‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 18 sur 33 · C/VCHEXIES · texte numérisé non relu

C/VCHEXIES

qu’aurait exigée la méthode de tralitement par incision. On ne peut pas d’ailleurs examiner le testicule avec soin, et les qualités stimulantes de l’injection , nécessaires pour produire l’inflammation de la tunique vaginale, peuvent être trop fortes pour ce dernier organe.

Au milieu d’une telle diversité d’opinions ^ l’expérience seule peut déterminer notre choix en faveur de l’une ou de l’autre des méthodes proposées. La simple incision est au reste celle que préfère M. Bell.

De VHydropisie du cen^eau. (Hydrocephalus. ) *

De la fièvre , de la douleur à la tête , et particulièrement en travers du front, de la stupeur, une dilatation des pupilles, des nausées, des vomissemens , une lenteur extraordinaire dans le pouls , et des convulsions , tels sont en général les signes pathognomoniques de cette maladie. Un de ses premiers symptômes est la difficulté qu’éprouve le malade à soulever sa tête de dessus l’oreiller , et le désir qu’il témoigne de se recoucher sur-le-champ.

L’hydrocéphale est presque particulière aux enfans, et n’attaque que très-rarement les individus au-dessus de l’âge de douze ou quatorze ans : elle arrive plus fréquemment chez les scrophuleux et les rachitiques que chez les autres. On a , observé que c’était aussi une affection plus spécialement attachée â certaines familles, où elle affecte la totalité ou la plus grande partie des enfans;

* Etymologie. , aqua, Kî(p<4Xy)^ caput.

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ce 9ui semble montrer que, dans plusieurs cas , rhydrocephale depend plutôt de la conslitiidon generale que de quelque affection locale ou cause accidentelle.

On la distinguera de l’apoplexie , en ce qu’elle est accompagnée d’une fièvre dont les paroxysmes, très-irréguliers , avec des intermissions parfaites, reviennent plusieurs fois dans un jour. Quelque difficulté qu’il puisse y avoir pourtant à la reconnaître dans la première période , particulièrement chez les enfans , il n’y a point de maladie plus facile à désigner dans les périodes avancées. Comment en effet se tromper, quand on voit un enfant rouler sa tête sur l’oreiller ou fendre l’air d’une main , tandis que le côté opposé est paralysé ; avoir les joues rouges , les paupières abaissées à moitié sur les pupilles dilatées , et l’œil privé de sa vivacité ; surtout quand il pousse de longs soupirs , grinçant fréquemment des dents , et paraissant dans un état d’idiotisme et d’imbécillité complète ; quand une chaleur brûlante occupe la peau , ou qu’une sueur générale la recouvre ? Tous ces symptômes se remplacent les uns les autres , à la fin la respiration devient palpitante , et de violentes convulsions se déclarent (i).

On a généralement supposé que la maladie survenait à la suite d’une affection immédiate du sensorium ^ de quelque maladie générale , comme la fia vre , ou des coups , des chutes sur la tête , du d ^^eloppement de tumeurs ou excroissances

* Essay on Hydrocephalus Jeutus , by J. Cheyne , M. D.

2^G ' CACHEXIES,

squirrheuses dans Fintërieur du crâne ; d’une laxitë ou d’une faiblesse originelle de l’encër: phale , ou de la sympathie morbide du cerveau avec une partie ëloignëe. Il y a cependant lieu de croire .que , dans le plus grand nombre des cas , elle doit son origine à une inflammation qui a détermine un afflux de sang , un épanchement de fluide aqueux dans le cerveau avant la mort.

Quant à sa cause prochaine , des opinions trés-opposées sont soutenues par les auteurs , ce qui , joint à la nature équivoque des symptômes , devient une source d’embarras pour le jeune praticien. Le docteur Beddoes dit qu’elle appartient aux inflammations , et qu’à une période peu avancée , il serait porté à saigner aussi largement que dans la pneumonie. Le docteur ^Yithering observe que , dans le plus grand nombre de cas , si ce n’est dans tous , une congestion ou une légère inflammation sont les signes précurseurs de l’épanchemeni. Le docteur Pinsh pense que , loin d’être une hydropisie idiopathique, l’hydrocéphale est l’effet d’une inflammation antérieure ou d’une congestion de sang dans le cerveau. Il parait, dit-il, que la maladie, dans sa première période , e§t l’effet de causes qui produisent cette inflammation à un degré moins fort que celui qui constitue la phrénésie, et que, dans la .seconde , elle est caractérisée par un moindre épanchement que celui qui détermine l’apoplexie séreuse dans les adultes. Dans la première, elle participe de la nature de l’inflammation chro-

CACHEXIES.

nique de Cullen , et de riiiflammation asthénique de Brown.

D’autres encore voient le sujet d’une manière très-différente : le docteur Darwin suppose que l’inactivité et la torpeur des vaisseaux absorbans du cerveau , sont la cause prochaine de l’hydrocéphale ; mais il avoue , dans un autre endrqit , que cette torpeur des vaisseaux absorbans peut souvent exister comme effet secondaire.

Le docteur "Why tt, qui a publié un Traité intéressant sur cette maladie , observe que la cause immédiate de toute espèce d’hydropisie est la même : savoir, que les vaisseaux cxhalans fournissent une plus grande quantité de fluides que les absorbans ne peuvent en reprendre , ce qui le conduit à considérer cet état comme atonique.

Puisque , dans plusieurs cas , il y a une action augmentée ou une inflammation des vaisseaux du cerveau , et qu’on en observe d’autres compliqués d’une anasarque générale , il semble rationnel d’admettre que l’hydrocéphale est tantôt la suite de la congestion ou de la légère inflammation du cerveau , et tantôt celle d’une faiblesse générale ou d’un relâchement lo.caî. En admettant ces faits comme incontestables , je suis en même temps porté à supposer que fes cas où elle provient purement de faiblesse sont très-rares,

La grande analogie qui existe entre les symptômes caractéristiques de l’inflammation , et ceux de la première période de l’hydrocéphale aiguë ( car la maladie a été divisée en chronique et en aiguë par quelques écrivains ) , les bons effets

298 cachexies;

que produit souvent la saignée , et l’aspect inflammatoire du sang , semblent prouver fortement que la maladie est, dans la plupart des cas, une- inflammation active, et que rarement elle reconnaît la faiblesse comme cause première.

Le cours de la maladie a été divisé par quelques médecins en trois périodes.

Quand il y a exaltation dans les propriétés vitales du cerveau , la première période est signalée par plusieurs symptômes fébriles , tels que la langueur, la nonchalance, la perte d’appétit , des nausées, des vomissemens , la sécheresse de la langue, la chaleur et l’âpreté de la peau , la rougeur de la face , le mal de tête, la pulsation des artères temporales , la vitesse du pouls , l’aversion pour la lumière et le bruit , et Finsomnie : tous ces symptômes éprouvent constamment une exacerbation dans la soirée , et s’amendent vers le malin.

Quand il n’y a pas véritablement inflammation du cerveau, plusieurs de ces symptômes manquent, et alors cette période est caractérisée par l’abattement de la physionomie , Fanorexle , une céphalalgie sus-orbitàire , la sensibilité des tégumens du crâne au toucher, une tendance au sommeil , un goût décidé pour la position horizontale , Faversion pour le mouvement , des nausées et de la const pation. La seconde période arrive brusquement , et alors Fenfant pousse des cris sans aucune cause apparente ; son sommeil est troublé ; ses pupilles sont très-dilatées, et ne se corn

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tractent point lorsqu’on expose les yeux à la lumière ; il survient une torpeur léthargique , et quelquefois de la diplopie ; le pouls est inégal, la constipation opiniâtre.

Dans la troisième période , le pouls redevient fébrile , il est vif et variable , et le coma , avec le strabisme et les convulsions se manifestent. Quand l’accumulation de l’eau est très-grande, et que l’enfant est jeune, les sutures sont écartées les unes des autres , et la tête finit par acquérir un volume considérable.

Cependant ces périodes ne se suivent pas les unes les autres , dans tous les cas , avec la même régularité et la même marche. Tel enfant paraît quelquefois en santé la nuit même où il est saisi de convulsions qui le font périr en quelques jours.

La maladie se termine communément en trois semaines^ à dater des premiers symptômes ; mais, dans quelques cas , elle se prolonge pendant quatre , cinq ou six semaines. Comme dans toutes les maladies du cerveau , sa durée est pourtant incertaine , on l’a vue parcourir ses périodes en quelques jours.

Quand l’hydrocéphale guérit , nous devons en attribuer l’honneur plutôt aux efforts de la nature qu’à la puissance de l’art. Dans tous les cas , cette maladie doit être regardée comme difficile à traiter ; mais la chance du succès est ici en rapport avec la durée des symptômes.

Lorsque le malade ne peut pas demeurer assis sur son lit sans ressentir un grand malaise , c’est

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un mauvais signe. Il en est de même de la surdite ^ qui , bien probablement , est prise assez fréquemment pour de la stupeur. Quand la dilatation de la pupille de l’un ou de l’autre œil , ou le strabisme , sont très-apparens, ou que les pupilles des yeux sont très-ouvertes , le pronostic est des plus fâcheux.

