‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 20 sur 33 · FE L · texte numérisé non relu

FE L

'if Calomel . . gr. ij —

Kali tai'kiris . . gr. viij

348 CACHEXIES.

Le lait , le gruau , le sagou , et les autres farineux, etc. , doivent faire la base du regime. Si le malade a passé Fâge de deux ou trois ans , on peut lui accorder une petite quantité de nourriture animale , et des bouillons , des gelées , des viandes , s’il est sevré.

L’exercice en plein air doit être spécialement recommandé ; celui qu’on prend sur mer est ordinairement avantageux ; aussi , quand on peut se procurer une habitation voisine des côtes , on doit y recourir promptement. Quand la maladie se dissipe , que la fièvre , la douleur et le volume de l’abdomen diminuent, nous pouvons recommander les bains de mer , d’abord à la chaleur d’environ 8o degrés , en descendant ensuite par degrés à la température ordinaire de la mer. Si l’on est dans l’hiver, l’eau peut être chauffée à environ 65 ou 70 degrés du thermomètre de Farenheit.

De la Maladie vénérienne, ( Syphilis.)

On a beaucoup disserté pour savoir de quelle partie du monde cette maladie tire son origine : quelques personnes croient quelle est née en France , et d’autres pensent qu’elle a été apportée d’Amérique par les soldats de Christophe Colomb. Que cela soit ou non , il est certain qu’elle a été observée pour la première fois au siège de Naples, en Fan 1498, et que depuis cette époque, elle s’est étendue très-rapidement en France, en Espagne , en Allemagne, etc.

* Etymologie, sordidus , turpis : ou ^vçypo?'CuSj et

, arnor.

CACHEXIES. 349

Le virus syphilitique est particulier à l’espèce humaine , et ne produit aucun effet sur les animaux, comme font prouve, d’une manière incontestable, des experiences répétées. Nous pouvons donc conclure que cette affection fut créée en punition des injures faites à la chasteté conjugale , et pour servir de frein à la jeunesse , en l’engageant à former de bonne heure une al-liance honorable , qui permette de satisfaire les passions que la naturé a données, et de concourir à la propagation de l’espèce , sans aucun risque de ruiner sa santé.

Le virus syphilitique ne peut pas, comme celui de quelques autres maladies éruptives, telles^ que la variole, la rougeole, etc., se communiquer sous la forme d’effluves, ni se propager par la respiration. Pour qu’il se développe , il est nécessaire qu’il soit appliqué à quelque partie recouverte d’une membrane muqueuse , ou bien sur un endroit excorié ou ulcéré.

On a mis en doute s’il était possible que la maladie pût être communiquée de la mère à l’enfant dans Futérus. Quelque rares qu’en soient les . exemples, le fait n’en est pas moins possible et prouvé par plusieurs observations très-authentiques.

Il est démontré que le virus vénérien occasionne sur la membrane muqueuse , sur la plaie ou sur l’ulcère auxquels il a été appliqué , la transformation du mucus ou du pus , en une matière semblable a lui-même , laquelle excite une inflammation dans la membrane ou dans les glandes,

35o ^ CACHEXIES,

OU dans la plaie ou Fulcère , et est ensuite absorbée dans Féconomie, ce qui n’arrive que trèsrarement avant cette époque. Néanmoins il s’est présenté quelquefois , dans la pratique, des cas dans lesquels l’absorption a eu lieu sans qu’aucun effet apparent ait été produit.

L’infection presque toujours se déclare d’abord dans la partie sur laquelle le virus est appliqué ; et comme elle survient le plus généralement par suite du commerce impur d’un sexe avec l’autre, les symptômes se montrent ordinairement d’abord aux parties de la génération. Quand un enfant communique la contagion à sa nourrice , les mamelons sont les premières parties affectées; et si au contraire c’est la nourrice qui infecte l’enfant , les lèvres et les autres parties de la bouche offrent les premiers symptômes de la maladie également. Pareillement , quand un accoucheur, atteint d’une égratignure à l’un des doigts de la main avec laquelle il opère, gagne la maladie , c’est la partie blessée qui souffre d’abord ; une inflammation s’y déclare ; et bientôt après les glandes de Faisselle se gonflent, et deviennent douloureuses.

Le virus syphilitique produit une maladie locale ou constitutionnelle. Dans le premier cas, l’affection est entièrement bornée aux parties sur lesquelles le virus a été d’abord appliqué; et, dans le dernier, il y a infection générale de Féconomie et de la masse des humeurs. La syphilis s’observe donc dans les deux sexes , soit comme affection locale sous la forme de gonorrhée ou de chancre ,

CACHEXIES. 35 1

soit comme affection constitutionnelie , sous celle d’une diathèse vëne'rienne confirmee.

Entre le moment où l’affection locale se declare , et celui où elle devient constitutionnelle , il y a cependant certains symptômes qui paraissent : telle est une espèce d’iidlammation des vaisseaux absorbans et des ganglions lymphatiques les plus voisins des parties ulcérées , laquelle est produite , sans doute , par le passage de la matière .morbifique. Alors on aperçoit une ligne dure , rouge , enflammée , assez semblable à une corde qui s’étend tout le long du dos de la verge; ou bien , ce qui est plus ordinaire , il survient , dans g^n ganglion , un gonflement , et une inflammation dont un bubon est la suite. Gomme, dans la plupart des cas , la matière est d’abord appliquée aux parties de la génération ^ communément les ganglions des aînés sont le siège de ce symptôme.

Par gonorrhée viculente , ou chaude-pisse , on doit entendre un écoulement par l’urètre , en suite d’une application de la matière syphilitique. Par le mot de chancre, on désigne un ulcère vénérien, très-enflammé, très-douloureux, inégal dans son fond , -à bords sailians d’une couleur cendrée , et sans la moindre disposition a se cicatriser quand il est abandonné à lui-même , mais, au contraire, s’étendant beaucoup. Par diathèse vénérienne, on désigne l’affection de toute l’économie, par suite de l’absorption du virus syphilitique', qui signale sa présence sur différentes parties du corps.

352 CACHEXIES.

Quoiqu’une gonorrhée et un chancre soient des affections locales dans le principe , il y a cependant ^ entre ces deux affections , une différence notable ; c’est que , dans la première , il y a écoulement de pus sans aucune solution de continuité , et que , dans le dernier , il y a toujours une solution : il en résulte que la gonorrhée peut continuer pendant quelque temps sans causer une infection générale , et peut à la longue se guérir d’elle -même , tandis que le chancre n’est jamais dans le même cas.

En parlant de cette distinction à faire entre la gonorrhée et le chancre , mon intention n’est pas de donner à entendre que la première n’occasionne jamais une infection générale. Assez souvent, lorsque la gonorrhée a duré long-temps, elle est suivie de cet effet , ce qui est dû probablement à la forma don d’un petit ulcère dans l’urètre , quoique je conçoive que l’absorption puisse se faire sans ulcération. L’application prolongée du virus vénérien sur une surface muqueuse , comme celle du gland, peut, dans quelques cas , produire une vérole constitutionnelle , sans qu’il y ait eu d’ulcération antérieure.

