ORDRE DEUXIÈME
ADYNAMIES ( ADYNAMIA )
La diminution des ihôuvemens involontaire^ , vitaux ou naturels , forme’ le caractere' de' cet ordre de maladies.
De là Syncope , ( Syncope. ) **
La syncope est une diminution d’action, et quelquefois meme une cessation complète des mouvemens du pouls ou de la respiration. Elle est , dans certains cas , précédée par de Fanxiété vers la région précordiale , par un sentiment de plénitude qui remonte de l’estomac vers la tête , par des vertiges , ou du trouble dans les idées , par l’obscurcissement de la vue et le froid des extrémités.- Les attaques de syncope sont fréquenrment accompagnées ou suivies de vomissement , et quelquefois de convulsions ou d’un accès d’épilepsie.
* Etymologie. A, siné , 'vïs.
ETtMOtoGiE. , OMW, M’OTrla , cudù.
ou MALADIES NERVEUSES. 545
Les causes de cette affection sont les émotions subite^ et violentes de Fame , les odeurs fortes ou trop suaves , le dérangement des premières voies , la faiblesse produite par des maladies antérieures , l’état de vacuité du système vasculaire , comme après une saignée , des hémorrhagies , l’opération de la paracentèse abdominale ; les affections organiques du cœur, ou des parties qui sont avec lui dans un rapport immédiat , telles que les anévrismes de cet organe lui - même ou de la crosse de F aorte , l’ossification de ses valvules ou des gros vaisseaux , et , enfin, la présence des polypes ou des corps particuliers auxquels on a donné ce nom.
Pendant le paroxysme, on doit stimuler les narines avec des esprits ou des sels volatils, et arroser la face avec de Feau froide. Quand la maladie est la conséquence d’une hémorrhagie , on doit placer le sujet dans une position horizontale, et favoriser l’arrivée d’un air pur et froid. Si elle provient de faiblesse ou d’irritabilité, on doit rétablir les forces avec du quinquina , de l’acide sulfurique, des amers stomachiques , des ferrugineux et des bains froids. Il est presque inutile d’ajouter qu’il faut constamment s’efforcer à éviter les causes occasionnelles, et à les éloigner, si cela est en notre pouvoir.
Du J^ertige, ( Yertigo. )
Le vertige est produit le plus souvent par l’afflux du sang vers la tête, ou bien il est sympto-
546 * NEVROSES,
matiqae de la dyspepsie, de Fhypochondrie ou de
Fhystérie.
Le malade est pris subitement d’une sorte d’e~ tourdissement , tout lui paraît tourner , il chancèle , et est en danger de tomber.
Cette maladie n’est pas dangereuse quand elle n’est que le symptôme de l’hystérie ou de toute autre affection nerveuse ; mais , quand on la voit survenir par suite d’une trop grande repletion des vaisseaux de la tête , et qu’on n’y porte pas remède à temps par une évacuation convenable elle peut se ternîiner par l’apoplexie ou la paralysie.
Dans le cas où le vertige est symptomatique on doit avoir recours aux médicamens et aux remèdes les plus convenables pour détruire l’affection première ; mais quand il est produit par la pléthore locale , il faut recourir à la saignée générale ou partielle , à l’administration fréquente des purgatifs rafraîchissans , et à la diète. Si le mal ne cédait pas à l’emploi de ces moyens , les exutoires à la nuque seraient avantageux.
De la Dyspepsie. ( Dyspepsia. ) *
On observe cette maladie le plus ordinairement chez les individus de trente à quarante ans, et elle » se déclare principalement chez ceux qui emploient beaucoup de temps à l’étude , ou qui mènent une vie très-sédentaire ou très -déréglée. Une particularité fort remarquable , c’est qu’elle
* Ettmologib. Ay?, dijficilè ^ , digestia.
ou MA-LADÏES NERVEUSES. 547
peut durer , et qu’elle dure souvent très-longtemps, sans aucune augmentation ou diminution dans les symptômes. C’est une sorte de faiblesse chronique.
Les grands chagrins, les tourmens d’esprit, les etudes forcées , l’inaction , les évacuations excessives, les excès dans les plaisirs de Yénus , Fabus des liqueurs spiritueuses , les irrégularités dans la manière de vivre , l’usage trop fréquent des boissons chaudes et délayantes , du thé , du tabac , de l’opium et autres narcotiques , la réplétion immodérée et la distension démesurée de l’estomac , l’expuition^très-fréquente de la salive , une diminution ou une interruption dans la sécrétion de cette humeur , le défaut de bile , de suc pancréatique, de suc gastrique et le séjour dans un air froid et humide , sans prendre d’exercice , telles sont les causes qui produisent ordinairement la dyspepsie. La cause prochaine paraît être l’atonie ou la faiblesse de la tunique musculaire de l’estomac.