Un épanchement d’eau dans les ventricules du cerveau, est un des phénomènes les plus communs que l’on observe à l’ouverture des cadavres. La quantité du fluide varie beaucoup suivant les cas : tantôt elle n’est que de quelques onces , et tantôt elle monte à plusieurs pintes. Quand il y en a beaucoup , le cerveau est élevé à sa partie antérieure, et une communication immédiate est par là même établie entre les deux ventricules latéraux. La sérosité est plus limpide que celle que l’on trouve dans l’hydrothorax ou dans l’ascite. Elle paraît cependant à peu près de la même nature que l’eau qui est accumulée dans ces cavités. Dans quelque cas elle contient une très-petite proportion de matière coagulable , et dans d’autres circonstances elle en est entièrement dépourvue.

Quand l’eau est accumulée en grande quantité dans les Ventricules', le cerveau paraît être devenu une espèce de sac pulpeux qui renferme un liquide. Le crâne est très-augmenté de volume et altéré dans sa forme , et paraît surpasser de beaucoup la face en largeur. Les os de cette cavité sont d’une ténuité très-grande , et il y a fréquemment entre eux de larges espaces membra-

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neox. Mais néanmoins cela n’arrive que lorsque la maladie dure plusieurs années.

Dans certains cas où la quantité d’eau amassée n’est pas grande , la substance du cerveau paraît durcie ou ramollie. Quelquefois cet organe est gorgé de sang : on a trouvé aussi des collections d’une matière visqueuse et tenace dans des kystes * a sa surface et des tumeurs développées dans son épaisseur.

Le docteur Rowley pense qu’il existe une espèce d’hydrocéphale où l’eau est accumulée entre l’arachnoïde et la pie-mère , sans aucun épanchement dans les ventricules du cerveau ^ ; mais jamais , je crois , les recherches des anatomistes n’ont démontré la réalité de cette supposition.

Le traitement à suivre dans la première période , doit varier selon les symptômes qui existent. S’il y a des signes d’inflammation cérébrale , nous devons dès le principe recourir à la saignée, et plus particulièrement à celle du voisinage de la partie; car, dès que nos craintes sur la nature de l’affection sont éveillées , il ne faut pas perdre une minute pour prescrire les remèdes dont on peut attendre quelque bon effet. La nécessité de tirer du sang dans ce cas , semble démontrée clairement, et l’émission en doit être portée au point de diminuer la congestion locale et Faction artérielle. L’ouverture de l’artère tempoporale et celle de la veine jugulaire sont à préférer; et, quand elles sont impraticables, il faut

^ Treatise on the membranous Dropsy of the Brain.

3()2 CACHEXIES,

avoir recours à Fapplication de trois ou quatre

sangsues à chaque tempe.

La répétition de la saignée, soit générale soit locale , doit dépendre de la gravité du cas ; et tant qu’il y a des signes d’inflammation du cerveau, ou des symptômes de congestion locale , l’opération est indiquée.

Quand la maladie semble être le résultat d’une faiblesse locale bu d’une débilité générale (ce qui, avons-nous déjà dit, n’arrive pas souvent) , et n’offre aucun symptôme de fièvre , ou quand elle est héréditaire, ou très-avancée dans le cours de sa troisième période, la saignée est contreindiquée.

Les purgatifs, en diminuant l’afflux qui a lieu vers la tête , sont nécessaires quand les symptômes dénotent une sorte d’inflammation cérébrale. Ils conviennent également quand il y a saburre des intestins , indiquée par des selles qui sont fétides et argilleuses, ou foncées et glaireuses. Le jalap combiné avec le calomel , ou la crème de tartre avec la gomme gutte, doivent être donnés à des doses proportionnées à l’âge des enfans, et répétés suivant l’occasion, dans les périodes avancées.

13ans chaque période de la maladie , quelle qu’en soit la cause , les vésicatoires paraissent grandement utiles, en occasionnant la déplétion des vaisseaux de la tête ; c’est dans cette vue qu’on doit en appliquer de larges au front, à l’occiput, et sur les côtés de la tête successivement. Depuis long-temps on a rçcommandé de les poser sur le

CACHEXIES. 3o3

trajet des sutures, et d’entretenir une évacuation au moyen d’un cautère, mais comme la pommade épispastique suffit pour produire un écoulement convenable , il est préférable de s’en servir plutôt que d’appliquer un cautère , qui est bien plus douloureux.

L’onguent de Sabine est quelquefois employé dans la meme vue. Enfin il est des praticiens qui recommandent de panser les vésicatoires avec l’onguent mercuriel.

Quand la soif est vive , et la chaleur universelle, on peut donner les antimoniaux à petites doses, combinés avec les rafraîchissans et le citrate de potasse , comme dans la fièvre continue simple.

Les applications froides sur la tête , telles que celle de compresses trempées dans du vinaigre et de l’eau, et renouvellées autant de fois qu’elles deviennent chaudes et sèches, ont été recommandées pareillement encore. Pour ne point s’^ppposer à l’application des vésicatoires, nous devons, en employant ce moyen , les appliquer toujours aux tempes.

Pour occasionner la résorption du fluide épanché , plusieurs praticiens ont eu pendant longtemps l’habitude d’employer le calomel , à petites doses, ou les frictions mercurielles, faites aussi près que possible du siège de la maladie. A une certaine époque, le mercure était regardé comme un spécifique dans l’hydrocéphale ; et on dit que quelquefois les docteurs Percival et Dobson ont opéré des guérisons par ce métal ; des expé-

3o4 CACHEXIES,

rieiices plus recentes cependant ont démontre qu’il échouait plus souvent qu’il ne réussissait. D’après mes observations particulières, je suis porté à croire que, quand il est employé sans le secours d’autres remèdes , il produit très-rarement un bon effet.

Les drastiques, tels qu’une combinaison de calomel et de jalap , à doses proportionnées à l’âge de l’enfant, et répétées tous les deux ou trois jours, semblent promettre une chance beaucoup plus favorable que le mercure.

Le calomel, combiné avec la poudre antimoniale, constitue un médicament * qui , dit-on, a été employé avec beaucoup d’avantage dans plusieurs cas désespérés de cette maladie.

, La digitale a été proposée également , mais elle n’a pas encore reçu l’approbation de l’expérience. On ne saurait dire à quelle période de la maladie elle doit être adaptée, et si elle soulage diminuant l’action artérielle ou par ses vertus diurétiques. C’est ce qui ne doit être affirmé qu’ensuite d’essais nombreux et d’observations ultérieures. Son administration , suivant quelqu’une des formules doqnées au sujet de la phthisie et de l’anasarque , et l’application à l’extérieur , d’environ un demi-gros d’onguent mercuriel double , aurait probablement de bons effets , alors meme que l’un et l’autre de ces médicamens, donnés' séparément , auraient échoué.

La meilleure marche â suivre est de commencer par une dose modérée , ( huit ou dix gouttes

* Dublin Med. and Physical Essaj's , article l.

.CACHEXIES. 3o5

de la teinture saturée) en ajOi^taiiL à chaque prise, après un intervalle de six heures, deux ou trois gouttes , de manière qu’en un ou deux jours, l’effet devienne manifeste. Nous devons pourtant procéder avec précaution.

On provoquera l’évacuation par le nez , en faisant renifler au malade la poudre d’asarabacca, d’ellébore blanc , ou quelque autre sternutatoire (i). '

De légères commotions électriques à travers la tête , deux fois par jour, ont paru utiles dans quelques cas où l’on assignait la faiblesse pour cause de la maladie

On n’est pas encore certain que les vomisseinens fréquens , dans l’bydrocépbale , puissent , comme dans l’anasarque et l’ascite, agir puissamment en excitant l’absorption. Dans tous les cas d’hydropisie enkystée , j’attendrais peu d’avantage de Faction des émétiques, mais plus particulièrement encore dans celle de la tête.

Durant la convalescence , il faut cbercber les moyens de soutenir les forces de l’enfant, et lui donner des potages , des gelées animales , et du

(i)^Folior. Siccat. Asari .

- — — - - Marjoranæ ....

- - Mari Syriœi . . .

Fior. exsiccal. Lavendul .

Simul in puh, tere.

VEL

% Hydrargyr. vitriol . j*

Pulv. Saccliari albi gr. x.

M. F. Pulvis.

3o6 CACHEXIES.

vin, lui faisant en même temps respirer un air

pur, et prendre un exercice convenable.

De r Hjdropisie de poiti'ine^ ou Ujdrothorax* :

(Hyd r O thorax. )

La difficulté de respirer , particulièrement dans la position horizontale , des réveils en sursaut avec anxiété et palpitations de cœur, l’irrégularité du pouls, la toux , la pâleur du visage, Finfiltration des membres inférieurs, la soif, la rareté de l’urine , sont les symptômes caractéristiques de l’hydro thorax ; mais le plus remarquable de tous , est une fluctuation perçue dans la poitrine par le malade lui-même ou par le médecin , pendant certains mouvemens du corps.

Les maladies avec lesquelles on peut confondre l’hydrothorax , sont l’angine de poitrine, l’asthme , les affections organiques du cœur ou des gros vaisseaux ; mais , â l’aide des signes que nous avons fournis au sujet de ces diverses affections , nous les distinguerons avec assez de facilité.

Les causes qui donnent naissance â cette maladie sont, en grande partie, les mêmes que celles qui produisent les autres espèces d’hydropisie. Dans quelques cas , elle existe indépendamment de toute autre affection hydropique , mais souvent aussi elle semble faire partie d’une hydropisie universelle.

L’hydrothorax attaque fréquemment les vieillards, et, comme les autres by dropisies, cette affec*

*■ Etiriologis. , aqua, , pectus.

