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Of Aluminis . . ij*
Decocl. Hordei . tfe — ij»
Mellis Rosæ . • * . ï A'
CACHEXIES. 4oï
Quand les ulcères ont une apparence fongueuse , et qu’ils fournissent une sanie claire et âcre , on peut les saupoudrer légèrement avec du précipité rouge , ce qui manque rarement d’améliorer le pus , sans occasionner aucune douleur. A l’intérieur , nous pouvons administrer le quinquina uni à l’acide nitrique, ou la décoction de mézéréon , à la dose d’une pinte par jour.
L’opium a été très-souvent employé dans la cure des bubons , et cela en partie parce qu’on lui suppose une vertu spécifique contre la syphilis; mais ses bons effets paraissent dépendre entièrement de sa propriété narcotique , et de ce qu’il diminue la douleur et l’irritation.
On a eu également recours à la ciguë , et quelquefois avec avantage ; on peut par conséquent l’administrer à l’intérieur , d’abord à la dose d’environ deux grains en extrait sous forme dç pilule , et on en augmentera chaque jour la quantité , jusqu’à ce qu’elle manifeste ses effets par un léger vertige.
Les bubons, chez les individus scrophuleux, ou quand ils sont accompagnés d’érysipèle , sont très-sujets , particulièrement dans les hôpitaux où l’air des salles est fort altéré par la respiration des vénériens , à dégénérer en ulcères phagédéniques, qui s’étendent en très-peu de temps sur une surface considérable, et assez souvent occupent une grande partie de la cuisse et l’hypogastre. En pareille occurrence, on fomentera deux fois par jour les parties ulcérées avec une décoction chaude de têtes de pavots concassées et 2. 26
1^01 CACHEXIES.
d’ëcorce de quinquina , et on les recouvrira d’urî cataplasme émollient , et , dans certaines circonstances, du cataplasme de charbon , dont il est parlé au chapitre de la gangrène. L’usage du mercure doit être discontinué sur-le-champ , et oil emploiera à sa place des doses copieuses et fréquemment répétées de quinquina et d’opium.
Le malade doit en meme temps être soutenu par un régime restaurant et avec du vin ; et , s’il est possible , on lui fera respirer un air plus pur, sans quoi tous nos efforts pourraient être infructueux.
Dans tous les cas de bubon , de chancre et de gonorrhée , où le mercure est employé à l’extérieur ou à l’intérieur, il sera nécessaire que le malade s’abstienne de tout aliment salé ou fortement assaisonné , et des liqueurs spiritueuses et fermentées; comme le froid, pendant l’usage de ce médicament, est très-sujet à produire la salivation, qui, sans lui, n’aurait peut-être pas lieu , on doit éviter encore avec le plus grand soin d’être mouillé, ou de s’exposer a un air froid et humide, prenant en même temps la précaution de se vêtir selon la saison.
De la Syphilis constitutionnelle.
C’est ici la troisième forme sous laquelle le virus syphilitique se montre ; c’est toujours aussi la suite d’une absorption de ce virus, qui peut arriver de trois manières.
i“. ILest porté dans la circulation sans pro-
CACHEXIES. /p3
duire aucun effet local évident dans la partie sur laquelle il a d’abord été appliqué;
2^". Ou il y parvient par suite de quelque affection locale , comme une gonorrhée , un chancre ou un bubon ;
3^". Ou enfin, par suite de son application à un ulcère ou à une plaie ordinaires , de la même manière que cela arrive par riiioculation de la variole.
Le mode le plus général, cependaht, d’infection constitutionnelle est l’absorption du virus , après un chancre ou un bubon.
Quand le virus syphilitique est introduit dans l’économie , quelques-uns des symptômes qu’il détermine paraissent souvent au bout de six ou huit semaines, ou plutôt; mais, dans quelques cas, il reste caché dans la masse des humeurs pendant plusieurs mois, avant de faire connaître saprésence par quelqu’effet visible. ïlproduitalors plusieurs accidens locaux dans différentes -parties du corps, et il se montre sous une foule de formes variées, qui semblent être autant de maladies dis* tinctes. Nous pouvons présumer que cette variété dépend entièrement de la différence des tempéramens, de celle des parties aFfectées , et de l'état dans lequel elles sont au moment où le virus leur est appliqué.
Les premiers symptômes se manifestent ordinairement sur la peau , et dans la bouche et le gosier. Quand la peau en est le siège , des taches rougeâtres et brunâtres paraissent ça et là sur sa surface , et des éruptions de couleur de cuivre
4o4 CACHEXIES.
sont dispersées sur différentes parties du corps ^ où elles forment bientôt une croûte épaisse , qui tombe en peu de temps , et est remplacée par une autre : cette succession se renouvelle plusieurs fois; et, à la longue, un ulcère se forme, et fournit une matière fétide et âcre.
Quand les glandes du gosier et de la bouche sont attaquées , la langue devient souvent malade elle-même , Fexercice de la parole est gêné ; les tonsilles , le palais et la luette , s’ulcèrent, ce qui cause de la douleur et de la difficulté à avaler, ainsi que.de l’enrouement. Dans les ulcères vénériens des amygdales , une portion de la substance de ces corps , parait comme arrachée ; elle est très-sale, et recouverte par une matière blanche, épaisse, adhérente : â ces signes caractéristiques , on peut, en général, les distinguer de toutes les autres espèces d’ulcérations dont ces parties peuvent être le siège.
Si la, maladie affecte les yeux, une ophthalmie rebelle , et quelquefois une ulcération, en sont la suite.
Le virus se porte quelquefois sur des parties profondément situées , comme les ligamens , les tendons et le périoste , et détermine des gonflemens durs et douloureux , connus sous le nom de nodus.
Quand on laisse avancer la maladie sans la combattre par les remèdes convenables , le sujet est attaqué de douleurs violentes , particulièrenient pendant la nuit ; sa face devient plombée ; ses cheveux tombent ; il perd l’appétit , les forces et
CACHEXIES. 4o5
Fembonpoint ; son sommeil est très-trouble ; et une légère fièvre hectique se déclare. Si on laisse également les ulcères de la bouche et du gosier s’étendre , et occasionner une carie des os du pa~ lais, la bouche et le nez peuvent communiquer; et les cartilages et les os de ce dernier étant à la fin détruits , il perd sa saillie sur la face.
Quelques individus résistent pendant un temps considérable à la maladie , tandis que d’autres succombent bientôt à la faiblesse et à l’irritation générales qu’elle produit. Si elle est récente , et que la constitution ne soit pas affaiblie par d’autres affections, on peut aisément en obtenir la guérison radicale : mais quand elle dure depuis ' long-temps , et qu’elle est accompagnée des symptômes d’irritation dont nous avons parlé , la cure est longue , et , dans plusieurs cas , incertaine , en raison de ce que la constitution et les forces du malade ne lui permettent pas toujours de subir un traitement suffisant pour détruire le virus; ou de ce que sa santé peut être assez altérée pour empêcher d’administrer les plus petites quantités de mercure, même à des distances trèséloignées.
Les altérations les plus ordinaires que l’ouverture des* cadavres de ceux qui sont morts d’infection générale nous fait connaître , sont la carie des os, particulièrement de ceux du crâne, et par suite des ulcérations du cerveau lui-même ; on observe en outre des gonflemens et des indurations des ganglions lymphatiques, le squirrhe de différens organes, spécialement du foie et des
4oG CACHEXIES.
poumons , et des exostoses sur la plupart des os
compactes.
On a tou jours été dans F usage de regarder le mercure comme Fantidote le plus certain du virus syphilitique ; il est donc évident qu’il est absolument nécessaire d’y avoir recours dans tous les cas où l’économie est infectée.
La manière dont le mercure dissipe la maladie , n’est pas encore expliquée d’une manière satisfaisante; mais, selon l’opinion de quelques médecins , son action est chimique , et ce médicament, en se combinant au virus, le détruit: car on a observé que le virus vénérien , appliqué par inoculation , produisait promptement un chancre , mais que , lorsqu’il était mêlé avec les différentes préparations mercurielles , il ne s’ensuivait aucune infection. Nous avons déjà cité un fait analogue au sujet de l’inoculation de la variole.
Quelques médecins, qui passent pour des praticiens éclairés , outre ces charlatans qui sont pleins de confiance dans la crédulité de l’espèce humaine , ont voulu faire croire au vulgaire que , par des recherches répétées sur les différentes productions de la nature , ils sont venus à bout de découvrir un spécifique plus doux et plus innocent que le mercure ; répandant avec profusion , tous les jours , des adresses et des programmes , ils annoncent qu’ils peuvent opérer une cure radicale sans donner un seul grain de ce métal. Une analyse exacte de tous les remèdes secrets qui ont paru avantageux dans de telles
firconstances, a, cependant, démontré clairement la fausseté de ces assertions, et prouve incontestablement que leurs spécifiques ne sont que des préparations mercurielles actives déguisées. Le mercure peut être introduit dans l’économie de deux manières, soit extérieurement, soit à l’intérieur ; et on peut l’employer de manière à obtenir la salivation , ou tellement modérer son action , qu’il produise seulement une tendance à cette affection ; méthode , dans tous les cas, la plus sûre et la plus convenable. Un troi-
par quelques praticiens ; mais quoiqu’il puisse réussir dans les affections primitives, il ne peut guérir une infection confirmée.
