sang ou de sérosité dans le cerveau , ce serait , je pense , un remède très- ’ hasardé. Une apoplexie , qui fut traitée par le docteur Langslow , de Halesvrorth , et par M. Crowfoot^ de Beccles, a donné sujet à cet égard à beaucoup de discussions , dont on trouvera les détails soigneusement exposés dans les sixième et septième volumes de l’ouvrage anglais intitulé The Medical and Physical Journal.
Quand l’accès tire à sa fin, on peut conseiller quelques-uns des médicamens céphaliques et nerveux que nous recommandons contre la paralysie ; et afin d’obvier à la constipation qui pourrait survenir , on fera , par intervalles , usage de la teinture de rhubarbe.
Dans l’apoplexie séreuse , il faut renoncer absolument à la phlébotomie , ou du moins ne l’em-
ou MALADIES NERVEUSES. 5^5
ployer qu’avec beaucoup de rrserve. Pour provoquer l’absorption de la sérosité épanchée , il sera convenable de donner des purgatifs actifs, des sternutatoires (i), d’appliquer des vésicatoires sur la tête , le dos et les membres , et des sinapismes à la plante des pieds. Les émétiques, dans cette espèce d’apoplexie , comme dans la précédente , paraissent d’un effet douteux.
On a aussi conseillé , en pareille occasion , les stimulans , comme les sels volatils , les cordiaux , les élixirs céphaliques ; mais , comme ces médicamens déterminent l’afflux du sang vers la tête , ils ne sont pas autrement recommandables. Dans tous les cas , il faut les faire précéder par les évacuations.
^près une attaque d’apoplexie séreuse, on aura recours aux médicamens céphaliques et nerveux, et par intervalles aux purgatifs amers.
Lorsque l’apoplexie paraît dépendre d’un empoisonnement par l’opium ou tout autre poison narcotique , on doit solliciter aussitôt que possible l’évacuation de la matière nerveuse , en excitant le vomissement , avec le tartrate de potasse et d’antimoine , ouïe sulfate de zinc, s’il ne survient pas spontanément. Ensuite , il faut donner des lavemens irritans dans la vue de remédier à la congestion du cerveau et des poumons. Y oyez, au reste , ce qui est dit au sujet des poisons végétaux.
Bien que les stimulans ne conviennent pas dans
(i) Puly. Asari compos.
l’apoplexie produite par d’autres câüses,’ cependant on peut les employer avee la plus grande sécu» rite , et avec T esp oir du plus grand avantage dans celle qui est due à quelque poison narcotique , de quelque manière qu il ait été mis en contact avec l’économie ; mais on doit toujours Ls faire précéder des évacuations convenables. Les stimulans externes , généralement en usage , sont les esprits volatils appliqués a*u nez et aux tempes , les frictions avec des linimens rubéfians sur la poitrine èt le dos , les vésicatoires , les sinapismes de raifort , les fomentations chaudes des membres , les frictions avec de la flanelle ôu une brosse douce imprégnée de farine de moutarde , les aspersions d’eau sur les différentes parties du corps; en général , ce dernier moyen est un des plus efficaces qu’on puisse employer pour combattre les apoplexies dé ce genre , surtout quand on a eu la précaution de transporter d’abord l’individu au grand air. Les" stimulans internes sont les sels ou les esprits volatils alcalins , la^noutarde, le raifort, le cochléaria, les huiles volatiles , et divei’s aromates , tels c|ue lé romarin , la lavande, etc. , en substance ou en teinture.
Si la maladie survient par suite de la suppression d’un flux hémorrhoïdal , on doit appliquer des sangsues à l’anus , employer les fomentations , et'stimuler les intestins au moyen .des purgatifs aloetiques.