Une longue série de symptômes nerveux accompagnent ordinairement cette maladie ; tels sont l’anorexie , les nausées , le pyrosis , les flatuosités , les éructations acides , un picotement a l’estomac quand cet organe est vide , un sentiment de constriction et de malaise dans la gorge , avec douleur dans le côté ou au sternum , de manière que , dans certains momens , le malade ne peut se coucher que sur le côté droit ; une grande constipation, un frissonnement habitue], la pâleur de iâ face, de la langueur, du dégoût
P our l’activité, de l’abattement dans les facultés, les palpitations, le vertige et le trouble du sommeil.
Le nombre de ces symptômes varie dans les différens cas : chez quelques individus, ils n’existent qu’en partie ; chez d’autres , on en trouve encore davantage : telles sont de fortes douleurs passagères dans la tête et la poitrine , et différentes affections de la vue , comme la cécité , la diplopie, etc.
La dyspepsie ne devient jamais funeste , si ce n’est dans les cas où, durant depuis long-temps , elle produit une faiblesse et une débilité générale très-grandes , et dégénère ainsi en quelque autre maladie , comme Fhydropisie ; mais il est toujours très-difficile de la guérir, plus particulièrement dans les pays chauds.
L’anatomie pathologique nous apprend que les altérations organiques qu’on observe dans cette maladie , sont principalement bornées au pylore, qui est souvent squirrheux ou même ulcéré : dans tous les cas, l’estomac est considérablement distendu par des gaz.
Dans le traitement de la dyspepsie, on doit remplir trois indications.
La première consiste à écarter les causes éloignées que nous avons énumérées.
La seconde, à s’opposer aux symptômes qui contribuent à faire durer ou à augmenter la maladie.
La troisième, à rétablir le ton de l’organe.
Dans la première intention , le médecin fera , connaître au malade l’indispensable nécessité où
ou MALADIES NERVEUSES. 5/^9
il est de renoncer aux differentes habitudes qui ont pu contribuer à produire l’affection qui le tourmente ; car Traction permanente ou la repetition fréquente des causes détruit l’effet de tous les remèdes qu’on pourrait employer.
Si donc la personne malade voit beaucoup le monde , elle abandonnera les lieux de dissipation ; elle quittera le train de la ville, et tous les diver tissemens qu’il procure , au sein de ces salles où l’air qu’on respire est vicié et altéré par le grand nombre d’individus qui y sont rassemblés ; elle fuira les délices de la table, l’inaction ; elle se couchera de bonne heure ; elle se retirera à la campagne , pour respirer un air pur, et y prendre un exercice modéré ; sa table sera servie frugalement ; elle se procurera enfin la société de quelques amis choisis, et des occupations amusantes.
Pour remplir la seconde intention , qui est de s’opposer aux symptômes qui contribuent à entretenir ou aggraver la maladie , il faudra évacuer les saburres contenues dans l’estomac , en administrant un léger vomitif. Il sera également nécessaire de corriger le ferment acide qui s’y rencontre , par les alcalis et les absorbans (i), comme
(i) Aquæ Calcis . . tb j.
Capiat Æger 5 ij — | iv. bis in die,
VEL
Of Magnes, albæ . . . . . 5 iij.
Pul ver. Ehabarb . 9 ij*
Aquæ fonlis . . S iv.
- Cinnamomi . |j.
Tinct. Lavend. compos . ^ b.
M. F. Mistura cujus sumat cochlear, ij. ter in die.
55o K‘£VR,OSES ;
le carbonate de potasse crystallise , le savon J Feau de chaux, la magnésie, la craie, etc. ; de tempérer la douleur et la distension flatulente de Festomac et des intestins , au moyen des carminatifs (i) , des antispasmodiques (2) et des. opia-
VEL
Tf Cret. præpar. .
gr. XV.
Aquæ Nucis moscliat. .......
* foîitiis* • • ff#
Syrup. Zingiberis
§ ij.
M.F. Haustus bis die sumendus.
VEL
Of Magn. albæ . .
9 ij.
Puîver. Pvhabarb.
gr. X,
- - Nucis moscb .
gr. iij.
Bï. F. Pulvis rnane et vespere sumendus.
(ï) of Mist, eretac. .« 0 ....... .
Spirit. Nue. moscb. . . . . ....
3 ij.
Tiuct. Opii . .
gUtt. XV.
M. "F . Haustus marie et vesp. capiendus.
VEL
Où Cret. præp .
gr. xij.
Âq. Mentliæ piper. .•..••••
- fonlis . .
Spirit. Piment .
^ ij.
giilt. xij.
AI. F. Haustus ter die sumendus.
VEL
Of Sacch. albi .
Olei Anisi . .
gutt. XV.
Aq. fontis . .
1 iv.
Spirit. Carvi .
- Lavent], comp .
'fsi.'F . Misturacujus siimat cochL ij. ter quaterve die.