Il s’est élevé de grandes- discussions au sujet de la matière sécrétée dans les gonorrhées ; sa nature est-elle semblable à celle que fournissent les chancres, et une personne affectée de l’une ou de l’autre de ces maladies peut-elle communiquer à ain individu sain l’espèce d’affection dont elle n’est pas infectée? On peut, je pense, assurer, sans difficulté, que la gonorrhée, les

' CACHEXIES. 353

chancres et l’infection generale , j3ro viennent toutes de la même source , et que la matière de la gonorrhée et celle du chancre sont de la même nature. Souvent une gonorrhée produit un chancre , et réciproquement. Cela dépend de l’état des parties, du tempérament du malade, et de quelques autres circonstances accidentelles , et non pas d’une différence dans la nature de l’une ou de l’autre de ces affections.

La doctrine que je viens d’avancer, ne s’accorde nullement avec celle de Benjamin Bell et de quelques autres célèbres praticiens modernes, qui considèrent la gonorrhée et l’infection générale comme provenant de principes contagieux spécifiques et différens, contre l’avis du plus grand nombre des gens de Fart. Quant à moi , seulement alors que des faits convaincans et des expériences exactes m’auront prouvé qu’il y a ici disparité dans le virus, j’adopterai cette nouvelle opinion.

Quand une personne attaquée de la maladie ^ vénérienne a commerce avec un individu sain , et qu’il arrive que ce dernier a une petite excoriation , une ulcération ^ ou une plaie , dans le voisinage des parties de la génération , l’affection communiquée est ordinairement constitutionnelle ; car , dans ce cas , la matière peut être promptement absorbée, comme il arrive dans l’inoculation de la variole ;* tandis que , si le virus est appliqué à une surface recouverte d’une membrane muqueuse, et où il n’y a ni excoriation,

354 CACHEXIES.

ni ulcéra lion , il produira probablement ou une

gonorrhée ou un chancre.

Quoique telle soit mon opinion, je ne prétends pas faire entendre que cela soit invariable. Je Fai déjà dit, Fétat et Firritabilité des parties au moment où le virus est appliqué , la constitution de Findividu, et plusieurs autres circonstances accidentelles , ont ici une grande influence.

Une autre remarque à faire au sujet de la nature du virus syphilitique , c*est que certaines constitutions paraissent plus susceptibles d’en être affectées que d’autres ; de deux hommes qui auront commerce avec une femme malade presqu’au même instant, l’un contractera l’infection, et l’autre se retirera sain et sauf.

De la Gonorrhée ^ virulente. ** ( Gonorrhœa

virulenta. )

On ne peut rien déterminer de positif à Fé- " gard du temps qui s’écoule entre l’apparition d’une gonorrhée , et le moment de l’infection. Chez quelques individus , elle se montre au bout de trois ou quatre jours ; tandis que chez d’autres il s’écoule plusieurs semaines avant qu’elle se déclare. Le plus ordinairement, cependant, elle

Etymologie. Tûvoç, sperma, fia fluo. ;

** Cette maladie appartient àda classe IV {^Maladies locales ), ordre iv (^Apocénoses) , dans la classification systématique de Cullen ; mais j’ai pensé qu’il était convenable de ne pas séparer les variétés de la syphilis les unes les autres.

CACHEXIES. 355

s’annonce après la première ou la seconde semaine , et commence chez l’homme par un malaise autour des parties de la ge'nèration, une démangeaison au gland , et une douleur et un sentiment de tension tout le long de l’urètre ; bientôt après , une matière blanchâtre paraît vers l’orifice de ce canal , et on ressent de la cuisson en urinant.

Dans l’espace de quelques jours, l’écoulement augmente considérablement ; il prend une teinte verdâtre ou jaunâtre , et devient plus fluide ; il y a de la rougeur et de l’inflammation ; par suite , le gland acquiert fapparence d’une cerise mure , le jet de l’urine est plus grêle que de coutume , parce que le canal est rétréci par finflammation de sa membrane muqueuse ; la dour leur est très-vive, et une chaleur brûlante se fait sentir toutes les fois que le malade veut rendre ses urines.

Quand l’inflammation est violente , elle empêche l’extension de l’urètre pendant l’érection , en sorte que la verge est courbée par en bas ; il existe une grande douleur, qui est beaucoup augmentée si l’on cherche à lever cet organe vers le ventre ; au reste, les érections sont fréquentes, particulièrement quand le malade est échauffé dans son lit , ce qui le prive de sommeil , et détermine quelquefois des pollutions involontaires. Ce sont ces symptômes qui constituent ce qu’on nomme une chaude-pisse cordée»

En raison de l’inflammation , il arrive quelquefois cpfau moment d’uriner , un petit vais-

356 CACHEXIES,

seau sanguin se rompt et détermine une légère hémorrhagie. Par la même cause , souvent aussi le prépuce se gonfle tellement , qu’il ne peut plus être retiré en arrière , ce qui constitue le phymosis : ou bien , étant amené au-delà du gland , il ne peut plus le recouvrir , et c’est ce qu’on appelle paraphymosis. Parfois encore, de petits gonflemens durs se forment au-dessous de la verge , le long de l’urètre , et peuvent suppurer et donner naissance à des fistules.

Les parties voisines sont sympathiquement affectées ;‘la vessie irritée devient incapable de retenir l’urine , ce qui oblige le malade à la rendre fréquemment ; il y a d’ailleurs du malaise au scrotum, au périnée, et à l’anus. Les glandes des aines sont dures et volumineuses, et quelquefois les testicules enflés et enflammés ; par suite , il survient de très-grandes do.uleurs, qui s’étendent depuis le siège de la maladie , jusqu’au défaut des côtes ; il y a de la chaleur et de l’insomnie , et une légère fièvre symptomatique se déclare.

Quand il y a peu d’inflammation , il n’existe presqu’aucun des symptômes dont je viens de parler ; on observe seulement un écoulement avec légère chaleur ou cuisson en urinant.

Par suite de l’inflammation qui s’étend le long de l’urètre, il arrive quelquefois qne la membrane muqueuse de la vessie s’épaissit , s’ulcère , et sécrète une quantité considérable d’une matière mucoso-purulente , qui donne à l’urine l’apparence du petit-lait.

Si une gonorrhée n’est irritée par aucun écart

cachexies.

de regime , si elle n’est pas prolongée par le défaut de secours , dans l’espace d’environ quinze jours ou trois semaines , la matière de l’écoulement , d’abord claire et sans couleur , devient épaisse , blanche et gluante, et, après avoir commencé à diminuer graduellement en quantité, se tarit enfin , en même temps que tous les symptômes inflammatoires cessent : si , au contraire , le malade ,a mené une vie déréglée , s’il s’est adonné à la boisson et a fait usage de mets fortement assaisonnés , et s’il a négligé d’employer les moyens convenables, son affection peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois , et laisser après elle une grande faiblesse ou quelque altération profonde de la masse du sang ; en outre , il court le risque de se trouver atteint, à une époque éloignée, d’une vérole constitutionnelle, surtout s’il a négligé les soins de propreté convenables ; quand, en effet, on laisse la matière virulente séjourner entre le prépuce et le gland , de manière à occasionner une excoriation ou une ulcération , l’absorption est toujours à craindre.

