‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 12 sur 33 · CLASSE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE TROISIÈME

CACHEXIES. ( CACBEXIÆ. ) ^

Caractères, DÉPRAVATION de l’habitude naturelle de tout le corps , ou de la plus grande partie de r économie , sans aucune affection fébrile primitive et sans névrose.

ORDRE PREMIER

ÉMACIATIONS ( M^RCORES ),

Caractère. Emaciation de tout le corps.

De l’ Atrophie, ( Atrophia ) ^

Cette maladie se reconnaît à un amaigrissement graduel du corps, sans dyspnée, sans toux, sans aucune fièvre sensible d’abord , mais accompagné d’anorexie, de dyspepsie, d’un abattement marqué et d’une langueur générale.

Les causes les plus ordinaires de l’atrophie sont une mauvaise nourriture , un air corrompu , des excès dans les plaisirs de Vénus, une constitution scrophuleuse , la leucorrhée , les évacuations trop abondantes , l’allaitement prolongé , l’aBus des liqueurs spiritueuses , le chagrin , les vers, etc, ;

* Etymologie. Kcikoç ^ malus, E|<5-, habitus.

Etïmowgie. a, privât., et nutritio.

192 cachexies;

mais souvent aussi on la voit se manifester sans

cause connue.

Les Jeunes personnes des deux sexes, d’une constitution delicate , et dont l’accroissement est rapide , sont sujettes à cette affection avant l’âge de puberté. Elle se développe surtout dans les villes grandes et fort peuplées , où les enfans ne peuvent point prendre leurs ébats dans un air pur, ou au sein de ces écoles où ils sont renfermés en grand nombre, et, pour ainsi dire, accumulés les uns sur les autres. Elle attaque encore très-fréquemment les enfans qui travaillent dans des manufactures où le défaut d’air et d’exercice les énerve et les affaiblit.

La nonchalance , un sentiment de fatigue après le moindre exercice , la dépravation et la perte de l’appétit , la diminution de volume des muscles , la pâleur de la face, le gonflement et la tuméfaction de l’abdomen , l’infdtration des membres inférieurs , la constipation assez généralement , ou une grande irrégularité dans les fonctions des intestins , une altération dans la couleur et dans l’odeur des excrémens , et la fétidité de l’haleine , tels sont les symptômes qui se manifestent pendant la première période de l’atrophie. Au bout de quelque temps , la face se colore en rouge par intervalles, la peau devient chaude et ^èche , le pouls faible et accéléré , la soif intense , l’esprit inquiet et chagrin, la faiblesse plus grande et le sommeil troublé.

Au reste , quelle que soit la cause de cette maladie , elle est communément très-difficile à gué-

CACHEXIES. 1^3

rîr , et se termine fréquemment par Fhydropisie.

Cependant , lorsqu’il s’agit de la traiter , nous devons nous efforcer d’en deviner la cause pour la combattre et la détruire s’il est possible. Si la présence des vers paraît avoir déterminé la naissance de l’atrophie , on emploiera les anthelmintiques ; si elle vient d’épuisement par suite d’excès dans les plaisirs , ou parce que l’ailaitement a été prolongé trop long-temps, il faut s’abstenir des premiers et cesser le second sur-le-champ : par la meme raison , et dans la même intention , on arrêtera les évacuations excessives qui paraîtront en être la source, on changera la nourriture et l’air si leur nature était propre à avoir ici quelque influence ; on aura recours aux toniques et aux antiscorbutiques, si la constitution du sujet est scrophuleuse , ou aux préparations mercurielles, à la décoction de salsepareille et à la diète lactée , s’il existe un vice vénérien , comme cela arrive quelquefois, etc.

Dans tous les cas d’atrophie , il est nécessaire que les alimens soient nourrissans , de facile digestion , et pris en petite qiiantité à la fois , mais fréquemment. L’air que le malade respire doit être pur et sec; l’exercice du cheval est également très-convenable lorsque les forces le permettent.

Pour réparer les forces digestives, on peut faire usage des amers stomachiques , du quinquina , des ferrugineux. Il faut entretenir la liberté du ventre , à l’aide de doux laxatifs , administrés a des époques plus ou moins rapprochées , suivant 2. i3

î94 cachexies.

les cas : on conservera ainsi le ton des intestins, et on préviendra l’accumulation des matières stercorales. Les vomitifs légers, comme le sulfate de cuivre , dont nous parlerons au sujet de la phthisie pulmonaire , peuvent être aussi d’un grand secours par leur action stimulante : il en est de même de la mixture de myrrhe , dont on trouvera la composition au même endroit.

Les bains froids conviennent également ; mais il faut que d’abord ils soient ^èdes , et qu’on ne les laisse refroidir que par degrés.

Quand les pieds et les jambes sont le siège d’un gonflement œdémateux , on donnera les diurétiques et les toniques combinés , comme dans les cas d’anasarque.

Chez les enfans scrofuleux, l’atrophie est souvent accompagnée de la tuméfaction des ganglions lymphatiques du mésentère : cette variété de la maladie est caractérisée par de mauvaises digestions, la constipation ou la diarrhée, la dépravation de Fappétit , la rougeur des pommettes ou la pâleur générale de la face , l’affaiblissement des facultés physiques et morales , une fièvre lente , la tuméfaction et l’induration du ventre , et l’émaciation des membres. Les indications à suivre dans ce cas , sont de faire disparaître les engorgemens dont le système lymphatique est le siège , de procurer la résolution des ganglions mésentériques malades , et de rétablir les forces du corps et les fonctions digestives dans un état convenable , autant par le régime que par les médi came ns.

CACHEXIES. ïgS

C^est ainsi qu’agiront les préparations de mercure, d’antimoine et de fer, les sels neutres, le savon, la ciguë, les frictions sur l’abdomen, et les bains tièdes d’eau salée. Nous devons préférer à tous les autres mercuriaux le calomel , que l’on peut combiner avec quelque purgatif végétal , comme la racine de rhubarbe , et dont on donnera de petites doses tous les jours ou tous les deux jours , jusqu’à ce que l’on aperçoive quelque amélioration dans la tension et dans la sensibilité du ventre. Alors il faut abandonner le mercure , et se borner à la rhubarbe unie au tartrate de potasse , et à l’administration de doux vomilifs, si le cas l’exige.

Si l’on est assez heureux pour combattre avec succès l’engorgement des ganglions du mésentère,

on tâchera dans la suite de remédier à l’émacia-

tion générale avec les toniques : c’est le moyen de donner des forces à Festomac , de produire une bonne digestion , et par suite de fournir au chyle les qualités qu’il doit posséder pour maintenir le corps en santé. En conséquence, on emploiera les infusions amères et aromatiques (i)

(i) Infus. Gentian, comp . . . ^ iij 13.

Tinct. Cardam . • § 13.

Kali præparat . . . 5 15.

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