DES FIÈVRES CONTINUES
De la Fleure continue simple ^ ou Sjnoohus *
La fièvre synoque et le typhus xéiinis , mais portés seulement à un léger degré , paraissent constituer, comme nous l’avons déjà dit, l’espèce de maladie qui va nous occuper; dans cette complication la première affection domine dans le principe, et la dernière vers la fin. Elle a un caractère contagieux;
* ÉTXMOLOGiE, coJiütiuare,
ou MALADIES FÉBRILES. 4^^
et elle est plus fréquente en Angleterre que toute autre espèce de fièvre.
Tout ce qui peut énerver le corps, peut aussi devenir une cause éloignée de la fièvre continue simple ; ainsi les fatigues excessives , l’abus des plaisirs, les exercices trop violens, l’ivrognerie, l’intempérance; en sont des causes fort communes,* elle naît aussi parfois après la suppression d’une évacuation babituelfe et ancienne. Certaines passions, le chagrin , la crainte l’inquiétude, la joie même , sont encore rangées dans la même catérgorie , et paraissent avoir le même effet dans quelques circonstances ; mais il semble que l’action simultanée de quelque autre principe délétère soit ici nécessaire encore. Sa cause la plus ordinaire et la plus générale en effeb, est l’application du froid à la surfaoedu corps, ce qui empêche la transpiration cutanée ; et les symptômes semblent dépendre en partie du froid lui-même, en partie des circonstances qui fiemient à la personne sur laquelle il a agi.. . » ^
Les circonstances qui favorisent Faction dufroid sont, son intensité; la durée d.e son application, soit générale, soit par l’effet d’un courant d’air; l’humidité qui peut lui être combinée, et la rapidité avec laquelle il succède à une température chaude.
Les circonstances qui tiennent aux individus , et qui doivent les disposer à recevoir l’impression morbifique du froid , sont la débilité , suite de fatigues ou d’exercices violens ; les jeûnes prolongés ; les veilles non itaturelles ; les grandes évacuations ; une maladie antérieure ; des écarts
7^6 PYREXIES,
de régime ; l’abus des liqueurs fermentées ; une forte application à l’étude ; le chagrin , la peur et les tourmens d’esprit; l’ablation d’une partie des vêtemens ordinaires ; l’exposition au froid d’une région du corps , tandis que le reste est maintenu à sa température, ou bien l’imprudence que commettent quelques personnes en se soumettant subitement à son action , lorsqu’elles sont fortement échauffées.
Cette fièvre paraît aussi fréquemment produite par l’inspiration des miasmes qui émanent du corps d’une personne qui en est atteinte. Il en est de même des effluves provenant de l’homme en santé ; s’ils ne se dissipent point dans l’atmosphère, et restent long-temps renfermés dans un même lieu , ils acquièrent des propriétés singulièrement délétères : ce fait est bien connu. Alors en se trouvant en contact avec eux s, on peut très-bien contracter la fièvre.
Les émanations, qui s’échappent des matières animales et végétales en putréfaction sont encore une cause générale de la fièvre continue simple : les terrains marécageux la produisent constamment par les gaz qu’ils répandent dans l’atmosphère , lorsque la chaleur a agi sur eux pendant quelque temps. Mais ces miasmes générateurs de la fièvre ne s’élèvent point seulement du sein des marais ; ils proviennent également des amas de vase ou de boue , des terres humides, peu importe dans quelle situation et sous quel climat , et dans toutes les parties du monde , soit qiie le pays se trouve habité , ou
ou MALADIES FEBRILES. 4?
qu’il soit désert et inculte. Mais plus le pays est chaud , plus la saison ramène une haute température , et plus ils sont actifs et délétères. Il paraît aussi que le type de la fièvre qu’ils causent est entièrement déterminé par leur concentration ; elle se rapproche d’autant plus de la fièvre continue, et s’éloigne d’autant plus de l’intermittente , ou de la rémittente , que leur activité est plus prononcée.