CACHEXIES. 3 O 7

tioïi succède souvent à la faiblesse. Elle sévi I principalement contre les individus qui se sont livrés à Fintempérance , et qui ont fait abus des boissons spiritueuses. Ceux qui ont souffert pendant longtemps de la goutte et de Fasthme y sont particulièrement exposés aussi.

L’hydrothorax fait souvent de grands progrès avant de manifester clairement sa présence ; ses symptômes, comme ceux de Fhydrocéphale , n’étant pas toujours très-distincts. Dans quelques cas, Feauest amassée dans les deux plèvres, mais d’autres fois ce n’est que dans l’une d’elles seulement. Quelquefois l’épanchement occupe- le péricarde uniquement ; mais le plus souvent cette poche membraneuse n’est remplie que parce qu’en même temps il existe un amas dans les plèvres. R.arement la sérosilé est enveloppée dans ces petils kystes membraneux, connus sous le nom cFhydatides , et qui semblent flotter dans la cavité ; mais fréquemment pourtant il y en a quelques uns qui adhèrent à certains points de la surface de la plèvre.

L hydrothorax s’annonce par un sentiment de malaise à la partie inférieure du sternum , par une difficulté de respirer que le moindre mouvement augmente , et qui est toujours plus prononcée pendant la nuit, et lorsque le corps est dans une position horizontale. 11 s’établit une toux, qui, d’abord sèche, est, après un certain temps, Suivie de l’expectoration d’un mucus clair. La face est pale , les pieds et les jambes sont infiltrés, la soif est ardente, et l’urine peu abondante ;

3o8 CACHEXIES,

de temps en temps , particulièrement le matin le visage s’enfle et cède à la pression ; d’ailleurs la faiblesse et la maigreur sont extrêmes. Les symptômes augmententgraduellement, mais avec lenteur ; et il s’écoule un temps considérable avant que la maladie soit entièrement formée.

La difficulté de“respirer devient enfin excessive. Le malade ne peut plus rester couché horizontalement , et il est obligé de tenir la tête et la partie supérieure du tronc presque droites. Le sommeil est fréquemment interrompu par des rêves effrayans , après lesquels le malade se lève subitement dans son lit , avec un sentiment de suffocation menaçante. Des efforts convulsifs des muscles qui servent à la respiration, comme dans une attaque d’asthme spasmodique , avec de violentes palpitations du cœur, signalent généralement les paroxysmes , qui sont également fréquemment excités par le plus léger mouvement , ou par un accès de toux.

Quand le mal est arrivé à ce terme , le malade est forcé de se tenir constamment droit, et d’avoir la bouché ouverte ; il témoigne le plus grand désir de respirer de l’air frais ; sa face et ses membres sont froids ; le pouls est en général faible , irrégulier et plus intermittent que dans toute autre affection ; une douleur ou une sensation d’engourdissement s’étend du cœur à l’insertion des deux muscles deltoïdes ; les lèvres et les joues sont livides ; mais le visage , pâle , exprime une anxiété particulière, et a une apparence cadavérique ; les parties supérieures du corps sont , de

CACHEXIES. 3ü9

plus, ordinairement couvertes d’une sueur visqueuse. L’assoupissement , le coma , ledëlire, occasionnes par le passage difficile du sang à travers les poumons, et l’insomnie, accompagnent communément les dernières périodes de l’hydrothorax ; par la même raison , les crachats sont quelquefois sanguinolens. La fluctuation enfin peut être perçue distinctement par le malade ou remarquée par ceux qui l’entourent lorsqu’il change subitement de position.

Le pronostic est en général fâcheux : rarement l’hydrothorax a été guéri , et souvent’ même il n’est que fort peu susceptible de soulagement , la difficulté de respirer allant en augmentant jusqu’à ce que l’action des poumons soit à la fin entièrement empêchée par la quantité d’eau déposée dans la poitrine. Dans (Quelques cas , la mort arrive subitement, mais d’autre# fois elle est précédée pendant quelques jours par une hémoptysie. Il arrive quelquefois que l’hydrothorax se termine par une hydropisie générale ; mais il suspend plus ordinairement l’action du cœur et des poumons 'avant que l’hydropisie universelle puisse survenir, et le malade- succombe dans une syncope ou à un accès de suffocation.

L’autopsie des cadavres démontre que l’eau est quelquefois renfermée dans un des côtés de la poitrine , ou que des hydatides ont pris naissance dans quelque point de sa cavité; mais elle prouve que plus fréquemment l’épanchement existe dans les deux côtés à la fois , et qu’il s’étend au tissu cellulaire et aux pricipales cavités du corps ea

3îO CACHEXIES.

même temps. Le fluide est ordinairement d’une couleur jaunâtre ; ses propriétés sont analogues à celles du sérum , et sa quantité varie de quelques onces à plusieurs pintes. Il comprime les poumons plus ou moins , en raison de son abondance ; et quand l’accumulation est considérable , on trouve ordinairement ces organes très-diminués de volume. Quand une anasarque universelle a précédé la collection dans la poitrine , il n’est pas rare de trouver un squirrhe dans quelqu’un des viscères de l’abdomen.

Le traitement de l’hydrotborax doit être dirigé sur le même plan général que celui de l’anasarque ; c’est-à-dire que les émétiques , les purgatifs et les diurétiques en feront la base. Remarquons pourtant que ces derniers paraissent mieux indiqués que les autres.

Quan4une faiblesse universelle accompagne la maladie , ou semble lui avoir donné naissance, nous pouvons administrer les toniques et les diurétiques combinés (i), ainsi qu’il est recommandé au sujet de l’anasarque.

Un diurétique particulièrement employé autrefois contre cette espèce d’hydropisie , est la

(i)^ Gammi Myrrliæ . . ù. Solue in

Spirit. Jriiiip. comp . . | et adde

A/juæ Mentiiæ sativ . » § v,

Rali præparat . 1

Jb cm vitriol. ••••••«••«% '

Tinct. Scilîæ . 5 ij.

Spirit. yEtlier. nit . . . , . S j {t.

F» Mistura cujus capiat œ§er cochlear, iij. qiiartis lions

CACHEXIES. 3lï

scilleV qui joint à sa propriété diurétique la vertu d’exciter une évacuation de la part des glandes mucipares des poumons. Il faut administrer ce médicament à aussi haute dose que l’estomac pourra le supporter sans nausées ; et par conséquent adopter quelqu’une des formules recommandées au chapitre de l’anasarque.

Si , après un laps de temps suffisant , la scille reste sans effet , nous devons essayer la digitale , et si celle-ci échouait également , il faudrait avoir recours à la crème de tartre , soit seule , soit combinée avec la gomme-gutte ou la digitale (i).

Dans les cas où il existe une grande soif avec sécheresse de la peau , nous pourrions employer les diaphorétiques avec avantage. Ainsi on donnera des préparations antimoniales ou de la poudre d’ipécacuanha composée , à petites doses répétées toutes les deux ou trois heures , et on fera prendre en même temps quelque boisson délayante chaude.

En outre , on appliquera des vésicatoires à la poitrine , les changeant d’un côté à l’autre toutes les fois qu’ils paraissent disposés a sécher , et les pansant avec quelque onguent stimulant.

Quand l’hydrothorax est compliqué de mou-

(i) ^ Fol. Digit, purp. exsiccat . gr. vj.

Cryst. Tartari . ^ 5 vj.

Pulv. aromat . 9 j.

M. F. Puhis in chartulas vj distribuendus ^ (juaruni sumat U nam bis Lerve de die.

3i2 cachexies.

vemeris convulsifs dans la respiration , et qu’il ressemble à l’asthme périodique commun , on peut amener du soulagement en donnant un grain d’opium toutes les heures, en deux ou trois doses, avec environ un gros d’éther, dans de l’eau froide , et en continuant Tusage de la digital^' comme auparavant. ’

M. Barr, de Birmingham, dans une lettre au docteur Beddoes ^ , a consigné l’histoire des heureux effets qu’il a retirés , dans un cas d’iiydrothorax , de l’emploi des gaz combiné avec celui des -autres remèdes , qui n’avaient auparavant servi à rien. La face du malade était, dit-il , pâle et émaciée ; ses yeux fixes , semblaient regarder pour la dernière fois les objets environnans ; ses jambes étaient enflées au point que las peau en était très-enflammée , et. menaçait de se crever ; il y avait tenesme continuel , et l’urine était peu abondante ; la position horizontale était insupportable , et le sujet était forcé de se tenir droit dans son lit pendant toute la nuit ; il dormait peu , et ce peu de sommeil était troublé et non rafraîchissant ; car il si^utait souvent hors du lit, éprouvant la sensation d’une suffocation immédiate.

Une pinte d’oxygène , méléeavec dix-neuf parties d’air atmosphéi Iqiie , lui fut donnée â respirer chaque jour ; mais comme les symptômes étaient pressaos , on jugea convenable de continuer l’usage des médicamens actifs qui lui avaient

* Considerations on the medicinal Use and Production oj" Jac\ titious Airs.

CACHEXIES. 3l3

été prescrits auparavant sans effet; c’est-à-dire que , tous les soirs , il prit un demi-grain de digitale en substance , et quatre onces d’une décoction d’écorce d’anguslure dans le cours de la journée.

