OIT MALADIES NERVEUSES
ils se plaisent à en jouir , et qu’ils craignent le retour de leurs idées noires pendant leur sommeil, ils veillent tard et ne se couchent qu’avec répugnance.*
Chez les femmes hystériques , l’exercice des fonctions animales paraît être troublé et perverti ; mais chez les hommes, c’est l’esprit qui est le plus affecté : les exclamations involontaires , les syncopes et les convulsions de toute espèce , sont plus fréquentes chez les femmes : un désespoir sombre et caché accable les hommes ; peut-être esUce pour cela que le suicide est plus fréquent chez ces derniers.
Sous le rapport du pronostic , cette maladie , si elle est récente , doit plutôt être regardée comme latigaiite que comme dangereuse ; mais si elle se prolonge pendant long-temps , elle peut produire des engorgemens squirrheux dans divers viscères, des affections cachectiques , une hydropisie , une mélancolie incurable , ou la folie.
A l’ouverture des cadavres des hypochondriaques , ordinairement on rencontre quelqu’un des viscères abdominaux (particolièremenl le foie et la rate) considérabielment augmenté de volume. Dans certains cas, on a trouvé un épanchement dans le cerveau et une turgescence des vaisseaux de cet organe.
Les indications curatives dans cette maladie paraissent. être ^
1°. De stimuler l’énergie du système nerveux qui a été abattue , et cela particulièrement en
cherchant à agir convenablement sur l’esprit da malade ;
2”. D’ëloigner ou de pallier au moins les symptômes qui contribuent à prolonger ou à aggraver la maladie ;
3“. De donner des forces aux voies digestives, et de provoquer les secretions.
Pour remplir la première de ces indications, ‘ on doit distraire le malade , et diriger son esprit sur d’autres objets que sur ceux qui l’occupent habituellement ; on lui procurera des distractions en le faisant changer fréquemment de lieu ; on lui recommandera de voir, autant que possible, une société agréable et gaie , de profiter de toutes les circonstances qui pourront lui offrir l’occasion d**!-!!! exercice modéré en plein air ; et parmi ces exercices , on peut surtout ranger l’équitation et les parties de chasse : il évitera l’oisiveté avec le plus grand soin ; mais il ne se livrera pas avec application à l’étude , surtout à celles dont sa profession l’oblige à s’occuper; cependant la lecture de livres amusans sera avantageuse , en raison de la distraction qu’elle cause à l’esprit.
On doit plaindre le malade, et non pas le tourner en ridicule ; la ferme persuasion dans laquelle il est ne permet pas de traiter ses sensations de chimères, ni de regarder ses craintes comme dénuées de fondement , bien que le médecin le pense certainement ainsi. Pour gagner sa confiance, il est nécessaire de faire attention à ses souffrances, comme si elles étaient réelles ; et, pour le contenter, il convient, sous tous les rapports,
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de lui administrer quelque medicament innocent, qu’on changera de temps en temps, en particulier toutes les fois qu’il perdra l’espoir de guérir.
Les maux des hypochondriaques doivent donc être traites comme s’ils étaient réel^ ; et quelle que soit la cause qui les ait produits , il est du devoir du médecin d’employer son art pour la détruire , de ne pas troubler un esprit irritable par une légèreté mal placée , et de ne pas blesser une sensibilité exaltée, par des reproches ou des insultes.
En raison de la lenteur avec laquelle agit l’estomac dans les tempéramens mélancoliques , il existe souvent, des aigreurs à un très-haut degré chez les hypochondriaques ; et , pour y remédier, et remplir la seconde indication du traitement , il .est nécessaire de faire usage d’absorbans et d’alcalis, comme nous l’avons conseillé au sujet de la dyspepsie.’ ‘ »
Le vomissement, quoiqu’employé quelquefois, ne convient aucunement.
La constipation, qui est un symptôme fréquent de l’hypochondrie , d^it être prévenue en faisant prendre au malade l’habitude de solliciter périodiquement les évacuations alvines par des efforts volontaires et soutenus-, une ou deux fois par jour régulièrement : jusqu’à ce qu’on ait atteint le but proposé , on peut administrer un doux laxatif de temps en temps , ainsi qu’il est dit également au sujet de la dyspepsiç.
Les eaux de Harrogate peuvent être mises en usage avec grand espoir de succès , pour corn-
battre la constipation rebelle qui accompagne rhypocbondrie ; et quand une fois cette constipation a disparu par leur emploi , elle est moins sujette à revenir que lorsqu’on n’a fait qu’employer les purgatifs drastiques et résineux.
Les flatuosités sont un autre symptôme constant de cette maladie , et on doit les prévenir en faisant usage des carminatifs , des huiles essentielles et des aromatiques, suivant les formules indiquées contre la dyspepsie.
En outre, les hypochondriaques sont encore exposés à éprouver des douleurs spasmodiques dans la tête et l’estomac; pour y remédier, il est convenable d’employer l’éther, le musc et l’opium , soit séparément , soit combinés ensemble (i).
(i) Æther. suif. . . . § fi.
Çapiat gutt. xx’ — xxx pro dos.
VEL
Moscli. , * . • • gr. XV.
Aquæ Anelhi ^ j fi.
Æth. suif . . gult. XX.
M.E. Haustiis ter die sumendus.