Il est des individus qui ne sont que peu affec^ tés par les applications extérieures du mercure sous forme d’onguent ,• en raison de ce que les vaisseaux absorbans ne s’en emparent pas promptement. Chez d’autres, les vaisseaux absorbans internesn’en prennent pas une quantité suffisante pour produira un effet très-marqué sur la maladie ou sur le tempérament ; dans ce cas , le médicament est évacué par les intestins, et occasionne une douleur d’estomac et des coliques.
Pour administrer le mercure convenablement, on doit l’employer de la manière la plus appropriée à la constitution du malade. Si , après quelque temps, les appiieations externes ne produisent aucun ellet, on doit l’administrer à l’intérieur. D’une autre part , si son usage à fintérieur vient à échouer, ou affecte l’estomac et les in-
'4ü8 CACHEXÎÊS;
testins , les applications extérieures doivent lui être substituées. En effet, la peau n’étant pas aussi essentielle à la vie que l’estomac , est capable de supporter l’application du mercure beaucoup mieux que ce viscère.
Quoique la quantité du mercure qu’il faut introduire dans l’économie pour la guérison d’une maladie vénérienne , doive toujours être proportionnée à la violence de celle-ci , nous ne pouvons cependant procéder à la hâte , ni administrer le médicament à des doses trop fortes ou trop fréquentes. Dans tous les cas, le plus prudent est de commencer par une très-petite quantité , soit à l’intérieur, soit à l’extérieur , et d’augmenter graduellement les doses de manière à agir d’une manière imperceptible ; aussitôt que le malade éprouve un goût cuivreux dans la bouche , que son haleine devient fétide , et la sécrétion de la salive plus abondante , on doit ne marcher qu’avec prudence , et même , s’il est né¬
cessaire , cesser entièrement pendant un jour ou deux , pour recommencer néanmoins aussitôt que ces symptômes se sont un peu calmés.
On doit donc employer le mercure de manière â occasionner seulement une tendance â la salivation , sans la produire entièrement , et se tenir constamment à ce point pendant tout le traitement.
Le mercure, ’quand il est donné avec précipitation , et à fortes doses , produit fréquemment des effets fâcheux sur différentes parties du corps. Ainsi, il occasionne la tuméfaction et Finflam-
CACHEXIES. 4^9
matioiî de la boiiclie , de la langue 'et des glandes salivaires , et par suite , une salivation abondante. Il affecte egalement F estomac et les intestins , et cause des nausées , des coliques et de la diarrhée ; dans quelques cas, il produit des sueurs abondantes et détermine une grande faiblesse.
Il ne convient donc jamais de faire prendre le mercure en assez grande c|uantité pour amener ces symptômes , qui sont toujours pénibles.
Si la maladie ne marche pas avec une telle vitesse, qu’elle paraisse menacer les jours du malade , on attendra jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par le mercure à doses rompues ; ou si le sujet est si sensible aux effets du mercure , que la plus petite quantité de ce métal , à l’intérieur ou à l’extérieur , affecte sa bouche , on aura tort de déterminer la salivation , la cure étant toujours ainsi rendue plus longue et incertaine.
Pour prévenir la salivation , il est nécessaire , en outre , que le malade prenne garde d’irriter les glandes salivaires en frottant la peau qui les recouvre , en les tenant trop chaudement couvertes , ou en mâchant des stimulans ; il doit également éviter, autant que possible, l’exposition au froid ; car ce dernier , dans le cours du traitement mercuriel , occasionne l’inflammation et la tuméfaction de ces glandes , et ainsi donne naissance au ptyalisme.
Il s’abstiendra également de tout mets salé et fortement assaisonné, et se bornera aux substances animales de facile digestion , aux bouillons légers , aux préparations de sagou , d’orge
4lO CACHEXIES,
et de riz y aux légers puddings, au lait, aux légumes, aux fruits mûrs, etc. lléviterales liqueurs spiritueuses et acides ; et s’il boit du vin, la quantité en sera très-petite , et toujours il sera étendu d’eau.
John Hunter paraît cependant penser que ces soins de régime sont entièrement inutiles ; car dans son traité de la maladie vénérienne , il dit que la manière de vivre, pendant un traitement mercuriel, n’a pas besoin d’etre changée, et qu’il ne voit aucune raison pour que le mercure ne guérisse pas la maladie vénérienne, avec quelque régime que ce soit. Quel effet, demande-t-il , peuvent avoir sur Faction du mercure, et sur ses phénomènes, un dîner mangé de bon appétit, et une bouteille de vin bue par-dessus? Je lui répondrai seulement que i’usage du mercure ne manque jamais de mettre le corps dans un état d’irritation. Par conséquent , tout stimulant, appliqué aux glandes salivaires , dans cet état , en occasionnera l’inflammation et la tuméfaction , et provoquera ainsi la salivation ; accident qui doit toujours être évité , autant que possible.
Quand nous employons les frictions pour la cure de la syphilis, sans avoir l’intention d’exciter une salivation, nous pouvons conseiller au malade de se frotter fortement le dedans des cuisses et des jambes , avec environ un demi-gros d’onguent mercuriel double, tous les soirs, et de continuer jusqu’à ce qu’il éprouve une saveur cuivreuse dans la bouche , avec augmentation de la sécrétion de la salive. Dès lors, il doit aller
CACHEXIES. 4ll
avec prudenc(^ , et même n’avoir recours à ses frictions que tous les deux jours , si ces phénomènes paraissent trop vivement. Si, au contraire, la quantité d’onguent indiquée était insuffisante pour produire un effet sensible sur la bouche , on l’augmenterait graduellement tous les soirs , jusqu’à ce qu’on eût atteint le but proposé.
Si nous employons le mercure à l’intérieur , avec la même intention de ne pas produire la sa^ livation , nous pouvons donner une ou deux pilules mercurielles tous les soirs , au moment du coucher , ou quelqu’une des autres préparations demei’cure, telles que le calomélas (i), l’oxyde (2) ou le muriate de mercure (3) ; en même temps
(i) ^ Calomel . ' . 5 j.
Pulv. opiat . . 5 ij.
Syrup, simpl . ; . q. s.
M. F. P Huiez Lx. Capiat j. vel ij. pro dos.
VEL
. 'if Calomel, præparat . . . . ') __
Camphoræ . . y aa 3 ij.
Opii . . gi** X,
Mell. oplimi . . • . . q. s.
M. F. Pilul. XX. quarum sumat j. vel ij. mane et nocte quotidie.
(2) 7f Hydrarg. cale. . . "J
Opii . . . . . > ââ 5 j.
Camphoræ . 3
Sjnip. simpl . . . q. s.
M. F. Püulœi^iL quarum sumat œ^er j vel i] omn: nocte hord decubitus .
(3) Hydrarg. muriat . gr. viij.
4 12 CACHEXIES,
nous recommanderons de boire environ une pinte par jour de la de'cocdon composée de salsepareille , qui tend à faire évacuer le mercure par la peau et les reins. Quand quelqu’une de ces préparations affecte les intestins , et produit la diarrhée . ou des coliques , l’opium calmera ces accidens.
Quand le cas est assez pressant pour obliger d’employer le mercure au point de produire la salivation, il faut toujours suivre la même marche , en commençant par une petite quantité queTon augmen te chaque jour. Si nous employons vies frictions , qui , au reste , méritent la préférence, nous ferons frotter le malade avec environ un gros d’onguent , tous les soirs, avant de le mettre au lit. Si les glandes salivaires ne sont pas affectées quelques jours apres , on en augmentera la quantité jusqu’à ce que le flux de salive soit produit.
Pendant la durée de la salivation , le pouls ne doit jamais donner plus de qS à loo pulsations par minute; et la quantité de salive ne doit pas être de plus de deux ou trois pintes dans les vingtquatre heures. Pendant le traitement, le corps
Spirit. Vini ten . . . . . îfe J.
F. Solutio cujus capiat cochlear, larg. j. manh et ve&~ perè.
VEL
"if Hydrarg. rauriat. dulc . . gï*- x .
Opii purif . . •.... gr. v.
Conserv. Gortic. Aurant . q. s.
F. Pilul. XX quaruni detur una oirtni nocte.
CACHEXIES. ^l3
doit être couvert de flanelle , et le malade doit prendre abondamment des boissons délayantes.' Pour remédier à la douleur de la bouche et des gencives, on peut employer un gargarisme adoucissant (i) trois ou quatre fois par jour.