Un autre danger attaché à la prolongation d’une gonorrhée , spécialement si elle a été accompagnée de symptômes inflammatoires , ou si le malade en a été déjà souvent affecté, c’est la formation d’un ou de plusieurs rétrécissemens dans l’urètre, lesquels occasionnent une difficulté considérable dans l’émission des urines , qui est accompagnée de vives douleurs, et qui , au lieu de se faire par un jet libre et non interrompu , a lieu par deux fdets , et quelquefois s’opère seule-

358 cachexies;

ment goutte à goutte. SiFon ne'glige ces rétrécîssemens, ils deviennent une affection très-sérieuse et très-dangereuse, en ce qiF assez souvent ils ferment le canal de Furètre , de manière à produire une rétention totale d’urine.

Quand une gonorrhée a été de longue durée , des excroissances peuvent également se développer autour des parties de la génération , par l’effet de la matière qui tombe ou qui séjourne sur elles ; et assez souvent elles sont très-nombreuses et très-incommodes.

Après avoir fait mention de tous les symptômes qui accompagnent ordinairement la gonorrhée chez l’homme, il est seulement nécessaire d’observer qu’on rencontre chez les femmes la même chaleur, la même cuisson en urinant, la même . évacuation de matière muqueuse décolorée , avec une légère douleur en marchant , et un malaise en s’asseyant ; mais comme les parties génitales des femmes sont moins compliquées dans leur structure et moins rhultipliées, elles ne sont pas sujettes à plusieurs symptômes qui attaquent les hommes ; et, comme Furètre est beaucoup plus court chez elles , et d’une forme plus simple , elles ne sont que rarement, et même jamais , attaquées de rétrécissemens.

Chez les femmes ,,il arrive souvent , en effet, que tous les symptômes d’une gonorrhée sont si légers, qu’il n’existe aucune autre incommodité que Fécoulement; à moins que peut-être immédiatement après l’éruption des règles , il ne se manifeste quelques accidens plus prononcés.

CACHEXIES. 359

Les femmes d’une constitution molle , et qui ont eu de frëquens ayortemens , sont sujettes à une maladie connue sous le nom de fleurs blanches ^ qu’il est souvent difficile de distinguer de la gonorrhëe virulente , en raison de ce que la ma-^ tière, evacuee dans Tune et dans l’autre de ces affections, a la même couleur et la même consistance. La manière d’établir son diagnostic en pa™ reil cas est de vérifier avec soin les symptômes qui existent actuellement et ceux qui ont précédé , en donnant une grande attention aux circonstances concomitantes , telles que le caractère et la manière de vivre de la malade.

Il n’y a pas long temps qu’on pensait généralement que la gonorrhée dépendait toujours d’ulcères dans l’urètre , qui produisaient un écoulement purulent ; et , en effet , de tels ulcères se rencontrent à la suite d’un grand degré d’inflammation et de suppuration; mais l’examen du cadavre des individus morts dans le cours d’une gonorrhée , a clairement démontré que la maladie existe souvent sans aucune ulcération dans l’urètre ; en sorte que la matière fournie* est ordinairement un mucus vicié , sécrété par les follicules muqueux de ce canal qui , dans les premiers temps, paraît ordinairement rouge et enflammé, a ses glandes muqueuses tuméfiées, et sa cavité remplie de matière jusqu’à quelque distance de son extrémité. Quand la maladie a été de longue durée , toute l’étendue de sa surface jusqu’à la vessie est généralement pâle et mollasse, sans aucune érosiom

36o CACHEXIES.

Dans ie traitement de la gonorrhëe , nous de-' vons nous diriger d’après les symptômes existans, et Féîat de la maladie à l’epoque où nous sommes consultes. Si , au commencement , le malade éprouve beaucoup de douleur, de chaleur et de difficulté en urinant , avec quelques autres symptômes inflammatoires , et qu’il soit en méipe temps d’un tempérament sanguin et pléthorique, on peut conseiller les moyens antiphlogistiques , la saignée , les doux purgatifs , les injections sédatives (i), les tisanes délayantes et mucilagineuses , telles que l’eau d’orge , celle de graines de lin , ou la solution de gomme arabique dans

(i) ^ Olei Amyd . ^ iv.

Aquæ Litharg. acet . gutt. viij.

M. F. Injectio,

VEL

gi Aquæ fontis . . $ iv.

Tinct. Opii vinos. . gutt. xl.

VEL

^)f Aq. Litharg . ^ . gutt. xx.

- Rosæ . . viij.

VEL

'if Aquæ distill . 5 iv*

Acid, muriat . gutt. viij.

VEL

if Theæ viridis . Ü 15.

Aq. ferventis . % W»

VEL

'if Mucilag. Gumm. arab . . J

Olei Oliv. . y 3‘J-

Tinct. Opii vinos. . . . gutt. l.

CACHEXIES. 36 î

le lait; une diète légère , Fabstinence des liqueurs fermentées et spiritueuses , et celle de l’exercice ; mais s’il n’y a pas de diathèse inflammatoire , ni une grande ardeur en urinant, il devient inutile d’avoir recours à la saignée et aux purgatifs.

Le nitre est un médicament souvent employé quand il y a de l’ardeur d’urine ; mais il est trèsmal indiqué , car il augmente la douleur par son action stimulante sur l’urètre , excorié ou enflammé.

En évitant les purgatifs , quand ils ne sont pas nécessairement indiqués , nous devons pourtant ' prendre garde de tomber dans un excès contraire , en laissant subsister la constipation ; car le séjour des excrémens endurcis , et leur expulsion , peuvent irriter l’urètre. Dans toutes les périodes de la gonorrhée , il faut par conséquent conseiller de tenir le ventre parfaitement libre , à l’aide de quelque doux laxatif (i).

(i) ^ Elect, è Senna . . . • § j f5.

Cremor. Tartar! . 5 ij.

Pnîv. Jalap . 3 C.

Syrup, simpl. . • . . . . q. s.

¥ . Electuarium cujus sumat cochlear, minimum^ marié et vcspere.

VEL

^ Mannæ optim. • . . . j*

Kali tartar. . . 3 ij.

Aquæ ferventis . • . .,.§!].

Tinct. Jalap . guU. xxx.

M. F. Haustus.

VEL

Magnes, vitriol . 3 ij.