Le nombre des auteurs qui se sont exercés à vouloir faire connaître la cause prochaine et la nature intime de la fièvre est infini. Quelques- . uns supposent qu’elle consiste en un principe nuisible , introduit ou engendré dans le corps , et que la nature cherche à expulser par l’augmentation d’action qu’elle imprime au cœur et aux artères *, d’autres l’attribuent à la sécrétion de la bile devenue trop abondante; et plusieurs encore à une constriction spasmodique des dernières ramifications vasculaires de la surface du corps : cette doctrine était celle qu’enseignait Cullen. Un auteur moderne, H. Clutterbuck, * prétend que le siège primitif et local de la fièvre idiopathique est dans le cerveau , et que cette affection n’êst tout simplement qu’une sorte de frénésie ou inflammation particulière de l’encéphale. Le docteur Currie pense que , dans la formation de la fièvre , il y a d’abord une faiblesse d’une nature spéciale , dont la suite nécessaire ou l’effet concomitant est un spasme des artères, et plus particulièrement encore des vaisseaux
Enquiry into the Seat and Nature of Fever,
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capillaires les plus voisins de la surface du corps; il résulte de ce phénomène une accumulation du sang dans le cœur et dans les poumons, une vive réaction de la part de ces organes, la production d’une chaleur morbide , et l’association (^s principes de la maladie. Le fond de cette théorie est à peu près le même que pour celle de Cullen.
Si nous voulions examiner toutes ces hypothèses diverses, nous nous perdrions dans une suite de raisonnemens vagues , et absolument étrangers au plan de cet ouvrage : contentonsnous donc de faire connaître la manière dont arrivent les fièvres , en avouant que la cause prochaine de cette maladie est loin d’être convenablement indiquée.
Au moment de l’invasion d’une fièvre continue simple , le malade éprouve un sentiment de faiblesse et d’abattement, de la pesanteur dans les muscles , des bâillemens répétés , des pandiculations ; en même temps la face et les membres deviennent pâles , et toute la peau paraît être dans ufi violent état de constriction. Alors aussi une sensation de froid se développe dans le dos, passe de là dans le reste du corps, augmente -d’intensité , et finit par produire des tremblemens dans les membres et des frissons généraux. Ces symptômes sont accompagnés de la perte de l’appétit et du goûL d’une légère céphalalgie, de quelques douleurs dans le dos et les lombes , d’une fréquence marquée dans les mouvemens de la respiration, qui d’ailleurs est petite.
Au bout de quelque temps la sensation de froid
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et les symptômes qu’elle produit, deviennent moins intenses; en même temps une teinte rouge se manifeste par intervalles ; à la fm tout disparaît et se trouve remplace par une chaleur forte et generale ; la face est vultueuse ; la peau et la langue sont desséchées ; il y a agitation universelle, violente céphalalgie, oppression, douleur à l’estomac , tendance au vomissement , soif vive et constipation ; le pouls plein et fréquent donne 90 à 120 battemens par minute. Quand les symptômes sont très-intenses et qu’il y a afflux du sang vers la tête , le délire se déclare. Dans cette fièvre, au reste, comme dans plusieurs autres, on remarque généralement une exacerbation dans la soirée.
Si la maladie doit avoir une issue funeste , ou en raison de sa durée, ou à cause de la gravité de ses symptômes, on observe des soubresauts dans les tendons, la carphologie , l’émission involontaire de l’urine et des matières fécales , le froid des extrémités et le hoquet. Quand ces signes ne se montrent point, on peut espérer qu’elle parcourra régulièrement ses périodes , et se terminera heureusement.
Nous ne pouvons jamais prédire d’une manière certaine la durée de la fièvre , parce qu’une fois produite , elle marche malgré la disparition de sa cause , et parce que cette cause peut continuer d’agir, ou même être remplacée par une autre , sans que pour cela on voie augmenter l’intensité de la fièvre qui existe déjà, ou une nouvelle attaque sur ; Aenir : tellç çst au moins l’idée ayancée par G eorge
So PYREXIES,
Fordyce C’est seulement d’après certams phé-^ iiomènes, qui paraissent habituellement aux approches d’une crise , que nous devons nous permettre d’établir notre jugement.
Or, les signes qui annoncent une crise prochaine sont une dimiinution dans le nombre et dans la force des battemens du pouls , qui se rapproche de son état ordinaire ; la disparition de l’enduit qui couvre la langue ; moins d’intensité dans la soif; la moiteur de la peau qui devient douce au toucher; le libre exercice des sécrétions ; le trouble de l’urine, si on l’abandonne à elle-même , et la nature du sédiment qu’elle dépose , formé par des paillettes en flocons et d’un rouge sale.