Quandlasalivationsurvient plus promptement, ou marche avec plus de violence que nous ne le voulons , nous devons non-seulement diminuer la quantité de mercure , mais encore donner une ou deux purgations , et faire tenir l’appartement un peu frais. Le soufre a été généralement regardé comme possédant la vertu d’arrêter les effets rapides du mercure ; et par conséquent , en pareil cas , nous pouvons y avoir recours et le donner à la dose d’un demi gros à un gros deux fois par jour.
Dans les cas légers de syphilis , quatre à six semaines passées dans l’emploi du mercure suffisent pour opérer la guérison ; mais, si la maladie est ancienne et confirmée , il sera nécessaire de le continuer pendant huit ou dix semaines ou même plus long-temps. Dans tous les cas,' nous devons toujours recommander de poursuivre le traitement quelque temps après la disparition des symptômes , afin d’assurer la guérison ; car Faction du virus peut sembler arrêtée , et les
(i) ^ Decoct. Hordei . § ’vj-
JVÎcil. Piosæ 5 j«
Tinct. Opii 4 5 j.
M. F. Gargarismus.
4l4 CACHEXIES,
symptômes disparaître pendant un temps seuîement et revenir de nouveau, le virus n’ayant pas été complètement détruit.
- Aussitôt que l’on a cessé l’usage du mercure , il faut améliorer le régime , administrer un ou deux purgatifs, et exposer le malade à l’air d’une manière graduelle; après quoi, les toniques, l’habitation à la campagne et l’exercice, rétabliront les forces.
Pendant le cours de la maladie , souvent il est nécessaire encore de porter remède à des symptômes particuliers , pour la guérison desquels un traitement local est indispensable. Les amygdales, la luette , et les autres parties de l’arrière-bouche, ainsi que le nez, sont fréquemment ulcérés, quand la maladie a été de longue durée. Dans de tels cas , les parties doivent être nettoyées deux ou trois fois par jour avec un gargarisme convenable (i) ; après quoi , fes vapeurs de la myrrhe et du sulfure de mercure rouge jetés sur un fer chaud , peuvent être dirigées vers ces parties au moyen d’un entonnoir renversé*.
Quand les pustules s’ulcèrent, il faut les laver avec le calomélas et l’eau, ou avec le muriate de
(î) ^ Hydrarg. muriat. ♦ . , tSolve in
Spirit. Vini rectif. . .
Dccoct. Cinchon. . . .
Tincl Myrrhæ , . .
MclI. Rosæ. • . .
M. F. Gargarisinus.
5 C et adde l vj.
ââ % a»
CACHEXIES.
tiiercure et Feau de chaux, et les panser avec l’onguent mercuriel, faisant usage en même temps d’une décoction de racine de mézéréon.
Les douleurs vénériennes , les pustules et les éruptions croûteuses, seront dissipées promptement en combinant les sudorifiques au mercure. On peut en conséquence donner chaque jour environ une pinte de décoction de salsepareille composée, ou de tisane de Lisbonne (i), dont les vertus ont été le sujet de beaucoup d éloges. En préparant cette dernière , la poudre d’antimoine et la pierre-ponce doivent être renfermées dans des sachets de linge séparés. L’action de ces médicamens , quand le malade n’est pas atteint de sa ivation , peut être secondée par les bains chauds, en ayant soin de F envelopper dans des vêteniens très-chauds en sortant de Feau, pour éviter le refroidissement.
Si les douleurs sont si aigues qu’elles interrompent le sommeil, on doit donner un opiate (2) le soir.
(i) Sarsaparilîæ concis
Hadic. Cliinæ
jSucniji J(jglaod. cort. siccal.
Aulimonii
Lapid. Puniicis pulv. • . .
Aquæ distillai. . .
Coque ad diraidium»
1*2) ^ Aqoæ Âramon. acetal. § 15.
— — ]\îeîitliæ sativ . § j.
Vmi Autioionii
guU. XXX,
4i6 CACHEXIES.
On doit remédier aux exostoses en les frottant tous les soirs avec une petite quantité d’ onguent mercuriel^ ou en portant sur ces tumeurs un emplâtre de la meme nature ; on donnera en même temps la décoction des bois sudorifiques , ou celle de mézéréon (i) , avec les opiacés, quand la douleur est grande.
Dans les cas invétérés , quand les os se carient, il est nécessaire de faire une incision aux tégumens et au périoste de la longueur de la partie malade , ou d’y appliquer un caustique afin de produire Fexfoliation ; mais l’emploi de ce dernier moyen demande beaucoup de précautions et d’habileté pour empêcher qu'il n’attaque une plus grande surface que celle qu’on se propose d’attaquer.
Quand il survient des verrues, elles doivent être enlevées avec l’instrument tranchant, et leurs racines touchées ensuite avec le sulfate de cuivre, ou bien brûlées avec un caustique.
L’ophlhalmie est quelquefois une conséquence de la syphilis, et demande un traitement local. Quand les yeux sont très-enflammés, il faut conseiller d’appliquer deux ou trois sangsues à cha-
Tinct. Opii . . . gult. xxxv.
Syrup. Pâpâv. Jilt). ••••••••
M. F. limisius. . .
Had . Mezerei cont . 5 ij.
— r- GlycyrrliUæ . ♦ . . | j.
Aquæ distill . . tb ij.
Coque ad dimidium et cola,. Capiat fb tS ar/ tfe j in die.
CACHEXIES.
que tempe, et donner un ou deux purgatifs. Si l’inflammation et la douleur ne cèdent pas, nous pouvons alors appliquer un large vésicatoire à la nuque, ou un petit derrière chaque oreille. En outre , on baignera les yeux deux ou trois fois par jour dans un collyre rafraîchissant', et on évitera le contact de la lumière, soit en renfermant le malade dans une chambre obscure, soit en l’obligeant à porter un large garde-vue.
Quand la syphilis se porte sur les os du nez , outre l’emploi du mercure , avec la décoction de salsepareille composée , ou la tisane de Lisbonne, nous devons employer des lotions ou des injections -détersives
Quand il y a ulcération des amygdales , du palais ou de la luette, nous devons également faire usage des fumigations et des gargarismes.
Dans les cas où l’on reconnaît l’existence d’une grande faiblesse, soit d’après l’état général de l’économie, soit à l’aspect des ulcères de nature phagédénique , nous devons suspendre l’emploi du mercure pendant quelque temps, avoir recours au quinquina , au vin et à un régime analeptique, et placer le malade dans un air pur, si l’endroit qu’il occupe est petit et renfermé. Cette circonstance se rencontre plus fréquemment dans les hôpitaux que dans la pratique particulière, et est due, en grande partie , au mauvais air qui existe dans les salles destinées aux vénériens.
Outre le mercure, d’autres remèdes ont été recommandés comme spécifiques dans la syphi-
* V oyez le ^ar^arisme indiqué pug. 4i4 de ce volume.
fc-
4i8 CACHEXIES.
lis. Tels sont le niuriate siiroxygéne de potasse et les différens acides , mais plus particulièrement le nitreux et le nitrique D’après les essais que j’ai faits, ce sel paraît bien propre à dissiper plusieurs symptômes primitifs de la maladie, et par conséquent il peut être employé dans tous les cas avec sécurité et quelque chance de succès ; dans la syphilis confirmée , on ne doit jamais compter sur lui seul : son inefficacité , dans de telles circonstances, a été reconnue, non-seulement par M. Blair^^, mais encore par différens autres praticiens éclairés. Plusieurs lui accordent cependant une vertu palliative, et presque tous, admettent son efficacité pour remédier aux accidens qui proviennent de l’abus du mercure.
La lobéiie ou cardinale, bleue , est un autre remède qui, depuis peu , a été recommandé dans le traitement de la syphilis ; mais ses effets ne sont pas encore suffisamment établis pour que l’on puisse lui accorder une grande confiance. On l’administre sous la forme de décoction (i), à la dose d’une demi-pinte, deux fois par jour d’abord. Après quelque temps, la même quantité doit être pri e quatre fois par jour, et l’on continuera autant de temps que l’effet purgatif
* Ployez page 894 volume.
** Essay on the V enereal Disease , part. II.
(1) Rad. Lobcl. sypliilit. sicc . M j.
Aipiæ distill . .....tb xij.
Coque ad Ib viij.
CACHEXIES.
n’estpas trop considerable. Dans le cas contraire , il faut en cesser Fusage pendant trois ou quatre jours, et le reprendre de nouveau jusqu’à ce que la guérison soit effectuée. Les effets de cette décoction sont évidemment purgatifs.
Un autre nouveau remède est la décoction d’astragale (i), qui a été très-généralement employée en Allemagne, et que l’on dit posséder des propriétés énergiques comme antisyphilitique. Pour plus de détails, je renvoie le lecteur au Journal de médecine de Londres.
La décoction de douce-amère (2) est également très-vantée dans les maladies anomales qui ti» rent leur origine de la vérole. La dose est d’une demi-pinte dans les vingt-quatre heures, mêlée à une égale quantité de lait.
Le traitement de la syphilis chez les enfans sera indiqué au sujet des maladies du premier âge.