La troisième nuit après l’administration du gaz , il se trouva plus calme , il put garder plus long-temps la même position , et le sommeil fut troublé et moins fréquemment et moins vivement. Chacune des nuits suivantes , Tamélioration devint plus marquée ; au bout de dix jours , on put lui retirer plusieurs des oreillers qui le maintenaient droit dans son lit , et alors il dormait trois ou quatre heures de suite sans se réveiller en sursaut. Le gonflement des jambes Commença nussi alors à diminuer , le tenesme se dissipa entièrement , la quantité de l’urine fut considérablement augmentée , et l’ascension des escaliers devint facile. L’appétit et la gaieté reparurent , et la face prit la teinte vermeille de la santé.

Dans le cours de la seconde semaine , la quantité d’oxygène avait été graduellement portée à deux pintes par jour , étendues comme auparavant. Au bout de quatre semaines , il ne resta pas d’autre vestige de la maladie que de la faiblesse. Le malade pouvait coucher la tête aussi basse qu’en parfaite santé , et dormir toute la nuit ; plus de gonüemenl des jambes , plus de difficulté de respirer après un exercice ordinaire , et chaque fonction était rempile avec régularité et facilité. Il discontinua enfin l’usage de tout médi-

3l4 CACHEXIES,

cament pour prendre seulement une pilule laxative de temps en temps , et à Fâge de soixante ans , il paraissait jouir d’une force , d’une agilité et d’une vivacité non ordinaires.

Tel est ce que dit M. Barr des effets de l’oxygcne dans l’hydrothorax ; en conséquence , lorsque les moyens ordinaires ont échoué , nous devrions y recourir comme à un auxiliaire avantageux.

Si tous nos efforts pour évacuer l’eau , ou pour en produire la résorption , sont infructueux , et que la fluctuation soit évidente , il faut pratiquer la paracenthèse du thorax. Quand la collection existe dans les sacs de la plèvre , nous pouvons , en y joignant le secours des diurétiques et des toniques , effectuer une guérison par cette opération ; mais quand le fluide est accumulé dans le péricarde , dans les kystes hydatidiformes, ou dans le tissu cellulaire qui entoure les bronches , nous n’en retirerons aucun avantage.

La méthode d’évacuer, par une incision, l’eau contenue dans la poitrine , remonte jusqu’à Hippocrate ; et quand elle est pratiquée par un habile chirurgien , elle est peu dangereuse. Quant à la manière de pratiquer l’opération , je renvoie au système de chirurgie de Bell.

cachexies:

ÎV. Gonjlemens des parties solides. ( In-

tumescentlæ solidæ. )

Du Rachitis, (Rachitis.)'^

Les symptômes caractéristiques de cette maladie sont le volume non ordinaire de la tête, le gonflement des articulations, raplatissement des côtes, la courbure de Tépine et celle des os cylindriques, là saillie du ventre, et l’émaciation générale.

Le rachitis est une maladie héréditaire dans quelques familles , quoique les parens qui en ont été affectés^ , aient quelquefois des enfans robustes et pleins de santé. Dans quelques cas^ je pense, il peut tirer son origine du vice vénérien, qui , quoique n’en étant pas la cause immédiate , est très-souvent cependant une cause excitante de cette affection comme des scrophules. Il est certain au moins que la syphilis , transmise par les parens à leurs enfans , se montre dans ces derniers avec des symptômes très-différens de ceux qu’on remarque dans les premiers.- Les enfans des pauvres et des vagabonds sont le plus généralement affectés de rachitis; mais plusieurs causes déterminent la naissance de cette maladie : tels sont l’habitation dans un lieu humide et froid, où l’air est impur ; la négligence des soins de propreté , le manque d’exercice, le défaut de nourriture , et la faiblesse. La dentition difficile, ainsi

* ExYMOiiOGiE. Vuxtcr y Spina dovsl-

3l6 CACHEXIES,

que la douleur et les affections intestinales auxquelles elle donne* lieu, favorisent puissamment racfion des causes excitantes du rachitis.

On suppose aujourd’hui que la cause prochaine de la maladie est le defaut de phosphate de chaux dans les os , qui sont privés ainsi de la force et de la solidité nécessaires ; et cela en raison de la faiblesse des vaisseaux, qui fait que cette substance, au lieu d’etre transportée dans le parenchyme des os , est déposée dans d’autres parlies du corps. Aussi remarquons-nous que des molécules de chaux sont souvent rendues par les urinés. ' ' " "

La maladie paraît rarement avant le neuvième mois, etse montre très- rarement après^la seconde année. On la rencontre plus fréquemment parmi les enfans des pauvres que chez ceux d’un rang plus élevé , et elle semble presque uniquement bornée aux pays froids et humides , ce qui indiquerait que l’atmosphère a une grande influence sur sa formation.

Elle survient ordinairement d’une manière lente, et ses premiers symptômes sont la mollesse des muscles, l’émaciation, la pâleur du visage et la décoloration des joues, avec une légère tuméfaction de la face. La tête en memm temps paraît trop grosse en raison du volume du reste du corps , et les sutures ou fontanelles du crâne sont ouvertes. A mesure que la tête augmente de volume , le front devient saillant , et le cou trèsgrêle. La dentition est pareillement très-iente , et beaucoup plus tardive que de coutume ; et les

CACHEXIES. 3 17

dents qui paraissent se gâtent promptement et sont disposées à tomber. L4es côtes perdent leur convexité ; le sternum forme en avant une saillie en manière de pointe , Fépinc se courbe , et lesépipbyses des différentes articulations se gonflent, tandis qu’en même temps la partie moyenne des membres semble s’amincir ; ceux-ci d'ailleurs, en raison de l’impossibilité où ils sont de supporter le poids du corps , deviennent flexibles, et à la fin se tordent d’une façon remarquable.

En outre, l’enfant éprouve une grande perte de forces , il répugne à faire le moindre exercice ,' et n’est pas capable de marcher. L’appétit n’est pas souvent très-diminué , mais les selles sont ordinairement fi%quentes et liquides, et le ventre paraît engoué et tuméfié. L’entendement est lex>lus généralement très-développé ; mais , dans quelques cas, la stupidité et fimbécillité se manifestent. Au commencement de la maladie il n’existe point de fièvre ; à une période plus avancée le pouls devient fréquent , et des symptômes de fièvre hectique se déclarent.

Quelquefois la maladie ne va pas plus loin , et l’enfant recouvre graduellement la santé et les forces , les membres demeurant néanmoins tordus. Dans d’autres cas, elle continue à augmenter, jusqu’à ce qu’enfm toutes les fonctions soient affectées et que la mort survienne.

Le crétinisme, que l’on observe communément parmi les habitans de cette partie de la Suisse qui avoisine l’ftalie, dans les vallées les

3l8 CACHEXIES,

plus profondes des Alpes , où l’atmosphère est extrêmement humide , en raison des vapeurs que fournissent de nombreuses cascades et une foule de petits ruisseaux, et où un vent sec ne parvient jamais, est une maladie qu’on regarde comme le rachitis parvenu au plus haut degré Cette opinion est confirmée par Inobservation suivante , que les différens degrés de la maladie sont en rapport avec les variations de l’atmosphère. Ceux, par exemple , qui habitent les vallées les plus profondes et les plus renfermées, sont réduits à

dans ceux qui sont un peu plus élevés , les facultés de l’esprit ne sont pas aussi absolument anéanties; et les autres, encore plus élevés, et habituellement moins exposés aux exhalaisons , sont seulement atteints de nœuds ou de gonflemens aux articulations, et d’autres symptômes de rachitis. Ceux qui sont les plus voisins des sommets, sont parfaitement exempts de tous ces symptômes.

La tête du crétin est difforme, sa taille petite, sa santé très-mauvaise , sa physionomie insignifiante et dépourvue d’expression ; ses lèvres et ses paupières sont épaisses et saillantes ; sa peau lâche est ridée ; ses muscles paraissent grêles et flasques , et fréquemment le corps thyroïde est attaqué du gonflement appelé goitre (voyez Bronchocèle), ce qui ajoute encore à un aspect déjà très-hideux. Les facultés de son esprit correspon-

* Doctor J . F. AdiermarC s Inquiry into the Causes oj' a sin^U' lar Deviation from the human Species in the Alps.

CACHEXIES. 3 19

dent au mauvais état de son corps, et présentent toutes les nuances de l’idiotisme et de la stupidité.

Le crétinisme a été observé par sir George Staunton dans une partie de la Tartarie Chinoise , ressemblant beaucoup à la Savoie et à la Suisse, pour la disposition de ses montagnes.

Le rachitisme , quoique causant la courbure des os , et dilTérens autres symptômes fâcheux , se montre très-rarement funeste ; et ne paraît accompagné de danger que lorsque la torsion des os devient assez grande pour gêner les fonctions des poumons et des autres organes ; ou quand le volume de la tête annonce l’existence de l’hydrocéphale ; ou quand encore il y a lienterie , ce qui dénote une altération profonde des ganglions mésentériques. Au reste, chez les enfans à la mamelle , le danger est plus grand que chez ceux qui ont atteint trois ou quatre ans.

Différentes affections des viscères se rencontrent dans le corps des sujets morts de rachitis. Leur cerveau est ordinairement très-peu consistant , et contient un fluide séreux dans ses cavités. Les poumons semblent souvent être dans un état inflammatoire , qui serait survenu vers la fin de la maladie ; la rate et le foie sont flasques et augmentés de volume , les intestins sont pâles , ou plutôt blanchâtres ; tous les ganglions lymphatiques , principalement ceux du mésentère et des bronches, sont engorgés, et les derniers , quelquefois, en suppuration ; les os , réduits à leur parenchyme fibreux, sont flexibles,

320 CACHEXIES,

se plient dans diffërens sens, et se coupent facilement; les muscles sont très-mous, et toutes les parties du cadavre n’ont point ce degré de roideur qu’il est si ordinaire d’observer.