Plusieurs médecins pensent que, dans toutes les maladies aigues , excepté dans celles qui ont le P 9J9|DejeDe la putridité , la durée est ordinairement déterminée d’une manière fixe et positive par leur nature même; et que, par conséquent, les crises, quand elles doivent êtres salutaires, arrivent précisément à telle période plutôt qu’à telle autre , à moins que la marche naturelle ne soit troublée par un traitement mal entendu , ou par quelque circonstance accidentelle.
C’est là ce qu’on appelle les jours critiques,' dont l’existence a été généralement admise depuis Hippocrate jusqu’à nous. On peut difficilement les contester, je pense, quoique différentes causes puissent en intervertir l’ordre. Un grand nombre de phénomènes nous démontrent d’ailleurs que ,
Treatise on simple Fever.
ou MALADIES FEBRILES? 5 1
dansi'etat de santé, comme dansles maladies, la nature tend à observer une marche périodique : tels sont, par exemple, la succession si régulière du sommeil et de la veille chez chaque individu ; les retours exacts et mesurés de l’écoulemeiife menstruel chez les femmes , ou de la chaleur chez les femelles de tous les animaux vivipares, et beaucoup d’autres faits non moins remarquables.
Quant aux maladies , nous citerons les intermittènces régulières , qui arrivent dans plusieurs affections générales ou locales; la marche de l’iiv flammation vraie, qui doit se résoudre vers le quatrième, ou, tout au plus, vers le septième jour, et qui , après cette époque , se termine par suppuration, par gangrène ou par induration ; celle des érup tions exanthématiques , qui , si elle est heureuse et régulière, a des périodes marquées : c’est ainsi , par exemple , que les boutons de la variole paraissent le quatrième jour. Nous pouvons donc conclure que , dans l’économie vivante , .la plupart des phénomènes , qui se développent en santé comme en maladie , sont régis par cette loi immuable de la périodicité.
Les Jours qu’on regarde comme généralement critiques dans les fièvres continues sont le troisième, le cinquième, le septième, le neuvième, le onzième, le quartozième, le dix-septième et le vingtième.
Une fièvre simple continue se termine toujours par une crise régulière , comme celle dont nous avons exposé les caractères ci-dessus, ou par le transport du principe fébrile sur quelque organe
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qui devient le siege d’une inflammation, d’une
eruption ou d’un abcès, ou enfin parla mort.
Une grande anxiété, la prostration absolue des forces, une chaleur ardente , la stupeur , le délire , l’irrégularité dirpoiils , la carphologie , les soubresauts des tendons , le hoquet , l’excrétion involontaire des urines et des matières stercorales, etc. sont autant de signes qui annoncent une mort prochaine; mais si, au contraire, les sensations sont nettes et distinctes, si la chaleur fébrile s’éteint, si la peau devient douce et moite, le pouls plus tranquille et régulier, et si l’urine dépose un sédiment floconeux, on a droit d’espérer la convalescence.
Il arrive parfois que la fièvre n’affecte pas également toute l’économie, ses symptômes se développant avec plus d’intensité dans un point que dans un autre. Les Jeunes praticiens, encore sans expérience, et les médecins spéculatifs, sont portés à regarder cette circonstance comme avantageuse , mais il en est tout autrement, ainsique l’a fort judicieusement observé Fordyce rien n’est en effet plus elangereux. >
A l’ouverture des cadavres on trouve ordinairement un épanchement dans le crâne, et, parfois, une altération organique dans quelques-uns des viscères.
Dans cette maladie il faut éviter tout mouvement du corps, tout effort delà part des muscles ; le malade gardera donc le lit. Comme aussi l’exercice des facultés morales devient un véritable
^ Fifth Dissertation on F eaoK
ou MALACIES UÉBRÏLES,
Stimulant ]30ur le physique, il ne se livrêra à aucun travail de tête , à aucune émotion , à aucun sentiment passionné surtout^ On le maintiendra , autant que faire se pourra , dans un calme et dans une tranquillité parfaite : il ne faut pourtant pas , ainsi que cela arrive trop souvent , que la chambre soit close hermétiquement ou trop échauffée; on doit au contraire y faire circuler librement un air frais, en évitant pourtant que le courant tombe directement sur le lit , dont les couvertures doivent être aussi fort légères.