Du Sibhens,
Le sibhens ou sivvens est une maladie qui paraît bornée à l’ouest de l’Ecosse , et a été décrite d’abord par le docteur Gilchrist, qui remarque que son développement est principalement dû
(1) ‘2f Rad. Astragali Excapi . § j.
Aq. fontis . . . ifeiij.
Coque Bibat in die,
(2) '2f Stipitum Dulcamaræ recent . 5 ij*
Aquæ fontis . fb iv.
Coque ad Vù ij. et Cola,
420 CACHEXIES,
au manque de propreté. D’après le rapport de quelques autres médecins, nous apprenons qu’on la contracte ordinairement en buvant dans le même vase , en dormant dans le même lit que ceux qui en sont affectés, ou en touchant leurs ulcères.
Les premiers symptômes de cette affection sont ordinairement des ulcérations superficielles des amygdales et de la luette, une éruption d’aphthes à l’intérieur de la bouche, des joues et des lèvres. Quelquefois un enrouement accompagne cet état, et il survient sur les parties malades des excroissances semblables à une framboise, lesouelles ont fait donner le nom à la maladie.
JL
Bientôt après , de petites pustules naissent sur la peau; elles s’ouvrent au bout d’un cer tain temps, et laissent à leur suite une croûte sèche, livide , sous laquelle il se forme des ulcères qui ont de la ressemblance avec les chancres , et qui s’étendent plus en profondeur qu’en largeur.
Au lieu d’ulcérations , des collections de pus, des furoncles ou des abcès critiques paraissent quelquefois dans différentes parties du corps , et dégénèrent en ulcérations superficielles , qui fournissent un fluide clair et âcre, et se couvrent bientôt d’excroissances fongueuses , qui, comme celles de la bouche et du gosier, prennent la forme d’une framboise.
Il est rare que les os soient affectés par suite du sibbens ; mais, dans quelques cas, les cartilages du nez ont été atteints d’ulcération.
Les naturels du pays ont supposé que la ma-
CACHEXIES. 4.2 ï
ladie a quelque rapport avec la gale ; d’autres Font regardée comme ayant une grande affinité avec la syphilis | mais c’est à l’yaws qu’elle ressemble le plus , et peut-être a-t-elle été introduite dans l’ouest de l’Ecosse par quelques in-^ dividus de la côte d’Afrique ou des Indes occidentales, où l’yaws est une maladie très-commune , et cependant bornée aux nègres , aux mulâtres et aux individus d’une race mixte.
Le docteur Adams, dans ses Observations sur les virus, a distingué le sibbens de la syphilis ; dans celle-ci Fulcère a le fond et les bords calleux, tandis que dans le sivvens il a seulement du rapport avec l’ulcère phagédénique. En outre, le premier conserve beaucoup plus longtemps son apparence cuivrée , devient plus élevé , garde plus la couleur de la peau , et a une croûte plus écailleuse. Dans le sivvens, l’apparence est très- rarement pustuleuse , il n’y a jamais de .pus sous l’épiderme; et M. Adams pense, d’après cela, que le pus est encore moindre en quantité que dans la syphilis. 11 ajoute qu’il est généralement reconnu que le sivvens n’attaque jamais les os , mais seulement les parties les plus molles, et qu’il cède bien plus promptement au mercure que ne le fait la syphilis.
Le sibbens doit être traité exactement de la même manière que Fyaws , tant localement qu’à l’intérieur.
De UYaws. (Erambæsia.)
C’est une maladie très-commune parmi les
^422 cachexies;-
Nègres dans nos colonies à sucre , et qui tire 7 sans doute , son origine de l’Afrique. Jamais elle ne se communique par des miasmes disséminés dans l’atmosphère , mais elle peut se propager promptement par l’effet du contact; et quoique les blancs ne paraissent pas aussi susceptibles de réprouver que les individus de couleur, néanmoins ils en sont quelquefois attaqués.
Elle peut également être communiquée par l’application de la matière fournie par la pustule ou l’ulcère , sur une blessure , chez un individu qui n’a pas eu auparavant la maladie ; et il arrive assez souvent que les Nègres se l’inoculent à eux-mêmes, dans l’intention d’obtenir une exemption de travail. C’est , au reste, une de ces affections qui n’affectent le même individu qu’une fois dans sa vie.
L’yaws est quelquefois précédé par des douleurs dans les membres, qui ressemblent assez à celles du rhumatisme, et qui sont plus prononcées dans le voisinage des articulations : elles sont accompagnées de langueur et de faiblesse, et existent fréquemment pendant plusieurs jours , sans aucune autre apparence de maladie. Après quelque temps , ces symptômes précurseurs sont suivis de fièvre , quelquefois caractérisée par des frissons , quoique , dans d’autres circonstances , elle soit légère et à peine remarquée.
Dans le plus grand nombre des cas , le malade se plaint de mal de tête , de perte d’appétit, et de douleurs dans le dos et les lombes , qui sont plus fortes vers le soir. Quand ces symptômes ont
CÀCËÊXiES. 423
continué pendant quelques jours , ils sont suivis d’une éruption de pustules, plus ou iiioînà iiombreuses , qui paraissent dahs différentes parties du corps, spécialement sur le front, la face, le col , les coudes , les aines , les parties de la génération, et le pourtour de l’anus. L’éruption de ces pustules ne se fait pas sur tout le corps à la fois , et elles ne suivent aucune marche régulière dans leur apparition sur des parlies différentes ; mais lorsque les premières viennent à tomber , de nouvelles paraissent bientôt dans un autre endroit. Chaque nouvelle éruption est ordinairement précédée par un léger paroxysme de fièvre. A leur première apparition , les pustules ne sont pas plus grosses qu’une tête d’épingle , mais elles augmentent graduellement jusqu’à ce qu’elles aient acquis le volume d’une pièce dé six sous ou même d’un sfiilting Elles sont remplies d’un fluide opaque , blanchâtre , et quand elles s’ouvrent, une matière épaisse et gluante en sort, et forme une croûte ou écaille sale et épaisse. De la superficie dès pustules lés plus larges , ils’élève fréquemment des excroissances fongueuses, rouges, de différentes grandeurs, depuis le volume d’un pois jusqu’à celui d’une grosse mûre, fruit qui, en raison de sa surface inégale et granuleuse, a quelque ressemblance avec ces excroissances. Quoique cés fungus s’élèvent beaucoup au-dessus de la surface de la peau , ils ne sont cependant que légèrement sensibles ; ils ne
* Shilling J pièce de monnaie anglaise qui vaut 24 sous de France.
424 CACHEXIES,
fournissent jamais un pus louable , mais seulement un fluide ichoreux et visqueux, qui forme une croûle hideuse à l’entour des bords de l’excroissance , et en couvre la partie supérieure , sous la forme d’une escarre blanche. Quand ces éruptions paraissent sur quelque partie recouverte de poils , la couleur de ces derniers change graduellement du noir au blanc. En général , le nombre et le volume des pustules sont proportionnés au degré de la fièvre éruptive. Quand les symptômes fébriles sont légers , il y peu de pustules ; mais aussi elles ont un volume bien plus considérable que quand la maladie est plus violente et plus générale.
La durée de l’yaws est très-incertaine , et dépend généralement de l’état du corps à l’époque où l’infection est reçue.
Dans quelques cas , les pustules arrivent à leur maturité .dans l’espace de quatre ou cinq semaines ; mais d’autres fois , elles mettent deux ou trois mois pour arriver à ce terme. .
Quand il ne sort plus de pustules , et quand celles qui existent sur la peau n’augmentent plus de volume , la maladie a atteint son plus haut degré. Yers cette époque , il arrive sur une partie du corps , ou sur. une autre , qu’une des pustules devient beaucoup plus grosse que les autres , égalant à peu près l’étendue d’un petit écu ; elle prend la forme d’un ulcère , et au heu d’être élevée au-dessus de la peau , comme les autres , elle est déprimée ; la surface en est sale, et comme couverte d’une escarre ; elle fournit un ichor
CACHEXIES. 4^5
d\ine mauvaise nature , qui agrandit beaucoup l’ulcère en rongeant la peau saine environnante ; on la nomme le maître ou la mere de Vjaws. Si l’on n’a pas soin de tenir la surface de Fuicère propre , la matière qu’il fournit devient trèsâcre , et quand il existe au voisinage d’un os, quelquefois il en produit la carie.
Quand les excroissances paraissent sous la plante des pieds , elles ne peuvent pas s’élever à cause de la résistance de l’épiderme , dur et épais , et elles produisent tant de douleur, que Findi” vidu qui en est affecté ne peut pas marcher. Les fungus , ainsi situés , sont appelés , par les Nègres des îndes occidentales, tuhha ^ ou crab yaws. Ils sont quelquefois si larges , qu’ils couvrent une grande partie de la plante du pied ; d’autres fois ils n’ont pas plus de diamètre qu’un shilling : les différens états de l’atmosphère influent fréquem; ment sur eux, mais plus particulièrement le temps pluvieux, comme sur les cors.