Dans le traitement du rachitis , nous devons chercher à donner des forces à l’économie. En conséquence , il faut avoir recours aux médicamens toniques, à l’immersion fréquente dans l’eau froide , dont les effets peuvent être augmentés par des frictions avec de la flanelle , à la respiration d’un air libre et sec , à un régime généreux et nourrissant, à l’usage du vin, à l’exercice. On recommandera encore de porter l’enfant dans une position horizontale; autrement, on pourrait augmenter sa difformité.

Comme il n’est point facile de faire prendre aux enfans le quinquina ou tout autre amer, on y suppléera par les toniques métalliques. Les plus convenables, parmi ces derniers, sont la rouille, le fer ammoniacal et l’oxyde de zinc (i) , combinés avec quelques grains de rhubarbe pour tenir le ventre suffisamment libre. La quantité de cette dernière substance doit être diminuée ou augmentée selon les effets qu’elle produit ; et

(i) Vini Ferri .......

ex cochlearib . ij.. Decoct.

VEL

. . . . gUtt. XX.

Cort. peruv. bis in die.

"If Rubîg. Ferri .

Pnlv. Rhabarb . . . .

Saccliar. alb. pulv .

M. F. Pulvis rnane et vesperè sumendus.

gr. vj.

gr. iv. ^ gr. viij.

CACHEXIES. 321

la dose des médicamens métalliques sera augmentée graduellement.

Quand on peut parvenir à faire prendre le quinquina à un enfant , on le donnera en même temps que les toniques métalliques , soit en substance , en décoction , ou en infusion, soit sous la forme d’extrait.

Pour seconder les effets de ces remèdes , on administrera un émétique de temps en temps , mais plus particulièrement dans les cas où fappétit et la digestion sont altérés. La légère secousse des viscères abdominaux , produite par ce remède , tend a dissiper l’obstruction des ganglions mésentériques.

Quand le rachitis est accompagné d’obstruction du mésentère , de petites doses de rhubarbe , et des frictions répétées sur l’abdomen , ont un effet avantageux. Voyez l’article des Scropbules et celui de l’ Atrophie.

Lorsque la dentition est difficile , on aura recours aux moyens que nous conseillons dans le chapitre qui lui est consacré , et , dans les cas d’affection vermineuse , aux médicamens vermifuges. S’il y a infection vénérienne , nous pouvons prescrire les toniques combinés aux mercuriaux.

Les absorbans ont été employés par quelques praticiens, dit-on , avec un succès considérable ; on peut , par conséquent , les combiner avec les toniques.

Dans le rachitis cependant, c’est d’un traitement général qu’on retire le plus d’avantage ; si 2, 21

322 CACHEXIES,

le malade habite une ville , il doit être conduit à la campagne , dans une situation élevée et sèche ; on le soutiendra par un régime analeptique , et à l’aide d’une quantité modérée de vin. Mais comme les pauvres , parmi lesquels la maladie règne le plus ordinairement , ne peuvent pas changer de demeure , il faut ici choisir l’appartement le plus élevé de la maison , et y favoriser la circulation de l’air.

Le lit des rachitiques doit être fait d’un matelas de crin , de paille d’avoine , ou de feuilles de fougère sèches, mêlées avec des herbes aromatiques. Un pareil lit est meilleur que ceux qui sont faits de plumes ; car il ne cède point au poids du corps , et il est beaucoup plus sec. Si le malade est très-jeune , on le placera sur le dos , de manière à ce que le poids de son corps ait aussi peu d’influence que possible sur les os ; mais , comme il est pénible de rester constamment dans cette position , on peut lui permettre de s’asseoir de temps en temps , non pas sur une chaise douce , mais bien sur un siège capable de résister uniformément , avec un dossier élevé et droit, et sans bras. On ne doit pas lui permettre de marcher pendant long-temps , car il lui serait impossible de le faire sans être aidé, et les liens et lisières nécessaires pour le soutenir, contribueraient , en pressant sur les parois du thorax , à déformer cette cavité.

Des moyens mécaniques ont été proposés pour obvier aux effets de cette maladie ; mais il est à peu près inutile d’essayer des machines sur les

CACHEXIES, 323

eiifans très-jeunes , qu’il est egalement impossible de contenir sur le dos, dans le lit; en outre , il serait tout aussi dangereux de les tenir constamment dans cette position : l’extension continuelle des membres, et l’inactivité des muscles , ajouteraient à la faiblesse générale , et par conséquent augmenteraient le mal. Les attelles , appliquées sur les membres , les fortes bottes de cuir , et l’appareil pour l’épine , ne sont réellement utiles que dans le cas où le malade est d’un certain âge , quand la marche de l’affection est lente , et que les forces ne sont pas trop abattues ; et , même ^^ns la plupart de ces cas , l’inaction , occasionnée par les machines , a des inconvéniens qui ne sont point compensés par leurs bons effets. Des appareils, de cette espèce sont donc plus convenables pour corriger les attitudes vicieuses contractées par les enfans d’une constitution faible , que pour redresser les difformités occasionnées par le rachitis.

M. John Yeirac, chirurgien à Rotterdam, dans son Traité sur le rachitis , qui a obtenu un prix à la société des arts et des sciences d’Utrecht , affirme que l’acidité du lait dans l’estomac des enfans , passant dans la masse du sang , parvient à pénétrer la substance intime des os. Il assure encore que le sang des rachitiques , après la mort, fait effervescence avec l’ammoniaque liquide. Le traitement qu’il recommande est en rapport avec cette théorie , et consiste à administrer des alcalins.

Bonhomme, de Paris, dans son Mémoire sur

la nature et le traitement du rachitis conseille un mode de traitement analogue. Selon lui, la maladie est causée , d’une part , par le développement d’un acide , ayant à peu près les propriétés des acides végétaux , en particulier de l’acide oxalique ; et, de l’autre, par le manque d’acide phosphorique , dont la combinaison avec la chaux forme la base naturelle des os , qui lui doivent leur solidité. En conséquence , il imagine que le traitement qui convient au rachitis doit tendre à empêcher le développement de l’acide oxalique , et à rétablir la combinaison de l’acide phosphorique avec la chaux. C’est à quoi l’on parviendra peut-être assez souvent , dit-il, par l’usage interne des phosphates de chaux et de soude , et par des lotions alcalines. Il rapporte plusieurs faits à l’appui de cette méthode, qui consiste à donner aux enfans , deux fois par jour, un scrupule d’une poudre faite avec parties égales de phosphates de chaux et de soude , et à composer, pour les laver deux fois par jour aussi, une lotion avec une demi-once de potasse commune ou de sel de tartre, dans une livre d’eau de source très-pure. Avant d’employer cette liqueur, il faut d’abord frotter la peau avec un morceau de drap sec , ou de flanelle fine ; et , après s’en être servi , on essuiera les parties, de manière à ne laisser aucune trace d’humidité.

Ce praticien dit plus loin qu’il a vu plusieurs enfans guéris de leur disposition au rachitis, simplement par les lotions alcalines , mais qu’il

* Doctor Duncan’s Anndls of Medicine for 1797-

CACHEXIES. 325

considère les remèdes internes comme possédant une efficacité supérieure. Il prétend que le phos-' phate de chaux , donné à l’intérieur , est réellement transmis aux os par les vaisseaux lymphatiques , et que, soit seul, soit combiné avec le phosphate de soude , il contribue puissamment ainsi à accélérer la guérison- du rachitis. Il cite en faveur de son opinion différentes expériences faites sur de jeunes oiseaux , à la nourriture desquels on avait mêlé une certaine quantité de phosphate de chaux.

ORDRE TROISIÈME

DES MALADIES CUTANEES ( IMPETIGIITES )

J’appelle ainsi les affections de la peau , ou des parties externes du corps , produites par un vice existant dans toute l’économie.

Des Scrophules. ( Scrophulæ. )

Les scrophules sont caractérisées par des tumeurs dures et indolentes des ganglions lymphatiques dans différentes parties du corps , mais plus particulièrement au cou , derrière les oreilles et sous le menton , lesquelles après un certain temps suppurent et dégénèrent en ulcère.s ; ceux-ci, au lieu de pus, fournissant une matière blanche coagulée , analogue au lait caillé.

C’est ordinairement entre trois et sept ans que

* Etymologie. Impétigo, dartre -vive,

** Etïmologie,. Scropha f une truie.

326 CACHEXIES.

se déclare cette maladie , mais elle peut survenir à toute autre époque encore jusqu’à la puberté ; passé cet âge , elle se montre rarement pour la première fois. Elle attaque le plus communément les enfans d’une constitution lâche , dont la peau est douce et fine , qui ont les cheveux clairs, et les joues vermeilles ; et ceux qui ont une disposition au rachitis , caractérisée par la saillie du front , le gonflement des articulations , et l’enflure du ventre.

Les scrophuleux sont en général beaux et bien faits , et remarcjuables par la vivacité de leur intelligence et leur génie précoce , mais ils sont cependant rarement robustes.