Les personnes qui , en raison d’un état pléthorique des vaisseaux sanguins de la tête , .sont dis-
ou MALADIES NERVEUSES. S27
posées à Tapopl^xie , doivent prudemment se mettre à un régime sobre , s’abstenant avec soin de toute liqueur fermentée , de tout aliment fortement assaisonné , et ne mangeant pas le soir. Il est également digne de l’attention du médecin , de déterminer la dose des boissons chez de pareils individus. Le docteur Mossman rapporte qu’une longue observation et que son expérience lui ont appris qu’on pouvait tirer un grand parti de cette connaissance ; il a remarqué constamment que les phénomènes de la pléthore et de l’obésité doivent être rapportés, non aux alimens solides, mais bien aux boissons que prend le malade *. Les apoplectiques doivent également avoir le plus grand soin d’entretenir la liberté du ventre par quelque doux laxatif de temps à autre ; il faut aussi qu’ils prennent un exercice modéré, de manière à entretenir la transpiration sans précipiter la respiration ou exciter la chaleur. Jamais non plus leur cou ne^^sera serré ; et , dans le lit, ils maintiendront leur tête à une hauteur convenable. Les pieds doivent être tenus constamment chauds et secs ; on évitera également et la chaleur, et le froid excessif. Rien n’est plus propre à prévenir l’apoplexie chez les individus qui y sont prédisposés , qu’un cautère à demeure entre les épaules, ou un séton à la nuque ; mais aussi on doit bien prendre garde à ne pas les laisser sécher sans pratiquer quelque autre émonctoire à leur place.
Quand une personne est menacée d’être prise
* Medical and Physical Journal J vol. ix. , pag. ^12.,
subitement d’une attaque d’apoplexie , la saignée est le remède sur lequel on doit le plus compter, surtout si on la pratique à la veine jugulaire ou à l’artère temporale , comme il a déjà été dit. Dans les cas douteux , où les symptômes ne sont pas très-pressans , l’application de sangsues aux tempes , ou de ventouses scarifiées derrière la tête , peut suffire.
Les coups de soleil , que l’on observe si fréquemment dans les pays chauds , chez ceux qui sont long-temps exposés à l’influence immédiate des rayons de cet astre , paraissent réellement être une sorte d’attaque d’apoplexie, et demandent un traitement analogue. L’application sur les tempes de compresses trempées dans un mélange froid de vinaigre et d’eau, peut dans ce cas être fort utile.
Il n’est peut-être pas déplacé de faire observer ici que le principe vital peut rester assoupi pendant quelque temps , et* gu’ on ne connaît point encore de signe certain, propre à distinguer la mort réelle de la mort apparente , autre que la putréfaction ; dans tous les cas de mort subite , on doit donc attendre les premiers phénomènes de celle-ci avant d’ensevelir le corps. Dans les pays chauds , où il est d’usage d’enterrer les morts dans les 'vingt - quatre heures , j’ai grande peur qu’il ne se fasse quelquefois des eiiterremens prématurés.
ou MALADIES NERVEUSES. 52^
De la Paralysie. ( Paralysis vel Hemiplegia. ** )
La paralysie est la diminution ou la perte totale du mouvement et du sentiment dans certaines parties du corps, avec assoupissement, dans le plus grand nombre des cas. Quelquefois la maladie est bornée à une seule partie ; mais il arrive plus ordinairement que tout un côté du corps, de la tête aux pieds, est affecté ; c’est là ce qu’on appelle une hémiplégie.
Lorsqu’il y a abolition du mouvement et du sentiment dans la moitié inférieure du corps , la maladie est désignée sous le nom de paraplégie.
La paralysie peut survenir à la suite d’une attaque d’apoplexie, et, comme celle-ci; elle peut être produite par toute cause qui intercepte le transport du fluide nerveux du cerveau aux organes du mouvement : voilà pourquoi les tumeurs , les distorsions du rachis , les épanchemens dans le canal vertébral , et l’épaississement des ligamens,qui lient les vertèbres entre elles , la produisent souvent. Elle peut également reconnaître pour causes les métastases sur l’encéphale , la suppression des évacuations habituelles , et la compression des nerfs par les luxations, les fractures , les plaies ou autres lésions externes. L’application long - temps continuée des sédatifs produit aussi la paralysie ; nous voyons
* Etymologie. ^ velüXo.
Etymologie. ' dimidia pars , ^ percuüo.
53o NÉVBOSES ,
également ceux qui sont obligés de travailler le blanc de plomb , et ceux qui sont presque continuellement exposés aux vapeurs . malfaisantes des métaux ou des minéraux, éti^e très-sujets à en être affectés. Tout ce qui tend à relâcher et à énerver Féconomie , peut encore en devenir une cause occasionnelle ; les individus qui vivent d’une ilâanière déréglée et très-débauchée ; ceux qui së livrent aux études sérieuses pendant la nuit, ou qui ont de grands sujets de chagrin et d’inquiétude , y sont' très exposés.