Quand un mode judicieux de traitement a été adopté , Fyaws , quoiqu’étant une maladie trèsdégoûtante , se guérit en général rapidement et aisément, et meme dans les cas les plus fâcheux* n’est jamais accompagné d’un danger imminent ; cependant, quand les pustules ont été répercutées par des applications externes , ou par un usage trop précoce du mercure , la guérison se fait souvent attendre pendant très-long-temps , et, dans quelques cas , elle est rendue incertaine. Quand on a laissé la maladie suivre son cours , sans y porter remède, des ulcères sordides et
4^6 CACHEXIES,
d’une grandeur considérable se développent, arnènenl une grande faiblesse , et occasionnent souvent la carie des os.
Après que l’on a reconnu distinctement la maladie , le INègre doit être envoyé immédiatement dans quelqu’endroit isolé , où il ne lui soit possible d’avoir aucune communication avec les individus qui n’ont jamais été atteints de l’yaws.On ne fait pas assez attention à cette précaution, et ceux qui sont affectés de la maladie sont trop fréquemment soufferts dans la société des autres ISiègres , circonstance propre à la propager , au lieu de la déraciner.
Pendant la période d’éruption , nous devons seconder les efforts de la nature , en déierminant la matière morbifique à se porter à la surface du corps, en administrant quelques diaphorétiques (i), et en faisant boire ensuite environ une demi-pinte de décoction de salsepareille composée. Avec ces remèdes , le malade doit prendre un bain chaud environ deux fois par semaine , se bornant en même temps à un régime
(i) Pulv. ContB@yervæ . . . gi’* *•
Camph . * . . gi'*
Fl or. Suif. 1, . O gr. XV — 5 15.
Syriip. simpî. q. s.
M. F. Bolus mane et node surnendus.
VEL
‘2f Polv. Gummi Guaiac . 3 (5.
— — anlimoi)ial. gr. ij.
Florum Sulfur. . . . gr. xv. 3 15.
M.F. Puli^is.
CACHEXIES,
vegetal. Il doit être logé sainement et cliaudement , et obligé à prendre un exercice propor» tionné à ses forces.
Dans la seconde période , quand les pustules commencent à sécher et à tomber , il convient d’employer le mercure , de manière à produire un effet altérant. Une faible solution de muriate de mercure (i) est la préparation qui m’a semblé la meilleure ; on en cachera la saveur nauséabonde , en l’administrant dans un peu de lait. La décoction de salsepareille composée peut être employée en même temps : l’une et l’autre doivent être continuées jusqu’à ce que la croûte , parfaitement sèche, vienne à tomber; mais à cette époque, il faut en cesser Fusage et donner quelques doses d’eau de mer , ou de quelqu’autre doux purgatif. Si la bouche est très affectée par le mercure , on suspendra Fusage de ce hiédicament pendant quelque temps , ou l’on en diminuera la dose.
INous avons déjà fait observer qu’il reste* ordinairement une large pustule après les autres , laquelle , dégénérant en un ulcère sordide , fournit une humeur ichoreuse. La meilleure applmation pour sa guérison , est Fonguent de nitrate de mercure.
(ï) ^ Hydrargyr. muriat. ........ gr, xvv.
Spirit. Vini . . § j.
Vini Antimonii
Ti net. Opii .
Capiat gutt. xx — xxx nianh et nocte quotidiè.
4‘-i8 CACHEXIES.
En raison de Fëpaisseur de Fépiderme aux pieds, quand Fyaws s’y manifeste, la matière purulente est sujette à être renfermée, et s’il s’y fait des ouvertures, la plaie qui en résulte est difficile à cicatriser; souvent même toute la plante du pied s’ulcère , et l’individu est incapable de marcher. Un cataplasme de racine fraîche de cassave, est la meilleure application dans de telles circonstances.
Des tumeurs dures, très-douloureuses , et ne suppurant point, paraissent également quelquefois à la plante des pieds , à la suite de Fyaws , et fonlboitér. Pour les dissiper, le malade doit baigner ses pieds dans l’eau chaude jusqu à ce que les tumeurs se ramollissent ; alors elles seront cautérisées avec un fer chaud , ce qui produit une escarre et un lücère que F on cicatrise promptement, en le pansant avec quelque doux escarrotique.
L’inoculation a été proposée pour, cette maladie, et il est probable que par ce moyen, on rendrait ses symptômes plus doux et sa marche plus prompte ; mais comme plusieurs INègres passent leur vie sans être attaqués de Fyaws, et que cette maladie ne se montre jamais funeste (juand elle est traitée d’une manière convenable , il n’est pas vraisemblable que les propriétaires des Indes occidentales soient prêts à consentir à la perte- de travail qui en résulterait , la maladie demandant , dans quelques cas , plusieurs mois pour parcourir ses périodes d’une manière régulière.
CACHEXIES.
De VÉléphantiasis (Elephantiasis.)
Cette maladie tire eVidemment son nom de l’aspect que prennent la jambe et le pied à une ëpoque avancée. Les cellules de la membrane adipeuse, qui recouvre et réunit les muscles de ces parties, paraissent en être le siège. Dans le plus grand nombre des cas , elle est bornée à un côté , mais j’ai vu plusieurs fois les deux jambes être affectées à la fois.
On a généralement supposé que l’éléphantiasis était la suite d’une attaque de fièvre , vers la terminaison de laquelle la matière morbifique se Jetait sur les jambes , et produisait une distension et une tuméfaction de ces membres , qui se couvraient ensuite de masses de chair inégales , et offraient de profondes fissures. Quelques auteurs l’ont considérée comme une espèce de lèpre ; mais souvent elle dure pendant plusieurs années sans être accompagnée d’aucun des symptômes qui caractérisent cette maladie, comme je l’ai observé dans plus d’un cas.
L’éléphantiasis survient quelquefois graduellement sans être précédée d’une indisposition marquée, mais plus généralement, elle est annoncée par un refroidissement et des frissons, des douleurs dans la tête, le dos etleslombes, et par desnausées. Alors une fièvre légère se manifeste ; une douleur violente est ressentie dans une des glandes inguinales, qui, après un court espace de temps, de-
^ Etïmolocie. , elephas^
430 CACHEXIES.
vient dure , enflée et enflammée. Cependant ü ne s’établit aucune suppuration , mais un cordon rouge se dirige le long de la cuisse , depuis la glande tuméfiée jusqu’à la jambe , en suivant le trajet des vaisseaux lymphatiques. A mesure que la phlogose augmente , la fièvre tombe , et quelquefois meme , après deux ou trois jours , elle disparait. Elle revient cependant de , nouveau à des époques différentes ; et à la fin , la jambe , considérablement tuméfiée , offre des varices énormes ; la peau en est rugueuse et inégale , et le tissu cellulaire épaissi. Des écailles se forment à sa surface; elles ne tombent point, mais elles augmentent de largeur ; des masses de chair inégales , ainsi que de profondes fissures , se forment ; et la jambe et le pied ayant un volume énorme , ressemblent assez à ceux d’un éléphant.
Un individu peut être atteint de cette maladie pendant plusieurs années sans beaucoup d’altération dans sa santé générale , excepté au moment des attaques ; et quelquefois le. principal accident qu’il éprouve , est le volume énorme de sa jambe , qui l’oblige de la traîner après lui. Cet excessif développement a engagé plusieurs de ceux qui étaient affectés d,e cette maladie , à se soumettre à l’amputation ; mais l’opération est rarement suivie d’une guérison radicale , et fréquemment l’autre jambe devient malade.
Le docteur Hillary rapporte ^ qu’il n’a jamais vu les deux jambes se tuméfier en même temps. Des cas dans lesquels elles ont acquis à la fois
* Treatise on the Diseases of Barhadoes,
cachexies: 43 î
un volume effrayant et prodigieux, se sont neanmoins fréquemment ofierts à mon observation, aussi bien qu’à celle de plusieurs autres médecins.
D’après le rapport d’un auteur moderne^, il paraît que les habitans de Cochin, sur la côte du Malabar, sont très-affligés par un accroissement et un gonflement des jambes , assez analogues à r elephantiasis ; et comme cette maladie ne se rencontre pas dans d’autres parties de l’Inde , elle a reçu le nom de jambe cochine (cochin-legj. Le gonflement est toujours borné à une jambe , et s’étend des malléoles au genou ; les dimensions de la jambe , dans tous ses points , sont assez grandes pour égaler, et meme surpasser celles de la cuisse; mais en marchant, on ne ressent ni gêne , ni douleur*
On assure qu’une espèce particulière d’éléphantiasis est endémique dans l’île de la Barbade. Le docteur Hendy l’a appelée maladie glandulaire : il nous dit qu’elle n’afflige pas les habitans dés autres îles des Indes occidentales , et qu’une personne qui en a été attaquée à la Barbade , peut en être affectée de nouveau , si elle reste dans cet endroit ; mais que si elle part pour un autre pays, elle est à l’abri de toute nouvelle attaque. Le docteur Hendy s’est assurément trompé en cela, car j’ai observé celte affection dans les îles de Saint-Christophe et de Nevis. En outre, un habitant de la première de ces îles,
* Parsonses Travels in Jsia and Africa, pa^. 228.
