‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climats (volume 2)Chapitre 6 sur 30 · F. EL · texte numérisé non relu

F. EL

Of Quassiæ. . . .

Aq. bullientis. .

Cole et adde Tinct, Colomb .

5 ij\

3 viij. q}Ost horam unam

ou MALADIES FEBRILES.’ 25

Dans des cas où l’on ne pouvait se procurer du quinquina , on lui a substitué avec avantage une grande quantité d’autres écorces , comme celle du Cinchona Jamaïcensis , découvert par le D’' Y^riglit ; du Cinchona carihæa^ ou Ecorce de Sainte-Lucie ; celle de Tellicherriy etc. îl y a quelques années qu’en Angleterre et sur le continent on a employé avec succès l’écorce de saule, comme tonique et fébrifuge. Les espèces d’arbres de ce genre qui ont été décrites par les botanistes sont fort nombreuses ; mais celle qu’ils ont désignée sous le nom de Salix caprea paraît posséder des propriétés beaucoup plus énergiques que les autres. Un auteur moderne ^ a essayé de prouver que dans beaucoup de maladies, et surtout de celles qui sont du ressort de la chirurgie , l’efficacité de son écorce est bien supérieure à celle du quinquina. Il en préfère la décoction à toute autre préparation; il l’obtient en faisant bouillir, pendant un quart d’heure, dans deux pintes d’eau de fontaine , une once et demie de cette écorce séchée et pulvérisée , et il en donne deux ou trois grandes cuillerées trois ou quatre fois dans la journée.

La racine de Ratahnm est encore un médicament qu’on a proposé dernièrement pour remplacer le quinquina ; mais , d’après quelques essais que j’ai faits , je suis convaincu qu’elle ne mérite nullement les éloges que lui a donnés le docteur Rees. La dose moyenne de sa poudre

Wilkinson’s ExpçnmçnU çn hivad- leafed Willow

Bark,

PYREXIES ;

est de vingt grains ; on peut la donner aussi en teinture , en de'coction ou en extrait.

Il est probable que toutes les écorces dont nous venons de parler doivent leurs vertus fébrifuges à un principe commun ; mais quel est-il ? C’est ce qu’il est bien difficile de déterminer. Quelques-uns l’ont vu dans le tannin, parce qu’elles en renferment toutes une quantité plus ou moins notable , suivant eux ; mais cette opinion serait erronée d’après les expériences de M. Davy, qui prouvent que le quinquina, et les autres écorces que l’on considère comme fébrifuges , contiennent fort peu de ce principe.

Dans les fièvres intermittentes où il y a flatulence, distension de l’abdomem, ou rétention des fèces dans les intestins , il devient nécessaire de recourir aux laxatifs, particulièrement à ceux qui contiennent un principe aromatique excif tant (i), en les donnant pendant l’apyrexie., de sorte que leur effet puisse avoir lieu avant Faqrivée du nouveau paroxysme.

Quand les fièvres intermittentes ont duré fort* long-temps , il arrive souvent des engorgemens

(i) ‘2f Pulv. Rhabarb. gr. xv

- aromat . gr. v..

Sulfat. Sodæ. . . gr. xjj

M. F. Pulvis,

VEL

'if Infus. Sennæ. . . .

Tincl. Rhabarb. . .

- Lavaiitl. comp.

M.F. Haustus.

ou MALADIES FEBRILES. 2 J

du foie et de la rate, et c’est ce qu’on nomme vulgairement dans la Grande-Bretagne Aguecakes (^Gâteaux de fievre'). On a attribué à l’emploi mal dirigé” du quinquina ces affections que nous avons souvent beaucoup de peine à guérir, quoique la fièvre ait entièrement cessé ; mais elles sont dues bien plutôt à un raptus du sang , qui , pendant la période de froid , s’opère sur ces organes^ et en gonfle le tissu. Dans ces cas, il convient d’unir au quinquina quelques-uns de ces médicamens qu’on a appelés désohstnians ou apéritifs (i); et si l’on n’obtient pas le succès qu’on en attend , il faudra avoir recours, au mercure (2), dont on donnera chaque nuit une petite dose , jusqu’à ce qu’on parvienne à affecter la bouche , tout en continuant l’usage des toniques. Si le malade ne pouvait point prendre,, le médicament à l’intérieur, on l’administrerait en frictions , c’est-à-dire que chaque soir, au moment du coucher, on frotterait la région in-

(i) "îf Pulv. Cincho . § j.

- Rhabarb . 5 j 15.

T^itri præparat . 5 ij.

Syrup. Zingib. . . q, s.

M.F. Elect, cujus sumat cochlear, min. ter quaterve in die,

(2) ^ Calomelanos . §*■•}• *

Confect, opiat. . . . . , gr. iij.