On observe la paralysie plus généralement chez les sujets âgés et infirmes , que chez les individus Jeunes et robustes. Le côté gauche est aussi plus fréquemment affecté que le côté droit.
La paralysie débute ordinairement par la perte subite et immédiate du mouvement et de la sensibilité des parties; mais dans certains cas , elle est précédée par de l’engourdissement, du froid, de la pâleur, et quelquefois par de légers mouvemens convulsifs. Quand la tête est fortement prise, l’œil et la bouche sont tirés de côté , la mémoire et le jugement sont très- affaiblis , et la parole est embarrassée. Si la maladie affecte les membres, et qu’elle dure long-temps, elle produit, non-séulement une perte de mouvement et de sensibilité , mais encore une flaccidité considérable , et l’atrophie des muscles dans les parties lésées.
Une courbure du rachis , due au déplacement dame ou de plusieurs vertèbres , détermine quelquefois la paralysie , et quelquefois la maladie
OXJ MALADIES NEB.VEUSES. 53 1
paraît provenir que cFun épaississement des ligamens intervertébraux , sans aucune affection particulière des os. Quand une des vertèbres seulement 'est déplacée , on remarque que le malade est plus complètement privé de la faculté de mouvoir ses membres , que lorsque deux ou un plus grand nombre d’entre elles sont déplacées; ce qui est dû , selon M. Bell , à ce que , dans le premier cas , l’angle est plus aigu , et par conséquent la compression de la moelle épinière plus grande ; ce qui explique aussi pourquoi les symptômes de paralysie , chez quelques individus , sont moins forts à une époque avancée de la maladie , qu’ils ne l’étaient d’abord , quoiqu’il n’y eût alors qu’une seule vertèbre dérangée , et que par la suite il s’en trouve constamment un plus grand nombre : la différence est si grande , que les malades presque toujours meurent dans le cours d’un an ou deux , quand il n’y a qu’un seul os de déplacé ; tandis qu’ils vivent bien plus long-temps, et souvent même autant que s’il ne leur était rien arrivé, quand la courbure de l’épine est plus étendue.
Les affections paralytiques produites par des distorsions , s’observent à tous les âges , mais plus fréquemment vers la puberté qu’à toute autre époque , et plus communément chez les filles que chez les garçons. En général , on en observe les effets avant de pouvoir en soupçonner la cause , car il y a rarement beaucoup de douleur dans la
* s f stem of Sur^erfj vol. Yii. pa^. ai 8.
532 NÏ^VROSES,
partie immédiatement offensée. Quand la distorsion de répine survient pendant Fenfance , le malade est subitement privé de Fusage de ses jambes ; mais aux époques plus avancées de la vie , il se plaint d’abord de faiblesse et de langueur, et d’un engourdissement dans les membres inférieurs. Peu à peu l’insensibilité augmente , et on voit souvent qu'il trébuche et traîne les jambes , au lieu de les lever naturellement ; il ne peut rester debout , pendant un certain temps , qu’avec la plus grande difficulté. A la lin, il perd entièrement Fusage de ses jambes, et si le raefeis est très-contourné en avant, de manière à comprimer les viscères abdominaux et thorachiques , il survient de la dyspnée ou des affections de l’estomac et des intestins , selon la partie de l’épine qui est malade.
On distinguera la paralysie de l’apoplexie, parce que, entre autres symptômes, dans la première le pouls est doux et lent.
Quand la paralysie attaque quelque organe essentiel à la vie, comme le cerveau, le cœur ou les poumons, elle est bientôt suivie de la mort. Quand elle est la suite de l’apoplexie , elle guérit en général très - difficilement. La paralysie des membres inférieurs, en conséquence d’une lésion accidentelle de la colonne vertébrale , est ordinairement incurable. Quoiqu’elle soit une maladie dangereuse dans tous les cas , particulièrement à une époque avancée de la vie , elle est pourtant quelquefois guérie par l’apparition d’une diarrhée
ou MALADIES Î^ERVÉUSES. 533
€)u de la fièvre. Un sentiment de chaleur et un fourmillement légèrement douloureux sont aussi des symptômes favorables.