Dans cette fièvre, comme dans la plupart de celles dont le type est continu, il est nécessaire d’insister rigoureusement sur le régime antiphlogistique. Les alimens les plus convenables sont ceux qui ne présentent aucun principe stimulant, qui sontlégers, nourrissans, et de facile digestion , comme le gruau d’orge ou d’avoine, le vermicelle, le sagou, la fécule de V Arrow-root des Indes (JatropJia manihotjlÀnn^y et de temps en temps des pommes cuites, de la panade, etc. Les substances animales procurent une augmentation de chaleur, et ;5ontpar conséquent très-nuisibles, à moins que le malade ne soit en pleine convalescence. Les boissons doivent consister en décoctions d’orge ou de graines de lin, en eau panée, en gruau clair, en limonade et en petit-lait, qu’on changera de temps en temps contre une infusion légère de menthe ou d’une plante analogue ; mais on rejetera bien loin l’usage de toute liqueur spiritueuse ou fermentée.
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Il n’est point étrange de voir survenir dans îe cours de la maladie des désirs pour telle ou telle substance en particulier; il ne faut jamais les satisfaire qu’avec modération, quand bien même on ne croirait point la chose absolument contraire.
Bans quelques circonstances, l’estomac et les intestins paraissent spécialement affectés , et, par suite , les vomitifs et les purgatifs sont des moyens qui se présentent d’abord et comme d’eux-» mêmes aux praticiens. Il faut donc, dans les fièvres dont nous parlons, avoir égard de bonne heure à l’état de l’estomac; et, si l’on aperçoit des nausées, des vomissemens, ou d’autres signes d’embarras gastrique , il faut chercher à les corriger au moyen d’un émétique doux (i), dont on facilitera l’effet en administrant de l’eau tiède ou une infusion de fleurs de camomille en abondance.
Un minoratif (2) servira ensuite à évacuer les intestins : on pourra également s’en servir pendant le reste de lamaladie pourtenir le ventre libre, s’il est nécessaire, à moins qu’on ne pré- ^
(i) ^ Pulv. Ipecac. . . gr. xv.
Antim. lartarisat . . gr. j
Aq. Menthæ saliv. . . . 5 j 15.
M . Maustus.
(2) Kaü tartarisat. . . 5 15.
Maiinæ optim. 5 j.
Aquæ fervent. . . 5 iij.
- CiunamoDi . 3 15
Y . Solutio cujus siimat diniidiuin ^ et repelatur dos. pôsî horas duas , nisi alvus prias respondeat.
ou MALADIES FEBRILES; 55
fère les lavemens composés (i). Quand la fièvre paraît produite ou entretenue par une sécrétion de bile surabondante , il convient d’employer les purgatifs légers , comme le mercure doux, uni à quelques grains de poudre de Jalap ou d’extrait cathartique. Enfin on peut aussi combiner les purgatifs et les antimoniaux (2).
Il est rarement nécessaire de recourir à la saignée, principalement dans les pays chauds: néanmoins on pourrait faire tirer huit ou dix onces de sang, si le malade était jeune, pléthorique ; si la fièvre avait débuté avec une grande force ; s’il y avait rougeur de la face et des yeux , avec délire ; si le pouls était plein, dur et comme étouffé. Il faut tirer cette dose de sang en une fois seulement, et en ouvrant largement la veine ; on n’obtiendrait pas \e même effet de plusieurs saignées successives. En se conduisant comme nous le conseillons, la faiblesse qui suit l’évacuation du sang est, à la vérité, plus grande dans le moment, mais elle dure beaucoup moins. Dans tous les autres cas il faut repousser ce moyen, parce qu’il cause une débilité qui retarde beaucoup le retour à la santé.
En saignant sans nécessité au commencement
(1) ^ Nitri vitriolât . § iS.
Decoc. pro Eneraate . . § vii.
Olei. OiiYse . § 6.
M. Y .Enema.
(2) "if Calomelanos . gi"*
Pulv. antimooial. ^ gr* j — ij»
M. Y .Puîvis,
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de îa maladie , on ajoute une faiblesse asse^î grande à la depression des forces qui se manifeste naturellement plus tard, pour que , dans le courant du second ou du troisième septénaire, il suryienne des symptômes de putridité, dont l’effet peut être funeste. D’un autre côté, en ne saignant point lorsque le pouls est plein , dur et vif, lorsque la respiration est précipitée , l’haleine chaude , la peau sèche , et la tête très-douloureuse , on commet une faute grave, et on met la vie du malade en danger.