, Pilula Omni nocte sumenda, 1

VEL

^ Pilul. ex Hydrarg. . . gr. iij.

- ex Opio ^ . gr- ij-

M.F. Pilula,

28 PYBEXIES ;

guinale avec un scrupule d’onguent mercuriel

double , dose convenable pour les adultes.

C’est surtout dans les climats chauds que ces affections squirrheuses se rencontrent à la suite des fièvres intermittentes ; mais nous en parlerons plus spécialement en traitant de l’inflammation chronique du foie.

De pareilles tumeurs compriment la veine porte qui passe dans le foie et s’y ramifie à la manière des artères. Le sang ne peut plus revenir avec la même facilité des viscères abdominaux vers le cœur; sa marche retardée occasionne une exhalation si abondante de lymphe dans la cavité du péritoine , que les vaisseaux absorbans ne peuvent plus la reprendre : d’où il résulte une ascite , contre laquelle on se servira des remèdes que nous indiquerons en décrivant cette affection elle-même.

Quelquefois cependant l’hydropisie dépend seulement de la longue durée de la maladie et de pure faiblesse, sans qu’il y ait aucun engorgement dans le bas-ventre : alors on la combat avec avantage à l’aide du quinquina , des amers stomachiques , des diurétiques , des préparations de fer ; elle disparaît par degrés à mesure que le malade reprend des forces et chemine vers la santé.

Quand des tumeurs se sont développées dans quelqu’un des viscères abdominaux, il peut arriver qu’elles exercent une compression sur les conduits excréteurs de la bile,^ soit en totalité , soit sur l’uii d’eux seulement ; ce qui fait que le

ou MALADIES FEBRILES. 29

passage de cette humeur dans le duodénum est intercepté en partie ou même entièrement. Il en résulte qu’elle est absorbée , et qu’elle produit rictère avec ou sans complication d’hydropisie. Lorsque les deux affections sont simultanées , le pronostic est des plus fâcheux.

Quand une fièvre intermittente a duré plusieurs mois , que le malade est considérablement affaibli , si le sang est poussé vers les viscères de l’abdomen , il survient quelquefois une augmentation dans le fluide fourni par les cryptes muqueuses des intestins , et par suite la diarrhée. Celle-ci se manifeste surtout pendant les intermissions et les rémissions , et devient moins intense ou même cesse entièrement au moment de l’invasion et pendant la durée du paroxysme. Au reste, elle ne fait qu’augmenter la faiblesse , et amène souvent l’hydropisie , laquelle commence par des gonflemens œdémateux des pieds et des jambes, qui gagnent ensuite les cuisses et envahissent les parois de l’abdomen, jusqu’à ce qu’enfm l’ascite elle-même se déclare. Si alors, afin de s’opposer à la diarrhée , on emploie les médicamens astringens , l’hydropisie augmente et la fièvre intermittente continue , quoique ses accès deviennent obscurs et fort irréguliers. Si, d’un autre côté, on laisse subsister la diarrhée , ou si elle reparaît parce qu’on aura cessé l’usage des astringens , la faiblesse devient telle que la mort peut survenir. Alors même le quinquina augmente la diarrhée, sans prévenir les retours irréguliers des accès ou des exacerbations. Dans ce cas, le

docteur Fordyce * conseille d’employer vingtcinq grains de rhubarbe pour débarrasser les premières voies , et de donner ensuite le quinquina à la dose d’un gros environ , de trois heures en trois heures , avec un grain d’ipécacuanha et quinze gouttes de teinture, d’opium, en meme temps que, toutes les quatre heures, on fera prendre une dose d’un médicament aromatique et excitant.

Dans quelques cas où les fièvres intermittentes se prolongeaient beaucoup , parce qu’on avait entièrement négligé de les combattre dès leur début, ou bien parce que le quinquina n’avait pas produit l’effet qu’on en attendait, on a retiré de l’avantage des préparations de fer et de cuivre. L’oxyde de zinc , à la dose de deux grains trois fois par jour, a eu le meme succès dans des circonstances analogues. Il en est de même du sulfate de zinc et de celui de cuivre, ce dernier administré à la dose d’un quart de grain ou d’un demi-grain, toutes les quatre ou six heures. Comme tonique, le cuivre ammoniacal a été prescrit aussi avec efficacité (i). Au reste, tous ces niédicamens peuvent être employés en même temps qu’on donne de la décoction de quinquina, ou quelque autre des toniques amers dont nous avons parlé.

* Fourth Dissertation on Fever.

(i) ^ Gupr. ammoniac . 9 j.

Micæ P an is . 5 ij.

Syrup. Corlic. /Viirant . q. s.