L’ouverture des cadavres des paralytiques nous offre à peu de chose près les mêmes altérations que celles qu’on remarque dans les apoplectiques : ainsi on trouve des collections de sang , et , ce qui est plus commun , des épanchemens de fluide séreux dans l’intérieur du cerveau ; dans quelques cas la substance de l’organe parait ellemême malade. Dans la paralysie, au reste, comme dans l’apoplexie , la collection du fluide épanché est généralement du côté du cerveau opposé au siège de la maladie.
Quand îa paralysie se manifeste chez un jeirae individu d’une constitution pléthorique ; qu’elle survient subitement, et que la tête est fortement prise, ou que la maladie paraît provenir des causes qui produisent l’apoplexie , il est convenable de tirer une certaine quantité de sang de la veine jugulaire ou de l’artère temporale ; après quoi on donnera un fort purgatif, comme nous l’avons conseillé contre l’apoplexie. Mais chez les vieillards , ou lorsque la paralysie se déclare chez un individu faible , on ne doit avoir recours ni à la saignée ni aux purgatifs. Quand la constipation existe chez de tels malades, on peut y obvier au moyen d’un laxatif amer, tel que la teinture de rhubarbe composée. Dans tous les cas , mais plus particulièrement lorsque la maladie est survenue chez des sujets très -âgés, l’application à l’extérieur des siimulans est suivie de grands avantages.'
534 NF>BOSES ,
On frottera en consequence les parties affecteesf et le trajet du rachis , plusieurs fois par jour, avec des morceaux de flanelle ou une brosse douce imprëgnëe de farine ou d’essence de moutarde , ou bien avec la paume des mains et un lini'ment rubëfiant (i). En outre , on recommandera l’application des vësicatoires, des sinapismes (2), et les fomentations chaudes.
L’urtication est quelquefois encore un moyen utile ; elle agit comme lëger stimulant des parties affectées de paralysie.
On a beaucoup employé le bain chaud dans la même intention. Dans les paralysies cependant
(i) Olei Oliv. . . | ij.
- Terebenth,. 5 J»
M. F. Linimentum.
VEL
Of 01. campliorat . | j.
Tinct. Ganlharid. ..•..•••• 5 ij.
^Aq. Ammon, pur. | f5.
Of Spirit, campli. . . ....... § ij.
Aq. Ammon , pur. . . 5 iij.
Essent. Olei Bergam. . gutt. x.
VEE
Of Olei Oliv . 5 iij-
Aq. Ammon, pur. . . 5 j-
Tinct. Ganlharid . 3 j.
(^2) ^ Semin. Sinap. pulv . . ^
Badie. Raphan. cont. . . ^ ^
Micæ Fanis . 3 ij.
Aoeti acerrim. . q. s.
M. F. Cataplasrnu plantis pedum applicandiim.
ou MALADIES NERVEUSES. 535
qui surviennent chez les individus sanguins , et en raison d’une congestion de sang dans les vaisseaux de la tete , il serait certainement nuisible, en cela qu’il stimule les solides , et rarëhe les fluides, ce qui en fait un excitant du système sanguin. Mais dans les cas où la paralysie est produite par les narcotiques, parla perte de la chaleur vitale , ou par la faiblesse de la constitution , Fusage du bain chaud est excessivement avantageux. Dans les paralysies que l’on a à traiter, le point essentiel est par consequent de dèlerminer, avec le plus de justesse possible, si la cause de la maladie doit être attribuée à une augmentation ou à une diminution de la chaleur vitale ou de Faction des vaisseaux sanguins.
Les bains naturels, tels que ceux de Balb, dans Somersetshire, ont -ils des propriétés plus efficaces que les bains chauds ordinaires? C’est un point de discussion entre plusieurs médecins ; car, dit-on , les substances dont ils sont chargés ne sont qu’en fort petite quantité. A mon avis, cependant ils doivent décidément oî)tenir la préféreiice.
Quand il n’y a pas moyen de donner des bains d’eaux thermales , on doit les remplacer par des bains chauds artificiels, en dissolvant dans de l’eau une quantité convenable de sulfate de fer, et en la saturant d’acide carbonique.