Ti'catise on the G landnlq.r Disease of Barhadoes.
432 CACHEXIES,
vena en Europe pour le rétablissement de sa santé , et ayant les deux jambes atteintes de cette espèce de maladie glandulaire , s’est confié à mes soins pendant quelques mois; et, quoiqu’il soit resté en Angleterre pendant près de deux ans , et qu’il ait consulté plusieurs personnes de l’art, ses 'deux jambes ont encore beaucoup augmenté de volume , et il n’est survenu depuis qu’une très -petite diminution dans leur grosseur.
Le docteur Hendy assure que la maladie est caractérisée par les altérations qu’elle produit dans le système lymphatique , lesquelles consistent presque généralement en une espèce de cordon dur ou rouge (souvent l’im et l’autre), qui suit le trajet ordinaire des vaisseaux lymphatiques vers leurs ganglions. La partie affectée se tuméfie, et devient luisante et œdémateuse; souvent, cependant , il arrive qu’elle ne cède pas à l’impression du doigt, quoique fortement pressée, ce qui a pourtant lieu si elle est récente ; l’effet de la pression est donc le même ici que dans les cas d’anasarque. L’articulation la plus voisine de la maladie devient roide et contractée par suite de l’inflammatioîî et du* gonflement.
Quand la fièvre concomitante s’abat , après une durée qui varie chez les différens malades, elle laisse après elle le gonflement et l’inflammation, qui continuent à exister plusieurs jours après. Ce gonflement disparaît rarement en totalisé, particulièrement quand les extrémités inférieures sont affectées. Dans certains cas , cependant, ii se dissipe entièrement.
Dans plusieurs circonstances , la glande lym- .phatique reste gonflëe et enflammée : quelquefois la suppuration s’en empare. Quant à l’inflammation qui survient dans les vaisseaux lymphatiques, elle est érysipélateuse, et se termine quelquefois par gangrène ; d’autres fois, cependant, elle ressemble au rhumatisme, et, dans plusieurs cas, des abcès se forment dans le tissu cellulaire, et donnent souvent naissance à des ulcères difficiles à guérir.
Le docteur Hendy pense que les vaisseaux lymphatiques étant enflammés et obstrués , ne sont pas capables d’absorber et de transmettre la lymphe déposée dans le tissu cellulaire par les vaisseaux exhalans ; qu’une accumulation contre nature de ce fluide survenant par cette cause , la peau se trouve distendue ; que sa grande distension la gerce , ce qui permet à la lymphe de suinter, et que ce fluide venant à sécher, produit les croûtes et les écailles que l’on observe. Il base son opinion sur les expériences du docteur Hewson, qui nous apprennent que la lymphe déposée dans les vaisseaux et les cavités d’un animal sain, se met toujours en gelée lorsqu’elle éprouve le' contact de l’air.
Le docteur Hendy attribue principalement au froid la cause occasionnelle de cette maladie , et
il regarde la sécheresse particulière de l’atmosphère de la Barbade, en raison du défaut de forets , qui couvrent les autres îles des Indes occidentales , comme la cause qui rend les habitans de cette île particulièrement sujets à cette affec- 2, 28
tioo. Quelle qu’en soit la véritable cause, je ne prétends pas la déterminer, mais je pense qu’il, est plus vraisemblable qu’elle est due à quelque particularité dans les eaux. Les habitans de certains cantons dans lesquels abondent des sources d’eau saline et minérale, sont plus fréquemment affectés , comme tout le monde le sait, de maladies des glandes du cou , telles que le goitre et le collier de Derbyshire.^ Quoiqu’il y ait une légère différence dans les symptômes des deux espèces d’éléphantiasis dont nous venons de parler, cependant l’une et l’autre exigent le même mode de traitement.
Quoique la fièvre qui précède l’affection inflammatoire de faîne devienne quelquefois intense , cependant il sera rarement nécessaire , dans félépliantiasis , d’avoir recours à la saignée ; s’il y a des nausées , on peut conseiller un émétique, et, après son action, s’il y a de la constipation , un doux purgatif. .
Pour provoquer une transpiration modérée , on prescrira les diaphorétiques conseillés au chapitre de la fièvre simple ; et, afin d’en seconder les effets, le malade doit boire abondamment des tisanes délayantes chaudes. Les parties affectées seront fomentées avec des linges trempés dans une infusion chaude d’herbes émollientes, et enveloppées dans de la flanelle.
Quand la fièvre se dissipe-, le quinquina peut être donné avec avantage , et probablement un cautère à la cuisse serait utile aussi.
Si les moyens conyenabies ont été négligés dès
CACHEXIES. 435
la première attaque de la maladie, et que la jambe ait pris beaucoup de volume , que sa surface soit écailleuse et inégale , on ne peut s’attendre à la güérison. Cependant , de légers altérans (i) et les bains chauds pourraient retarder les progrès du mal ; les décoctions de salsepareille , de mézéréon et de lobélie, peuvent aussi être employées avec avantage.
Une histoire d’éléphantiasis , rapportée par M. Ward, de Manchester, dans le neuvième volume du Journal des Sciences médicales et naturelles , page 545, m’engage à recommander la pression. La meilleure méthode de l’employer, est celle conseillée par M. Baynton dans le traitement des ulcères ; mais avant l’application des bandelettes agglutinatives et du bandage , il faut conseiller de laver les parties tuméfiées avec de l’eau de savon , au moins deux ou trois fois par semaine.
Il paraît, d’après quelques rapports récens, que les médecins indiens emploient à l’intérieur, dans le traitement de l’éléphantiasis , l’arsenic en pilules avec le poivre , dans les proportions d’une partie d’arsenic choisi , sur six parties de poivre noir épluché. Ces deux substances sont pilées, pen-
(i) Suif. Antim. præparat . 3 ij.
Calomel . . 9 j.
Pulv. Gummi Guaiaci 3 j.
Syrup, simpl. ..'••• . q. s.
M. F. PdiiL n® xx-x. Capiat ij vel iij manè et nocte curn
Decoc. Sarsap. compos . îb 15.
4^6 CACHEXIES,
dant un temps considerable , dans un mortier de fer, puis réduites en poudre impalpable dans un mortier de pierre ; ainsi pulvérisées complètement, on y ajoute un peu d’eau, et l’on en fait des pilules de la grosseur d’un pois , que l’on conserve dans un endroit obscur et sec.
Ils font prendre une de ces pilules , matin et soir , dans une feuille de bétel, ou, dans les pays où l’on ne peut s’en procurer, avec de l’eau froide. Si l’on a soin d’évacuer les intestins à l’aide des cathartiques , et d’employer la saignée , avant que ce remède soit administré , il agit, dit-on , plus promptement.
Quand on en vient à l’amputation du membre malade, en raison de son volume excessif, il faut placer un cautère à l’autre jambe , ou à l’extrémité du moignon lui-même, pourvu que l’amputation ait été faite an-dessous du genou.
De la Lep*t'e. (Lepra. )
La lèpre consiste dans une éruption de taches de couleur de cuivre , dispersées sur les différentes parties du corps, qui deviennent plus ou moins insensibles ; la peau est luisante et squammeuse ; il y a épaississement des lobes des oreilles, chute des cheveux et des poils, rudesse de la voix , puanteur de l’haleine , et des ulcérations dans différentes régions.
Sonnini rapporte quelalèpre, quelle qu’en soit
* Eiywologie. AïTitr, squama.
r.ACHE-XIES. 4^7
Fespëce,' n’est pas regardée en Egyple comme une maladie contagieuse , et que les lépreux n’y sont point , comme en Turquie , exclus de la société. Les Egyptiens ne prennent aucune précaution pour se préserver de la contagion , et ne croient point que cette indifférence ait le plus léger inconvénient. A mon avis , leur erreur est grande, car cette maladie se propage très-promptement d’une personne à une autre par le contact ou la cohabitation , comme j’en ai été souvent convaincu pendant mon séjour dans les Indes occidentales.