362 cachexies;

Parmi les accidens qui peuvent accompagner la gonorrhee , nous avons compte le phymosis et • le paraphymosis. En pareil cas, il faut avoir recours aux fomentations ëmollientes, à l’application de cataplasmes froids, composes de farine de graines de lin ou de mie de pain, et d’une solution d’acétate de plomb. Le malade doit en même temps se tenir autant que possible dans une position horizontale; ou, s’il est oblige de marcher, il doit redresser sa verge contre le ventre , au moyen d’un bandage convenable. Quand une vive inflammation accompagne l’une ou l’autre de ces affections, on emploiera d’abord la saignée locale , en appliquant deux ou un plus grand nombre de sangsues à la partie. Quand l’inflammation est encore plus considérable , et qu’il existe de l’étranglement , il est. quelquefois nécessaire d’opérer la section du prépuce. En outre, dans le phymosis , il sera convenable d’injecter de temps en temps un peu de lait chaud et d’eau entre le prépuce et le gland , dans l’intention d’enlever la matière qui pourrait , en s’y logeant , causer des ulcérations , et faire courir le risque d’une infection constitutionnelle.

Quand la gonorrhée est cordée , il faut frotter les parties avec une forte solution ou avec de la teinture d’opium, et y tenir constamment appliqu as des plumasseaux de charpie , trempés

Aquæ ferv . ^ viij.

Tinct. Sennæ compos . . ^ j.

Capiat cochlear, magna iv. pro dos.

CACHEXIES.

dans les mêmes liqueurs, en ayant soin de les renouveler aussi souvent qu’ils deviennent chauds. La méthode la plus certaine d’empêcher les symptômes fâcheux qui accompagnent cette variété de l’affection , est de donner le soir au malade une potion opiacée contenant au moins cinquante ou soixante gouttes de teinture d’opium dans une once de mixture camphrée.

Par suite de l’inflammation , qui s’étend fort avant dans l’urètre , il se forme quelquefois une tumeur au périnée. Dans ce cas, nous devons tâcher de la dissiper par les saignées générales ou locales, plus particulièrement celles-ci; par l’application de cataplasmes avec les préparations de plomb , la diète légère , et l’administration fréquente des laxatifs. On a conseillé aussi alors de frotter les parties avec l’onguent mercuriel ; mais cette pratique est rarement suivie d’un bon effet.

Quand l’inflammation ne semble pas vouloir céder, après l’emploi de ces moyens, mais qu’au contraire , elle paraît marcher ’promptement vers la suppuration , on doit chercher à attirer la matière à l’extérieur, pour empêcher qu’il ne se fasse une ouverture dans l’orètre.

Quelquefois l’inflammation gagne la vessie ; dans ce cas, le malade est tourmenté de fréquentes et vaines envies d’uriner , de douleurs dans cet organe lui-même, et d’une tension considérable au-dessus du pubis. Pour combattre cet accident, il est nécessaire d’avoir recours aux saignées générales , aux fomentations et lavemens émoi-

364 CACHEXIES.

liens , etc. , comme nous le dirons au sujet de rischurie.

La teinture de tabac, dans un peu de tisane de graines de lin , à la dose de trente gouttes , repëtëe deux ou trois fois par jour , a paru un excellent remède coptre la dysurie produite dans la gonorrhëe par l’usage trop prëmaturë des injections astringentes, ou par toute autre cause.

Il a dëjà ëtë dit que , par suite de la propagation de l’inflammation , il survient une cystite avec production d’une quantité considërable d’une matière mucoso-purulente , qui donne à l’urine l’apparence du petit-lait , et souvent avec évacuation de sang. Je soigne maintenant un cas de cette' nature , suite de l’usage inconsidéré de fortes injections astringentes , et de la teinture de cantharides à l’intérieur.

Le traitement de cette espèce d’inflammation chronique doit consister à injecter dans la vessie des liqueurs émollientes (i), à donner \iwa ursi^ à la dose d’un gros , trois fois par jour, les balsamiques (2) et l’eau alcaline.

(i) ^ Amyli . 5 ij.

Aquæ ferventis . § v.

Tinct. Opii vinos 5 j.

. Injeclio.

^ Aquæ Calcis . | iv.'

Olei Lini recent . 5 (S.

Aq Liæ Litharg. acet . . 5 15. ,

(2) ^ Balsami Canad .

- CopaibjxT . . j"

CACHEXIES .

La prostate est aussi quelquefois rendue malade par suite de la gonorrhëe , et elle est atteinte d’une inflammation que Ton reconnaît à une douleur et une chaleur dans le përinée qui s’étendent dans le rectum , et, plus certainement, en introduisant le doigt dans l’anus. Pour obvier à cet accident , il faut mettre en usage les saignées locales , à l’aide de plusieurs sangsues au périnée , les fomentations et les cataplasmes émolliens, les laxatifs et les lavemens. Quand il existe beaucoup de douleur et d’irritation, nous pouvons employer les anodins à l’intérieur et dans les lavemens.

Quand l’affection de la prostate parait dépendre des scropbules , il faut essayer de la guérir par l’usage de la ciguë , du quinquina , du muriate de baryte , de l’éponge brûlée , du carbonate de

Sacchari alb . . ^ c.

M. Dein adcle paulatim

Aquæ distill . viij.

Tinct. O pii . gutt. xxs.

M..Y . Emulsio de qua sumat œger cochlear, iij. magna ter in die.

VEL

'2f Terebinth, de Chio . grT iij.

Sapon. Ilispan . » . . . . gr. v. *

Pulv. Gentianæ . . q. s.

M. F. Pilul(Z iij. ter in die sumendæ.

'' VEL

Succi Gicut. spiss.' . . gr. ij."'

Resinæ flavæ . gr. iv.

Bais. Copaib . » . • q. s.

M. F. P Huiez iij. ter in die capiendz.

CACHEXIES.

sonde , et des bains de mer. Alors aussi , dit M. Hunter, un, cautère ou un séton au périnée ont quelquefois paru très-avantageux.

Si ces moyens sont sans effet, et qu’un squirrhe de la prostate survienne , la maladie doit être considérée comme à peu près incurable. Quand l’ulcération en est la suite, le cas est des plus malheureux. La fréquente application de sangsues, les frictions avec l’onguent mercuriel, les doux laxatifs , une conduite réglée , une grande tempérance , une exacte abstinence de toute nourriture échauffante et des liqueurs fortes , et l’exercice, particulièrement à cheval, peuvent déterminer l’état stationnaire d’un squirrhe de la prostate, pendant un temps assez considérable. La jusquiame , ou l’extrait de ciguë , donnés à doses aussi fortes que possible , sans aller jusqu’à produire du vertige, peuvent aussi seconder ces moyens ; mais lorsque l’ulcération est arrivée , on ne peut que se borner à calmer la douleur, et à procurer du sommeil par des doses répétées d’opium , non-seulement administré à l’intérieur , mais encore poussé dans le rectum en injection, ou en substance, par le moyen d’un suppositoire. Les bains chauds peuvent aussi procurer un soulagement momentané.

Le gonflement squirrheux de la prostate provient cependant fréquemment de toute auti^ cause que d’une gonorrhée ; les hommes avancés en âge sont très-sujets à en être affectés , mais plus particulièrement ceux qui produisent imprudemment une excitation artificielle des or-

CACHEXIES. àbj

ganes génitaux. On le rencontre par conséquent fréquemment dans ceux qui se livrent à la masturbation. D’après les nombreuses recherches faites par M. Everard Home il paraît que, quand la prostate est malade , ce ne sont point son corps ou ses portions latérales qui sont augmentés de volume , mais que son petit lobe mamillaire se porte en avant vers la cavité de la vessie , bouche l’urètre , et produit ainsi la difficulté d’uriner, et d’autres ^symptômes alarmans.