Les étincelles et les commotions électriques sont un autre moyen universellement usité dans le traitement de la paralysie , comme stimulant externe, et souvent on en obtient des effets avan-
S36 NÉTOesÉs^
tageux ; mais en s’en servant on doit faire attention d’en modérer la force. On a plus de chances de succès en y revenant à plusieurs reprises qu’en les employant tout de suite avec violence. On doit également borner leur application aux parties qui sont éloignées de la tête , car la compression du cerveau pourrait être augmentée, si elle existait déjà.
Le galvanisme est aussi un remède dont on retire des effets avantageux. Quelques praticiens même ont été jusqu’à avancer que ses effèts étaient supérieurs à ceux de l’électricité. Le docteur Bardsley rapporte qu’il l’a vu réussir, quand cette dernière avait été sans effet
Quand la maladie affecte plusieurs parties différentes du corps , comme dans l’hémiplégie , nous devons employer les stimulans tant à l’intérieur qu’à l’extérieur : ceux qui sont le plus en usage sont la graine de moutarde , le raifort , l’ail et les sels ou les esprits volatils alcalins (i). L’^r-
■* Médical Reports and Cases ^ pag. i83.
(i) '2f Scmin. Sinap. alb . | j.
Capiat œger Cochlear, minor, ij. ex aquœ frigidœxyatho bis ierve de die.
VEL
7f Radicis Raph. contus. ^ ij.
Semin. Sinap. alb .
Radie. Valerian, sjlv .
Rliabarb. incis . ^ .
Infund. in Vin. alb . ib ij.
Sœpè agiletur et coletur usas tempore. Cochl. larg. iv", quartd hord sunienda.
ââ I 6.
3 iij.
ou MALAPÎE$ îîEBrVEUSES.
niça montana est eiacore un remède trèsr-recommandé.
.Les résines , le gaïac et les térébenthines , ont
Semin. Sinap. alb. conlus. . . . • Radie. Raph. incis.
Corlic. Aurant. . . . ^6.
Aquæ fontis . % . . . tb ij.
Coque ad ib j. Fiat decoctum cujus sumat Cyaih. j. amplum ter in die^
VEL
^ Spirit. Ammon, eomp . . | j.
Gutlœ X — L. pro do&e.
VEL
Tinct. Lavend. eomp. Sij.
Spirit. Ammon, foetid . § fi.
M. Capiat giitt. xx — -xl. frequenter in quovis vehiculo appropriato.
VEL
^ Ammon, præpar . g***
Camph . r gi’* iij*
Conserv. Rosæ . • , . . . q. S.
F. Bolus ter quatorze die sumendus*
'if Spirit. Rapb. compos .
— - Ammon, fætid .
Tinct, Valerian, ......
Aquæ Anetbi ......*
M. F. Haustus.
gutt. XXX.
5 ij.
VEL
^ Ammon. præpar. . . gr. vj.
Tinct. Cardam. eomp. ...... 'S ij.
Aquæ Mentliæ saüv. 5 j ft.
M. F. liausîus sc.xid Jwrd capiendus.
quelquefois été employés avec avantage dans la paralysie ; mais leur usage est loin d’etre généralement indiqué dans cette maladie ; ce sont dçs substances souvent trop irritantes.
Quand la paralysie est survenue par une cause débilitante quelconque , outre l’application des stimulans à l’extérieur, et leur usage à l’intérieur, il faut encore recourir aux toniques et aux aromatiques, comme dans les cas de dyspepsie.
La solution arsenicale est un remède qui a eu quelques avantages dans cette maladie , surtout lorsqu’elle était bornée à certaines parties.
Dans la paralysie des extrémités inférieures produite par une déviation du rachis, ou par l’épaississement des ligamens intervertébraux , sans aucune affection particulière des os , il n’est point de traitement aussi avantageux que celui par les cautères. M. Pott ,’ à qui nous devons des observations fort importantes à ce sujet, engage à placer ces émonctoires aussi près que possible de la tumeur, recommandant de les pratiquer avec la pierre de chaque côté , de leur donner assez d’étendue pour loger une graine de haricot, et de saupoudrer de temps en temps le centre de Fulcère qu’iis produisent avec de la poudre de cantharides.