Il rapporte en outre que, d’après une foule d’observations , il paraît que les lépreux sont extrêmement salaces et débauchés ; Ton a cité, ditil , l’exemple d’un lépreux , qui ,1a nuit même de sa mort , fut plusieurs fois entraîné parla fougue de son tempérament. Lui-même a vu à la Ganée, dans l’île de Candie, un grand nombre de lépreux, hommes et femmes, bannis hors des mur» de la ville , dans de misérables chaumières , où ils s’abandonnaient aux plus grands excès d’une irritation voluptueuse ; quelquefois on les aperçoit prendre leurs dégoûtans et impétueux ébats en plein jour, le long des chemins qui conduisent à la ville , et près desquels ils ont leiirs’ habitations ; mais il observe que c’est seulement chez ceux qui sont affectés de cette espèce de lèpre , qui est bornée aux articulations , que cette disposition au coït a lieu. Ceux qui sont affectés de l’autre espèce de lèpre , que Hillary a distinguée dans son Traité sur les Maladies de la Bar-
438 CACÎlEXfÊS;
bade ^ sous le nom de lèpre des Arabes ^ n’ont pas ce penchant. Les souffrances que ceux-ci éprouvent les privent à la fois de toute espèce de désirs, aussi bien que des moyens de les satisfaire : ces remarques de Sonnini sont fort exactes. <5
La maladie provient quelquefois d’une prédisposition ou d’un vice héréditaires, et passe d’une génération à l’autre ; mais elle vient plus ordinairement par contagion , et est communiquée soit par la cohabitation , soit meme par le contact seulement. J’ai les preuves les plus convaincantes que la prédisposition à la lèpre vient souvent des parens ; car j’ai vu cette maladie affecter plusieurs personnes de la même famille , quoique séparées les unes des autres.
Les nombreuses taches cuivrées , dont nous avons parlé , continuent à exister , en aiigmentant graduellement de nombre et de volume , quelquefois pendant plusieurs mois , sans occasionner une grande altération dans l’état général de la santé ; cependant, à mesure que la ma. ladie fait des progrès , la peau devient rugueuse et écailleuse , les traits de la face grossissent beaucoup, les poils des sourcils et de la barbe tombent; les ailes du nez se gonflent et deviennent écailleuses , les narines s’ulcèrent , la voix est rauque , le malade parle du nez , les lobes des oreilles acquièrent une épaisseur considérable, et sont couverts de tubercules et de croûtes sèches; quelquefois il se forme des ulcères sur les doigts et les orteils , qui, à la longue , tombent les uns après les
CACHEXIES. ' 439
autres ; l’haleine est extrêmement fétide ; des ulcères virulens infectes surviennent dans différentes parties du corps , qui finit par ne plus être qu’un véritable cadavre putréfié ; la maladie fait des progrès de jour en jour , et la nature enfin succombe.
Telle est la forme sous laquelle la lèpre se manifeste ordinairement parmi les nègres, dans les pays chauds ; cette race d’hommes est évidemment plus sujette à en être attaquée que les blancs ; mais en Angleterre , et sous les autres latitudes froides , elle s’offre toujours avec une forme beaucoup plus douce , et n^’est jamais accompagnée des symptômes intenses dont je viens de parler ; elle paraît simplement une affection locale de la peau, de ses vaisseaux et de ses follicules.
Quoique par des soins de régime, et l’usage desaltérans, nous puissions parvenir, jusqu’à un certain point , à retarder les progrès de la maladie , et par conséquent à prolonger la vie du malade ; cependant , quand tout le système est généralement infecté , tous les moyens se montrent infructueux ordinairement. Quand elle est parvenue à la période d’ulcération , elle est trèscontagieuse par le contact.
A l’ouverture^ des cadavres des lépreux, on trouve tous les organes, excepté le cœur, dans un état de putréfaction.
On ne peut procurer de soulagement dans cette maladie , qu’en faisant observer un régime végétal rigoureux et suivi dès les premiers symptômes. Aussitôt, par conséquent, que quelque
CACHEXIES.
signe de lèpre se manifeste , le malade doit s’abstenir de poisson , de beurre , et de toute espèce de nourriture animale , et faire usage seulement de fruits et de végétaux , régime qu’il doit continuer le reste de sa vie. En même temps , il évitera également toutes les liqueurs échauffantes , telles que le vin et les spiritueux ; il prendra un exercice modéré , et tâchera de se procurer des évacuations alvines régulières.
De petites doses de mercure , combiné à l’antimoine , ont été administrées dans le commencement de cette maladie , mais- je n’en ai jamais vu résulter aucun bon effet. La solution d’oxy -muriate de mercure, et les pilules de Plummer sont les préparations qui ont le plus de vogue ; le malade doit boire en outre , chacjue jour, envii'on une pinte de la décoction de salsepareille composée , ou de celle d’écorce d’orme, qui s’est montrée très-avantageuse dans quelques cas de lèpre commençante. Une bierre faite avec l’essence de spruce , fermentée avec de la mélasse ou du sirop , et employée pour boisson ordinaire , a également produit des effets très-avantageux.
Des remèdes singuliers, tels que les bouillons de vipères et de lézards, ont été recommandés pour la guérison de la lèpre ; mais tous les essais que j’en ai vu faire ont été entièrement inefficaces.
L’arsenic a été proposé dernièrement aussi , et passe pour être très-employé en Asie dans cette maladie. Les gouttes du docteur Fowler, ou lespihiles conseillées au chapitre de l’Eléphantiasispeu-
Voyez pag, 33G deuxième note de ce volume.
CACHEXIES. 44 ï
vent être employees si Ton a envie d’en faire essai»
Comme une disposition à la putridité règne évidemment dans la lèpre , ne serait-il pas vraisemblable que Fusage long-temps continué de Fécorce de quinquina, avec les acides muriatique ou nitrique, produirait un bon effet ? Dans les cas récens , je pense qu’on ne peut douter de Inefficacité de ces médicamens. Il est possible que le muriate oxygéné de potasse en solution soit un bon auxiliaire.
Pour empêcher lajèpre de se propager, il est nécessaire de . faire cesser toute espèce de communication directe avec les individus qui en sont affectés. Les propriétaires et les intendans des biens dans' les colonies ont le peimicieux usage d’abandonner au hasard des nègres lépreux qui , déchargés de leur travail et de leur servitude , se dispersent et infectent tous ceux avec lesquels ils habitent et «’associent. Il est vrai de dire cependant que les lois, dans plusieurs îles , ont prévenu ce mal ; mais , par la négligence* des magistrats et de ceux qui devraient les maintenir en vigueur , elles deviennent entièrement nulles, et cette maladie est ainsi rendue commune.
L’espèce mitigée de lèpre que Fon rencontre dans les climats froids , doit être combattue par de petites doses de mercure, de manière à produire un effet altérant, secondé par les bains chauds et les décoctions des bois sudorifiques, de mézéréon , de lobélie , de douce-amère ou d’astragale , conseillées au sujet de la syphilis. Ces re- • mèdes corrigent la maladie de la peau. J’ai fré-
44^ CÂCHEXIîlS.
quemment administré aussi les antimoniaux avec la décoction de Técorce interne de Forme , et cela avec beaucoup de succès.
L’eau de Harrogatte paraît très-avantageuse, non-seulement dans un grand nombre de maladies cutanées légères, mais encore dans plusieurs des affections les plus graves et les plus rebelles de la peau, telles que Féléphantiasis et la lèpre. Ces affections sont évidemment améliorées par l’emploi des bains chauds , qui fait partie du plan de traitement ; et pendant qu’on les prend , une quantité modérée de cette eau chauffée, et administrée à des intervalles convenables , soulage encore, en entretenant la transpiration abondante qui est .occasionnée par le bain , et qui continue toujours d’avoir lieu pendant quelques heures, si l’on met le malade au lit immédiatement après , et qu^on l’enveloppe de flanelle.
En cela , néanmoins , les eaux sulfureuses froides ne sont pas aussi avantageuses que les thermales; étant chauffées artificiellement, elles doivent perdre une certaine quantité du gaz sulfureux qu’elles contiennent, d’où dépend une partie de leur efficacité , même lorsqu’on en fait usage à l’extérieur ; mais nous n’avons point de sources naturelles de cette espèce dans ’notre pays, comme à Aix-la-Chapelle et dans nos deux colonies de la Jamaïque et de Nevis. Les individus qui habitent ces endroits , et qui sont affectés de lèpre , ne doivent pas manquer à y recourir.
Le docteur Kinglake * dit que , dans plusieurs
* Medical and PhysicalJoumal ^ vol, iv, 4^^'^
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cas d’éruption chronique de la peau, qui avaient résisté aux bains chauds , à Fusage interne et externe du muriate suroxydé de mercure , aux antimoniaux, au gaïac et à Facide nitrique , il a guéri radicalement les malades en donnant trois fois par jour dix gouttes d’acide sulfurique dans une tasse à thé d’eau pure , et en lavant à l’aide d’un linge les éruptions avec une solution du même acide , dans la proportion d’un demi-gros d’acide par pinte d’e^m.
Il a observé que cette application à l’extérieur produisait d’abord une grande douleur, mais que cet inconvénient diminuait de jour en Jour. La dose d’acide sulfurique ci-dessus mentionnée , est prescrite pour un enfant de trois ans ; mais les adultes peuvent en prendre trente gouttes trois fois par jour dans une demi-pinte d’eau, et en augmenter graduellement la dose jusqu’à une ou deux pleines cuillères à thé. Si ce remède produisait un effet purgatif, on y joindrait une petite quantité de teinture d’opium.