(2) '2f Aquæ Ânethi . . i*j*
Spirit. Cinnam
ou MALADIES ISÎERTEUSES; 55 î
CCS ; et enfin de combattre la constipation par l’usage de doux laxatifs (i) combinés avec les aromatiques, ce qui provoqifl une prompte évacuation des matiëres/ontenues dans les intestins,
Tinct. Valer. volât. 5ij.
^ ' - Opii . . • . . giitt. XX.
Æther. suif. . . . ^ f3.
M. Capiat cochlear, larga ij. bis ter ve in die.
(i) Pilul. ex Aloe cum Mjrrliâ . . ^ . gr. xv.
VEZ
Of Aloes socot. •
Pulv. Rhabarb
— , — aromatic . . . . . 3 j.
Sapoîi. Venet . . . 5f5.
Syrup . q- s
M. F. Massa in pilulas l dividenda , quarum sumat ij vel iij pro dos.
VEL
Of Electuar. è Senuâ ........ 5 q*
Pulv. Jalap. 3 ij.
- aromalici . . • -y ]»
Cremor. Tart. pulv . ^
Syrup. Ziiîgib . . q*®*
M. F. Electuarium cujus capiat quantitatem juglandis bord sommi.
VEL
Of Olei Ricini . . & y], pro dos.
VEL
Of Tinct. Rhabarb . 'b s]. pro dos,
Of Pulver. Rhabarb . ^ ^5.
- Zingiberis ........ gi'» v.
Salis polychrest . » 3 ]•
lA.Y .Pulvis pro re natâ sumendus.
sans précipiter Faction de ceux-ci, et sans augmenter les excrétions qui s’exécutent dans leur intérieur.
Une attention constante que doit avoir lé malade pour empêcher la constipation de se déclarer, est de prendre l’habitude de solliciter périodiquement et tous les jours une évacuation alvine par des efforts volontaires etsoùtenus. Le matin est l’époque convenable pour cette tentative , qui doit durer pendant un quart d’heure au moins. Il est possible qu’il se passe une semaine avant que l’on arrive au but, mais il èst probable qu’on l’atteindra dans l’espace d’un mois : dans un grand nombre de cas qui avaient exigé Fusage presque journalier des médicamens laxatifs , ce temps a suffi pour établir la régularité de l’excrétion.
Pour combattre la cardialgie et le vomissement qui accompagnent la dyspepsie, il est bon d’appliquer un vésicatoire sur là région de F estomac. Une semblable application donne de la force aux vaisseaux artériels et lymphatiques de la peau , augmente la transpiration insensible et l’absorption cutanée , ainsi que Faction de l’estomac, et par conséquent les forces digestives.
Pour remplir la troisième intention, qui est de rétablir le ton de l’estomac, dont la perte doit être regardée comme la cause principale et immédiate de la dyspepsie , on doit employer les médicamens qui agissent directement sur cet organe , et les divers moyens qui peuvent donner des forces à tout le système de l’économie.
ou MALADIES NERVEUSES, 553
Les médîcamens les plus convenables pour rétablir le ton de l’estomac , sont lés âfomàtiques et les astringens combinés avec les amers (i) , le quinquina (2) , les acides minéraux et les fer-
(1) Iiifus. Gentian, comp .
Tinct. Cardam. comp . . • 9 itj.
- - Myrrhæ S j.
Isl.'F ,Haustus.
VEL
^ Quassiæ . 5 ij.
Aquæ fontis . | v. Colat. adde
Tinct. Columb . .
- — Cardamom, comp. • , *
M. Capiat cochlear, iij. ter in die.
VEL
Inf. Gent. comp. . . . | v.
Tinct. Cinnamom. comp. , . . , . 5 j.
VEL
:if Radie. Gentianæ cont. 5 iij.
— - — - Galam. aromat. ...... "J
- - Columb. . * • f ââ 5 ij.
Corli. Aurant. siccat . }
Vini albi Hispan . îfe ij.
Hujus infus. capiat cochlear, iij. ter in die^
(2) ^ Decoct. Cort. Peruv . 5 )
Tincti Columb . 5 îj.
- Myrrliæ 5 j.
M. F. Haustus ter die sumendus.
VEL
Of Pulv. Cort. Peruv . S j.
Aquæ Cinnamom. ......... | ] i5.
Acid. suif, dilut . . gutt. xx.
M. F. Haustus,
554 névroses; ^
rugineux(i). Outre les végétaux amers employés depuis long-temps , on vient nouvellement .d’en
VEI
^ Pulv. Cortic. Perav. . . . 5 v.
TilQCt. ejusdem . . 7 --
— Cardamor» . . . . ^ ^ ^
M. Sumat cochlear, iij ter in die — Adde pro re natâ Acid. suif, dilut. gutt. xx.
(i) Tinct. Ferri, muriat. .......
Guttœ X XX ter die sumendæ in quo vis vehiculo,