Je fus appelé en consultation il y a^ quelque temps pour donner mon avis sur l’état d’une jeune dame d’environ dix - sept ans, qui avait perdu graduellement le sentiment et le mouvement dans les extrémités inférieures. ’La maladie durait alors depuis deux ans. On avait consulté
ou MALADIES NERVEUSES. SSg
deux ou trois praticiens ; la malade avait subi le traitement ordinaire , avait fait usage des vésicatoires et des autres stimulans externes ; et elle avait même essayé les bains chauds et les bains froids; mais le tout sans succès. Du reste, elle paraissait n’éprouver aucune incommodité ; sa physionomie était naturelle, et l’appétit fort bon ; elle dormait bien , et ne ressentait aucune douleur ; elle se promenait à cheval toutes les fois que le temps le lui permettait ; et quand elle ne pouvait le faire , elle sortait en voiture pour prendre l’air. Je soupçonnai sur de-champ que la maladie était le résultat de quelque lésion du rachis , ou qu’il y avait im épaississement des ligamens intervertébraux ; et je fus confirmé dans mon opiniorn quand je lui eus passé la main le long du dos.' Je découvris une tuméfaction évidente sur l’un des côtés de l’extrémité inférieure du rachis. J’ordonnai de placer des cautères de la manière ci - dessus indiquée , et j’eus la satisfaction de voir la malade recouvrer la sensibilité dans les pieds de manière à reconnaître quand ils touchaient le sol ; au bout de trois mois envi¬
ron elle pouvait marcher seule. Je pense cependant que le mal n’avait son siège que dans les ligamens , et que les os de l’épine n’étaient pas affectés.
Lorsque les vertèbres sont malades , il est malheureusement fort rare qu’on puisse obtenir une guérison radicale ; mais nul doute qu’on ne vienne à bout d’alléger les symptômes, et de diminuer la compression de la moelle alongée, en établis-
54© NEVROSES ,
sant un émonctoire dans le voisinage des parties
attaquées.
Le docteur Clutterbuck , dans un petit ouvrage publié il n’y a pas très-long-temps , assure que le mercure est un excellent antidote du plomb, et qu’il l’a employé avec le succès le plus décidé dans plusieurs cas de paralysies , chez des personnes employées à la manipulation des différentes préparations de plomb , et chez celles que leur profession obligeait de se servir de ce métal. 11 rapporte plusieurs obsei^ations à l’appui, et qui paraissent prouver clairement l’utilité de ce remède ; il y joint d’ailleurs une lettre du docteur Bradley, médecin de riiopital de YV^esminster, qui partage entièrement sa manière de voir.
La paralysie ou la perte de l’inüueîice nerveuse dans un des membres en particulier, à la suite de coliques métalliques violentes et invétérées, est soulagée d'une manière marquée par l’usage des eaux de Bath à l’extérieur, soit sur tout le corps, soit seulement sur la partie affectée.
Dans le traitement de la paralysie des mains produite par l’empoisonnement parie plomb, un auteur moderne a imaginé un appareil mécanique ingénieux destiné à mettre les muscles dans un état favorable à leur action^, et il paraît qu’en effet il l’a employé ^vec beaucoup de succès. C’est une planchette , à peu près de la forme d’une palette , destinée a être attachée sous l’avant-bras , et qui doit se prolonger jusqu’à l’extrémité des
* D* Pemberton’s Treatise on the Diseases oj the abdominal Viscera.
ou MALADIES ^NERVEUSES. 54ï
doigts. Le but de cette machine est de soustraire l’espèce de pesanteur que supporte l’extrémité des muscles , dans la supposition que c’est un obstacle au rétablissement de leur puissance contractile. Dans le premier essai que l’auteur en fit, l’appareil fut appliqué au bras droit seulement , \
et le résultat, dit -on, fut qu’au bout d’un mois on eut la satisfaction de voir la main droite ca- ‘pable de lever un poids de huit onces à bras tendu, tandis qu’à cette époque la main gauche était aussi complètement paralytique qu’auparavant. Au bout de cinq semaines de plus , les muscles extenseurs de la main droite avaient repris leur force naturelle , mais la main gauche était demeurée paralysée.