Dans le cas malheureux où une rétention totale d’urine provient de cette cause , et où l’on est obligé d’avoir recours à une opération , dans l’impossibilité d’évacuer le fluide à l’aide de la sonde , je pense que l’on doit faire la ponction de la vessie au-dessus du pubis , de préférence à toute autre méthode.

f II arrive rarement qu’une forte hémorrhagie se manifeste dans le cours de la gonorrhée ; mais quand cela a lieu, on doit l’arrêter en injectant dans l’urètre des sédatifs et des astringens , tels qu’une solution d’acétate de plomb ou de sulfate de zinc , dans de l’eau de roses , ou en appliquant des plumasseaux trempés dans ces liqueurs, et en tenant le malade dans un repos absolu. Quand ces moyens se montrent insuffisans , nous devons employer la compression.

Les charlatans , afin de guérir promptement les gonorrhées , sont dans l’habitude d’employer les injections astringentes dès la première appa-

* Philo9oph, Transact. Jor i8o6, part. art. 8.

368 CACHEXIES,

rition de cette maladie. Une suite fréquente de cette pratique est de déterminer, bientôt après la rapide suppression de Técoulement, une inflammation et un gonflement des deux testicules , ou au moins de l’un d’eux.

Comme on observe fréquemment ce résultat , il est bon de faire remarquer que , avant de faire usage des injections astringentes , il faut éloigner tous les symptômes inflammatoires , en suivant strictement la méthode antiphlogistique ; et que , en les employant après , nous devons les faire d’abord très-modérément astringentes.

Pendant la période inflammatoire , il est trèsconvenable d’employer des injections sédatives , comme il a déjà été dit ci-dessus ; mais quand la maladie est sur son déclin , on peut recourir à celles qui sont vraiment astringentes (i).

(i)' Zinci vilriol.* . 9 j.

Aqiiæ Rosæ . 5 viij.

VEL

Of Cemssæ acetat . gr. xv.

, Zinci vitriol . gr. x.

Aquæ dislill . § vj.

VEL

Of Ærugiiiis . . gr. viij.

Olei Oliv . i iv.

veL

Of Lapid. calamin. præp . . . 9 j

Bals. Copaïbæ . 9 ij.

Mucilag. Gumni. araU . B if

.Aquæ distill. ........... $ iv.

VEL

Of Bals. Copaïb . . 5 ij.

Mucilag. Giimm. arab . . . | li.

Aquæ Cal cl s . . . I iv.

cachexies: 369

Une injection de sulfate de zinc , dans la proportion d’environ un grain ou deux par once d’eau , quoique , peut-être , une des plus actives et des plus avantageuses, peut, chez les personnes d’une constitution irritable , produire , dans le premier moment, une grande douleur, l’augmentation de l’écoulement , et une tendance particulière au gonflement des testicules/ En semblable occurrence , M. Henry * fut porte à faire l’essai d’une injection, composée de huit ou dix grains d’acétate de zinc, dissous dans quatre ou six onces d’eau, ou dans un léger mucilage de semences de coin , ou une décoction de graines de lin ou d’orge ; le succès surpassa son attente et les effets avantageux de toutes les préparations dont il avait fait usage jusqu’à cette époque.

Quelques chirurgiens ontl’habitude d’employer des injections mercurielles ; mais dans les cas récens , et pendant la période inflammatoire , elles sont aussi impropres que les astringentes. Quand l’inflammation est un peu abattue , et que , cependant, l’écoulement continue, ou quand il n’y a aucune raison de soupçonner des ulcérations dans l’urètre , les injections mercurielles seront avantageuses (i).

* Medical and Physic alJoujmal, vol. i\,pag. 53.

(i) ^ Hydrarg. muriat . . . • • gr* ij-

Solve in

Spirit. Vini rect . . . 5ij addc

Aquæ distill . . . * . • % viij.

Ammoni. muriat . gr. vj.

370 , CACHEXIES.

Il est quelques médecins qui prétendent que la gonorrhée n’a pas une origine vénénenne; d’autres, qu’elle est seulement une variété de la maladie vénérienne purement locale , et sans aucun danger d’infection générale par absorption. En conséquence , ils la regardent comme une maladie qui doit disparaître d’elle-même, et se gu u’ir de même avec le temps : en sorte qu’ils négligent de donner des médicamens dans l’intention de combattre ou de détruire le virus syphilitique. Le vice radical de cette manière d’agir, elles suites fâcheuses qui en résultent fréquemment , sont trop visibles pour que je les soumette à ma censrire. L’expérience doit avoir convaincu le chirurgien prudent que , pour prévenir tout accident consécutif, et produire une guérison parfaite , il faut, dans le plus grand nombre des gonorrhées , faire usage du mercure , sous quelque forme que ce soit.

Je ne veux cependant point affirmer qu’une gonorrhée ne puisse jamais être guérie sans mercure. Dans les cas où la maladie est récente , et peu intense , et quand il n’est survenu ni excoriation, ni ulcération, l’affection reste locale, et â la longue, se guérit spontanément ; mais comme nous ne pouvons pas distinguer les cas dans lesquels la matière n’est pas absorbée , de ceux où cette absorption a lieu , la méthode la

VEL

Tf Mucil. Gnmm. arab. % viij.

Calomelati . 'S j.

J^erantur siiniil in mortario.

CACHEXIES. 371

plus sûre est d’avoir recours au mercure dans tous les cas graves , parce qu’ainsi nous préviendrons toute suite fâcheuse pour le malade , et tout reproche pour Fhomme de l’art.

Aussitôt , par conséquent, après avoir calmé les symptômes inflammatoires , nous pouvons commencer l’usage du mercure et des injections astringentes , réglant la dose sur l’effet produit. Si nous donnons les pilules de mercure , de préférence à toute autre préparation de ce métal , la dose en sera d’une d’environ cinq grains tous les soirs, et l’on continuera jusqu'à ce qu’une saveur cuivreuse se fasse sentir dans la bouche, ou que les gencives paraissent affectées. Quand l’un ou l’autre de ces signes se manifeste, on ne'fera prendre le remède qu’une nuit sur deux ou trois, ce qui suffit pour détruire entièrement le virus syphilitique.

Si les pilules mercurielles occasionnent de la diarrhée , nous pouvons leur substituer celles de calomel et d’opium (i), ou de mercure calciné (2). Si le meme effet a lieu également, nous

(i) ^ Calomel

Opii . gr. xij,

Synip . q. s.

M. F. Pilulœ XX quarum sumaty vel ij mane et node quotidiè,

(2) % Hydrarg. calcin . 3 j.

Opii . . . X,

Mel. optimi . q. s,

M . F. Pilulœ XX. Capiat j. vel ij, bis in die.