Tôut récemment le docteur Jackson * s’est donné pour l’apologiste des saignées dans les fièvres, et paraît leur accorder beaucoup plus d’importance qu’aucun de nos contemporains. On regarde généralement ce moyen comme pernicieux dans les fièvres malignes,; mais il assure que pour elles, commepourlesfièvres despays chauds, il devient souventpartie essentielle du traitement préparateur : au reste il ne croit point que la saignée soit débilitante. Elle a , dit-il , un effet stimulant général , qui se fait sentir dans tout le système de la circulation, et, par suite, dans l’économie entière. Suivant lui aussi, la saigciée, par son effet immédiat, la sortie d’une portion du sang, diminue la quantité du corps à mouvoir, et par conséquent augmente la puissance du moteur; elle facilite donc la circulation : mais ce n’est pas tout; la diminution de la quantité du sang et son mouvement plus libre , qui en est la suite ,
^ Appendix to Remarks on the Constitution o/' thx Medical de^ ptu'tment ofilie^ Driiish Jvrny.
ou MALADIES FÉBRILES: . 57
amènent un changement d’ëtat dans les organes où sont placées les sources de la vie ; la fermentation morbide est arrêtée , etc.
Peu de médecins, je crois, seront disposés à adopter la pratique du docteur Jakson, malgré ses raisonnemens , surtout s’il s’agit de malades déjà âgés , et dont le corps affaibli ne saurait supporter une évacuation de cette nature. Le soldat anglais , fort et robuste , peut soutenir sans risque un pareil traitement, surtout si l’attaque de la fièvre se manifeste avec violence ; mais qu’il y a loin de là à l’utilité générale que suppose M. Jakson! 11 prétend aussi ^ que , pour assurer l’effet des moyens employés contre la fièvre, quels qu’ils soient , il faut qu’il y ait un certain degré d’irritabilité, qu’on devra déterminer artificiellement, s’il n’existe point naturellement. Pour cela , il conseille les fomentations des jambes et des pieds, les pédiluves ou les bains généraux chauds, et surtout l’émission du sang, dont la quantité doit être proportionnée aux circonstances présentes , et aux effets qui se développent pendant la saignée même , et non point déterminée d’avance sur le cahier de visite ou autrement. Lesphénollîènes quinous donnent, selon lui, la mesure de l’évacuation, sont la cessation de toute douleur et de la constriction de la peau, la liberté des sécrétions, et le changement du pouls, qui devient souple, facile et régulier, de dur, tendu et tumultueux qu’il était auparavant. Dans quelques cas pourtant, le D’^. Jakson est dis-
Exposition on the. Practice of appl ring Cold in Fer ers.
58 pyrexies;
pose à penser que l’action de la fièvre ne se manifeste point dans l’appareil de la circulation, en sorte que la marche du sang n’est ni plus rapide , ni plus lente ; alors seulement il consent à accorder beaucoup moins d’importance à la saignée.
S’il existe une grande soif avec chaleur brûlante , on administre , avec avantage , les médicamens ' appelés rafraîchissans , parmi lesquels le nitre doit être placé au premier rang , soit qu’on le donne uni aux autres (i) , soit qu’on l’ajoute à la boisson dont le malade fait habituellement usage (2) , quelle qu’elle soit. Les acides de toute espèce , suffisamment étendus d’eau , sont encore des remèdes analogues et fort utiles. Ceux dont on se sert le plus communément sont le sulfurique , le muriatique et l’acétique ; c’est ce dernier que contiennent les tamarins , les oranges , les limons , les mûres , les groseilles , etc. ; enfin , on peut également faire usage, dans le même but, d’une eau fraîche et pure.
Depuis quelques années on a fait un fréquent emploi du bain froid , pour arrêter la marche
(i) Rali præpar . . . ,
9 vel q. s.
Succi Limon. . .
5 iL
Ritri puriss. . . . . .
gr. X.
Aquæ font .
Synip. Viol .
M. F. IlausUis tertiâ quâque horâ surnendus.
(ji) ‘if Decoct. lïordei .
Ibij.
]Sit, puriss. .