M. Fiant Filai, xxiv. Capiat] vel ij — iij. {^sensim ait’f;endo dosem ) ho râ decubitus cjuotidiè^

ou MALADIES FEBRILES. 3t

Cest dans le même but que, dans ces derniers temps on a recommande T arsenic ; et c’est à n’en point douter un très -puissant remède. Le docteur Fowler, d’York, paraît être le premier qui "en ait conseillé l’usage dans les fièvres intermittentes; et, d’après sa méthode, plusieurs praticiens s’en sont servi avec les succès les plus prononcés , ce qui nous engage à indiquer ici le mode de préparation qu’il emploie.

Onmetsoîxahte-qüatre grains d’oxyde blanc d’arsenic, réduit en pdudre très-fine, et mêlé avec une 'égale quantitéde potasse , dans un matras qui contient une demi-livre d’eau distillée; on laisse bouillir à la chaleur du bain de sable jusqu’à parfaite dissolution; on y ajoute alors une demi-livre d’esprit de lavande composé, et autant d’eau distillée qu’il en faut pour que tout le mélange pèse üne livre. La dose de cette solution est de deux à douze gouttes (i), une fois, deux fois ou plus souvenfdans la journée vsuivantl’âge Jaforce, etc. , du malade. Huit jours de ce traitement suffisent

(i) ^ Solutionis Arsenic . ? • . gutt. iij — xij-

Decoc. Cincîio . Sx.

Tinct. Cortic. Aurant . S ij.

- - Opii . gutt. xiij.

M. F. Haustus ter in die sumendus.

VEL

:2f Inf. Radie. Columb . . » . • S xij.

Solutionis Arsenic, . . . gutt. v.

Tinct. Opii . gutt. viij,

— - Cardamo. comp. 5 j.

M.. F. Haustus quartâ vel sextâ quâque horâ sumendus.

32 PYREXIES,

généralement, dit-on, pour la cure radicale d’une

fièvre intermittente. ^

Le docteur Darwin pense qu’une solution saturée d’arsenic dans l’eau est préférable à la préparation, plus difficile, de Fowler. Il conseille donc de mettre, dans une quantité donnée d’eau distillée, plus d’oxyde d’arsenic blanc pulvérisé que celle-ci n’en peut dissoudre , de laisser bouillir pendant une demi-heure dans un matras, e,t de filtrer à travers le papier, après avoir laissé reposer. On en donne dix gouttes trois fois par jour aux adultes , mais il vaudrait mieux n’en donner d’abord que cinq

De temps en temps l’administration de la solution arsenicale produit des accidens , comme le vomissement, des douleurs de colique, la perte de l’appétit, etc.; mais ils cessent généralement si l’on suspend le remède, ou si on fait prendre quelque doux opiacé ou un purgatif un peu aromatique, comme la teinture de rhubarbe.

D’après les observations que l’on a faites sur l’emploi de l’arsenic dans les fièvres intermittentes , il paraît que c’est le plus puissant remède qu’on ait encore employé contre elles. Dans le Lincolnshire, pays marécageux où ces affections sont très-multipliées , on en fait généralement usage avec le succès le plus constant. Lorsque les chirurgiens des armées de terre et de mer n’auront à leur disposition qu’une petite quantité de quinquina , ou qu’ils en auront épuisé leur

provision, ils trouveront dans la' solution arseni-

^ Zoonomïa , yol. 1 1 , pag. 499*

ou MALADIES FEBRILES/ 33

cale un précieux succédané. En Angleterre , pendant long-temps les empyriques s’en sont utilement servi sous le nom de ague-drop ( gouttes fébrifuges ).

Je pense qu’on obtiendrait de bons effets dans les fièvres intermittentes rebelles d’une combinaison de la solution arsenicale avec le quinquina en substance, en décoction ou en infusion, et que ce moyen pourrait réussir dans des cas où l’un et l’autre de ces médicamens , donnés isolément, auraient échoué. Dernièrement je m’en suis servi fort avantageusement chez un ou deux malades.

Pendant la durée des accès on doit soutenir les forces avec des alimens peu nourrissans , comme les préparations d’orge, de sagou, les panades, etc. ; mais dans les intervalles on peut permettre l’usage modéré de la viande et du vin.^ Un changement d’air et d’habitation produit quelquefois la guérison ; et enfin , s’il n’y a aucune affection des viscères, on pourra tirer un bon parti des bains froids.

Les malades ne devront pas oublier que la fièvre intermittente est très-sujette à des récidives, et éviteront avec soin toutes les circonstances qui pourraient amener une rechute. S’ils éprouvaient des vertiges, ce qui arrive souvent à la suite de cette maladie, même quand elle a été peu intense, on y remédierait par les excitans diffusibles (i), et par le vin de quinquina.

(i) ^ Aquæ Menth. sativ . § iij 15.

Spirit. Ammoni. comp . . , gutt. xxx-— L.

Syrup. Cortic. Aurant . 5 j

M. Capiat CQclil. larg. j. ter cjualerve in die.

34 PYREXiES,

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