372 CACHEXIES,

devons alors , avec un demi-gros d’onguent mer-' curiel double , faire frotter tous les soirs les jarets et les aines , jusqu’à ce que la bouche paraisse affectëe. Au reste , quelque préparation mercurielle que nous puissions employer , elle doit , dans tous les cas , être continuée quelque temps après la disparition de tous les symptômes ; et , pendant ce temps , le malade évitera avec soin l’action du froid.

M. Addington, de W^est Bromwich, dit * avoir guéri des gonorrhées virulentes au moyen de fortes doses de muriate de mercure en peu de jours , et sans aucune suite fâcheuse. Il est au reste difficile de rendre compte de l’action de ce médicament, autrement qu’en supposant qu’elle est due à la sympathie qui existe entre le gosier et l’urètre.

Dans la vue de diminuer l’irritation générale et celle des parties principalement affectées, l’opium a été très-employé dans la gonorrhée , nonseulement en injection dans l’urètre , pendant le cours de la journée , mais encore à l’intérieur, tous les soirs, au moment du coucher. Cette pratique est suivie de très-hons effets , et devrait être adoptée plus généralement qu’elle ne l’est.

Par suite d’une sympathie des parties affectées , ou de quelque exercice trop violent , ou encore de l’usage prématnré des injections astringentes , il arrive quelquefois que l’inflamma-

* Conlrihutions of Medical Knowledge , published hy doctor r>eddoés.

Foyez aussi page 94 de ce volume.

e-ACHEXlES. 37a

tion se jette sur un des testicules , attaquant en même temps le cordon spermatique et Fépididyrae.

Alors le régime antiphlogistique , la saignée générale , quand la diathèse inflammatoire semble prédominer, et la saignée locale, au moyen des sangsues , quand elle n’existe pas , sont de rigueur; en outré, on doit donner au malade un fort purgatif (i) chaque troisième ou quatrième jour , le soumettre à la diète , et Fobliger à garder une position horizontale. Les parties peuvent être baignées d’ailleurs plusieurs fois par jour dans quelque liqueur résolutive (2) , et recouvertes ensuite de petits plumasseaux qu’on en a imbibés , et qu’on renouvelle aussi souvent qu’ils deviennent secs ou chauds. Pendant la nuit, un cataplasme froid de farine de graines de lin ou de seigle , mouillé avec une solution d’acétate de plomb, peut être tenu sur la partie ; et afin que les testicules ne soient pas pendans , on soutiendra le scrotum avec un suspensoire. ^ ,

(i) Pulv. Ja]ap. . . 36.

(Calomel . . gr. y

M. F. Pahis.

(*2) Ammon, muriat. Si],

Acet. acerrim . | ij.

Spirit, camphorat . . . . . | j.

M uæ Litharg. acet. 56.

y EL

% Cerussæ acetat . . 56.

Aquæ Rosæ . . § iv.

Tinct. Opii. . . . 5 ij.

374 cachexies;

Pendant la duree de i’inilammation et du gonflement, on rejettera l’usage du mercure , et on emploiera des médicamens rafraîchissans , tels que le nilre (i) et les opiacés, tous les soirs, au moment du coucher.

En suivant cette méthode , presque toujours rinflammation des testicules se terminera favorablement ; mais quand , par suite d’un traitement impropre , de négligence , ou de toute autre circonstance, la suppuration est établie, il faut pratiquer une ouverture dans la partie la plus déclive de l’abcès, et on se comportera comme dans ceux des autres parties du corps.

Les émétiques ont été souvent administrés dans les inflammations des testicules ; mais c’est dans les cas où le gonflement n’est pas accompagné de dureté , qu’ils paraissent apporter le plus de soulagement. Le sulfate de cuivre peut être employé comme nous l’avons conseillé au sujet delà' phthisie , quand on juge que le vomissement est nécessaire.

(i) ^ Kali præparat. . .

Succi Limon. • •

Aquæ fontis . . .

]>?itri .

Syrup, simpl. . .

• • , . . • Sij.

M. F. Haustus ter de die

sumendus.

VEL

Of Cremor. Tart. . •

Kali nitrat .

M. et dÎKnd, in dos x. quarum sumat j. ter qualcrve

in die.

CACHEXIES, ByS

Lorsqu’il reste de la duretë après qne Finflammation et le gonflement ont disparu, les cataplasmes de ciguë , l’usage de cette plante à Fintërieur, avec le quinquina , .et les applications d’onguent merciinel tous les soirs, seront les remèdes les plus convenables.

La matière de Fëcoulement , dans la gonorrhée . est quelquefois d’une nature âcre , et cause, parson séjour entre le prépuce et le gland, chez l’homme , et sur les grandes lèvres , chez la femme , des excoriations et des ulcérations. Pour empêcher un tel accident , il faut observer attentivement les soins de propreté , et laver ces parties au moins deux fois par jour.

Quand il est survenu , nous devons employer des lotions d’acétate de plomb (i) , et attacher la verge à l’abdomen , au moyen d’un bandage.

Des excroissances semblables à des vernies naissent fréquemment autour des organes extérieurs de la génération , dans l’un et Fautre sexes, à la suite de la gonorrhée ou des chancres. Elles varient pour le volume , l’apparence et la consistante , adhèrent quelquefois par une large base , et quelquefois sont pediceliées. Toutes les fois qu’on ne peut pas les entourer avec une ligature , en raison de la largeur de leur base , ou

(ïj^Ceruss. acelat. . . . 5 (5.

Aquæ dislill. 5 vj.

VEL

% Spirit, camphoral . S ij.

Aqiiæ Lilhafg. acetat . 5 j.

— distill . ft j.

37G CACHEXIES,

parce qti’ elles sont très-nombreuses , on doit les toucher avec un caustique , ou les détruire par des applications fréquentes de substances âcres , telles qu’une solution de muriate de mercure et de sel ammoniaque, ou de la poudre de Sabine. On a remarqué que cette dernière réussissait alors même que tous les autres remèdes avaient échoué. Elle agit en déterminant une suppuration considérable sur la surface où on l’applique, ce qui détruit peu à peu les excroissances sans produire d’escarre, comme le font les caustiques. En outre , elle n’occasionne que peu ou point de douleur, et ne produit jamais d’inflammation , inconvénient qui suit assez fréquemment l’usage d’une solution de muriate de mercure ou de potasse pure , et des autres caustiques.

Lorsqu’à la suite de l’inflammation, certains points de Turètre se sont resserrés, ce qui fait que le jet de Furine se bifurque, ou qu’elle est évacuée goutte à goutte , la manière la plus ordinaire de faire disparaître cet accident , est l’emploi prolongé d’une bougie. Si tous ceux qui sont affectés de cette maladie ne négligeaient pas ce remède , nous ne verrions que rarement les effrayantes suppressions d’urine que l’on observe dans la pratique.