C’est dans les pays où l’atmosphère est froide et humide , ou sujette à de grandes variations , où les saisons sont variables , que sévissent surtout les scrophules ; par conséquent on lës observe principalement entre les 4^^ et 60® degrés de latitude. Une saison pluvieuse prolongée peut augmenter la prédisposition à la maladie ; il en . est de même de l’action du froid et de l’humidité , même momentanée. Outre le climat , toutes les circonstances qui affaiblissent la constitution prédisposent aux scrophules ; ainsi l’action de respirer un air impur et malsain , l’habitude des alimens gâtés ou indigestes , favorisent le développement de cette affection , en plongeant l’individu dans la faiblesse. Ainsi encore la négligence des soins de propreté, le défaut d’exercice , l’indolence, l’inaction, le manque de vêtemens chauds, l’habitation de chambres froides et humides, la

CACHEXIES. 327

grande fatigue, etc. , peuvent être regardes comme autant de causes occasionnelles.

Les scrophules ne sont nullement contagieuses , mais sans aucun doute^ elles sont héréditaires , et souvent transmises par les parens à leurs enfans. Quoique certains praticiens nient que cette maladie, comme toutes les autres, puisse être héréditaire , il est, je pense, très-clairement prouvé que le tempérament, ou quhine prédisposition à certaines affections morbides, peut passer du père et de la mère à leur postérité ; par exemple, nous rencontrons souvent des jeunes personnes des deux sexes, qui ne sont certainement pas devenues scrophuleuses par intempérance ou par suite d’un mauvais régime , et qui doivent nécessairement avoir reçu de leurs parens une pareille disposition.

Une circonstance remarquable, c’est que la diathèse scrophuleuse épargne quelquefois une génération et attaque la suivante, de manière que le grand-père et le petit-fils sont tous deux scrophqleux , tandis que le père , qui joint les deux autres ensemble , est exempt de la maladie.

La matière que les ulcères scrophuleux fournissent ne paraît pas acrimonieuse ; car si l’ulcère a une étendue bornée , il ne produit qu’une légère affection locale , et peut durer très-long-temps sans déranger l’économie. Son contact n’est point contagieux, comme l’a prouvé M. Kortum^, qui a essayé d’inoculer les scrophules, et qui, quoiqu’il prît beaucoup de peine pour introduire

* De vilio scrqfiiloso J pag. 218.

328 CACHEXIES,

complètement la matière, et quoiqu’il répétât fréquemment l’expérience, vit tous ses efforts sans succès ; la maladie fut bien loin d’être communiquée, et même il n’y eut point d’irritation à fendroit de l’insertion. La crainte que lesscrophules ne se propagent par le contact, paraît donc fondée sur un préjugé véritable.

Cullen pense que les scropbules dépendent d’une altération particulière du système lymphatique. Quelques auteurs attribuent, sous ce rapport, une grande influence à l’usage habituel d’une eau de mauvaise qualité : parmi eux on compte le docteur lieberden. A mon avis elles sont étroitement liées à la faiblesse et à lalaxité des fibres.

Cette maladie est très-fréquente en Angleterre ; elle revêt des formes variées , et offre différens degrés d’intensité ; toutes les fois qu’elle se complique avec quelque affection accidentelle ou locale , ses symptômes deviennent plus graves et plus rebelles , ce qui se remarque particulièrement pour la syphilis.

Les scropbules sont fortement soumises à l’influence des saisons. Elles débutent ordinairement pendant I’hiver et le printemps, et disparaissent quelquefois , ou au moins diminuent beaucoup en été et en automne. Elles s’annoncent ordinairement par de petites tumeurs sous-cutanées , ovales ou sphériques, sans douleur et sans changement de couleur , lesquelles paraissent ordinairement sur les côtés du cou et au-dessous de l’oreille ou du menton ; mais , dans quelques cas , les articulations des coudes , des doigts et des

CACHEXIES. 329

orteils sont les premières parties affectées ; ce que Ton reconnaît à une tuméfaction uniforme qui empêche les mouvemens ordinaires. Après quelque temps , ces tumeurs deviennent plus grosses et plus adhérentes, la peau qui les recouvre acquiert une couleur pourpre ou livide , une vive inflammation se déclare , et elles finissent par suppurer. Alors elles sont percées par plusieurS| petites ouvertures d’où s’écoule une matière d’abord presque puriforme , qui se change par degrés en une espèce de sérosité visqueuse , mélangée de petits morceaux d’une substance blanche, analogue au lait caillé. Bientôtla tuméfaction diminue graduellement, tandis que les ulcères qui remplacent les tumeurs s’agrandissent, et s’étendent inégalement : quelques-uns d’entre eux se cicatrisent pourtant ; mais de nouvelles tumeurs s’élèvent aussitôt dans différentes parties du corps , et suivent la même marche chronique que les précédentes. La maladie continue ainsi pendant quelques années ; son principe paraît s’épuiser à la fin ; tous les ulcères se cicatrisent , sans être remplacés par de nouvelles tumeurs ; mais ils laissent à leur suite des cicatrices difformes et d’une étendue considérable. Telle est pourtant l’apparence la plus douce sous laquelle les scrophules puissent se montrer.

Dans des cas plus graves , les yeux sont particulièrement le siège de la maladie , et ils sont affectés d’une oplithalroie qui donne naissance a des ulcérations des cartila,^es tarses , et à une inflammation de la conjonctive , qui se termine

33o CACHEXIES,

asssz souvent par l’opacité de la cornée. Les articulations sont affectées ; elles se tuméfient , et deviennent le siège de douleurs cruelles , profondément situées , et qu’accroît le plus léger mouvement. Le gonflement et la douleur continuant à augmenter , les muscles du membre finissent par devenir très-grêles ; du pus se forme bientôt après, et sort par plusieurs petites crevasses de la peau : en même temps ce pus , trèsâcre , ronge les ligamens et les cartilages , et produit la carie des os voisins. Quelquefois il est résorbé; alors la fièvre hectique se manifeste, et la mort arrive.

Les os des individus scrophuleux participent du mauvais état de la santé générale ; ils paraissent contenir moins de phosphate de chaux et plus de gélatine ; ce qui explique pourquoi ils sont si exposés à des gonflemens généraux ou partiels , à des inflammations , à des suppurations et à Fexfoliation. Ils se fracturent aussi d’autant plus facilement qu’ils manquent de substance solide.

Les premières atteintes des scrophules se guérissent souvent en apparence ; mais le mal travaille pourtant sourdement à miner la constitution du sujet , et manifeste ses effets dangereux au moment où l’on était loin de soupçonner son existence.

Quand les scrophules sont bornées à l’extérieur, elles sont sans danger, quoiqu’eii quittant une partie, elles se jettent communénlent sur une autre. Mais quand les ulcères sont d’une mau-

CACHEXIES. 33 1

vaise nature , qu'ils s’étendent en rongeant , et qu’ils deviennent profonds , au lieu de montrer quelque disposition à se cicatriser; quand des collections purulentes se forment profondément entre les petits os des mains et des pieds , ou dans les articulations ; quand les tubercules se développent dans les poumons , et qu’il y a fièvre hectique , le péril est manifeste.

En ouvrant le cadavre des scrophuleux , on trouve ordinairement plusieurs viscères altérés , et particulièrement les glandes du méseiitère , qui sont non-seulement ti ès-tuméfiées , mais encore souvent ulcérées : fréquemment les poumons sont remplis de tubercules ou kystes , qui contiennent diverses substances. Les ganglions paraissent un peu plus mous que dans leur état naturel; et, quand on les ouvre , on y trouve ordinairement une matière onctueuse, assez consistante , mélangée de pus.

On sait généralement avec quelles difficultés on parvient à guérir les scrophules. Le traitement se divise naturellement en deux parties, suivant qu’il n’existe aucun symptôme visible de la maladie, mais seulement l’indice d’une prédisposition évidente à la contracter : ou bien que le mal est déclaré définitivement.

Gomme les scrophules sont déterminées lentement par l’effet d’une foule de circonstances , qui produisent un changement graduel dansj’économie, on doit attendre beaucoup de l’action des circonstances opposées. Si , par exemple , l’habilude d’un mauvais régime paraît avoir fa-

332 CACHEXIES.

vorisé la maladie , on aura recours à une nourriture saine et abondante. On obtiendra un avantage semblable en substituant un air pur et sain à une atmosphère impure et malsaine ; c'est ainsi que Ton contribuera à corriger la prédisposition aux scropbules.

La langueur et la faiblesse qui accompagnent cette maladie, indiquent naturellement la nécessité d’alimens choisis , particulièrement parmi les substances animales. Quand il y a atonie de l’estomac, le vin , donné modérément, sera également salutaire, surtout entre les repas, avec un morceau de pain ou de gâteau.

Comme moyen prophylactique, on conseillera encore chaque jour de prendre de l’exercice pemdant assez long-temps pour disposer au sommeil , sans fatiguer. Quand le malade est ou trop jeune ou trop faible pour cela , des frictions , faites avec assiduité , et continuées pendant long-temps , peuvent être substituées avec avantage.

Les bains chauds ou froids , simples ou imprégnés de diverses substances médicamenteuses , sont une autre médication externe très-importante. Le bain froid, spécialement celui de mer, est universellement employé dans les scrophules , et avec le plus grand succès, dans plusieurs cas ; il paraît non-seulement rétablir la santé et les forces du malade , mais déterminer de plus la disparition des glandes tuméfiées, et la résolution des gonflemens indolens des articulations, même après qu’ils ont acquis un volume considérable.