Afin de pouvoir déterminer jusqu’à quel point cette guérison devait dépendre du moyen local qui fut employé , l’auteur resta pendant un mois sans donner ses soins au malade, et, au bout de ce temps, ce dernier retourna vers lui ayant encore la main gauche complètement paralysée , et la droite dans son état naturel. L’appareil fut alors apj)liqué à la main gauche , et , au bout de sept semaines , la force de ses muscles extenseurs fut aussi entièrement rétablie.
Le résultat de cet essai est assurément en faveur de l’usage de cet appareil mécanique ; mais il est bon de faire remarquer en même temps qu’il manqua à produire l’effet désiré dans quelques cas de paralysie qui n’avaient pas été produits par le plomb.
Dans la paralysie , les alimens doivent être
542 NEVROSES,
légers,' nourrissaiis , aromatiques et chauds. Si le malade peut marcher, il doit prendre chaque jour autant d’exercice que ses forces le lui permettront ; mais s’il est privé de l’usage de ses jambes, il doit alors se promener en voiture ou à cheval , et se faire faire fréquemment des frictions avec de puissans excitans sur les parties malades. Il doit aussi porter de la flanelle immédiatement sur la peau, et éviter avec soin toute exposition à l’air froid et humide : enfin , s’il y a moyen, il ira se fixer dans un pays plus chaud que celui qu’il habite d’ordinaire.
Dans les cas où il y a anorexie et grande faiblesse , on aura recours au quinquina ; aux amers stomachiques, et aux autres toniques, pour relever les forces comme dans la dyspepsie.
Les habitans des Indes orientales sont trèssujets à nne espèce de paralysie qu’ils appellent Barbiers , et que les naturels connaissent sous le nom de Beriherii (mot qui signifie un mouton ), probablement parce que ceux qui en sont atteints éprouvent un tremblement des genoux et ont une démarche toute particulière, qui semble rappeler à notre imagination celle des moutons.
Elle attaque les naturels et les étrangers, surtout pendant la saison pluvieuse , qui commence en novembre et se termine en mars ou avril ; elle est très-violente sur la côte du Malabar. Pendant cette saison , les vents de terre soudent tous les matins , vers le lever du soleil , des montagnes voisines , et ont une fraîcheur remarquable ; et les personnes que la pureté de l’atmosphère en-
ou MALADIES NERVEUSES. S43
gage alors à dormir à F^ir , sont souvent prises subitement de la maladie.
Parmi les symptômes principaux qui la caractérisent , on remarque une lassitude générale. Le mouvement et le sentiment , surtout dans les mains et dans les pieds , sont languissans et altérés. Quelquefois , une partie seulement des membres est attaquée , et d’autres fois ils le sont dans toute leur étendue. La parole est de temps à autre tellement embarrassée , que le malade peut à peine articuler une syllabe. ^
Cette affection devient rarement funeste ; mais la guérison en général se fait long-temps attendre , et , malgré l’usage des rnédicamens les plus énergiques, on assure qu’elle a rarement lieu avant la terminaison de la saison , à moins qu’on n'évacue les malades sur la côte de Coromandel, ou à l’est des montagnes Balagat , où , par le changement d’air, ils se rétablissent promptement
Les moyens , principalement employés par les praticiens même du pays , sont les fomentations et les bains avec les plantes aromatiques , ainsi que de fortes frictions. Les Indiens encore mettent le malade dans un trou pratiqué dans le sol , et le couvrent de sable jusqu’au cou, ayant soin de choisir pour cette opération le milieu du jour et le moment où le soleil est le plus ardent.
Quand la maladie est chronique , les sudorifiques sont avantageux ; et par conséquent le camphre , les sels volatils et la gomme de gaïac
*■ Lind on the Diseases pf warm Climates ^ pag^ 286, ,
544 NÏVROSïS,
sont fort utiles. On s’oppose à la constipation en
donnant de temps en temps des purgatifs aldeti-
ques.
Un exercice mode'rë à cheval ou à pied , est nécessaire pour rétàblif Faction et la force des membres ÿ Feffet en sera secondé par l’application de la chaleur , et par les frictions avec les rubéfians.