En faisant usage de bougies , il est néanmoins nécessaire de suivre les règles suivantes :

1°. On commencera par en employer une d’une grosseur modérée , et l’on ne l’augmentera que très - graduellement ; avant de l’introduire, je voudrais qu’on la tînt près du feu pendant un

CACHEXIES. 377

moment , de maniéré à Fadoucir ; puis on la courberait en forme de catheter, afin de l’adapter à la courbure de l’urètre ;

2*^. On ne fera aucun effort en l’introduisant; mais, lorsque l’on rencontrera une grande résistance, on se contentera de faire simplement presser son extrémité contre le rétrécissement, un instant chaque jour, et par la continuation de cette méthode, on obtiendra à la fin la dilatation de r étranglement ;

3®. On la portera d’abord seulement pendant environ une demi-heure , puis on la conservera insensiblement plus long-temps , de manière à ce que les parties puissent fendurer sans irritation ;

4°. Jamais on ne l’introduira dans la vessie , excepté d’abord pour s’assurer de l’étendue de la maladie, et simplement afin de porter son extrémité à quelque distance au-delà du rétrécissement ;

5°. On prendra garde qu’elle ne glisse dans la vessie , en courbant son extrémité , qui est hors de la verge , et en l’attachant avec un fil de coton fixé à cet organe ;

6'". On évitera tout mouvement pendant son introduction ;

7*^ On en continuera l’usage pendant un temps considérable après la disparition du rétrécissement , et on y aura recours de nouveau à la moindre apparence de son retour.

Dans les cas où une bougie , même du plus petit volume , ne peut pas être introduite , et

378 CACHEXIES.’

dans ceux dont la duree ôte l’espoir d’nn parfait rétablissement, on a proposé de faire usage du caustique , méthode d’abord Conseillée par John Hunter , et depuis recommandée par M. Everard Home. Il paraît, dit ce dernier, que Hunter, sentant tous les inconvéïiiens qui suivent l’application du caustique aux rétrécissemens de l’urétre , par le moyen d’une canule , comme on le faisait d’abord, avait, quelques années avant sa mort, adopté ce perfectionnement; et que luiméme a continué à en faire toirours usage depuis , sans avoir jamais observé qu’il en résultât aucun accident fâcheux.

Cetle opération consiste â prendre une bougie de grosseur convenable , â insérer un petit morceau de nitrafe d’argent fondu à son extrémité, de manière â ce qu’il soit entouré partout latéralement, mais seulement latéralement , par la substance de la bougie. Cette dernière doit être préparée un peu de temps avant qu’on ait besoin de l’employer ; car les matériaux dont elle est composée s’échauffent et s’amollissent lorsqu’on la manie pour insérer le caustique ; et par conséquent le trou que celui>^ci fait est plus exact et plus propre à F assujettir après qu’on Fa laissée se refroidir et durcir.

Cette bougie, ainsi préparée, doit être huilée ; mais avant de l’introduire , on poussera dans le canal une bougie ordinaire de la même grosseur, pour nettoyer la voie, et pour mesurer exactement la distance qui existe entre le rétrécissement etl’orifice externe. Cette distance étant marquée

sur la bougie armée , ceile-ci doit être poussée jusqu’au rétrécissement , immédiatement après avoir retiré l’autre Quand on sent qu’elle se trouve en contact avec la bride , il faut l’y maintenir fixement , en appuyant , modérément d’abord , et ensuite de moins en moins, puisque la bougie s’amollit en restant dans l’urètre , et se courbe promptement si la pression est trop grande.

Le temps qu’elle doit rester dépendra beaucoup de la force des douleurs et de l’ancienneté de la maladie ; mais , au premier essai , elle ne doit pas demeurer plus d’une minute , en raison de ce qu’elle produit alors beaucoup plus de douleur qu’elle ne le fera les fois suivantes. La douleur produite par le caustique n’est pas ressentie immédiatement : la principale sensation est celle de la pression de la bougie sur le rétrécissement ; peu après il survient un sentiment de chaleur , et enfin la douleur se manifeste. B’ailleurs , aussitôt que le caustique commence à agir, le chirurgien qui l’applique peut s’en apercevoir par les vives pulsations des petites artères voisines.

Ap rès que le caustique a été retiré, il est à désirer que le malade rende ses urines, parce que les parcelles qui pourraient en avoir été détachées sont ainsi rejetées; mais quelquefois il arrive qu’il ne s’échappe pas d’urine aux premiers efforts , et alors on ne doit point insister. Assez souvent encore, la première fois que le malade urine, il s’écoule mi peu de sang; cet accident

38o cachexies:

n’a également rien de redoutable ; c’est même plutôt une circonstance favorable, car, par cela, la bride se trouve ordinairement tellement attaquée , qu’au prochain essai , qui doit être aussi rapproché que la prudence le permet, la bougie peut être introduite jusque dans la vessie.

En suivant ce procédé , on peut appliquer le caustique jusque sur les rétrécissemens dans la partie membraneuse de l’urètre , ce qu’on ne peut pas faire avec un cathéter d’argent , à moins qu’il ne soit flexible ; et même encore cet instrument est sujet à plusieurs inconvéniens.

Il paraît que Hunter n’a employé le caustique que dans les cas d’oblitération complète du canal ; mais M. Home, d’après plusieurs faits, 'pense qu’on peut établir en principe général que l’irritation est entretenue et même augmentée , dans les rétrécissemens , par l’usage des bougies , tandis qu’elle est diminuée et même entièrement détruite par l’application du nitrate d’argent. Il recommande donc l’usage du caustique dans la plupart des cas de rétrécissement spasmodique , de préférence aux bougies. En comparant les effets des bougies et du caustique , il croit pouvoir conclure hardiment que le caustique est un procédé plus généralement utile, plus doux, plus prompt , plus certain , et plus durable que leur usage.

Celui du caustique , si généralement et si inconsidérément recommandé par M. Home , me paraît téméraire , et propre , dans plusieurs cas , à produire des accidens.

CACHEXIES. 38 1

Nul doute , à la vérité , que la bougie armée du caustique ue soit assez souvent appliquée au traitement des rétrécissemens sans inconvénient, mais encore l’emploi d’un remède si actif sur une partie si délicate , doit donner quelquefois naissance à des symptômes fâcheux ; et pendant son usage , différentes circonstances peuvent embarrasser le chirurgien , ou même détruire les espérances de guérison. A la vérité encore , très-ordinairement, la douleur excitée n’est pas fort aiguë , mais quelquefois elle est très-intense , à cause de rhlflammation de l’urètre , au moment où le caustique est appliqué.

Les meilleurs moyens, pour dissiper tous les symptômes fâcheux, sont. une diète légère, de repos, les opiacés , les laxatifs et les bains chauds. Si la rétention d’urine est la suite de l’application du caustique , on doit avoir recours aux mêmes moyens. S’il survient un gonflement du testicule , il est convenable de cesser le remède et d’employer les moyens ordinaires pour résoudre cette affection, tels que la saignée locale par les sangsues , le repos , un régime antiphlogistique , les laxatifs , les applications de plomb et le suspensoire.