Mais , yjoiir tirer tout le parti possible du bain froid, il faut le donner sous la forme d’immersion, si toutefois les forces du sujet le permettent. Si, après l’immersion , une chaleur douce se répand sur tout le corps , si le malade se sent à son aise , et qu’il ait un vif appétit , nous pouvons assurer que le bain convient ; mais s’il frissonne en sortant de l’eau , qu’il continue à avoir froid , et qu’il s’assoupisse , le bain froid ne sera pas avantageux, et, par conséquent, il doit être discontinué. D’ailleurs , chez tous les malades faibles , l’immersion doit être de courte durée.

Quand on a quelque doute à l’égard de l’effet présumé des bains froids, on agira prudemment en les faisant précéder par les bains chauds , qui sont , au reste , souvent avantageux dans les cas où la faiblesse défend l’emploi des bains froids. Les bains chauds remédient encore à une certaine sécheresse de la peau , qui accompagne souvent l’émaciation et la faiblesse chez les scrophuleux, et qui occasionne beaucoup de malaise. Un petit nombre d’immersions suffisent en général pour arriver à ce but, et pour préparer le malade aux bains froids ; quoique , lorsqu’il existe une grande débilité, il puisse être nécessaire de les continuer , pendant quelque temps, deux ou trois fois par semaine.

Les premiers bains chauds doivent être de douze à vingt minutes , à la température de 90 à 100 degrés du thermomètre de Farenheit ; mais les personnes accoutumées à l’usage de ces bains, y restent en général plus long'

334 CACHEXIES.

temps chaque fois , et à une température plus élevée.

Pour augmenter F efficacité des bains chauds , on emploie souvent avec avantage des frictions stimulantes , particulièrement dans les cas d’éruptions scrophuleuses écailleuses , et dans les variétés les plus graves de la maladie.

L’habillement des malades doit les protéger complètement contre les changemens de temps, et les tenir chaudement. La raison qui fait que les personnes faibles sentent si vivement les vicissitudes atmosphériques dans notre climat , est qu’en général elles sont vêtues trop légèrement ; et cet inconvénient est encore devenu plus grand , depuis que nos femmes à la mode ont adopté ces parures modernes , si minces et si légères.

Toute personne scrophuleuse et faible , qui désire recouvrer de la santé et des forces, doit se coucher de bonne heure , et se lever de même ; et, s’il est possible , choisir pour sa résidence un lieu où l’air soit pur et sec. Malheureusement, c’est une condition attachée au sort des indigens dans les grandes vdles, et particulièrement dans celles où il y a des manufactures , que d’habiter des caves ou d’autres lieux renfermés, humides, et mal aérés.

Généralement on recommande aux scrophuleux, qui prennent des bains d’eau de mer, de boire un peu de cette eau chaque jour , parce qu’elle agit comme un doux purgatif, et débarrasse le canal intestinal. Quand on n’est pas dans

CACHEXIES. 335

Je voisinage de la mer, on peut user" dans la même vue, d’une solution d’un sel neutre, comme la crème de tartre , le sulfate de potasse , etc.

Le calomel est au reste le plus renommé des purgatifs employés dans le traitement des scrophules ; et, à n’en pas douter, c’est un remède avantageux dans plusieurs périodes de la maladie. Cependant il faut avoir soin de ne pas l’administrer à une dose assez forte pour produire les effets particuliers au mercure , qui bien certainement aggravent les scrophules ; mais s’il est donné avec précaution , de manière à agir purement comme un altérant , ou comme un doux purgatif, il contribue fortement à dissoudre les tumeurs , et à résoudre les indurations. Pour en obtenir tout l’effet désiré, il faut le continuer pendant long - temps , en prenant garde qu’il ne cause le ptyalisme ou des superpurgations. La dose doit en être proportionnée à l’âge du malade , et aux autres circonstances. Quelques semaines suffisent en général pour décider de l’effet qu’il doit produire.

Dans les obstructions récentes , le calomel combiné avec le tartrate d’antimoine (i) a été employé avec avantage ; mais plus tard , quand il y a beaucoup d’irritation, ou quand les arli-

(i):^Puîv. Cretæ præpar . 5 j.

Calomelanos . . . , , . . gr. iij — vj.

Antimon. tartaris . . ii.

M. F. Pulvis in chartulas xij. dividendus quarum sumat j. hls in die.

L CACHEXIES.

culations sont attaquées, on y ajoute de l’opium?

Les altérans , tels que le sulfure de mercure (i), les pilules de Plummer (2), les antimoniaux, avec les décoctions de gaïac, de salsepareille, de sassafras et de mézéréon , ou la tisane de Lisbonne (qui est une combinaison de toutes ces décoctions), sont également très-employés, mais ordinairement sans aucun avantage.

Le muriate de baryte , dit-on , a été employé avec succès dans quelques cas de scrophules. La dose en est de trois à dix ou douze gouttes , deux fois par jour , selon fâge de l’individu. Au-delà d’une certaine dose, il est sujet à occasionner du malaise , des tremblemens et l’empoisonnement.

Le muriate de chaux, dit le docteur TV^ood a été très-usité à l’hôpital de l^^ewcastle , à la place du muriate de baryte ; son action était plus immédiate, et aucun accident ne suivait l’administration d’une dose trop forte ; son efficacité d’ailleurs fut décisive. Le docteur "Wood employa d’abord ce sel cristallisé , et en dissolvait trois grains dans une once d’eau ; mais il trouva en-

* Edinburgh Medical Journal, vol. i,pag.

(i) “if Hydrarg. cum Suif. . gr. xv.

Pulv. Antimon . . gr. j.

F. Pulvis nocte et manh sumendus.

(*2) Calomel .

Suif. Antimon. præcip. .

ââ 5 &.

Gumm. Ammon . 5 j.

Bals, peruv . . q. s,

M. ^ , Massa in pilul. xxx. disirïbuenda ^ quarum capiat j. vel ij. Omni nocte.

cachexies; s 337

suite que le procédé , pour le faire cristalliser , était trop long et trop difficile pour Fusage général , et qu’il n’avait aucun avantage sur la sgiution du carbonate de chaux dans l’acide muriatique. La dose de cette solution est d’un gros pour les adultes, et de trente gouttes pour les enfans, donnée dans de l’eau, deux ou trois fois par jour, et préparée suivant la méthode de la Pharmacopée d’Edinburgh.

L’auteur d’un ouvrage moderne sur les scrophules dit cependant que le muriate de chaux a été employé sans succès , par vson collègue le professeur Thomson, d’Edinburgh, dans plusieurs c^.

Les médicamens narcotiques , la ciguë spécialement, ont aussi été employés dans le traitement des scrophules, tant dans la première période , que dans celle d’ulcération. D’après mes expériences sur la ciguë , et d’après ce que d’autres en ont dit, il parait qu’administrée à l’intérieur(i), elle dissout les gonflemens scrophuleux ; et que , dans quelques cas d’ulcération , elle a causé du soulagement , employée à l’extérieur , sous la forme de cataplasme, ou de fomentation : a l’intérieur, pendant la période d’ulcération, elle pa-

! raît inefficace. . .

Pour jouir de- tous les avantages de la ciguë ,

* Treatise on scrofula , hf M. J. Russell, pag. 85.

I (i) "if Extract. Cinchon . . ij.

- Cicutæ . . 5 j.

1 M. F. Pilalœ xl. quarum sumat ij vel üj. bis vel ter de die.

'>38 t:ACHEXIES.

il convient de F administrer à aussi forte dose que possible, s’^arrêtant au moment où elle produit un commencement de vertige et des nausées ; on en continuera Fusage pendant plusieurs semaines , avant que ses bons effets soient appréciables.

Le jus des feuilles fraîches de tussilage ou pasd’âne a, dit-on, été donné avec avantage. Quand on ne pourra pas se procurer cette plante à l’état frais , on fera une forte décoction avec ses feuilles sèches.

L’eau de chaux ^ les alcalis, et le carbonate de soude , sont comptés parmi les médicamens employés contre cette affection, sans doute parce que l’onsuppose qu’une acrimonie piquante existe dans les humeurs. Dans quelques cas , la combinaison de ces substances avec le kina a été suivie d’un très-bon effet.

L’éponge brûlée est un autre remède très-vanté aussi contre les scrophules , et employé fréquemment avec avantage. On peut la donner sous la forme d’un bol ou dans une potion (i). Un médicament plus actif cependant , est le carbonate

^1^ y iSpoî*i^. ust. •••••#•«••• ^j. — *5 f5*

Piilv. Rliabarb . . . gr. iij.

jVtcll. optiiîi* q* s#

M. F. Bolus bis in die sumendus.

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lif Spong. ust. . . » . 9 j.

Coufect. aromal. . , . , . ... gr. x.

Aquæ Ment.' saliv . 5 j- — 5 j

M. F. Haustns.

CACHEXIES.’ 339

de soode , qui la remplace maintenant, et qui, en effet, en est la base. La dose, dans ces cas, en est de dix à vingt grains , ou un gros , deux ou trois fois par jour.

Pour donner des forces à Feconoroie , il est nécessaire, dans le traitement des scropliules , d’employer les toniques. Parmi les végétaux , le quinquina est le médicament de ce genre le plus estimé ; mais, avant de l’employer, et pour en retirer tout l’avantage possible , il faut évacuer les intestins , soit avec le calomel, soit avec les sels neutres. Le quinquina paraît néanmoins convenir davantage dans les cas où il y a de grands ulcères ou des abcès volumineux, avec des évacuations affaiblissantes de matière purulente ; si l’estomac en supporte la poudre , ce sera la meilleure façon d’administrer le médicament ; sinon on en donnera la décoction, l’infusion ou l’extrait convenablement dissout.