De la PUcjue polonaise. ( Plica polonica vel
Trichoma. ) *
La plique polonaise est une maladie dans laquelle les cheveux sont unis d’ime telle manière par le produit d’une sécrétion morbide , qu’il est impossible de les séparer les uns des autres. Elle est endémique en Pologne , en Lithuanie , en Hongrie, dans la Transylvanie, la Prusse, la
* Etymologie. , Coma.
Russie et la Tartarie ; mais le cuir chevelu n’est pas son siege exclusif, car elle s’étend quelquefois aux poils du pubis.
Les causes qui produisent cette maladie sont incertaines ; car ni l’air, ni l’eau, ni les alimens ne paraissent avoir aucune influence sur sa naissance : on dit meme que la propreté et le soin de se peigner régulièrement ne mettent point à l’abri de cette affection. Il est certain cependant que la plique ne règne que parmi les individus de la plus basse classe du peuple ; ce qui fait penser à plusieurs médecins qu’on devrait la regarder simplement comme le résultat de la malpropreté. D’après quelques observations faites par Frédéric Hoffmann , chirurgien dans l’armée prussienne, il paraît que cette maladie peut être transmise des parens à leurs enfans ; et il observe ^ qu’aucune autre cause ne peut lui être assignée généralement que la contagion , espèce de transmission qui , oomme celle de la gale , peut s’effectuer par le simple contact.
M. Alibert, médecin à l’hôpital Saint-Louis , de Paris, dit que les habitans des Pôles , se peignant rarement , ne lavant presque jamais leurs cheveux , et portant des bonnets fourrés trèschauds, favorisent singulièrement la naissance de la maladie dont nous parlons. Par l’effet de la chaleur, dit-il, un afflux a lieu vers la tête, qui devient alors l’émonctoire commun de toutes les parties du corps ; mais , par la malpropreté , les
* Observations on Plica Polonica , vol iv, part. II, o/' the Me-^ moîrs of the Literary and Philosophical Society of Manchester.
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pores en sont tellement obstrue's , que les fluides en excès sont poussés à travers les cheveux. Il observe que la plique est quelquefois communiquée par contagion , et quelquefois par T allaitement ; mais il remarque , en même temps, que les étrangers ne sont que peu sujets à en être affectés.
Selon M. Delafontaine , médecin célèbre de YV^arsovie , la cause prochaine de cette maladie paraît être une matière morbide particulière , visqueuse et âcre, ayant son siège dans la lymphe, et qui est déposée d’une manière critique sur les cheveux.
Une opinion erronnée , comme nous allons le prouver, mais qui règne généralement parmi les paysans du nord, est que cette maladie est tin effort salutaire de la nature pour chasser hors du corps une matière morbifique , et qu’il serait très-dangereux d’interrompre ses progrès ; par cette raison, ils ne tentent aucune guérison, et ne cherchent pas même a adoucir cette affection.
On a remarqué que les deux sexes étaient aussi sujets l’un que l’autre à être attaqués de la plique. Elle survient plus ordinairement pendant l’enfance, qu’après l’âge de puberté. Outre l’espèce humaine , les animaux, tels que le cheyal, les chiens, les loups , les renards , sont , dit-on , sujets à cette maladie.
On dit que le début de cette affection est précédé par une lassitude et une pesanteur générales , des. douleurs dans différentes parties du
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corps, particulièrement dans la tête et les yeux,' et un mouvement febrile , ensemble de symptômes qui diminuent ou cessent entièrement aussitôt que la plique se manifeste. Le plus ordinairement , dans le système pileux , les cheveux sont les 'seuls affecte's , et cela seulement par places. A ces endroits , ils deviennent beaucoup plus longs qu’ailleurs ; souvent ils paraissent avoir augmenté de diamètre , et sont très-entrelacés et liés les uns avec les autres ; ils sont aussi recouverts de la matière gluante qui suinte de leurs racines, ce qui ne contribue pas peu à les agglutiner.
A mesure que la quantité de ce gluten , et que Ventrelacement des cheveux augmentent, il devient de plus en plus difficile de les nettoyer et de les peigner ; il en résulte une phthiriase , et la tête contracte une odeur extrêmement fétide , à laquelle, cependant, les paysans du nord sont tellement accoutumés , qu’ils la supportent sans s’en plaindre, et sans en être aucunement incommodés.
Comme les malades se grattent fréquemment, les ongles des doigts, imbus de la matière , deviennent parfois malades ; ils s’épaississent, changent de couleur, et ont une surface raboteuse.
Cette maladie dure fréquemment pendant toute la vie , quand elle est négligée ; mais on ne remarque pas qu’elle^ait des suites funestes , si ce n’est peut-être lorsqu’on la traite mal.
Dans le commencement de la maladie , Delafontaine recommande d’employer les résolutifs ,
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les atténuans , les savonneux , les émulsifs et les remèdes émolliens , pour préparer la matière morbide à une crise. Si ces remèdes ne suffisent pas, il y joint Fusage de Fextrait d’aconit ou de ciguë , le calomélas ou quelque préparation antimoniale. En général, il dit que l’antimoine es.t un spécifique dans cette maladie. Si la plique est compliquée avec la syphilis , le muriate de mer-* cure à petites doses produit les meilleurs effets ; mais , dans tous les cas de plique , la salivation est excessivement préjudiciable.
Ces remèdes ne peuvent être employés que lorsqu’il n’existe point de fièvre ; sans cela , la saignée et les évacuans doivent être usités , quoiqu’avec beaucoup de prudence. Delafontaine compare cette maladie à la petite vérole, et il observe que, lorsque la fièvre est trop faible pour produire l’éruption, on doit l’augmenter ; et que, lorsqu’elle est trop violente, on doit la diminuer.' Aussi les forces du malade doivent- elles souveirt être soutenues par un régime généreux. Pour amener une crise , il conseille les sudorifiques.
Si la matière morbide est déposée à la surface du corps , elle y produit des ulcères malins et rebelles , dans le traitement desquels l’antimoine doit aussi entrer.
Quand nos efforts se montrent infructueux pour produire la crise , l’inoculation de la maladie , dît-on , la produit souvent. Cette inoculation s’opère en mettant au malade un bonnet pris immédiatement sur la tête d’un individu qui a une plique récente, Après une crise complète,
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la plique se sépare de la tête, et reste seulement attachée aux cheveux sains. Si elle devient sèche , et que tous les symptômes aient cessé , on peut la couper.
Les remèdes externes sont toujours convenables et nécessaires ; tels sont Tapplicatioii de vapeurs chaudes sur la tête, les bains chauds ou les fomentations, les lotions avec une solution chaude de savon. La poudre d’amidon, mélangée de mercure , détruira la vermine. Quand le malade souffre beaucoup du mal de tête , l’application d’un vésicatoire à la nuque , ou entre les épaules ^ peut procurer du soulagement.
Nous avons déjà dit que l’opinion généralement répandue en Pologne , qu’il est dangereux de couper les cheveux dans cette maladie , et de chercher à la guérir par des remèdes externes , est entièrement erronnée. Le fait suivant, qui s’est présenté à Breslaw, et qui a été communiqué par le docteur de Carro, de Yienne, dans une lettie adressée aux éditeurs de la Bibliothèque britannique , constate entièrement cette assertion.
« Il y a quelques années , uii tiers des recrues pour les régimens d’artillerie , venus du midi de la Prusse, était attaqué de la plique polonaise. On reçut de Berlin un ordre qui enjoignait d’envoyer dans cette capitale tous ceux qui étaient infectés, et de prendre garde que la maladie ne se communiquât aux autres. Cet ordre , à ce qu’il paraît, ne convint pas aux chefs des compagnies, vu qu’en s’y soumettant, ils eussent perdu au moins deux cents jeunes soldats. M. Hœnel, chirurgien-
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major dans le régiment d’artillerie , pour arranger le différent , fit venir les recrues sur les rem- -*parts , et ordonna que^tous eussent la tête rasée. En peu de temps , un amas de pliques fut formé et jeté dans un fossé ; la tête de chacun de ces militaires fut lavée avec soin, tous les jours , pendant quelques semaines , avec de l’eau de savon : par ce simple procédé , ces dégoûtans Polonais furent promptement changés en bons soldats, sans avoir aucunement souffert de la perte de leurs cheveux malades.
Ce fait prouve clairement l’absurdité de l’opinion qui règne chez le plus grand nombre des Polonais , et montre que la maladie dont nous parlons peut être guérie avec autant de sûreté que la teigne. Il fait également voir que plusieurs des remèdes externes, conseillés dans cette dernière , peuvent être employés avec avantage dans la plique : la teigne et la plique polonaise me paraissent être des maladies qui ont entre elles beaucoup de ressemblance.
Du Scorbut, (Scorbutus.)
Les signes caractéristiques de cette maladie , suivant Cullen , sont la faiblesse , .le saignement des gencives ; des taches de différentes couleurs sur la peau , et la plupart livides , particulièrement à la racine des poils. Elle se développe dans les pays froids , quand on a vécu de substances animales salées en putréfaction, et qu’on a manqué pendant long-temps de végétaux frais.