Mais une des circonstances les plus fâcheuses qui puissent accompagner l’emploi du caustique pour la cure des rétrécissemens de l’urètre , et qui doit embarrasser le chirurgien et alarmer le malade , est une hémorrhagie abondante. La quantité du sang perdue est quelquefois considérable , et l’hémorrhagie peut reparaître d’un mo-

382 CACHEXIES.

Ment à Fautre , pendant plusieurs jours. On ne doit cependant rien apprehend r, si ce n’est un abattement et une faiblesse momentanés. Pour l’arrêter, nous pouvons employer les applications froides, le repos, les astringens à l’intérieur, et les laxatifs. Une compression convenable sur le périnée met fréquemment obstacle à récoulement du sang ; et , dans les cas graves , on peut recourir aux injections légèrement styptiques , telles que les solutions d’alun ou de sulfate de zinc.

Quand un paroxysme de fièvre suit l’application de la bougie caustique , comme cela arrive de temps en temps , et que le malade est saisi de frissons suivis d’une sueur abondante, le seul traitement nécessaire est l’administration d’un purgatif énergique , auquel on doit faire succéder celle d’une forte dose d’opium , et Fusage des boissons délayantes chaudes , pour favoriser la transpiration.

Chez les sujets très -irritables , ce serait une bonne méthode de donner une forte dose d’opium une heure ou environ avant l’application du caustique.

La pratique d’appliquer le caustique devrait , je pense, être bornée aux rétrécis-'emens de l’urètre qui ferment entièrement ce canal , ou qui sont assez serrés pour ne pouvoir être dilatés par les bougies ordinaires ; car l’urètre , même dans son état naturel, étant très-irritable , et en rapport avec des organes de grande impoiiance , tout remède violent ne peut lui être appliqué

CACHEXIES. 383

qu’avec la plus grande precaution. La règle invariable à suivre est de tâcher de dilater tous les rètrècissemens par le moyen d’une bougie ordinaire, avant de faire aucune tentative pour effectuer leur guérison par le caustique , qui doit être gardé en réserve pour les cas plus difficiles et compliqués , dans lesquels l’ancienne méthode a échoué, ou auxquels elle est inapplicable. Il faut cependant avouer que la dilatation produite par la bougie ordinaire n’est communément que momentanée , surtout dans les rètrècissemens qui durent depuis long-temps. Car, quoique le canal puisse être suffisamment élargi pour laisser passer Furine , il conserve une tendance au resserrement , qui reparaît généralement tôt ou tard , soit par Faction du froid , soit par quelqu’acte dlntempérance.

Deux autres méthodes d’appliquer le caustique ont été proposées, Fune par M. Cartwright, et Fautre par M. W^hately, et ont été entièrement décrites dans la première édition de cet ouvrage ; mais comme , après des essais répétés , on a reconnu qu’elles ne j ossédaient aucun avantage de pins que celle de M. Home , et qu’elles sont plus compliquées , j’ai pensé qu’il était inutile d’en donner ici le détail.

Dans 1111 second traité, publié dernièrement par M. YV^halely , sur les rètrècissemens de l’urètre , il e?^,t parlé de la découverte d’un caustique plus efficace , et plus certain dans son action que le di Irate d’argent : c’est la potasse pure , avec laquelle on arme une bougie de la manière

!?84 CACHEXIES.

recommandée ]3ar M. Home. Cette innovation

n’a cependant pas été regardée par les bons chirurgiens comme un perfectionnement ; car tout ce qui tend à affaibUr l’action du caustique détruit ou affaiblit ses effets sur le rétrécissement.

La gonorrhée est quelquefois suivie de caroncules et d’excroissances ordinairement situées vers l’extrémité de l’urètre , et jamais bien avant dans son intérieur : il faut les détruire par la bougie et le caustique , comme les rétrécissemens.

Quand une constriction spasmodique du canal survient dans la gonorrhée , ce que l’on reconnaît à son apparition subite , sans aucun signe précurseur , et à sa disparition aussi prompte , nous devons avoir recours aux applications émollientes , comme les fomentations avec des morceaux de flanelle trempés dans une infusion chaude de fleurs de camomille et de tètes de pavots concassées , et humecter la verge avec un mélange de teinture d’opium et d’éther. Quand ces moyens échouent, on doit donner un bain chaud et l’opium à l’intérieur , à fortes doses. Quand le resserrement permet d’introduire une bougie sans beaucoup de violence , cela doit toujours être fait.

Dans les rétentions d’urine provenant de spasme , nous ferons remarquer, au sujet de l’ischurie , que l’art est redevable à M. Cline de la découverte d’un remède très-efficace, la teinture de muriate de fer, donnée à la dose de dix

CACHEXIES. 385

gouttes , toutes les dix minutes , jusqu’à ce qu’il en résulte quelque effet. A la sixième dose , l’urine coule ordinairement librement, le malade éprouvant immédiatement auparavant un peu de malaise et d’affaiblissement. Comme le lavement de tabac produit des effets semblables , il pourrait être utile en pareil cas , comme dans la colique, lorsque les autres moyens ont échoué.

A la suite des gonorrhées répétées , et à cause de la faiblesse qu’elles occasionnent dans la partie , il arrive assez souvent qu’un suintement ou léger écoulement subsiste long-temps après que tout danger a cessé. Si le cas est récent , la maladie peut , en général , être aisément guérie ; mais , s’il dure depuis long-temps , et que les glandes muqueuses aient éprouvé un grand relâchement, ou qu’il y ait un rétrécissement ou une callosité , elle peut persister pendant toute la vie malgré les efforts les mieux dirigés , ou ne disparaître que par intervalles.

On doit tenter, néanmoins, d’obtenir la guérison par de fréquentes injections astringentes , et même stimulantes , telles que les solutions âcres de sel ammoniac , de mercure , de vertde-gris , la teinture de cantharides , le baume de Copahu , etc. (i) ; celles de la dernière classe

(i):^ Hydrarg. mur . . gr. ij.

Ammon, muriat . . , gr. x

H uæ distill.

r-Ez

Æruginis Æris . gn x.

Olei Oliv . . xiv.

nS

CACHEXIES.

doivent èïre employées plus rarement cependant que les premières : on peut encore établir un cautère , ou pratiquer un séton au périnée , pour détourner l’irritation. Outre l’emploi des injections , nous pouvons administrer des remèdes à l’intérieur (i). Pour gagner des forces et rétablir en même temps le ton des parties , le malade doit ^ se mettre à l’usage des ferrugineux , comme dans la dyspepsie , et à celui des bains froids , respirer Fair de la campagne , et suivre un régime restaurant.

Quand l’existence des scropbules est mani- . feste , il est d’usage d’administrer la ciguë combinée avec le quinquina.

(i) :y Bals. Copa'ib. . . § j.

Capiat cochlear, minim, bis terve in die cum paux. sacchari alhi.

VEL

“if Tinct. Benzoes . eodem modo.

VEL

Terebinth, vulg . . • . . 5 ij.

Pulv. B.adic. Bhabarb. ...... 5 j.

'îsl.Y , Pilulas xxxvj. quarum sumat ij. vel iij. bis terve in die.

VEL

If Terebinth. Venet . . . • S iij.

, Calomelan. . 5 (5.

Pulv. Cinchon . 5 j.

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