Si aucune de ces préparations ne convient au malade , ou si nous souliaitons , au bout d’un certain temps, de changer de médicament, nous aurons recours à quelque autre toni(|ue végétal , comme le Colombo, la cascarille, la gentiane, etc. , en y adjoignant les aromatiques , tels que la teinture de cardamome , ou celle de cannelle composée.

Parmi les toniques minéraux , le fer et les acides sulfurique et nitrique, sont très-estimés dans le traitement des scrophules. Ces derniers sont agréables au goût et à l’estomac , et conviennent dans toutes les varié îés et les périodes de la ma-

34o CACHEXIES.

iadie. Le docteur Mossmaii assure que le mii- . riate de baryte et F acide nitrique augmentent Fappëtit , et donnent des forces à Féconomie ; mais que jamais ils n’ont d’effet avantageux dans les maladies des glandes. Quelques gouttes de Furie ou de l’autre de ces substances peuvent être données avec le quinquina ou les autres toniques végétaux. Parmi les préparations martiales , le carbonate de fer, le fer ammoniacal, le muriate de fer, et les eaux ferrugineuses , ont été reconnus très-efficaces. Nous pouvons les donner à des doses proportionnées à Fâge du malade, deux ou trois fois par jour ; car pour retirer tout l’avantage possible des toniques dans le traitement des scrophules , il faut , de temps en temps , administrer les toniques végétaux et minéraux en combinaison, comme contre la dyspepsie. Dix grains de fer ammoniacal, dans l’espace de vingtquatre heures , suffisent pour un adulte. Tout 'en faisant usage des toniques , on donnera de temps en temps quelques grains de rhubarbe , avec un grain de calomel. '

L’arsenic a aussi été employé dans les scropbules avec avantage , et on dit qu’il contribue puissamment a la guérison des ulcères qui en résultent. On donnera aux enfans une à cinq gouttes de la solution arsenicale , deux ou trois fois par jour, selon leur âge, et cinq ou dix , au plus ,• aux adultes, ayant soin de diminuer la dose , si les intestins sont affeçtés.

* Essajr on the Nature^ origin^ and Connexion of ^Scrojula and glandular Consumption.

CACHEXIES. 34 1

Outre l’emploi des mëdicamens à l’iiiterieur , pour corriger l’état cachectique des fluides, efe pour donner des forces à l’économie , les applications externes deviennent souvent nécessaire.

Dès la première apparence d’une tumeur , il faut chercher à la faire disparaître ; par là on préserve le malade des symptômes fâcheux qui en seraient la suite. Les résolutifs ordinairement employés sont les différentes préparations de plomb , l’acétate d’ammoniaque , la solution de muriate d’ammoniaque , les huiles camphrées ammoniacales , un mélange de bile fraîche avec le liniment savonneux , les emplâtres de savon , l’ammoniaque , le mercure , les cataplasmes arrosés d’eau de mer, la ciguë, l’onguent mercuriel, l’électricité, et les vésicatoires. On a encore beaucoup recommandé le fucus vésiculaire, écrasé, et en cataplasme. On peut essayer ces substances tour- à-tour ; \et , si l’une d’elles échoue, une autre peut réussir. Quand on peut faire prendre des bains de mer, on sera plus assuré du succès qu’avec tous les autres remèdes.

La saignée locale , au moyen des sangsues , est un puissant moyen dans les cas d’engorgemens volumineux et superficiels , ou adherens à la peau , et qui menacent de se terminer par suppuration.

Chez un individu où la maladie durait depuis quelques années, et chez lequel les glandes du cou avaient pris un volume énorme , et causaient des douleurs atroces , on a obtenu beaucoup de

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soulagement en frottant les parties , matin et soir, avec un onguent’ compose d’un gros de tartrate d’antimoine et de potasse , et d’une once de saindoux, quoique déjà l’opium à doses considerables eut échoué. Après quelques jours de l’usagé de cet onguent, plusieurs pustules d’un volume considérable parurent sur la tumeur , ce qui est la suite ordinaire de son application.

Le galvanisme et de fortes commotions électriques à travers les tumeurs scrophuleuses indolentes , particulièrement quand elles occupent les glandes du cou , ont quelquefois réussi à les dissiper.

Quand nous échouons dans nos. efforts, et que la suppuration a commencé , nous devons la favoriser autant que possible. Les cataplasmes, et autres applications chaudes, ont peu d’effet, cependant , pour l’accélérer ; quand on les emploie pendant long -temps, ils tendent à affaiblir et à relâcher les parties , en sorte que les ulcères qui surviennent en sont plus difficiles à guérir. Les lotions , avec une forte saumure , ont quelquefois hâté la formation du pus dans les tumeurs scrophuleuses. L’application • de vésicatoires a souvent aussi déterminé une suppuration plus prompte.

Quand la violence de l’inflammation est tombée , et que la tumeur est devenue indolente et stalionnaire , on conçoit, en effet, qu’un vésicatoire communique une nouvelle excitation, qui dispose â la suppuration. Dans quelques cas, néanmoins , l’application des vésicatoires et l’d-

CACHEXIES. ojo

]eclricité ont eu un effet absolument contraire , et ont produit une entière resolution.

Quand les tumeurs sont situées sur quelqu’une des grandes articulations, et qu’elles suppurent, ou qu’il y a des foyers profonds qui augmentent graduellement , sans paraître disposés à se faire jour au-dehors , la matière doit être évacuée en pratiquant une ouverture avec -une lancette ou un trocar , ou en passant un séton , procédé qui paraît le meilleur ; mais quand elles sont situées de manière à ce que le séjour de la matière ne puisse avoir aucun résultat fâcheux, on doit toujours attendre qu’elles s’ouvrent d’elles-mêmes ; le pus des affections scrophuléuses est sujet à être rendu plus âcre par son contact avec l’air , et les ulcères sont ordinairement plus longs et plus difficiles à guérir, quand on ouvre les tumeurs , que lorsqu’on les abandonne à ellesmêmes.

Pour corriger la mauvaise nature de l’écoulement , pour réprimer ou détruire les excroissances fongueuses, et pour disposer les ulcères â se cicatriser, on est dans l’habitude d’employer des escarrotiques , tels que le nitrate de mercure rouge , le vert de gris , et l’alun calciné , dont on se sert en poudre ou que l’on incorpore dans une pommade, comme le cérat. Quand il y a atonie locale , l’usage des légers s.timulans est convenable.

L’application de compresses trempées dans l’eau froide* l’eau de mer, ^u l’eau de chaux, et renouvelées aussi souvent qu’elles deviennent sèches pendant le jour , ainsi que celle de quelque

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doux emplâtre ou onguent , tel que le cërat de Saturne , ëtendu sur un linge fin, pendant la nuit, est un mode de traitement très-rècommandé contre les scrophules.

Si , maigre ces moyens , les ulcères ne se cicatrisent point, on imbibera les compresses avec une solution d’acëtate de plomb à la dose d’une demi-once dans une pinte d’eau ; j’ai vu retirer de très-bons effets de cette application. Le docteur Darwin se sert de l’ëcorce de chêne en poudre, unie avec du blanc de plomb.

Des ulcères scrophuleux qui avaient résiste à plusieurs autres remèdes, ont été cicatrisés par une faible solution d’acide nitrique dans l’eau.

Dans les ulcères d’une mauvaise nature et d’une fâcheuse apparence , on a obtenu dés succès marqués de l’application d’un cataplasme fait avec la mie de pain trempée dans une solution d’une once de carbonate de- soude dans une pinte d’eau.

Les ulcérations douloureuses et profondes, qui sont la suite d’une diathèse scrophuleuse , et qui sont accompagnées d’une grande irritation locale, ont 'été soulagées par les eaux de Malvern. Appliquées à l’extérieur , elles modèrent l’abondance de la suppuration , corrigent la fétidité qui caractérise la carie , favorisent la marche des bourgeons charnus et l’exfoliation de l’os carié : les ophthalmies scrophuleuses , ordinairement si graves , cèdent souvent à cette simple application '

DoctorSaunde7's''s Treatise on Minerai TV aters^

CACHEXIES.

De l’Atrophie mésentérique]

Les enfans d’une constitution scrophuleuse ont souvent les ganglions ^mésentériques malades. Ils se plaignent alors ordinairement d’une douleur lancinante , et profondément située dans l’intérieur de l’abdomen , qui augmente graduellement de volume, tandis que les autres parties du corps s’émacient. La physionomie s’altère , les yeux paraissent brilîans et enfoncés dans les orbites , le nez est effilé, les joues sont d’un blanc de marbre , si ce n’est lorsqu’elles sont injectées par l’effet de la fièvre hectique , et tout le corps a réellement cette teinte. Quelquefois, les lèvres sont enflées et d’un rouge foncé , et quelquefois les angles de la bouche sont garnis de petits ulcères. L’état des intestins varie , ils sont le plus souvent relâchés ; et alors les selles ne consistent qu’en un mucus écumeux teint de bile, qui produit de temps en temps des excoriations â la verge et à l’anus.

Quand l’affection a fait des progrès , l’enfant est morose , hargneux et paresseux. Il a ordinairement un accès de fièvre vers le soir ;de pouls offre généralement à cette époque environ 120 pulsations , tandis que , dans le reste du jour , il en donne rarement plus de 109. La soif est légère , et la langue n’est le siège d’aucun changement ; quelquefois seulement elle est striée de blanc sur ses bords. La peau est sèche et rude au toucher, et l’épiderme se détache souvent en écailles.

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